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OPÉRATIOflS DE l'aBMÉE DD fiORD.
Pa&sa^c Je U Metnc (19 octobre).— Combat d’Oodc Waleringc ^«9).— Prise de (iinf|;uc (9 novembre).— Attaque de Hle de Bomracl (la décembre). — Prise de Pîlo de Domme) (a8 dêccnibre). — Attaque des lignes de Rmda (39).— Prise de Grave (39). — Passage de >Vaal (du 5 mi to janvier X795).-»Cuoquétc de la Hollande (janvier).— Paix avec la Prusse.
I.a conqutïte de la Uollande termiuu digueioeat ccltu année de viGtoi* rcft. 1.0 deUa Néerlandais est formé par les alluvtons de l’Escaut , de la basse Meuse et du llliin. Ce grand lleuve, sous le nom d’Vsscl,de Leck, de Lange , de Waal , embrasse et sillonne des provinces qui lui doiveut une existence incesaanimcnt menacée par l’Océan. Des digues, des canaux sans nombre contiennent et distribuent les eaux qui sont à-lafois la cansc de la prospérité et le principal moyeu de défense du pays.
Ou sait comment l’inonilalion subitement étendue arrêta l'armcc de Louis XIV. Depuis lors l'invasion , vainement tentée par le puissant iuouar<|uc, était réputée iu) possible. Dumouricz n’y avait songé qu’en s’appuyant d'un mouvement populaire que la présence d’une armée de 5o k Go, 000 lioinmcs rendait maintenant diflicile.
Api'ès la retraite des impériaux au-delà dulibiiii, le duc d’Vork n'ayant plus rien à faire sur la Meuse , suivit le mouvement général et se replia sous le canon de Nimèguc. Il importait de conserver cctic ville, par où l’on pouvait débouclier à revers contre la gauclic de Jourdan. Ixis coalises se concertèrent pour la défendre et pour se ménager l’espace entre I
Waal et Meuse. Clcrfayt détacha sur sa droite ao,ooo hommes et leur donna l’ordre de passer le Rhin à Wesel et de tnanrcuvrcr sur le liane droit de l’année du Nord. Pichegru ne pouvait pas jeter au-delà de la Meuse plus de fiO,ooo liommes, le renfort envoyé par les impériaux pouvait donc rendre au duc d’Y ork la supérioritédu nombre et l’offensive ;
CAMPAGNE DE 179ft. U1
mais oa avait mal clioisi le point pour le faire entrer en ligne , et l’activité des Français ne lui permit pas de le déployer.
Moreau, inveslidu conimandemcnt par l’absence de Pichegru, ordonna de se porter au-delà de la Meuse, Souliain la passa sans obstacle à Tefelen , puis pour assurer ses flancs , il poussa jusqu’au Waal et s’empara du pont de Tliicl. On se trouvait pour la première fois dans une de oes vastes prairies qui ne sont préservées des eaux qu’au moyen d’une inCnité de canaux , et Ton avait devant soi celui d'Oude-Wateringe qui joint le Waal à la Meuse , d’Appeltcrn à Druten ; sur un terrain si propre à la défense , l’ennemi n’arrêta pas un instant les républicains ; range derrière le oanal, il avait couvert toutes les coupures de tirailleurs, qui, on se retirant, détruisaient tous les ponts. Malgré tant d’obstacles , Sou- Imm parvint rapidement au bord du canal; ses soldats, sans en mesurer la profondeur, s’y précipitent et gravissent l’autre rive; les deux villages sont enlevés, et l’ennemi saisi d’épouvante s’enfuit jusqu’à Nimègue.
Le prince anglais ne se crut en sûreté qu’au delà du Waal ; il laissa dans le camp, sous la place, Walmoden, qui à l'approche des Français, se porta en remontant le Rhin au-devant du renfort annoncé par Clerfayt. Moreau le poursuivit et prit position au fort de Schenck pour s’opposer à son retour. Cependant Yandamme marchait par Clevest sur Wesel, résolu à tenir tête aux impériaux ; ceux-ci commençaient à déboucher et leur avant-garde arrivait à Buderich; elle y fut accueillie rudement par le général français i rejetée sur le corps de bataille, elle l’entraîna au-delà du Rhin, Walmoden lui- même passa le fleuve, et l’on put sans inquiétude se livrer au siège de Nimègue.
CcUe place n’était défendue que par sa garnison (/juou). De l’autre côté du Waal, le duc d’York déployait ao,uoo hommes; mais les batteries françaises élevées sur la rive gauche, le forcèrent de s'éloigner du fleuve. Grâce à l’habilelé des ingénieurs , elles portèrent jusqu’aux ponts qui communiquaient avec la ville et les rompirent. Le gouverneur , craigiiaiil do n'avoir plus de retraite, demanda rautorisalion de se replier avant leur entière destruction; à peine l’cut-il reçue qu’il se hâta de rétablir un pont volant et d'évacuer la place, on y pénétra sur-lc-champ , ou poursuivit lagarnisou sur sou chemin chancelant, on la prit en grande partie.
Après ce désastre, le prince abandonna l’armée dont il laissa le cominandcmeiit à Walmoden.
