CHANT DU VIEUX MORLAQUË
Tiré du roman de Jeun Sbogar.
Malubur à toi y malheur , ô jei&e plante , Si ta fraîcheur attirait le regard Et fleurissait sur la route sanglante De Jean Sbogar, le cruel Jean Sbogar!
Au fond des bois , fille ingénue.
Ne Ta point chercher le sommeil , De peur qu'une voix inconnue Ne vienne effrayer ton réveil :
On dit qu'aux vierges 'solitaires Elle parle de volupté.
D'impossible amour , de mystères , De néant et d'éternité.
* Ces stances acquièrent un nouveau degré d'iutérét par la comparaison qu'on peut en faire avec celles de M. ChénedoUé sur le même sujet , publiées dans, ses Études poétiques. Noos connaissons de M. le comte d'H*** plusieurs autres pièces pleines de sentiment et de grâce : c'est un nom qui se place tout naturellement au bas des jolis vers. \
Malheur à toi« malheur, à jeune plante , Si ta firalcheur attirait le regard Et fleurissait sur la route sanglante De Jean Sbogar, le cruel Jean Sbogar!
Quel homme, au sourire de Tange , A tes yeux charmés s'est offert?
Oh ! dans son regard quel mélange Du paradis et de Tenfer I Crains cet homme à la rouge écha rpe , Car son amour donne la mort...
Ecoute 1 il prélude , et sa harpe Murmure ce Inguhre accord :
' Malheur à toi , mffinenT , è jeune plante , Si ta fraîcheur attirait le regard Et fleurissait sur la route sanglante De Jean Sbogar , le cruel Jean Sbogaid !
Quel est cet hymen qu'on célèbre?
Pourquoi ces torches pour flambeaux ; Pour Toile, ce crêpe funèbre, Pour lit nuptial deux tombeaux ?
Quels affreux témoins à ces noces !...
Un échafaud au lieu d'autel ; *
Point de chants; mais des cris féroces Que suit un silence mortel !
Malheur à toi, malheur, jeune insensée.
Tu n'as pas fui son magique regard ; Malheur À toi, te Toilà fiancée .
A Jean Sbogar , le cruel Jean Sbogarl
Le comte F. d*H***.