‹ Tableu des guerres de le Révolution, de 1792-1815Chapitre 17 sur 79 · I.ECOVKBE (Clauile- Joseph · texte numérisé non relu

I.ECOVKBE (Clauile- Joseph

^ » l'ODi-lfSjuIntcr^o 17^9* — Comrmnd.int l'jitlr droite île l'urinée ca Suinte en 1799* — dcranucedn Rliincn i8ui — Gëoénil ru chef de rarméedii H;iul-I\lvin tiendaut le* Ooi-Jouri.^Murt eu oeiokrc • ««5.

Conquête du Torarlberg (1709).

Kray fit halte à Mœsklrch, et rangea le ccnlrect la gauche sur les ravins d’où descend l’Abhach et dans l’intervalle qui le séparait du Danube. U voulait tenir ferme pour rallier le reste de sa réserve et de sa droite; on ne lui en laissa pas le temps.

Locourbe et en deuxième ligne Moreau, par la roule de .Stockacb, Saiot- Cyr par celle de Lieptingen, Sainte-Suzanne par la rive gauche du Danube, accoururent et le déposlèrent.

Son avant-garde couvrait un long défilé qui fut emporté par I.zîConrbe après une longue résistance. Son extrême gauche fut ensuite assaillie; clic couronnait les hauteurs qui dominent le cours de l’Abbach, et Lecourbe, abandonnant la route pour faire place à Moreau, se consacra tout entier à la faire reculer. Elle disputa long-temps le terrain ; mais à l’approche du général en chef, Kray adopta soudain un nouvel ordre de bataille; il évacua ses positions et, pivotant sur sa droite, il se forma parallèlement à la route de Siegmaringen en une seule colonne, dont la tête s’efforça de pénétrer entre Lecourbe et Moreau. Cette habile manœuvre cAl compromis l’aile droite de l’armée française, si son brave général n’eût lui-même suivi le mouvementée conversion do l’ennemi. I.e combat s’engagea de plus belle dans cette situation, et se soutint jusqu’à la nuit, dontKray profita pourpasserlc Danube à Siegmaringen. Saint-C.yr ne put atteindre que son arrière-garde, et fut forcé de Lâcher prise, accablé par le feu d’une formidable batterie.

La masse des impériaux était rejetée au-delà du Danube, et l’on avait obtenu au prix de trois batailles, de 7 à 8000 tués, blessés ou prisonniers, et de onze jours de marches forcées, le résultat que le |)laii indiqué par le premier consul eût amené d’emblée. Restait à faire sentir au prince de Bciiss son isolement, à le forcer, en pesant surleTyrol, de côtoyer le flanc droit de l’armée. Dans ce but, Lecourbe fit d’abord occuper R avensbiirg, Wangen et Lindau; ce qui détermina le prince à descendre la vallée de l’Inn et à s’éloigner de l’Italie ; puis, il s’établit à Lentkirch et Wurzach. la» autres corps le suivirent par échelons; Moreau, en prenant la route de Muskirch à Riberach; Saint-Cyr et Sainte^Suzanne en descendant l’un la rive gauche, l’autre la rive droite du Danube.

Kray entreprit de lutter encore contre le torrent qui menaçait de l’cntraîner, ainsi que son lieutenant , jusqu’au Lech. Comptant sur le lac de Fcder et scs affliicns pour embarrasser les pas de Saint-Cyr, il repassa bravement le Danube et s’établit à Riberach, résolu de tenir tète b Moreau. Cette ville, couverte de rctranchemcns, renfermait de riches magasiiis; il voulait les sauver, rouvrir même ses communications avec le prince de Reuss et reprendre l’offensive. Mais, contre scs prévisions, il eut à combattre à-la-fois Saint-Cyr et le général en chef, et comme à

Engen il plia sous le faix. Pendant que ses troupes prenaient position à Biberacli, Saint-Cyr ayant tourné le lac, s’avançait sur celte ville en côtoyant la rive gauche. Arrive inopinément en présence de l’ennomi, il n’hésita pas à attaquer, tête baissée ; il rompit la ligne en avant de la Biss et pénétra dans la ville pêle-mêle avec les fuyards. A ce moment. Moreau déboucha par la route de Pfullendorf en battant la charge. Ce signal assuré d’une belle victoire, transporta d'une nouvelle ardeur les divisions qui étaient déjà engagées; elles forcèrent le passage de la rivière; le déploiement de la réserve à leur droite et à leur gauche acheva la défaite des impériaux, qui se l’étirèrent à Ochsenhausen, sur la Rotham.

