L'INFIDELE
il.BGXB.
TaAHi par ttédelmonde, Edvin, l'âme trôôbléte. Cherchait la mort du hraye , et k charebait en yain : Un gaerrier s'ofAre k loi dans la noire mêlée; Edvin frappe... « Je meurs, ditTamante dTEdrîn.
Ce casque voilait hi victime , Tdn glaive s*est plongé àâni mon cœur gémissant. Il ne me restait plus de larihes pour mon crîmé ,
Edvin y je t*ai donné mon sang.
La mort réconcilie , elle apaise et rassure; G*est un ami qui vient se placer entre nous.
Je devrais devant toi ne parlcf qu'à genoux ;
Mais y Edvin , tu Toi* ma blessure.
Oh ! laisse de tes yeux , sur mes yeux expirans ,
Tomber le pardon d'Hédelmonde; Sois l'ange qui console au départ de ce monde , Tiens la place du Dieu qui fait grâce aux mourans. J'ai cherché mon Edvin loin de ces doux rivages Oît,sous la clématite et les jasmins sauvages
Commença le songe enflammé, Des bords de la Durance où nos mains se pressèrent ,
Où nos cœurs brûlans s'enlacèrent ;
J*aî quitté pour mourir les lieux où je t'aimai. Sons le saule où l'écharpe annonçait ta présence , Tu me consacreras le monument des morts.
Le saule redira mes heures d'innocence ,
Le tombeau , mes jours de remords.
Là tu Tiendras prier pour une pécheresse,
Si mon pauvre sort t'intéresse ,
Si tu daignes porter mon deuil.
Là tu viendras prier , si mon âme est là tienne ,
Si tu veux que je t'appai'tîén&e
De Fautre côté du cerctfeil.
C*en est ^ait... le d«rme^ nuage
Sur mes regserds s'est abaissé;
A pdoie dans mon cœur glacé
Pnis-je retenir ton im^e :
Adieu : c'est l'adieu sans retour.
Le vent plaintif du soir et la feuille qui tombe
Le murmureront sur ma tombe;
Et si mon âme , quelque jour , Peut , à force d'aimer , ici-bas redescendre , Je viendrai t'app^aitre , à côté de ma cendre ,
Sous lé saule de notre amour. »
M. AleK. Soumet.
LE CAPTIF D'OCHALI.
aOMAirCES MA.VEESQYISS.
Les romances qu'on va lire sont l'ouvrage des chrétiens Mozarabes, c'est-à-dire sujets des Arabes. Originairementcomposées dansla langue mauresque y elles devinrent populaires parmi les peuples des royaumes de Grenade , de Murcie, de Séville , et se répandirent ensuite chez les chrétiens libres de la Castille , qui les traduisirent en espagnol. Ces traductions se soQt consei*véesdans la mémoire deshabitans delà Sierra- Nevada et dans quelques manuscrits déposés dans les monastères de la vieille Castille. On en a imprimé aussi quelques-unes dans le Romancero général. Un séjour de quelques années en Espagne a mis le traducteur à portée de les recueillir et de les traduire en français.
Il s'est attaché à reproduire le sens de l'espagnol avec une fidélité qui semblera peut - être trop hardie à quelques-uns , mais qui sera appréciée de tous ceux qui savent coBibien l'élégance
du langage peut apporter de différence dans l'expression des mêmes idées.
L'événement qui a fourni le sujet de ces romances est célèbre. Il a été chanté dans d'autres romances entièrement arabes , et qui se trouvent citées dans VHistoire des Maures de Grenade , de Ferez de Hita j mais ces romances contiennent un récit entièrement différent de celui qu'on, va lire.
LB HfESSAGB.
Albayaldos, indigné et fier ^ relève la manche de.son bras courageux , jette avec violence son rouge turban et met la main sur la poignée de «on cimeterre.
Adieu^plumesbrillantes, adieu, nobles devises; adieu , portrait de Zaîda , armes , bouclier , cuirasse , tout ce qui porte les couleurs de l'infidèle !
Ilmaudit tout ! ilmet tout en pièces ! il foule tout aux pieds , il traîne tout dans la poussière ; le sol est couvert de débris , de franges et de rubans , et dans les airs volent en morceaux les cannes e les lances.
Tantôt il se promène les bras croisés sur la poitrine , et la pointe de son cimeterre traîne en retentissant sur les pavés de marbre ; tantôt
il s'arrête et frappe du pied la terre , comme s'il voulait briser le monde.
