‹ Tableu des guerres de le Révolution, de 1792-1815Chapitre 12 sur 79 · JO · texte numérisé non relu

JO

m GUERRES DE LA REVOLUTION,

enlevée, sa retraite coupée, et on renferme entre les deux cours d’eau; enfin , si le combat s’engage dans les marais , il manque d’espace pour se • déployer ; les têtes de colonnes seules peuvent s’aborder, et la valeur doit l’emporter sur le nombre.

L’armée, frappée de cette admirable combinaison, franebit avec ardeur le pont de Ronco ; Massena , prenant la gauche , gagna Porcil où il s’établit sans obstacle. De là il apercevait Vérone et pouvait surveiller les mouvemens du feld-maréchal. Augereau s’engagea sur la digue d’Arcole dans le dessein d’occuper le village et de pousser jusqu’à Villanova. Mais au tiers de la route, à l’endroit où elle forme un coude, à partir duquel elle longe la rive droite de l’Alpon, son avant-garde fut accueillie par une vive fusillade qui l’arrêta tout court. Le général, surpris, s’avança au pas de charge à la tête de deux bataillons de grenadiers et, malgré le feu qu’essuyait son flanc droit , il parvint, en bon ordre, nu pont d’Arcole; c’est un petit pont de bois sans parapet long d’environ 3o pieds jusque-là bien ignoré et dont le nom est désormais impérissable.

Arrivé à l’entrée de ce court défilé, la troupe tourne à droite et s’élance; mais une terrible décharge la force à reculer, elle se rompt et retourne précipitamment au coude d’où elle était partie.

Cependant Alvinxy était singulièrement ému de ce combat sur scs derrières. 11 avait laissé sur l’Alpon un régiment de Croates pour observer la garnison de Legnago. Heureuse précaution dont on était loin de prévoir les conséquences. C’étaient ces mêmes Croates qui venaient de contenir vaillamment Augereau ; mais le feld-maréchal avait peine à s’expliquer comment ils avaient pu être attaqués ; était-ce par une patrouille de troupes légères aventurées dans le marais ou par suite d’une démonstration, prélude d’une sortie de Vérone? les doutes furent bientôt éclaircis; ses reconnaissances l’informèrent que Porcil était occupé par une division entière et Arcole sérieusement menacé. Dès-lors il mesura le péril et SC mit en devoir de repasser le pont de Villanova pendant que les divisions Mitrowski à droite, Provera à gauche, pour couvrir son mouvement , se portaient contre les deux colonnes françaises. A la vue des masses qui débouchaient sur eux , Massena et Augereau restèrent immobiles et laissèrent les généraux autrichiens défiler en entier sur les digues, après quoi ils les chargèrent avec fureur, les culbutèrent, couvrirent le marais de cadavres et firent un grand nombre de prisonniers. Augereau espéra profiter de l’élan pour enlever Arcole, il fut encore repoussé, l’attaque se renouvela et Bonaparte sui-vint.

Impatient de tomber sur le liane des impériaux, de les surprendre dans le désordre inévitable d’une retraite, il se jette ou fort de la fusillade, il prend un drapeau, l’agite aux yeux des soldats et s’avance jusqu’au

UhiNËKAL BONM'AKTE.

à If

l5 i:f^— M-rl > n«

Baiaille d'Arcole.

milieu du pont. Son exemple entraîne les moins résolus, on le suit tête baissée, on touche aux termes de tant d’efTorts, quand une forte colonne d’impériaux se rue en masse sur les assaillans et les met en déroute. Bo- • naparte lui-même est entraîné par les fuyards : déjà rcuncini le déborde et va l’entourer lorsqu’on s’écrie : a Sauvons le général I » La troupe furieuse revient à la charge, déblaie le champ de bataille et le relire tout meurtri d’un terrain fangeux où il avait été précipité.

Sur ces entrefaites, Guyeu avec une brigade, parvint à Âlbarc et prit à revers le poste si vivement disputé ; mais Alviiizy était en sûreté au-delà de l’Alpon , il avait perdu son importance, il ne fut point défendu. « Il était 4 heures , Arcole n’était plus qu’un point intermédiaire « entre le front des deux armées; le matin il était sur les derrières de « l’ennemi. L’armée impériale venait d’échapper à sa destruction ;

« toutefois de grands résultats avaient couronne cette journée. Gildiero « était évacué, Vérone délivré, deux divisions d’Alvinzy avaient été « défaites avec des pertes considérables; de nombreuses colonnes de « prisonniers, et grand nombre de trophées défilèrent au travers du O camp, et remplirent d’enthousiasme les soldats et les officiers.]» (^Mémoires de Napoléon.)

