POLITIQUE ANCIENNE ET MODERNE. — TOLERANCE
t , Je leur parle en parabole*, afin qu’en entendant
lia ne me comprennent point.
, Saun Mathieu.
J’ai entendu prêcher en latin dans la chapelle du Pape. Je me plaignais à mon voisin de ce que la prononciation me faisait perdre beaucoup de bonnes choses. « 11 faut vous résigner, « me dit-il : bien des cardinaux perdent plus que « vous. — Comment! ils ont l’air si attentifs et « si touchés! -—C’est pour la forme ; et je con- « sens à être pendu sur l’heure , si la plupart ont
• compris un root. — Eh quoi ! il faudrait
. « que le don des langues descendit sur eux
« comme sur les apôtres ! Vous m’étonnez, « — • 11 y a bien d’autres choses qu’il faudrait , - * révéler à ces émiuences. Cette aristocra-
« lie religieuse charge les pauvres prêtres de « s’instruire pour elle , de défricher et d’en- * « * semcncer le sol de la foi j elle leur abandonne
. • ’« tout, excepté la récolte. C’est exprès que le
■ Pape choisit des cardinaux de cette trempe..
• Avec plus de lumières , le sacré collège au-»
* fait ua jour ou l’autre la prétention de voir « clair dans les affaires du gouvernement; ce « qui ne convient pas. Enfin il y a pour eux des « dispenses illimitées de savoir et d’esprit i ils « en usent. — Est-il donc toujours d’usage de « prêcher en latin devant le Pape ? — Toujours : « c’est d’étiquette. — Alors Sa Sainteté doit rire « intérieurement. C’est une mauvaise plaisan-i
* terie faite au haut clergé. Autant vaudrait-il « prêcher dans le désert, — -Peu importe à l’ora-
* teur : on paie ce moine pour prêcher, ilprêche, « Tant mieux ou tant pis pour ceux qui l’enten- #■ dent. *