Là, le feld-maréchal prit une honorable résolution. 11 venait d’échouer en cherchant à briser le second échelon de la colonne française. Au lieu de SC mettre sur-lechamp en sûreté dansUlm, il osa courir au premier échelon et présenter son front à l’attaque de Lccourbc. Placé sur les hauteurs entre Mcnimingen et l’illcr, dont il avait détruit les ponts, il se mit en mesure de surveiller à-la-fois la route dcBiberachet deLcntkirch; mais scs adversaires ne se laissèrent surpasser ni eu vigueur ni en activité. Avant que scs retranchemens fussent achevés, Lecourbe déborda scs deux ailes en passant la rivière à Bibcrach et Egcisée, gravit d’élan les hauteurs, enfonça les impériaux et poussa jusqu’à Memmingcn. Ce hardi coup de main détruisit les dernières espérances de Kray, qui n’eut plus qu’à descendre l’illcr et SC renfermer dans le camp retranché d’Ulm , pour attendre des renforts et se réorganiser. Le prince de Reuss, pour communiquer avec lui, se retira jusqu’au Lech, et abandonna définitivement le Vorarlberg et les Grisous , où il ne laissa que les garnisons de Fcldkirch et Luciensteig.

Moreau fut long-temps arrêté par la forteresse d’Ulm. Le départ des 1 3,000 hommes qu’il fournit à l’armée de réserve, ses pertes depuis l’ouverture des hostilités, l’étendue de son front d’opérations, l’obligèrent à beaucoup de prudence, et scs manœuvres pour déposter Kray sont loin d’inspirer l’intérêt des conceptions rapides de celui dont on crut un moment qu’il pouvait balancer la renommée. Elles ne sont cependant pas indignes d’être remarquées.

Il essaya d’abord , en continuant sa marche, d'entraîner avec lui l’armée impériale; mais Kray, loin d’obéir à son mouvement, lui permit de prolonger sa droite jusqu’à la Kamlach, et lorsque les dernières troupes de Saint-Cyr curent franchi l’Iller, il présenta son front à Sainte-Suzanne qui suivait sur la rive gauche du Danube l’impulsion générale. Sainte-Suzanne fil bonne contenance; voyant les impériaux profiter de l’extension de sa ligue , pour porter leur effort contre sa droite , entre Erbach et le fleuve J de manière à l’acculer aux montagnes du Rauhe-Alp , il aban-

aMPAGNE DE 1800.

donna de lui-même l’appui du Danube et se groupa d’Âach à Papelau. Dans cette position plus resserrée, il était sûr de braver long-temps l’attaque, et tel était le bon accord entre les généraux de l’armée du Rliin qu’il ne doutait pas d’un prompt secours. En effet,Saint Cyr n’eut point plutôt entendu le bruit du combat, qu’il se bâta de repasser l’Iller, d’accourir sur le Danube, et de mettre ses pièces en batterie sur le rivage. En foudroyant â revers les impériaux, il leur lit lâcher prise et ils rentrèrent dans Ulm.

Cet engagement suspendit la marche de Moreau , qui eut recours, sans plus de succès, à un autre moyen d’intimider son adversaire; il porta sur la Blau jusqu’aux glacis d’Ulm Sainte-Suzanne soutenu par Saint-Cyr, il plaça la réserve à cheval sur l’iller et en rapprocha Lecourbe.

Kray connaissait trop la force de ses retranchemens pour craindre un assaut, et il le Ct voir en ordonnant des sorties pour déblayer les vallées delà Guntz et de la Miudel. Moreau, convaincu de l’impossibilité d’une attaque de front , prit enfin le parti d’envahir franchement la Bavière ; il rappela, sur la rive droite du Danube, Saint-Cyr et Sainte-Suzanne, rangea le dernier de Goekingen au confluent de la Riss, et déploya le reste de l’armée de l’Iller au Lech.

