‹ Tablettes romaines, contenant des faits, des anecdotes et des observations sur les moeurs, les usages, les ceremonies, le gouvernement de Rome. Par un francais qui a recemmement sejourne dans cette villeChapitre 24 sur 45 · C .GG · texte numérisé non relu

C .GG

« nous reverrons, et je vous en apprendrai da- > * * vantage. » Il ne sut rien , car il de'vait partir,

. et partit en effet le lendemain pour Florence.

Livrer sa personne et refuser de dire son nom est un trait caractéristique. Les Italiennes pensent que les exordes et les péroraisons énervent f discours , et que , dans le temple de l’amour,

1 offrande offerte au sanctuaire doit, comme l’encens brûlé sur l’autel , s’évaporer sans laisser de ' trace.

M. I..., ayant de partir, m’avait donné le signalement de la belle aventurière, et je mis tout en œuvre pour la découvrir. J’allai chez la duchesse Dev..., où toutes mes recherches furent vaines. Je consultai un jeune prélat , aujourd’hui cardinal , et lui contai toute l’histoire quij le réjouit beaucoup. Je le priai de m’aider de ses lumières; mais il attribua l’honneur de cette aventure à tant de hautes et puissantes dames , qu’il troubla mes idées au lieu de les’éclaircir; Chaque jour il me demandait si j’avais trouvé la trace de l’inconnue : il. pa- . raissait attacher au succès de ma tentative un

aussi grand intérêt que moi-même. Mais j’aurais - -, , plutôt , je crois , découvert un nouveau monde*

v Enfin je m’adressai au comte Fal... , dont la sensiblejdamej avait parlé comme de quelqu’un de sa connaissance. Il se frotta le front au récit * de l’anecdote ; puis il s’écria , comme par inspiration : « Ce ne peut être que ma cousine , ou

« ma belle-sœur , ou » Je crus qu’il allait

passer en revue toute sa famille. Je ne pus m’empêcher de rire de sa naïveté ; il rit ailssi , ce qui me fit rire encore davantage, et je le quittai en le considérant comme étant déjà ou devant être un des plus dignes maris de Rome.

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