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La fondation de cette ville et de la plupart de celles de la Grande Grèce se perd dans les ténèbres des temps les plus reculés. Tous les antiquaires s'accordent à attribuer la fondation de Pestum aux Doriens , mais les uns prétendent que ces Doriens sont jssus de Doria, ville de la Phénicie ; d'autres affirment que ce sont les Doriens de la Grèce.
Je me suis rangé à l'opinion de Pascale Magnom^ né à Rotino, lieu peu distant des ruines de Pestum. Voici les principales raisons qu'il donne à Fappui de sa décision , extraites de son ouvrage intitulé De veris Posidoniœ et Pœsti originibus,
i<^. Sur les médailles de Pestum qui datent presque de sa fondation , on trouve la dé-
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nomination grecque doriquç Posidonie y et celles au contraire qui portent le nom de Pestum ne se rapportent qu*à des temps trèspostérièurs et particulièrement à L'épcKjue où les Lucaniens soumirent les Posidoniens.
!2«. Soutenu par Tautorité des auteurs classiques , il prouve que le noni de Posidonie est antérieur à celui de Pestum. Hérodote dit que les Phocéens voulant fonder la ville de Veliay se prévalurent du conseil d'un Posidonien ; ce (ait raconté par les plus anciens écrivains de la Grèce prouve évidemment que les habitans de Pestum avaient le nom de Posidoniens avant que les Sybarites se fussent établis dians leur ville. Strabon dit clairement que de son temps le golfe de Posidonie s'appelait Pestum et que les Sybarites, chassés par les habitans de Crotone, élevèrent les murailles de cette ville près des bords de la mer; que les premiers habitans en furent chassés ; que les Lucaniens tuccédèi*ent aux Sybarites, et que leis Romains
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enlevèrent aux Lucaniens cette ville qui de* vint ensuite malsaine par le voisinage de vastes marais.
Les Doriens , selon l'usage de leur nation donnèrent k cette ville le nom de la divinité à laquelle ib la dédiaient, et ce nom fut Po^ sidania.
Les Sybarites (Grecs aussi) l'appelèrent selon le dialecte attique Posidonia ; les Lucaniens s'en étant rendus maîtres changèrent le nom de Posidonia en celui de Pestan dont l'intonation avait plus d'analogie avec leur langage barbare ; enfin lorsque les Romains y eurent envoyé une colonie, ils latinisèrent Pestan et en firait Pœstum, Velleius Paterculus donne à cette ville la dénomination toute latine de Neptunia.
L'émigration des Sybarites » chassés de leur ville par les Crotoniates , arriva à l'époque où Pythagore vint s'établir en Italie, lorsque Servius Tullius régnait à Rome.
De l'assfirtion de Strabon qui prétend que
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les Sybarites si celèbi*es par leur luxe el leur vie efiemioée poussèrent la construction de leurs murailles jusques sur la rive de la mer, on peut conjecturer que ces monumens restés debout au milieu des ruines de Pestum datent d'une époque peu postérieure à leur établissement dans cette ville ; c'est-i-dire à l'an de Rome 220, vers le règne de Tarquin le Superbe.
La preuve que ces édifices sont l'ouvrage des Grecs, se tire du style même de l'architecture où l'ordre dorique est scrupuleusement observé, et des remarques des célèbres Roi et Stuart sur les monumens de la Grèce, lesquels sont du même âge que les temples de Pestum. lis ont remarqué dans ces monumens , et surtout dans le temple de Thésée , les mêmes distributions et le même goût que dans ceux de Pestum. En outre le Parthénon ou temple de Minerve, élevé à Athènes dans le siècle de Péridès, présente à l'extérieur^ les mêmes^ proportions et les
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meniez emblèmes religieux que ceux observés aujourd'hui dans le grand temple de Pestum ; il suffit pour s'en convaincre de comparer le plan du grand temple de Pestum publié par Oelagardette , et celui du temple de Minerve du F'oyage d'Anacharsis du savant Barthélémy, Le marquis Galliani dans son célèbre commentaire sur Vitinive, et le docte abbé Winkelmann n'ont pas hésité à déclarer que ces monumens sont grecs : on pourrait ajouter d'autres preuves de cette vérité, mais qui seraient surabondantes. Et comment méconnaître la main des Grecs à l'aspect de cette noble architecture dont toutes les parties aussi simples qu'élégantes concourent à l'harmonie des masses et forment un tout imposant que n'ont pu détruire ni le choc de vingt-trois siècles, ni les secousses d'un sol toujours agité par les volcans !
Les Sybarites devenus Posidoniens après avoir joui , pendant deux cents ans , comme
les vilkfl grecques du midi de l'Italie , d'un état flonssant qu'on peut appeler l'âge d'or de la Grande Grèce , alors gouvernée par les sages lois de Pythagore , les Sybarites virent leur félicité troublée par Denis , tyran de Syracuse : ce prince s'étant ligué avec les Lucaniens et les Brutiensy assiégea les villes de la Grande Grèce. Posidonia devint la proie des Lucaniens descendus des Sam* nites dont les femmes avaient une grande fécondité. Plusieurs Sybarites eurent la permission de rester dans leur ville, où, dans des assemblées annuelles , ils gémissaient , réunis , sur la perte de leur indépendance , de leur langage , de leurs institutions et de cette antique culture àts beaux -arts que profanait la barbare ignorance de leurs oppresseurs.
Posidonie se glorifiait d'avoir donné naissance à plusieurs philosophes célèbres de récole de Pythagore , parmi lesquels on distingue Parménide.