Le lendemain, sur la nouvelle que la division Vaubois conservait sa position, on repassa le pont de Ronco. Les impériaux occupaient Porcil et Arcole et l’on se heurta de nouveau sur les digues. Selon la tactique qui avait si bien réussi à Augercau clMasscna, on laissa aux ennemis l’initiative; entraînés par l’espoir de pénétrer jusqu’à l’Adige ils chargèrent à plusieurs reprises, on les attendit chaque fois de pied ferme, on les reçut à bout portant, on les fit reculer en leur faisant éprouver de grandes pertes. .A la nuit on revint encore à Ronco. Joiibert avait perdu Rivoli et s’était replié sur Vaubois. Mais Davidowich craignant d’attirer sur ses bras Bonaparte et toute l’armée, manœuvrait avec une extrême lenteur. On sut , le 17 au matin, qu’il n’avait pas attaque Bussolcngo ; on pouvait donc sans hésitation retourner au combat sur le champ de bataille si habilement choisi.

Cette fois Bonaparte résolut d’attirer encore Alvinzy sur les digues et de l’envelopper, en faisant filer Augercau sur Arcole par la rive gauche de l’Alpon. Tandis que ce dernier jetait un pont pour passer à Albarc, Massena prit position sur la digue de Porcil , et une troisième colonne commandée par Robert, s’avança sur la digue du pont d’.Arcolc. Les impériaux profitèrent d’abord dclcursupériorité numérique, Massenaplia, et Robert ayant été grièvement blessé, sa troupe fut repoussée jusqu’à l’.Adige, poursuivie par trois mille Croates qui marchaient en bon ordre. I^c momeiit était crititjue; quelque.s pas encore cette masse pouvait saisir le

150 (irKKHES DE LA KÉVOLUTlüN.

pont et disloquer l'ariiiée. Doiiapnric le fit rompre, il mit en embuicade dans un Losqnet de saules, le long de la eliausséc, In bravo 5a'' qui ,snns . s'éuiuiivuir, laissa ces troupes défiler devant son front et se niontruiu brus- |

(|nemciit, les churgea par le flanc et les culbuta de l’autre cüté delà digue /

dans le inarnis oit elles furent prcscpie anéanties.

Lu niéine Irnips Massrua, retrouvant toute son impétuosité, et Aiigerrau , aebi vant d’cxéculcr le niuuvciueut qui incnaijait les impériaux sur leurs derrières , Alvinzy se bala d’évacuer le marais. j

lai journée s’avancait; on apprenait que Vaubois était en retraite sur Castel-Kovû et Pesebiera. Il fallait en fmir avec le fold-niarccbal ; ses pertes , pendant ce long combat , avaient été imincuaes et l'équilibre îles forces étant rétabli, on pouvait l’aborder en plaine.

l'outc l’armée passa le pont d’Arcole et se forma, la gauebe au village, la droite dansla direction de Legnago. Là les impériaux étaient flanqués j

par l’Alpon et par un terrain marécageux couvert de roseaux. Une dernière action s’etigagea clans ces positions nouvelles, le feu était ouvert sur toute la ligne sans avantage marqué, quand le canon sc fit enlemiru iiir 1rs derrières des ennemis; c’était la garnison de I.«gnago tjui débuu- |

diait ayant tourné leur gauche. Dans le même moment vingt-cinq gui- '

des, qui sc sont glissés sur leurs üaucs à travers les roseaux, on sortent en sonnant 1a charge. Ix's impériaux se croyant enveloppés plient jusqu’à j

Villanova et se mctteuleii pleine retraite par lu roulu de Vicence.

Dans la matinée du i8, tandis que la cavalerie les poursuivait, Itoiiapartc rentra dans Vérone aux aeelainations do lu population entière. Sans perdre un instant , il dirigea Mnssena sur Caistel-Movo et Augcrcau sur Dolee. dans le but d’entourer Davidowieli ; mais celui-ci, inspiré par l’expérience du génie entreprenant de son adversaire, se retira précipitamment, abandonnant un grand nombre de prisonniers.

