OPÉBATIONS EU E8P\G.>E ET BK-DKÇA BU RHIN
PaPificalion de la Vrndécelde la (ilioiianuerie (17, aC février, ao aerll, a mai). — Prise de Eosi^(3 féerter), — Coahal de la nnria (il jiriHef). — Prise de Eitluo (17). — Pah avec rpisjiasiic.— SiUia- »ioiv féaéralc. — Pria* «fc lai»a»»ljo»Tg (lojain).
En Vfndëp, laConvpnlion consrntit tEabord à une trêve qui fut suivie (le plusieurs traites avec les divers tlicfs. Cette première paeific<ation embrassa aussi le théàlrc de la clioiianneric.
L’Espagne sentait l’inutilité de si's efforts; les siiecès des deu.v armées françaises la déteeininèrcnt à entrer en négociations. Après la prise de Figuères, l’érignon poussa scs avantages et se porta sur Roses. Quoique dépourvu de tout, il l’investit, l’iWMégea et réussit à l’enlever. Pérignon dans son commandement provisoire, avait fait preuve de talent et d’iiabi!eté;mais il avait pour émule Augereau, qui comptait coinme lui de beaux faits d’armes; 011 craignit une rivalité qui eût pu devenir funeste et l’on nomma général en chef Schercr qui s’était illustré à rannéc de Sambre-et-Meusc. Les Espagnols avaient pris position derrière la Fluvia; Scherer les battit, et Ic.s eût poursuivis au loin si le comité, déjà eu pourparlers avec le cabinet de l’Escurial, ne l’eût coutenu.
Moncey n’était pas entré en campagne d’une manière moins brillante; Bilbao fut pris, Pampelune assiégé et l’ennemi battu à Vittoria. L’armée se préparait à franchir l’Ebre lorsque les hostilités furent suspendues.
Avant l'ouverture de la campagne on n'avait déjà plus à combattre que l’Autriche et les puissances secondaires qui , bon gré mal gré, marchaient sous ses drapeaux; mais la position de la P'rance à son égard était toute nouvelle: les alliances traditionnelles qui, dans les anciennes guerres, conduisaient à des champs de bataille connus, manquaient à la république; il fallait donc chercher de nouveaux points d’attaque et la situation intérieure imprimait à tous les évènemeus l’indécision qui la caractérisait.
Le gouvernement dictatorial n'avait point survécu à la nécessité qui l’avait fait naître; demandé d’abord et exerce par des hommes qui s’étaient crus maîtres de modérer l’emploi des mesures violentes, il était tombé, par le cours des choses, entre les mains de sectaires enthousiastes, pour <|ui le salut public était inséparable d’une entière régénération sociale.
L’opposition à leurs idées sur la constitution future de la république était, à leurs yeux, un crime égal à la complicité avec l’étranger et ils le frappaient avec l'inflexibilité des lois militaires. Ils faisaient donc usage, contre des dissidences politiques, du pouvoir exorbitant qui leur était confié pour repousser l’invasion. Mais ils marchaient,' dans cette voie de réforiuation sanglante, isolés et soulevant à chaque pas l'horreur publi- <|ue. La seule force qui les soutint, la force d’opinion, qu’ils tenaient du danger commun , devait leur échapper quand le danger s’éloignerait : aussi , à la suite des immortelles journées qui portèrent au Rhin les armées républicaines, tombèrent-ils d’cux-mcines, laissant la carrièi-e ouverte au ressentiment des partis opprimes et vaincus. Par un retour inévitable, leur chute fut le signal d’une réaction qui ne sut o& se prendre ni s’arrêter. Depuis les restes de la Montagne, jusqu’à l’anclcu régime absolu, toutes les factions s’agitèrent, et la Convention eut à soutenir en divers sens plus d’une lutte pénible; elle-même perdit l’unité de vues qui avait si long-temps commande Fa victoire.
Au milieu de ces embarras intérieurs, les armées furent négligées, les représentans perdirent leur pouvoir souverain aux quartiers -généraux; le recrutement. Fa solde, les approvisionnemens n’eurent plus de régularité, la désertion plus de frein, et les agens de l’émigration purent impunément circonvenir administrations et généraux.
On hésita si l’on ferait la paix ou si l’on continuerait la guerre; on hésita si l’on porterait son effort au nord ou au raidi. Enfin on se décida à passer le Rhin pour éloigner les deux années qui s’opposaient à l’invcs-
tissement de Mayence et pour assiéger cette place; mais pour passer le Rhin on manquait d’équipages de ponts; mais les charrois, mais la cavalerie étaient désorganisés; mais un quart de l’elTectif des armées avait quitté les rangs ; l’été entier fut consumé en apprêts. Toutefois Luxembourg, éloigné de tout secours, bloqué tour-à-tour par des divisions des deux armées , sc rendit au mois de juin.
OrÉKATIOnS IN ITALIE.
CombtU du Tinaro , deMelogooet Tado (aa, a«, aS, aC juin).— Retraile des Freo^ (3o juin
et t juillet).
Cependant les impériaux reprirent l’offensive en Italie. L’armée française occupait à droite Yado. Elle s’était fortifiée sur la crête des montagnes et sa gauche s’appuyait sur les Alpes, depuis le Col-de-Tende jusqu’à l’Argentière. On l’avait affaiblie de 10,000 hommes qu’on prétendait débarquer à Civita-Yecchia pour attaquer Rome et, ce qui était d’une autre conséquence, on avait éloigné Bonaparte. Réduite à 3o,ooo hommes, Kellermann la commandait en chef.
Les coalisés avaient mis sur pied des forces considérables; a5,ooo Piémontais , sous Colli , étaient en position à Coni et Mondovi , couvrant les avenues de Turin. 5o,ooo impériaux. Italiens et Napolitains commandés parDewins, campaient à Dego et Ava, prêts à déboucher sur le versant maritime. Le projet des généraux ennemis était de replier la droite en l’attaquant par son extrémité et de compromettre sa retraite en faisant tomber en même temps la ligne de retranchemens que l’on avait élevée sur le sommet des monts.
Le mouvement commença dans la vallée du Tanaro; l’ennemi chercha à pénétrer entre la droite et la gauche de Kellermann , il fut repoussé et tomba ensuite sur Yado, où une poignée de braves rendit ses efforts infructueux. L’action s’engagea le lendemain sur toute la ligne. Colli et les Piémonlais cherchèrent inutilement à forcer le passage des Alpes. Ije détachement de Yado fut encore victorieux; mais Dewins, ayant déployé son attaque simultanément , contre le mont San-Bernardo , Dardinelto, San-Giaccomo et Melogno , réussit à s’établir dans les retranchemens de Melogno. Le jour suivant, le combat continua, Kellermann essaya sans succès de reprendre la redoute de Melogno. Pendant ce temps, l’ennemi couronna le mont San-Bernardo. Dès>lors, l’armée, dominée dans la vallée du Tanaro et sur le littoral de la Méditerranée, fit retraite en bon ordre , toujours en combattant. Elle reforma sa ligue sur une chaîne secondaire qui part du SaU'Bernardo, passe par Sucarello et huit sur la côte à Borghelto; là, elle se maintint victoricusemeut jusqu’à la fin de la saison.