II. est donc vtar, JoinyiUé aussi me blâme
Mais sais-tu quels desseins je renferme en mon &me ? Sais-tu si les combats , où je tous ai guidés , Par de grands intérêts n'étaient pas commandés ? Tu ne Tois que tes maux , ton désespoir m*accuse : £h bien , lis dans mon cœur , et connais mon excuse ; Vainement , tu le sais , au sein de nos remparts Je Toulus appeler le commerce et les aïts ; Ces comtes , qui du haut de leurs châteaux astiques Font gémir mes sujets sous leurs lois despotiques , Tyrans dans mon royaume, et yassaux turbulens , Sans relâche occupés de leurs débats sanglans , Détruisaient mes travaux , déchiraient la patrie , * £>ans son premier essor arrêtaient l'industrie ; Divisés d'intérêts , unis contre leur roi , Je les trouvais sans cesse entre mon peuple et moi 1 Signalant tour à tour leurs fureurs inhumaines , Ils promenaient la mort dans leurs vastes domaines , £t des soldats français , l'un par l'autre immolés , JLte sang coulait sans gloire en nos champs désolés: Il Fallut , des combats leur ouvrant la carrière , Offrir un but plus noble à cette ardeur guerrière.
( 34o ) Tu te souviens qu'alors de pieux voyageurs , Pour nos frères captifs implorant des vengeurs , D'un zèle saint en nous ranimèrent la flanune ; •Aux regards des Français déployant l^oriflamme , Je leur montré la gloire aux rives du Jourdain : Ils entendent ma voix , s'arrêtent , et soudain Oubliant leurs discords, et déposant leurs haines , Ils marchent réunis vers ces plages lointaines ! Quels plus nobles dangers leur pouvaient étte offerts? Délivrer les chrétiens gémissant dans les fers , Rendre Jérusalem à sa splendeur première »
En chasser l'infidèle , et rompre la barrière Qui du tombeau sacré nous défjendait l'accès , Tel devait être , ami , le fruit de nos succès ! Là s'arrêtaient vos vœux , et non mon espérance. Jette , avec moi , Joinville , un regard siur la France : Avant de condamner les sermens que j*ai faits ^ De ces combats lointains contemple les effets : Libre de ses tyrans , mon peuple enfin respire , La paix renaît en France , et la discorde expire ; Le commerce , avec nous transporté sur ses bords , Aux peuples rapprochés prodigue ses trésors ; L'aspect de ces climats , depuis long-temps célèbres , Déjà de l'ignorance édaircit les ténèbres , Et , sur nos pas , les arts , allumant leur flambeau , Vont remplir l'Occident de leur éclat nouveau ; Déjà des grands vassaux l'autorité chancelle. ' Je sais ce qu'entreprend leur audace rebella,
Join'ville ; et , ni*instniisant aux leçons du passé , Je suiyrai le chemin que Philippe a tracé.
Aux tyrans de mon peuple arrachant leur puissance 9 Éyelllant la justice , enchaînant la licence , An secours de mes lois j'appellerai les mœurs*, Rabaisserai les grands, et, malgré leurs clameurs , Père de mes sujets , détruisant Tanarchie , ^
Je veux y sur ses débris , asseoir la monarchie !
Si Dieu , marquant ici le terme -de mes jours , Veut de tous mes travaux interrompre le cours , Aux rois qui me suivront j'aurai frayé la route : Vers ce but glorieux ils marcheront sans doute , Et, quelque jour , mon peuple , éclairé sur ses droits , Chérira ma mémoire et bénira mes lois !
M; AvCELOT.