L’armée impériale avait perdu de ao à a5,ooo hommes, elle était M\core une fois bois de combat; cependant l’étnt des affaires d’Allemagne permit de la réorganiser, et après d’imililes tentatives de négociations, les hostilités recommencèrent; mais on touchait au dénoûmcnt de ce grand drame qui tenait en suspens toute l’Lurope.

OPÊR-VTIOAS DE L ARMÉE d’iTALIE.

Cximbâl sur l'Adige (ri*T3 janvi^\~^(aille de Rivoli (t4).~Pâ^gc de rAdi|e par Prov(^a (x3). — iîataillü ik U FavojUç (xC).^papituiaUou Mautouc {3 février).

Bouapnrlc avait reçu quelques reuforts, il commaiiclalt cluq cli visions d'u|i total de 4u,ooo Loiuaies. Autour de Mantoue, Serurier ; généraux de brigade Dumas, Dall.emagne, Miollis, Beaumont, Victor (5', 6', ii’, l i', G4' lig'te, 5' et ao' dragons, 10', a4'i ^5' chasseurs à

cheval) ; au centre Masscua à Vérone : généraux de brigade Ranapqn , Monnier, LicUtc, Brune (i8% 3a*, a5% de ligne; 18' légère, 1" de cavalerie, i5' dragons.)

A droite à Bonco et Ixîguago; .Augercau : généraux de brigade Waliber, Verdier, Cuyeu, Point et Bon (4% 5o’, 67' de ligne, 5* légère, 5' cavalerie, 9' dragons, i" et 7* hussards); à gauche, n la Corona et Rivoli, Joubert : généraux de brigade Lcblay cl Vial ( i4'j 33", 3g', 85' de ligne, 4'. 17', aa', ag' légère, aa” chasseurs à cheval. )

EnCn la réserve à rexlrèmc gauche, à Dezenzano et Salo, Rcy : généraux de brigade Murat, Guillaume et Baraguey-d’llilliers (58' de ligne, 1 1' et I a' légère, 8' dragons.)

L’année ciincinio, forte de 70,000 hommes sous Alvinzy, formait huit divisions et deux grands cominandcmcns , l’iin aux ordres du feld-maréchal (5o,ooo), l’autre sous Provera (20,000.) ^

Ce dernier devait agir indépendamment du général en chef, pénétrer )

dans Mantouc, dégager Wurinscr, et passer avec lui sur la rive droite du Pô, dans le but de rallier l’armée que le pape mettait sur pied. Pendant ce temps, Alvinzy sccliargcait de tenir en échec toute l’armée française.

Bonaparte apprit, à Bologne, les inouvemens des impériaux; ayant pourvu à la sûreté des Légations, il courut aussitôt à Vérone. Au moment de son arrivée, on était aux prises sur toute la ligne, depuis la Corona jusqu’à Legnago.

Massena culbutait, de la montagne de Caldiero, la division Bayalitscli;

Augcrcau soutenait à Bcvilacqua, un fort engagement d’avant-garde; I

Joubert se maintenait à la Corona; ricni n’était signalé sur la Chiese.

La véritable attaque n’était point démasquée, mais les prisonniers 1

faits sur Bayalitsch appartenaient au corps de Provera, qui avait porté |

son principal effort sur la route de Legnago; on pouvait donc présumer qu’Alvinzy s’était borné à une démonstration contre Vérone, et qu’en quittant Bassano , il s’était porté soit dans le Tyrol , soit en seconde ligne à la suite de Provera. Selon cette conjecture, Massena devint disponible :

Bonaparte le posta sur la rive droite de l’Adige, prêt à le lancer au besoin h Rivoli ou à Legnago. Rey reçut l’ordre de se rendre à Castcl-Novo, et Murat celui de traverser le lac avec la brigade de Salo , pour se transporter au Montebaldo. La défense de Vérone fut confiée à une demi-brigade d'infanterie et à un régiment de cavalerie.

I.K’s évènemens du lendemain justifièrent ces prévisions. Augcrcau soutint une fusillade insignifiante; mais Joubert fut abordé par des forces considérables qui tournèrent le Montebaldo, et l'obligèrent ainsi , malgré eur peu de succès sur son front, h évacuer la Corona pour sc replier à Rivoli.

