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Rome , préludant par l'env j^hissement ôe toute l'Italie à la domination de l'Univers , soumit i son joug les Lucaniens, et envoya , Tan 480 , une colonie à Pestum , sous le consu lat de Fabius et Glaudius Canina (Paterculus).
Pe$tum témoigna un tel attachement à ces nouveaux maîtres qu'après les victoires d'Annibal , époque des plus grands désastres de la république , elle envoya à Rome des candélabres d'or et des vases précieux ^ pour servir de subsides. A pailir de l'époque où Pestum devint colonie Romaine il n'en est plus fait mention , ni sous la république, ni sous l'empire , pendant le cours de plus de 7 siècles. On ne retrouve le nom de Pestum que dans les fastes de la hiérarchie ecclésiastique. Après la chute de l'empire Romain , lorsque les Lombards du duché de Bénévent et les Grecs de Tempire d'Onent se disputaient les dépouilles de la Grande Grèce et s'acharnaient sur ses débris , nul doute que Pestum ne dût souffrir de grandes calamités;
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elles s'aggravèrent encore au temps où les Sarrasins, après s'être emparés de T Afrique, de TEspagne et de la Sicile, s'établirent à Acropolis vers l'an 85o. Celte ville était située sur un rocher dans le.j^olfe de Pestum ; il est à présumer que c'est alors qu'eut lieu la première émigration des habitans de Pestum , qui voulurent se soustraire au funeste voisinage d'une nation cruelle et féroce, toujc^rs prête à susciter de fâcheux débats.
Au commencement du lo" siècle, les Sarrasins , pressés de toutes pails par les aiTnées confédérées des ducs de Naples et de Gaéte, du pape et des Grecs , furent taillés en pièces et forcés d'abandonner Acropolis. Mais avant de partir, ils firent leurs adieux homicides à la malheureuse ville de Pestuin. En un^ seule nuit, elle fut surprise, saccagée, incendiée et presqu'entièrement détruite. Les habitans frappés de terreur, s'enfuireut tous de leur ville , cherchèrent dans les montagnes un asyle contre la cruauté des Sar-
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rasins, et ik ne voulureDt plus retourner dans un lieu que la superstition leur fit peut-être regarder comme dévoué au courroux céleste. Ainsi à ce grand mouvement, à ces occupations bruyantes d'une ville populeuse , succédèrent tout-à-coup l'immobilité , le silence et la solitude. En vain les temples attendirent la foule qui inondait leurs péristyles; en vain le couteau sacré réclama la victime : au lieu des acclamations des spectateurs et des soupirs harmonieux de la lyre grecque , les théâtres n'entendront j! plus que le murmure des vents des iles des t Syrènes Eoliennes. Ces quartiers oh s'exer- \ çaient de laborieux Vulcains , s'étonnent du long sommeil du marteau et de la lime. La i sourde lime du Temps travaille seule sans ,; relâche. Déjà l'herbe croît dans les rues ott tt retentissaient les chars de l'opulence; déjà t le lierre insulte aux chapiteaux des colonnes \ doriques du temple de Neptune ; le trident ( même du dieu ne peut le défendre contre
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la trame impure de Finsecte aux cent bras ; et les oiseaux nocturnes s'emparent des maisons qu'habitèrent les voluptueux Sybarites.
La Désolation , assise sur des ruines, triomphe et cherche vainement un seul être humain pour le persécuter* Plus d'habitans que ceux des tombeaux , jusqu'au jour où les morts seront aussi chassés de leurs asiles par la profane curiosité du voyageur, qui faisant pénétrer le jour dans leurs demeures ténébreuses , en interrogera les meubles funèbres et ravira au guerrier l'armure avec laquelle il défendit et peut-être sauva sa patrie. Telle fut la fin de Pestum , dont les poètes, entr'autres Properce, Ovide et Virgile ont célébré les fleurs et surtout les rosiers qui se couronnaient, deux Ibis l'an , de roses renommées par leur parfum. Au livre 4 des Géorgiques, on lit Biferique rosaria Pœsti; dans les Elégies d'Ovide, liv* ii, élég. IV,
Cathaque PaestgDas vincit odore rosas.
En 1080, un Normand d'un zèle aveugle et d'une sotte pîété, détruisit entièrement ce qui ne l'avait été qu'à moitié par les Barbares ; il fit faire des fouilles à Pestum , et transpoiler à Salerne plusieurs colonnes de vert antique, et beaucoup d'autres objets précieux dont il orna l'église de saint Matteo. Bans le portique on voit une coupe d'une immense grosseur, d'un seul bloc de granit, dont la circonférence est de 66 palmes , et dans le fond de sa concavité est une tête de Méduse très-bien sculptée.