Il nomme Zaïda infidèle , il vomit mille blasphèmes contre le gr'sind-maitre Fonce de Léon ; soudain il demande sa plume, et voici la lettre qu'il é<irit à ce dernier : '
« Sî , comme vous soutenez la vue d'une ro'be de soie dé "Dama s , vous soutenez de même la vue d'upe 'cotte de maille jaserine; si vous descendez avec autant de fermeté sur les champs de bataille que vous volez avec grâce à nos danses de la Zambra ;
» Si vous vous plaisez aux conii>ats véritables comme à ceux qui ne sont que des jeux , et si vous avez autant de courage avec les hommes que vous avez de présomp^on avec les femmes;
)) C'est ce que je veux . voir demain , à la dixième heure du jour, sur la route d'Arbolété , à la fontaine du Pin ; et rendez - moi grâce , grand-maître de Galatrava , de ce que fc vous laisse vivre jusqu'à demain. »
Il ferme sa lettre , et il ordonne de loi seller son cheval de bataille , Ct de lui préparer un bouclier de Fez et l'épée qu'il a enlevée à l'Alcade de Loz Vêlez. i
JL*UrjnjLE BT LA. TB.A.HISOV.
(c Ils mentent , les Zëgris qui ont achète des » captifs au pirate Ochali et qui en ont présenté » les têtes à leurs maîtresses j comme s'ils les » avaient enlev.ées à des chevaliers de Ca- » latrava. »
Ainsi parle à Ismaël Zégri , le grand - maître Ponce de Léon , en faisant cabrer son cheval dans la poussière.
« Us mentent les Zégris qui ont prétendu » que le roi les a autorisés à aller chercher des » captifs ailleurs que sur les champs de bataille ; témoin , noble grand-maître , le jour où nous » nous jurâmes amitié , après que j'eus brisé ma » lance au milieu de la croix rouge qui te cou- » vre la poitrine. »
Ainsi parle à Ponce de Léon , l'Abencerrage Âlbayaldos , en présence die Muley Ismaël , devant qui on insulte sa tribu , qui porte un glaive à sa ceinture et qui se retire en baissant la tête.
Ce n'est pas un lâche que Muley Ismaël, mais c^est un homme qui , par cela même que les voies de l'honneur lui sont familières , croit qu'il a le droit de les dédaigner, et qui dit que dans
(348 ) une vengeance il ne sagit pas de savoir si elle est noble, mais si elle est sû.re.
Une lettre est apportée à Ponce de Léon , et lui annonce que des esclaves ont vu la nuit Alba jaldos descendre du balcon de samaîtresse : une lettre est apportée à Albayaldos et lui assure que les lavandières du Xenil ont vu sa maîtresse eiTer dans les bocages avec Ponce de Léon.
Les deux guei:riers se rencontrent sur la place du Zacatin et se mesurent des regards : Mulej Tsmaël s'approche et leur parle tour à tour pour les réconcilier, et les deux guerriers se séparent après s'être donner endez-vous, pour le jour suivant , à la fontaine du Pin.
(( D'oii vient, disent les pirates d'Ochali qui » descendent le Xenil pour regagner leur vais- » seau j d'où vient que nous apercevons des feux » sur les montagnes ? »
» — D'où vient, disent les sentinelles placée» » à la portée du trait l'une de^ l'autre dans le » camp des chrétiens , d'où vient que nous en- » tendons la corne sauvage retentir sur nos têtes » dans les forêts. » '
Une lettre a été envoyée aux banditi chrétien»
( 349 ) qui se sont retires dans les rochers du Bermejko; une lettre a été envoyée aux bandits maures qui habitent les forêts delà Sierra-Nevada.
Aux chrétiens il a été annoncé qu'un riche chevalier maure doit passer à la dixième heure du jour sur la route d'Arbolété pour se rendre à la fontaine du Pin : aux Maures il a été annoncé que sur la même route et par un c6té opposé doit arriver un riche chevalier chrétien.
£t les chrétiens préparent leurs arcs et leurs massues, en dansant autour d'un feu; et les Maures s'appellent mutuelkment de caverne en caverne au son de la trompe.
Cependant Muley - Ismaël peigne sa barbe , se revêt de ses riches habits y et , suivi de ses amis et de ses parens , va demander au vieux Aben-Hamet la main de Zaïda , maitresse d'Albayaldos.
Et à cause de cette demande^ il y eut, le soir même , grande Zambra au palais \ le petit roi Boabdilin y dansa avec la reine Alfaïma; on y vit Albayaldos et Ponce de Léon , ainsi que la bçlle Fatime de Sagra et Gelindajka de Xérès delà frontière.