Dès-lors il n’y avait plus d’incertitudes : Provera pouvait être chargé d’une opération secondaire sur le Bas-Adige; mais Alvinzy descendait du Tyrol, et il devait conduire 4o à 5o,ooo hommes. Bonaparte chargea Augcrcau du soin de surveiller Provera; il mit à .sa disposition la réserve de Massena et celle de Seruricr, cl lui prescrivit de gagner du temps cl d’éviter un engagement général. Ces dispositions prises pour la défense du Bas-Adige, il partit à l’entrée de la nuit avec le reste de la division Massena pour renforcer Joubert à Rivoli. Rey fut appelé sur le même point, et la 18' »c détacha sur Carda pour surveiller les défilc.s du Moutchaldü.

A la vue des feux de l’ennerai , Bonaparte pdnétra ses desseins. Ils s’étendaient dans la vallée de l’Adige et du Tasso, depuis Dolcc jusqu’à Lumini, dénotant une force de 45,ooo hommes : la droite ( 5 à 6ooo sous Lusignan), bivouaquant autour de Lumini, paraissait destinée à manœuvrer sur le Tasso, de manière à couper la retraite de la division française; la gauche campait sur les deux rives de l’Adige vers Doice; elle se composait des corps de Quasdanowich, Wukasscwich, de la cavalerie et l’artillerie de l’armée, qui devaient déboucher par la fameuse rampe de Rivoli.

La première de ces deux ailes avait trois à quatre lieues à faire avant de prendre sa place sur le champ de bataille; la seconde ne pouvait y arriver que par une seule entrée couverte d’un retranchement; elles ne devaient donc l’une et l’autre y remplir qu’un rôle accessoire , sans liaison immédiate avec l’opération confiée au centre.

C’était, en effet, le centre qui devait livrer la bataille, formé en trois colonnes d’infanterie sous Oeskay à gauche, Kœblops au centre, Lyptai à droite (ao,ooo hommes); il se déployait entre la crête du Montemagnone et Tromhalora. Les avant-postes couronnaient |déjà la crête du] plateau •de Rivoli, et l’on n’attendait que le jour pour engager l’action.

Ces mesures étaient bonnes dans la supposition de l’offensive. Joubert pouvait être enveloppé et enlevé , mais une attaque soudaine devait les déconcerter : Bonaparte la résolut sur-lc-champ. Il était trois heures du matin, et la lune éclairait les deux camps. La division Joubert prit les armes pour mareher à l’ennemi, elle était affaiblie de moitié, mais elle avait ce qui manquait aux impériaux, du canon et de la cavalerie ; l’avantage du terrain achevait de rétablir l’équilibre.

Elle se forma dans l’ordre suivant : la 3g* s’établit dans les rctranchemeus qui formaient la rampe à droite, les 4% 17* et aa* légère sous Vial, soutenues par le 33' de ligne, s’avancèrent contre Oeskay, dans le but de le refouler sur la crête du Magnonc plus élevée que le plateau ; au centre la i4* et à gauche les 85* de ligne et ag' légère curent pour mission de culbuter Kœbiœs et Lyptai, et de les contenir au-delà du Tasso ; la cavalerie fut placée en ré.scrvc.

Le succès complet de ce mouvement eût disloqué le centre d’Alvinzy, et par là même arrêté ses ailes j mais il fut d’abord contesté. La i4* descendit jusqu’au Tasso; Leblaj (85* et ag') se mit en ligne en avant de Trombalora, et pendant que Vial, poussant vivement Ocksay , dépassa les défilés de la route impériale et se laissa entraîner par trop d’ardeur. Lyptai profita de son éloignement pour reprendre l’attaque; à l’aide d’un ravin, il rentra inopinément contre la 85*, la mit en désordre, fit plier la ag' et revint dans Tromhalora. La i4* était débordée, mais elle ne

\5k GUERRES DE UA RÉVOLUTION, !