Les deux généraux opposés se combattaient avec les mêmes armes. C’était entre eux un échange de stratagèmes , d’alertes ct de démonstrations. A peine l’armée française eut-elle abandonné la rive gauche du Danube que des détachemens impériaux mirent en alarme toute la Souabc, enlevèrent la garnison de Donaueschingen , dont il poursuivirent les débris jusqu’à Schafliouse, et insultèrent le fort de Kchl. En même temps deux fortes reconnaissances furent poussées sur les extrémités de la colonne de Moreau ; l’une en débouchant du pont de Gunizburg eut un léger engagement avec les flancs de Lecourbe , l’autre , passant à Donauriedeii , sépara d’abord les deux divisions de Sainte-Suzanne qui, toutefois , la rejetèrent rudement sur l’autre rive.

Ces incidens, auxquels Moreau était fait, ne changèrent point scs dispositions, et Ijccourbe, continuant à pousser en avant, entra de vive force à Landsberg, puis à. Augsburg. Kray nes’eu émut point; et, surpris de son immobilité, le général français, après quelques jours d’attente, résolut de menacer plus directement scs communications ; il rappela Lecourbe pour le porter droit au Danube.

Dans le même moment l’ennemi opérait sur la ligne de retraite. L’archiduc Ferdinand franchit le Danube avec a5,ooo hommes et, les appuyant à la Riss et à la Rotham, il se mit à déborder l’extrême gauche de l’armée. Saint-Suzanne, appelé au commandement d’un corps en for*

mation à Mayence, venait dY-tre remplacé par Richepanse et Saint-Cyr

par Grenier.

Richepanse fit front h l’archiduc en remontant la rive droite delà Roth et, lorsqu’il le vit se préparer :i passer celte rivière, il prit position à portée de Grenier sur les hauteurs de Kirchberg , le dos à l’Iller.

Les impériaux débouchèrent par Gutzell, formèrent deux lignes et abordèrent les deux divisions françaises qui résistèrent avec assez de vigueur pour donner à Ney le temps d’accourir; ce brave général, à la tête d’une des divisions de Grenier, franchit l’Illcr à Kcllmunl* , prit par le liane la première ligne des assaillans cl la replia en désordre jusqu’à Diettenheim. Cependant leur seconde ligne se mit en colonne, poussa vivement Richepanse , s’empara de Kirchberg et, profitant de ce point d’appui, s’étendit, par sa droite, pour enlever le pont de Kellmuntz. C’était on mouvcinenl hardi; sa réussitecût compromis les trois divisions engagées: coupées de leurs renforts, entassées dans le vallon del’lller, elles eussent été exposées à une affreuse défaite, sans le coup-d’œil et le sangfroid deNey, qui lit aussitôt volte-face et, laissant à leur désordre les troupes qu’il avait trop maltraitées pour qu'elles pussent inquiéter sa contre-marche, rentra l'épée à la main dans Kirchberg. Richepanse reprit aussitôt rolTeasivc et l’archiduc, enfoncé sur tous les points, se hâta de retourner à Ulin.

Moreau, rassuré par celte victoire , se livra sans réserve à l’exécution deson projet; mais il fut d’abord obligé desaffermir sur leLech.IjCpas rétrograde, qu’avait fait sa droite, avait attiré les généraux ennemis qui lui avaient fait éprouver un échec à Sclnvabumnchen et les avant-postes du prince de Rcuss étaient descendus jusqu’à Nesselwang.

Lecourbe se remit donc en marche en trois colonnes , entra vaillamment dans Augsburg, latndsherg et Schongati et établit scs flanqueursà Fuessen. I^es impériaux , stupéfaits de la vivacité de celte attaque, se relirèrentau-delà de la Paar, détruisirent le pont de Friedberg et ne s’arrêtèrent qu’à Aichau.