L’année du Nord appuyée aux grands cours d’eau, barrière de la Hollande, semblait avoir terminé la campagne. Les généraux étaient d’avis de lui donner ses quartiers d’hiver. L’état de la saison, le sol insalubre (Hi l’on combattait, et, plus que toutes choses, Le défaut t)e vltmiens
et la mauvaise administration des subsistances, l’avaient exténuée de ma> ladies; une affection cutanée, dont personne n’etnit exempt, la dévorait et exigeait du repos. Maison avait devant soi le pays le plus richedu continent ; mais un peuple opprimé appelait de scs vœux les troupes républicaines ; déjà les provinces au-delà de l’Yssel avaient annoncé le dessein de traiter avec la Convention. Amsterdam était en fermentation, elles réfugiés hollandais conjuraient l’armée victorieuse de faire un pas en avant, et de rendre à leur patrie son ancienne liberté. Daëndels, le plus actif d’entre eux, obtint un ordre d’attaque.
Pour dominer le cours du Waal on n’avait plus qu’à s’emparer de l’ilede Bommel, formée par la Meuse et le bras du Rhin; on entreprit de l’enlever. On débuta par une démonstration à Kokerdiim , on passa le Waal , on dispersa le corps opposé, on tua le général, mais l’ennemi ne s’en émutpointet l’opération principale échoua.
On allait se décider à ajourner les hostilités au retour du printemps, lorsque riiiver rigoureux de 1794» commençant à se faire sentir, vint prêter aux républicains un secours inespéré. Tous les obstacles qui défendaient la Hollande disparurent, et les coalisés, frappés de stupeur, n’imaginèrent aucune manœuvre pour y suppléer.
Déjà la Meuse est entièrement prise, on pénètre dans l’île de Bommel par Saint-André, Empcl et Crèvecœur; l’ennemi dispersé se réfugie à Gorcum et Buren, ou se jette à sa suite au-delà du Waal, mais la glace n’est pas assez forte pour le transport de l’artillerie, les avantgardes, aventurées sur la rive droite, se replient. Cependant une brigade traverse dans toute sa longueur l’ile dont on vient de se rendre maître et elle tombe à revers par Texheede sur les lignes de Brcda qu’on attaque de front à Hudenbosch; on les rompt, on les refoule dans Willicmstad et Geriruydenberg. he même jour, Grave bloqué depuis près de deux mois ouvrit enfin ses portes.
Walmoden avait déjà commencé à rétrograder. Rappelé par les Hollandais, il revint sur la Linge dont on essaya de défendre le passage; un renfort d’impériaux l'appuya en prenant position sur le canal de l’ancrden. Mais l’armée du nord fut aussi renforcée par deux divisions que lui envoya Jourdan, et le froid, redoublant d’intensité, la mit en mesure de tenter une attaque générale.
Le centre poussa d’abord à Tbiel une reconnaissance dont l’effet fut de faire plier toute la ligne ennemie qui se i-cforma derrière le Lcck; Walmoden réussit cependant à la faire revenir sur ses pas, mais il se heurta partout contre les colonnes de Pichegru qui avaient franchi le Waal à Parden, à Thiel, à Kokerdmn. Ce dernier mouvement entraîna la dislocation de l’armée coalisée; Içs impériaux retournèrent à
Wcsel; Walmoden passa l’Ysscl à Dcwinter, pour gagner le Hanovre; les troupes du stathouder cherchèrent à couvrir La Haye.
La droite de Picliegru prit position à Arnhcim et sur le canal de Panerden , Moreau sc détacha pour suivre Walmoden et le général en chef entra triomphant dans Amsterdam où sa présence fit éclater une révolution.
Bientôt , l’armée se répandit dans toutes les provinces. La Zélande, les places du Brabant, Rotterdam, La Haye, reçurent les troupes françaises et quelques escadrons lancés jusqu’au Helder, s’emparèrent de la flotte engagée dans les glaces au mouillage du Texel. Les princes de Nassau s’étalent réfugiés en Angleterre , une nouvelle forme de gouvernement ne tarda pas à s’établir, et la Hollande devint l’alliée de la république française.
Celte brillante conquête eut des conséquences immenses; les Anglais perdirent leur pied à terre sur le continent et la Prusse, débordée par sa droite, sc montra disposée à traiter de la paix. Des négociations s’ouvrirent et un traité fut signé, portant l’établissement d’une ligne de neutralité qui annula tout le théâtre de la guerre du nord de l’Allemagne; elle partait de Duisbourg et s’étendait jusqu’à la Bohême , et l’on convint qu’elle serait commune aux états de l’empire qui retireraient leurs troupes de la coalition. Les princes de Hesse et l’électeur palatin ne tardèrent pas à y accéder.
La France n’avait plus à combattre sur le continent que l’Espagne, le Piémont, ritalic méridionale, l’Autriche, et les princes de Saxe, de Souabe et de Bavière, que l’empereur retenait forcément dans son alliance. Toutes les places, tous les forts en-deçà du Rhin avaient été pris ou s’étaient rendus. Il ne restait aux alliés que Luxembourg et Mayence.
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