bougea pas. Sa droite étant appuyée au Tasso, au moyen d’une conversiou en arrière, elle tint tête de tous côtés à reiinemi, s’obstinant à cou- ■,

vrir la retraite de Vial. *

Là reposa pendant quebiucs instans le sort de la journée; les iinpéjiauje firent de grands efforts pour rompre cette troupe intrépide et pour enlever son aiti|lei’i«!, iU furent sur le point d’y réussir; déjà les plus braves saisissiiiciit pièces, qiiatid un cri de colère sortit des rangs :

Il i4', laifscruii^’-nouf mle\%v nus canons! » A çes mots, un peloton de grenadiers s’élance et fait mordre la poussière aux téméraii'es assaillaus.

rendant que la 1 4' soutenait seule le poinbat, Vial, se repliant eu dc(;à du défilé, fil passer son infanterie légère en arrière de la 33'. LnGii lyfassmia déploya la 3a'. Bonaparte courut à lui , saisit celte demi-brigade déjà si illustre, la conduisit à gauche, rallia les 85' et 29", fit battre la charge et rentra dans Troinbalora.

C<S divers cngagi'incns avec le centre ennemi lui avaiept enlevé bqaupoup de mpiidi;; en définitive , Lyptai et Kœblues furent paralysés au-delà du Tasso; mais Ürskay, maître de la crête du Monlemagnone, était prêt '

P descendre sur le plateau, D’uu autre côté, Wukassewicb s’était éleodu ,

sur la rive gpuebe de l’Adige jusqu’à la Cliiusa, et Quasdaiio>viçli, attiré '

par la fusillade de Trpmhalgra, avait cru le moment arrivé de forcer ,

fontréede la rauqjc. La dg* fit une longue et sanglante résistance; enfin /

)e feq d’ufie batterie, quç AVukassewieb avait établie de l’autre côté du I

fleuve, la fit plier, elle abandonna scs redoutes, et la colonne ennemie rpuuncnça à se déployer. Mais Bonaparte veillait à tout; il lauçu contre son frput la cavalerie de Masseija, qui venait à priiic d’arriver, il la fait menacer à gauclie par lu 3y'; et Jpuberl, ppq soucieux du jnogrès que ;

pourrait faire Oeskay, accourut du défilé do la route impériale avec |

liul'aulcrie légère de Vial, tomba sur son flanc droit, et accabla de scs . 1 feux jilongeaiis tout ce qui était encore entassé au fond du ravin. l

l-cs impériaux ne résistèrent pas à celte triple attaque, ils furent rompus; f A canons et aopp lioiumes, qui avaient déjà dtdjouché, furent pris, le reste culbuti' au bas de la rampe dans un désordre complet et au milieu d'un effi'oyablc carnage.

Ce rude échec annula la droite d’Alvinzy, elle se mit iimnédialcinciit eu retraite, (teskay, qui de son côté avait fait quelques pas sur le plateau, se liâta de rétrograder.

Restait Lusignan qui, depuis l’aube du jour, cireulsil le long du Tasso, autour du plateau, dans le but de s’y établir sur les derrières de l’armée française et d’intercepter la route de Vérone.

A Calciualo il avait laissé un détacliemcnt pour masquer la 1 8' postée à Garda; à Orza il sc heurta contre Rcy arrivaul de Castel-Novo; obligé de I

SC diviser encore pour lui faire face , il parvint nu plateau déjà fort flffai» bli. Toutefois, croyant sa présence décisive, il la signala par une décharge générale de niousquHcrie , mais ni Te centre, ni In gauche ii'étaient en mesure de le seconder. Donuparte lui opposa la 75' restée en réserve à Rivoli cl la lE' qui, ayant écrasé le détachement dcCalcinalo, s’était remluo en droite ligne sur le champ de bataille. Il fut repoussé; au même instant, Uey SC déployant par la gauche et menaçant sa retraite, il ne put muia» tenir sa division qui lâcha pied et déposa les armes.

I.a journée finissait, les ailes de l’armée impériale étaient hors de combat. Ronaparle prenait ses dispositions pour anéantir le centre tpiand il apprit que Provera avait passé l’Adigc à Anghiari ; il se mit sur-lechamp à la tête de la division Massena et la porta sur .Mautouc , laissant a Joubert le soin d’achever Alvinzy.