C’est ce qu’attendait le général en clief. Se masquant par des postes sur le Lech, il donna l’ordre à l’nrmée entière d’appuyer au Danube. courbe descendit à Wertingen; Moreau se porta en face de Lauingen et Dillingen, Grenier gagna Guntzburg, Richepanse les tètes de pont d’Ulm et d’Elchingcn.

Celte grande maiuruvre s’opéra sans résistance. Les détachemens ennemis qui observaient la Guntz , la Kuhnhach et l'Iller furent ailbntés et rejetés au-delà du Danube. Après tant d’hésitation le passage du Danube devait enfin trancher la question. Kray n’avait rien négligé pour s’y op-

poser. Tous les ponts, depuis Ulm jusqu’à Donauwerth , avaient c'të détruits et de fortes patrouilles parcouraient la rive gauche.

Les démonstrations des Français attirèrent surtout sa surveillance à Guntzburg. Pendant ce temps, Lecourbe réussit à jeter quelques tirailleurs à Bliudheiin et à rétablir, à l'aide d’une batterie , le pont qui aboutit à ce village. Aussitôt ses troupes commencèrent à défiler et la tête de colonne se hâta de se mettre en bataille, la droite au Danube pour faire face aux corps postés à Donainverth. Ceux-ci accoururent au nombre de 5ooo hommes. Mais, tandis qu’ils s’épuisaient en vains efforts pour emporter le village deSchwcningen,que les Français avaient pris pour point d’appui , la cavalerie , conduite par Lecourbe en personne, tourna leur droite, les rompit par leur liane et les força de déposer les armes. Cependant le passage continuait. Deux divisions se mirent par la gauche en bataille pour déboucher de Bliiulheira, dégagei' Dilliugen et faciliter le déploiement de Moreau. Les ennemis se ruèrent sur elles et l'action était encore indécise quand I^ecourhe, survenant avec sa cavalerie victorieuse, s’établit à Tlochstctt sur la ligne de retraite des assaillans et les contraignit à se replier précipitamment sur Gundelfingen. Là ils trouvèrent des renforts et revinrent intrépidement à la charge; mais les ponts de Dillingei) et Lauingen étant alors rétablis, la réserve entra en ligne et réprima leur élau. Moreau , après s’être emparé de Gundelfingen, déblaya toute la rive gauche de lu Brentz. Grenier, ayant tenté sans succès la reconstruction du pont de Guntzburg, laissa Ney sur la rive droite et rejoignit, par Dilliugen , le reste de l’armée qui s’affermit en avant du Danube , Uanqué par Brentz et la Wernitz.

Kray s’avoua vaincu. Abandonnant les rctranchemens, ou il avait si long-temps tenu en suspens la fortune, il se retira en remontant au pied du Bauhe-Alp et en masc[uanl sa marche par des manoeuvres en avant d’Elchiugen. Oa ne s’aperçut de son mouvement que lorsqu'il était déjà en possession do Nœrdliugen. On y courut, on atteignit son arrière-garde à Nercslicim et l’oa engagea contre clic un combat iusignifiaut qui ne ralentit point le corps de bataille (;>3).

Son empressement à tourner la Wernitz et a se rapprocher du Danube, indiquaient le projet de saisir la ligne du Lech ou au moins celle de l’illcr; Moreau se bâta de le prévenir sur ees deux rivières; il jeta au-delà par Augsburg 10,000 boimnes sous Decaen et par Rain tous le corps de Lecourbe. I.Æ premier s’empara de Munich après avoir rompu trois fois les détachemens ennemis qui clierchaieut à l’arrêter. Le second marcha sur Neuhurg; mais déjà u5,ooo iinp<;riaux avaient profilé du pont dont il voulait s’assurer. A Oberluuiscii sa première division les rencontra comme ils gagnaient le Lecli. Sans égard au nombre, elle osa commencer le feu; c’Ical-

lait succomber, quand la seconde division survenant rétablit le combat qui SC soutint avec opiniâtreté. L’arrivée de f>ecourbe avec la troisième division décida de la victoire. L’ennemi se replia sur Neuburg et Kray forcé de renoncer au Lech se rendit par la rive gauche du Danube de Ncuburg à Ingolstadt, oii il passa le fleuve, espérant surprendre Decaen sur riser. Trop vivement poursuivi pour donner suite à ce projet, il prolongea sa retraite jusqu’aux bords de ITnii, laissant le corps de Klenau à Ratisbonne et à Landsbut une arrière-garde, que Moreau ne tarda pas à déposter.

