‹ Tablettes romantiques: recueilChapitre 54 sur 67 · LE JEUNE GREC PAYEN · texte numérisé non relu

LE JEUNE GREC PAYEN

DéjA TAiirore aux mains verm^les Sème les roses du matin.

Esclave» à l'ombre de ces treilles , Dresse les apprêts du festin ; Et que ces flacons délectables Qui doivent bientôt sur nos tables Braver les cbaleurs de l'été , Rafraîchis par des eaux limpides , M'apportent dans leurs flancs humides Le délire et la volupté*

C'est ainsi qu'une aimable ivresse Loin de moi chasse la douleur.

De mes jours la mort est maîtresse :

Je suis maître de mon bonheur.

Quand l'aveugle Destin l'outrage , Amis , le véritable sage S'enveloppe de sa vertu ; Dédaignant la plainte importune f .

U rit , et boit à la Fortune Qui croyait l'avoir abattu.

Des beanz arbres qui m'ont tu naître Les cyprès doivent seuls un jour , Demie» compagnons de leur maître , Le suivre à son dernier séjour.

Mais que parfois la vigne encore Sur nos fronts que son jus colore Courbe ses fortunés berceaux »

Avant que le cyprès fidèle Balance son ombre étemelle Sur le marbre de nos tombeaux t

* ■ O Nàîs ! par la Mort cruelle Quand mon arrêt sera porté , . Approche , la douleur t'appelle Où t'appelait la volupté :

Réponds à ma voix défaillante, Soulève ma tète tremblante , De ton souffle viens m'embraser; Ah ! que sur tes lèvres de flamme Je puisse déposer mon âme , Que j'expire dans un baiser \

Alors que ma froide paupière Pressera mon œil à jamais, O Nais ! pour faveur dernière y Couronne-moi de myrtes, frais.

Psu^ comme en un jour de fête , Sur un bras inclinant ma tète ,

Une coupe -vide à la main , J'ofïHrai la riante image De ce conyiye henrenx et sag^ Qui sommeille après on festin.

Toi-même, à la clarté ravie , Tn dois fermer tes yeux si beanx; Mais un jour Tétemelle yie Sortira du sein des tombeaux* Comme dieux époux de la veille Qu'un €en<dfe souvenir éveille Aux premiers rayons, du. matiik»

Surpris et charmés de rmaître , Ensemble nous verrons paraître L'aurore d'un jour sans déclin.

H. Caaiiiiir Dklâviohi.

Page 1