Le lendemain. Mural débarqué depuis vingt-<juatrc heures au-dessus de Garda, s’empara des défilés du Montebaldo, et Joubert réussit à faire filer laoa hommes par la crête du Moulemagnone, ([ui occupèrent le débouché de la route impériale, au pied de la Coroua. Cependant il pou.s.sc les débris de Lyptai , Kœbloes et Oeskay jusqu’aux sources du 'i'asso. ITi, trouvant toutes les issues fermées, ces troupes se-débaiulèreiit, 5ooo hommes furent faits prisonniers , un grand nombre périt en se précipitant des hauteurs de la Coroua.

Le corps d’Alvinzy était détruit , Provera n’eut pas une meilleure destinée. Ce général avait réussi à jeter un pont à Anghiari et à transporter au-delà de l’Adige i a à 1 3,ooo hommes. Augereau au lieu déconcentrer la défense sur la Aloliuclki , se porta contre son nrrièrcTgarde , détruisit le pont et s’iiUat ha à scs pas. Provera parvint ainsi sans obslaclo sous les relraiichcinens de .SaintTCeorges, où il manqua de pénétrer par surprise, Î^Iais lu général français àliollis, ayant reçu l’éveil, se mit eu défense et répondit à .scs sonnnatioiis à coups de canon. Il passa alors entre Saii|t- Georges et la citadelle et s’établit à la Favorite, f.es lignes de eirconvallation dont les assiégeans s’étaient entourés l’arrêtant , il rt iiiit l’attaque au lendemain et fil demander à AVurinser de le seconder par une sortie, mais le lendeiiuiii il avait sur les bras Donaparte et scs deux infatigables lieutenans. Tandis que Scruricr contenait la garnison dans la place, Augoreau déboucha par Castellaro sur scs derrières cl Massena par Roverbulla, sur son (lauc droit; après imc courte résistance il déposa les armes.

Mantouc n’ayaut plus d’espoir d’être secourue, Wunnser capitula eufiu le a février 1797; le siège avait duré 7 mois, la garnison s’élevait encore à ao,ooo bonnnes dont 12,000 combattans, 3o généraux, et le grand quartier-général de Wurmser; 7000 soldats étaient morts dans les hôpitaux, ou avaicul été tués dans les différeulcs sorties. Iæs trois cxpcditionn

tcnt^ pour en faire le déblocus avaient désorganise trois armées et coûtèrent à l’Autriche plus de 60,000 hommes. Le feld-maréchal avait épuisé tous ses approvisionnemens , toutes ses munitions; il avait fait tuer et saler tous ses chevaux , dernière ressource pour alimenter sa nombreuse garnison.

Les Français entrèrent dans la place le 3 février. Serurier, qui avait presque constamment commandé le siège , eut la gloire de recevoir l'épée des vaincus.

Ei|Kditioo contre le Pape. — Prise de Faenia (4 fér.) Priscd’.Vncoqe (9) — Traite dcTolcnliDo(ig).

Ap rès la victoire de Castiglione, les évènemens politiques priant une allure plus décidée dans le nord de l’Italie. L’état de Modène fît sa révolution , puis s’unissant aux villes de Reggio, Ferrare et Bologne, il adopta comme la Lombardie, la forme républicaine; on eut ainsi la république cispadanc , comprenant le Milanais et le duché de Mantoue , et la république transpadane composée des villes de la rive droite du Pô. 1-a cour de Rome, abattue par les défaites de Wurmser, ne put opposer que de sotirdes intrigues à ces cliangcmens qui menaçaient son existence. Mais au tiioniciit où Alvinzy et Ptxtvera conçurent le projet de délivrer Mantoue , et de jeter Wurmser avec a5 à 3o,ooo hommes au centre des États-Romains, le pape mit lui-même une armée sur pietl. Colli.cn prit le commandement, mais par malheur , elle entrait à peine en opérations lorsque les désastres des généraux autrichiens la livrèrent à la colère de Bonaparte. A peine la capitulation de Mantoue csl-clle signée qu’il courut aux troupes pap.ales, il les rencontra en avant de Fuenza, les poussa en désordre jusqu’à .Ancône, où elles arrivèrent réduites de moitié et où il acheva de les di'-truire. A|)rèsquoi il prit possession de cette impor-

tanle forteresse et porta son quartier gênerai h Toicniino. Là, les envoyés du sacré collège vinrent arrêter sa marche en souscrivant le traité qu’il voulut bien dicter.