L’armée impériale était hors d’état de reprendre roffcnsivc. L’armée française, obligée de masquer Ulm et Ingolstadt, ne pouvait jeter au-delà de riser que 60,000 hommes qui eussent difficilement abordé Kray, dont le front était rouvert par un cours d’eau d’un passage réputé difficile et dont le flanc droit était assuré par la possession de Ratisbonne.

Dans cette conjoncture. Moreau conçut le dessein de tourner la gauche de son adversaire et d’introduire sa droite dans la haute vallée de l’Inn par les ouvertures que masquaient encore les retranchemens de Feldkirch et le corps des Grisons. Lecourbe quitta l’Iser à la tête de ao,ooo hommes, qu’il concentra à Mindelhcim, pour en former trois colonnes d’attaque; celle de gauche se présenta menaçante à Fuessen et rejeta sur Ricti les postes du prince de Rcuss, dont l’attention fut ainsi détournée du but auquel tendaient les Français. Pendant qu’il mettait Inspruck en état de défense, les deux autres colonnes s’avancèrent parallèlement, l’une , sur Pludentz , l’autre, droit sur la pointe méridionale du lac de Constance ; celle-ci , pour attaquer de front les dispositions de l’ennemi , la première, pour les tourner.

Arrivé à Bregentz avec la principale colonne, Lecourbe répéta la manœuvre de Massena pour envelopper le corps des Grisons. C’était encore Auffemberg qui le commandait. Instruit par l’expérience de l’année précédente, il se hâta de faire retraite par l’Engadine. Cependant, les Français donnèrent l’assaut aux redoutes de Feldkirch. Jellachich le soutint pendant une journée entière; mais à la nuit , informé que la colonne de Pludentz venait d’occuper Damitz, il prit le parti d’évacuer la vallée de rill tandis qu’elle était encore ouverte; et, le lendemain , on prit possession de ce célèbre camp de Feldkirch, naguère si vivement défendu.

C’est en ce moment que l’armistice de Parsdorf suspendit les hostilités.

CAMPAGNE DE ISOO.

rlM DES OPÉRATIONS EN AI.I.F.MACNK

ftfprîse il« lioslilités (ja novcnilirr], — Conil>.')t d’AmpCni; diVi'niIm*), ^11.11.11110 111* llulirnlin* <lcn(1 diopiiilirr), — Moiivinionl de ramiée galli)-l)jt.ne.

On ouvrit à launévillo des conférences pour traiter de la paix générale. Elles 11 eurent d’abord aucun résultat. Jks diflicultés sans nombre s’éle* vèrent; on ne put s’entendre sur la remise de Alantoiic et des places de l’Adigc qu’exigeait le plénipotentiaire républicain; il fallut encore une fois courir aux armes.

Ulni et Ingolstadt, à la condition d’une prolongation de l’armistice, avaient été remis aux troupes françaises, mais le cabinet de Vienne avait fait d’immenses préparatifs. Ses opérations militaires furent flanquées par les insurrections de la Toscane et de l’Allemagne septentrionale, soutenues l’une et l’autre par une division impériale, et il mit contre les années françaises en Bavière, l’arcbiduc Jean à la tête de i3o,ooo hommes; dans le Tyrol, le feld-marécbal comte de Uellegarde avec 1 30,000 hommes.