Après plusieurs siècles d'oubli des ruines de Pestum , le savant Gluverio les visita et en rendit un compte incomplet.
Le baron Antonîni, vers l'an 174^9 ^^^^ son ouvrage sur la Lucanie, en fit une description distinguée. M' Soufflot, architecte du Panthéon de Paris, fut le premier qui, en i^So, dessina les ruines de Pestum. En 1765, plusieurs érudits Anglais dessinèrent et publièrent les dessins des
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trois temples. Enfin ces monumens devinrent si célèbres et recherchés si universellement que le peintre JoUi en fît de superbes tableaux , destinésà orner le palais royal de Portici. En 1794? ^' Delagardette , architecte français, se rendit à Pestum dont il dessina et mesura les ruines avec la plus grande exactitude , et il publia , en 1 799, son excellent ouvrage intitulé : Les ruines de Pestum ou Posidonia. Ces ruines sont dans la province appelée Principauté Citérieure. On y entre vers le nord par une ouverture qui est celle d'une de ses anciennes portes. En examinant avec attention le plan de la ville , lorsqu'on est au milieu, on s'aperçoit facilement que sa plus grande étendue est d'orient en occident; sa figure est celle d'un polygone irrégulier. On peut dire, en général , que le contour de ses murs est assez bien conservé , excepté la partie occidentale vers la mer, qui est presqu'entièrement détruite; la partie septentrionale a beaucoup
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souffert; la méridionale est mieux conservée : mais la partie orientale est celle qui a le mieux résisté aux injures du temps et des hommes. Là , les murs sont presqu'entièrement conservés et flanqués de tours carrées ; au milieu , la porte orientale est entièrement conservée : sur la clef de la voûte on distingue un ouvrage de sculpture représentant la figure d'une Syrène ; tout près de là on voit les ruines de l'aqueduc qui servait à conduire à Pestum les excellentes eaux d'un site appelé Capo d^acqua , qui se trouve vers la cime élevée du mont Capac' cio. En s'avancant vers ce mont , on découvre encore d'autres ruines considérables de cet aqueduc, auquel la grande coupe qui se voit à Salerne , servait de bassin. Les murs sont fait de gros quartiers de pierres sans ciment , leur contour est de deux milles et demi. Pestum est situé aujourd'hui à un mille de la mer.
Au milieu de la ville , entre l'orient et
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Tocddent , se trouvent trois grands édifices. En entrant par la porte du nord , le premier qu'on rencontre k sa droite , est celui appelé le petit Temple ; il pose sur une base à laquelle on monte par trois degrés; il est environné de toutes parts par trente-quatre colonnes isolées : six à chacune des façades et onze è chaque côté*
La largeur du temple, à partir d'une colonne angulaire à Tautre, est de i4 mètres , 293.
La longueur est de 32 m., 49<>*
Diamètre des colonnes extérieures : i mètre, 392.
Hauteur intérieure des oolonneft avec le chapiteau : 5 m. , 4^0.
Caniielures des colonnes : o, ao.
Hauteur totale du temple, du sol au fronton : 11 m., 25o.
La cellule située au milieu - de la partie intérieure est presqu'entièrement détruite; on en découvre à peine quelques restes.
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A peu de distance de ce monument, se trouve le grand temple , qui non seulement est rédifîce le plus vaste, mais encore le mieux conservé des deux autres ; il est également périptère et a trente -six colonnes sur son péristyle : six aux deux faces et douze à chacun des t^tés; il pose sur une base formée de trois plans placés l'un sur l'autre de manière à former des degrés élevés.
Toutes les colonnes sont de figure conique , sans autre base que le dernier plan ; elles ont vingt-quatre cannelures et soutiennent un ornement dont l'architrave est composé de cinq pièces.
La largeur du temple , d'une colonne angulaire à l'autre, est de 24 m., 128 m*
Sa longueur ^ 58, 553.
La hauteur des colonnes , j compris le chapiteau: 8 m., ^82.
Hauteur totale du temple :17 m., 249.