L’Italie était conquise, mais l’Autriche victorieuse en Allemagne croyait pouvoir soutenir encore la lutte.

Invasion des provinces impériales par l'armée d'Ifalie.-^Marche de Massent (lo au i8 mars). — De Joiiliert (lo mars au 5 avril).— Passage de la Piave (i« mars).— Bataille du Tagliaroeoto (x5).— Prise de Palma-Nova (17).— Combat de Tarvis (aa).— De Meumafkt (a avril).— Armiscice de Leoben (17).

L’ai-chiduc fut appelé :i la tête des débris d’Alvinzy, et l’on tira des armées d’Allemagne six belles divisions destinées à le mettre en état de reprendre l’offensive. Tandis qu’elles se rendaient, les unes (a), dans IcTyroi, les autres (4) à Salzbourg et Yillach, dans la Carinthie, Bonaparte reçut le renfort de 3 divisions fournies par l’intérieur et les armées de Sambre-et-Meuse et de Rhin-et-MoselIe. Le directoire, mieux avisé que le cabinet auliquc, les avait fait filer à travers les cols des Alpes au milieu de l’hiver, et elles parvinrent sur l’Adigeà l’insu de l’ennemi.

L’armée française avait donc pour la première fois, et pour un moment bien court la supériorité du nombre : l’occasion était trop précieuse pour que Bonaparte pût la négliger.

L’archiduc en attendant la réunion de toutes ses forces , avait réparti celles qu’il avait sous la main en raison des diflicultés du terrain et de la saison. La principale colonne gardait la route la plus accessible, celle de la Carniole. La moindre était en position en avant des défilés de Tarvis et de Ponteba. La troisième occupait le Tyrol; l’arrivée des secours en marche devait rétablir l’équilibre entre les subdivisions, et cc-

tait Id moiticnt attendu par le prince pour attaquer ù-ln-fois par lefi troii

communications.

Bonaparte déjoua ce dessein en preiianl l'initiatiTc par une de ces grandes conibinaisons dont le secret lui était donne. Un )nouvenicnl général en avant fut prescrit à toute rarmce, de telle sorte que le centre ayant pénétre en Carinthie, les autres divisions durent se groiqier autour de ce noyau pour descendre en masse le revers des Alpes cai'iiiques, et déboucher dans la vallée du Danube.

^lassena fut cbargii de mener battant les postes impériaux jusqu’à Tarvis et de s’y établir. Pendant ce temps Jotd)crt à gauche, Bonaparte à droite se mirent eu devoir d'entrer de vive force dans le Tvrol et la Carniole, de dégager les chemins transversaux (pii font communiquer ces deux provinces avec la (^arintbic, et de se rabattre surMassena. Kilmaine resta dans le Milanaisavcc les dépôts pour tenir en respect les Vénitiens, cl .assurer la retraite.

.Sur tous les points, le succès fut complet; Massena (i5,ooo hommes), rcnvu'rsa l’ennemi à Bellunc , à Cadorc, tourna la Piave et s’empara des cols de Ponteba à Tarvis; en même temps Joubert (2 divisions 18,000 lioinincs ), chassa du Tyrol T.audon et Kerjum, les battit à Saint-Michel, .à Clausen et à Mittenwnid, écrasa les renforts ipii commeiu’aienl à se présenter, rejeta Lnudon près des sources de l’Adige, et Kerpen audelà du Brenner; après quoi il (piitta à Brixen la route d’inspriick et se porta par I.ienz à Villacb. Enfin Bonaparte (27,000 honmu's, trois divisions, Cuyeu , Seruricr, Beniadolto), refoula devant lui rarcbiduc, passa, sans coup férir, la Piave et déploya ses trois divisions sur le Tagliamento que l’ennemi prétendait lui disputer. Bernadottu franchit le premier celle rivièreen s’écriant: «.Soldats de l’armée de .Sambr('-et-]\Ieusc! l'arim-e d'Ilalic vous contemple! » I.a cavalerie impériale fit d’inutiles efforts pour l’empéelier de se former sur la rive gauche, l’armée entière s y établit, et poussa juseju’à Palma-INova.