A ces forces, aux mouveincns insurrectionnels ((u’cllcs appuyaient, le gouvernement consulaire opposa i“ sur le Mein : l’armée gallo-batave (ao,ooo) commandée par Augereau qui avait pour mission de désarmer la Wesiphalie, la Franconie, la Thuringe; a» sur le Danube ctl’Inn la grande armée d’Allemagne (i4o,ooo), sous Moreau, divisée eu quatre corps et une réserve de cavalerie; 3° sur la Cbicsa où l'avait portée l'armistice d’Alexandrie, l’armée d’Italie (90,000) commandée par Brune; 4“ le corps d’observation du midi (ic,ooo) rassemblé à Genève sous Murat pour opérer sur la rive droite du Pô; 5" enfin, la seconde armée

<lc reserve (if),ooo) sous Macdonald, dont rennetni ignorait la force et qui s’etait portée dans les Grisons.

Aussitôt rariuislice expiré, l’archiduc et Moreau se mirent en mouve“ ment.

Le premier avait détaché à sa gauche, sur le Ilaut-Inn , Hiller avec ao,ooo hommes, à sa droite Klcnau à Ratisbonue (10,000) et sur le Mein, Simhschen (10,000). Il lui restait donc environ ç)o,ooo hommes qu’il voulait porter en masse vers l’iser pour en détacher l’armée française et l’acculer aux montagnes.

Ix second avait ainsi réparti scs forces : Ixîcourbeavait une division au pied des montagnes du Tyrol et les deux autres vers Helfendorf ; la réserve (3 divisions, Richepanse, Grandjean, Decaen) à droite de Munich; à gauche do la même ville le centre sous Grenier (3 divisions, I.egrand, Hardy ctNey), se liant par Ijaiulshut avec Sainte-Suzanne (3 divisions) posté sur le Danube. Son hnt était de pousser en avant les trois premiers corps, d’attirer les impériaux sur le nas-Inn et de surprendre par sa droite le passage de celte rivière.

I>cs deux armées s’avancèrent eu s’appuyant h l’Issen, les Français par liHir gauche , les impériaux par leur droite. Hors de l’étroite vallée de cet ariluent de l’Inn, leur marche fut à peine contrariée. Ijccourhe s’établit h Roscnheiin, la réserve emporta Wasserburg, et, d’autre part, les (lanqucurs du général autrichien Kieimiaycr, après avoir replié les avant-postes n'‘publicains dans Landshut, se rendirent maîtres de cette tête de pont de l’Isar. Mais les bords de ITssen ne pouvaient manquer d’être le théâtre des premiers chocs qui devaient amener une action générale. En effet, les trois divisions de Grenier, formant la gauche de la colonne de marche, se heurtèrent successivement contre le gros de l’armée impériale; elles suivaient les deux rives, Ney soutenu par Hardy était parvenu à Ainpfing, lorsque Legrand , arrêté au défilé de Dorfen par le corps de Rienmayer, loin de pouvoir pousser en avant perdit ses positions.

Le lendemain , l’archiduc à la tête de 60,000 hommes aborda de front par Muhidorf, et sur leur flanc droit, par Rrayburg, Ney et Hardy que Grenier avait déployés sur les hauteurs d’Ampfing. Iæs généraux français firent bonne contenance, et la réserve, en appuyant à gauche, vint à leur secours et contint la colonne qui menaçait de les déborder; mais les forces impériales continuaient à défiler, mais on sut que Kienmayer, occupant Landshut , se trouvait plus près de Munich que l’arrière-garde de Ivcgrand. Moreau .se vit donc dans la nécessité de battro en retraite. Il expédia h Sainte-Suzanne l’ordre de se rendre â Freising pour tenir tête à Rienmayer, et à r.ccourbe celui d’évacuer Kosenheim.

Pnndaat toute la journée suivante, le liiouvcmcat rétrograde s’exécuta. Au soir, le quartier général atteiguit Hohcnlindoii , gros bourg situé à l'issue de la forêt du même nom qui resserre pendant plus de deux lieues la seule route alors praticable. Moreau résolut d’y faire balte et de tirer parti de cette belle position pour retarder l'archiduc et gagner le temps de concentrer toute l’armée autour de Munich.