Au milieu du péristyle s'élève une autre base sur laquelle posait la cellule dont les
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murs sont presqu'entièrement détruits ; avaDt d*y entrer, on remarque deux grandes colonnes flanquées de deux pilastres qui forment la façade du i^estibule. La cellule est divisée en trois parties par deux rangs de sept colonnes , sur lesquelles s'étend un architrave qui soutient un pareil nombre 4^ colonnes plus petites qui supportaient la toiture. Il ne reste aujourd'hui que huit de ces petites colonnes , trois au nord et cinq au midi de la cellule. La façade occidentale de la cellule est également décorée de deux grandes colonnes égales à celles du vestibule , flanquées également de deux pilastres.
Le spectateur placé au milieu de la cellule jouit du singulier spectacle de voir Thorison divisé en autant de parties qu'il y a de jours entre les colonnes de la cellule et du péristyle du temple. Cet horison est borné au loin par une chaîne de montagnes qui se courbe du nord à l'orient et au sud , de manière que la partie terrestre occidentale est baignée
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par la mer qui s'étend d'une part jusqu'à Caprée , de l'autre , par la petite île qui porta jadis le nom de la syrène Leucosia, et qui s'appelle aujourd'hui Licosa.
L'architrave qui règne sur les quatre cotés du péristyle forme quatre profils de quatre lignes di*oites, qui n'étant point interrompues' par des saillies, selon le mauvais goût de plusieurs édifices modernes , donne à l'œil , qui parcourt sans obstable toute cette longueur, une agréable sensation. Les entablemens des chapiteaux ressortent à la partie intérieure et extérieure du péristyle. Toutes les parties de la construction , unies entr'elles sans aucune apparence de ciment , sont revêtues d'un léger enduit.
Le nombre des colonnes, grandes et petites, de ce temple, s'élève à soixantedeux* Les pierres de ces colonnes sont de couleur rougeâtre , et de couleur cendrée.
£n sortant du temple de Neptune, on
passe à un troisième édifice qui a conserré intact son péristyle de cinquante colonnes; neuf sont à la face orientale , neuf à Toccidentale et seize à chacun des cotés ; la colonne du milieu de chacune des faces est plus ornée vers son collier que les autres.
En entrant par la face orientale , après un petit espace, on rencontre une façade de trois colonnes , flanquées de deux pilastres ; celle du milieu est suivie en ligue droite d'une file de trois autres colonnes; file qui devait s'étendre , sans doute , jusqu'à la face occidentale. Cette disposition a fait présumer que cet édifice n'était pas un temple , mais bien une basilique , c'est-à-dire un lieu destiné à la réunion des magistrats.
La larg. de ce monument est deii^m.,^%g.
Sa longueur de .•.•...••• . 52, 329.
La hauteur des colonnes, y compris le chapiteau • . • 6, i r3.
Au midi de cette basilique on découvre , à l'extérieur des murs de la ville, un mis-
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seau dont les eaux ont une verta pétrifiante. Ce ruùfeau s'appelait jadis Salso, mais les babitans lui donnent aujourd'hui le nom de Capo dijiume*
£n $e plaçant à quelque distance , Tobserdateur dirigeant ses regards vers le milieu du côté méridional de la basilique, décou* yrira une forêt de colonnes au nombre de cent cinquante-deux , et six pilastres : entre le grand temple et le petit, on trouve un espace elliptique formé par quelques ruines * qu'on suppose être celles de l'amphithéâtre de Pestum ; mais je n'insiste pas sur cette conjecture , il existe dans plusieurs villes des édifices romains de ce genre.
La foudre, comme si elle eût voulu seconder les efibrts du temps , frappa la face occidentale du grand temple : elle y fit une grande ouverture , brisa la corniche , la frise, l'architrave, et endommagea une colonne qui ne fut plus qu'un déhile soutien de l'entabteraent qu'elle portait. Le surintendant ^es
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antiquités du royaume fit réparer ce dommage en 1804 9 et nettoyer ce bâtiment de toutes les plantes parasites qui le rendaient, inabordable aux curieux. Il fut récompensé de ses peines par une découverte intéressante : lorsqu'il faisait travailler au déblaiement du petit temple , le retentissement d'une pierre lui fit juger qu'elle couvrait quelque cavité ; il la fit lever, et il découvrit un sépulcre où gisait un squelette humain entouré d'une grande quantité de vases de terre sans figures, et qui par leur forme remontent à une haute antiquité. On doit penser que le personnage inhumé dans ce lieu était de la plus grande distinction, car Plutarque, dans la vie de Thémistocle , d'accord avec les écrivains les plus renommés des temps antiques, atteste que la loi qui défendait d'inhumer dans les villes n'était transgressée qu'en faveur des hommes illustres.
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