‹ Tablettes romantiques: recueilChapitre 58 sur 67 · CHANT DU VIEUX MORLAQUË · texte numérisé non relu

CHANT DU VIEUX MORLAQUË

Tiré du roman de Jeun Sbogar.

Malubur à toi y malheur , ô jei&e plante , Si ta fraîcheur attirait le regard Et fleurissait sur la route sanglante De Jean Sbogar, le cruel Jean Sbogar!

Au fond des bois , fille ingénue.

Ne Ta point chercher le sommeil , De peur qu'une voix inconnue Ne vienne effrayer ton réveil :

On dit qu'aux vierges 'solitaires Elle parle de volupté.

D'impossible amour , de mystères , De néant et d'éternité.

* Ces stances acquièrent un nouveau degré d'iutérét par la comparaison qu'on peut en faire avec celles de M. ChénedoUé sur le même sujet , publiées dans, ses Études poétiques. Noos connaissons de M. le comte d'H*** plusieurs autres pièces pleines de sentiment et de grâce : c'est un nom qui se place tout naturellement au bas des jolis vers. \

Malheur à toi« malheur, à jeune plante , Si ta firalcheur attirait le regard Et fleurissait sur la route sanglante De Jean Sbogar, le cruel Jean Sbogar!

Quel homme, au sourire de Tange , A tes yeux charmés s'est offert?

Oh ! dans son regard quel mélange Du paradis et de Tenfer I Crains cet homme à la rouge écha rpe , Car son amour donne la mort...

Ecoute 1 il prélude , et sa harpe Murmure ce Inguhre accord :

' Malheur à toi , mffinenT , è jeune plante , Si ta fraîcheur attirait le regard Et fleurissait sur la route sanglante De Jean Sbogar , le cruel Jean Sbogaid !

Quel est cet hymen qu'on célèbre?

Pourquoi ces torches pour flambeaux ; Pour Toile, ce crêpe funèbre, Pour lit nuptial deux tombeaux ?

Quels affreux témoins à ces noces !...

Un échafaud au lieu d'autel ; *

Point de chants; mais des cris féroces Que suit un silence mortel !

Malheur à toi, malheur, jeune insensée.

Tu n'as pas fui son magique regard ; Malheur À toi, te Toilà fiancée .

A Jean Sbogar , le cruel Jean Sbogarl

Le comte F. d*H***.

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