Cependant rarchuliic, pour arrêter cet élan dont les conséquences sont trop évidentes, lente un mouvement contre Massena , il ordonne à Bayalilsch de gagner Tarvis en remontant la vallée de ITsonzo, et luimême, abandonnant à une division la défense de la Carniole, se transjiortc par L-iybach à Clagenfurlh, d’où il se raliat aussi sur Tarvis. C’est le moment décisif : le général républicain va se maintenir dans ses positions qui sont la clef de toute l’opcu-ation, ou se trouver pris entre deu.x feux.

L’archiduc l’aborde le premier, il réussit à s’emparer de Tarvis et sc met en bataille hors de la ville, en attendant son lieuteiiaiit. Mais Masscn.i ne lui laisse point le temps de s’affermir, il toinlie sur la ligne avec

toulc SOI* nfi[lcluosil(5 cl après des prodiges do valent', après un combat oîi les deux généraux en chef paient di! leur personne, il finit par la rompre.

Pendant ce temps, Bayalitsch s’avance suivi de près par Gtiyei* et Scruricr que Bonaparte a lance^ à sa poumiile pal- Ddine et Goriziai I.brsqu’il débouche près de Tarvis, il se holirte contre la division victorieuse, cl dépose les artneS.

I/archiduc se retira à Clagortfiirlh , oîi il rappela sa uatiche que Bernadette avait suivie jusejU’à Laybach et qu’il poursuivit encore dans la Carintitie. Bientôt Ikniapat-te, après avoir fait Capituler Trieste, se porta sur cette province où tonte rarmée fut concentrée. Il s’attacha alix pas do son âdvet'saii'e, le battit à NeuinarkI, malgré l’arrivée <h» iviifbrls, et pénétra jUsqti’a l.eobeil.

On touchait aux portes «le Vienne. La cour impériale consentit enfin à traiter «le la paix, les préliniiliaircs en furent signéa le 17 avril.

oPÉiUTiosa sea i.e aiiia.

Perfr de Kclil (9 janvier).— De ta U^tc du |k>iit d'Huuiugue (5 février). — Passage du Hliin à Neuwied (18 ûvrd).— Püisage à Diersheim (a 1 avril).

I/armisticc de Leoben mit fin aux opérations d’ .Allemagne. L’archiduc vainqueur avait assiégé à la fin de la campagne précédente, le fort de Kehl et la tête de pont d’Hnningiic. Ces places se rendirent après utie longue et glorieuse résistance, et l’on se trouva, pour passer le Rhin, dans la même position qu’à In fin de 179^.

Hoche, après avoir pacifié l’Ouest et tenté un dcbar«jueincnt en Irlande

que les vents contraires avaient fait ccliouer, fut appelé au commandement de l’armée deSambrc-et-Meu.se, forte encore de 70,000 hommes. Les impériaux ne lui opposaient que 40,000 hommes sous Werneck. Maître deDusscldorf et de Neuwied ilpouvait àson grc attaquer sur l’uueou l’autre rive de la Sieg. Il ordonna à Championnet défaire une démonstration sur la rive droite pour attirer les impériaux qu’il se réservait de prendre en flanc en débouchant de Neuwied. Wcrneck, d’abord trompé , se porta sur Championnet; mais revenu de son erreur, il se retourna contre Hoche assez à temps pour recevoir la bataille avec des chances moins défavorables. Toutefois il la perdit , et se retira sur la Lahn affaibli de plus de 5ooo hommes.

Hoche manœuvra ensuite pour l’empêcher de rallier la garnison de Mayence; et pendant que sa droite poussait jusqu’à Francfort, lui-même parvint par Giessen aux bords de la Nidda. Rien ne paraissait devoir contrarier sa marche victorieuse, qu’il brûlait de poursuivre jusqu’au centre de l’Âutriche, quand la paix l’arrêta.

Moreau eut à peine le temps de faire quelques pas au-delà du Rhin ; il n’avait point de ponts, et il fut comme l’année précédente, dans la nécessité de surprendre le passage du fleuve. Cette opération se fit avec succès en face de Diersheim; l’on n’était pas encore affermi sur l’autre rive, quand l’ennemi attaqua et se fit battre; le même jour Kehl se rendit. IvC lendemain l’armée s’étendit au-delà de la Rcnch et le surlendemain les hostilités furent suspendues.

Le démembrement de la république de Venise , et le traité de Campo Formio furent les derniers évènemens de cette année.

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