Il plaça Grenier avec la réserve de cavalerie et les divisions Legrand et H.-irdy n Harthofeu; Ney et Grandjean se déployèrent à droite et à gauche de Ilohenlinden au débouché des bois. Richcpanse et Dccacu gagnèrent Lljcrsbcrg pour se porter eu avant après une halte de quelques heures, et occuper Matleiipuelt où commence le défilé. Au moyen de ces dis» positions, le général en chef espérait ou arrêter tout court les im|)é» riaux , ou lus euvelopper dans la forêt s’ils avaient la témérité de s’y engager. Malgré les iucidens qui les contrarièi'cut , elles amenèrent un succès prompt et brillant, grâce à l’audace et à la présence d’esprit de Richcpanse.

Ix! 3, avant le jour, l’archiduc partit d’IIaag dans le but de réunir toutes ses forces sur les hauteurs qui bordent l'isar. Il avait rappelé KIcnau ilcRatisbonnc. Rienmaycr et I.atour amenaient à droite pur Dorfeu à 3e,ooo hommes; une coloune de io,ooo hommes s’était détachée à gauche pour éclairer la marche du centre en côtoyant la lisière de la fo> rê|. Le prince n’hésita pas à s’enfoncer dans le défilé de Ilohenlinden avec /jo,ooo hommes, les parcs et les bagages. Mais tandis qu’il suivait une roule ferrée, ses ailes étaient embarrassées dans dos chemins de traverse par un temps affreux , il les devança donc et il avait déjà dépassé Mattenpoett que sa gauche était encore loin du bois.

Cependant Bichepansc et Decaen cheminaient en sens inverse, re> tardés aussi par la neige et les difficultés du terrain. I.e premier, avec deux régimens d’infimterie et un régiment de cavalerie , était à trois quarts de lieue à gauche de Saiiit'Christophc , quand la colonne autri» chienne, s’y présentant, le coupa de sa seconde brigade (Drouet) et de Decaen.

Sans perdre de temps à rouvrir la communicatiou , i| courut à Maltenpœtt dont la possession ne lui fut point disputée. Âu sortir de ce village il se trouva en présence dq 8 escadrons, extrême arrière-garde de l'archiduc qui, à oc moment, avait achevé de défiler. Celle troupe se mil en l>ataille à droite de la chaussée, Richcpanse, lui fit front et l’on eom> niença le feu; mais le début de cet engagement ne lui promettant pas une prompte solution , il prit une de ces résolutions hardies auxquelles sourit la fortune. 11 laissa, pour contenir la cavalerie ennemie, sa propre cava» lcrie et, avec l’infanterie, il s’élança tête baissée dans la forêt.

Le combat ëtait aussi engage à l’autre extrëmitë, où le défaut de concert entre les colonnes impériales se faisait également sentir. En débouchant sur Hohenlinden, la formidable masse qui arrivait par la chaussée fit plier la division Grandjean. Mais Ney, accourant au pas de charge, porta sur son flanc droit le ravage et la mort, rompit sa tête et la fit reculer; puis, il se retourna aussitôt par la gauche contre l’avant-garde de Latour, qui commençait à se déployer, il la culbuta, et sachant le corps de bataille éloigné de deux lieues, il revint à Hobenlindeu.

En ce moment, des décharges d’artillerie retentissent au centre de a forêt : c’est Richepanse qui aborde intrépidement l'escorte du grand parc. A son approche, les trois bataillons de grenadiers qui la composent font face en arrière et croisent la baïonnette. « Que pensez-vous de ces hommes? dit-il à sa troupe.- — Us sont morts, » lui répond-on de tous les rangs. En un clin-d’œil la brigade française les mit en déroute, l’alarme se répand dans tout le convoi, les charretiers coupent les traits des chevaux et abandonnent leurs équipages.

Le bruit de la canonnade Ht tressaillir Moreau. C’était le signal d'une belle victoire; il donna l’ordre à Ney de se ruer sur le front des impériaux. Ceux-ci, chargés i-la-fois en tète et en queue, se défendirent h peine; la terreur qui avait saisi le convoi gagna toute la colonne; elle tourbillonna quelques instans et se débanda , pour se sauver à travers bois. Les soldats de Ney et de Richepanse passèrent sur leurs débris, et se rejoignirent en poussant des acclamations de joie.

Du côté de Saint-Christophe , Decaen , après avoir dégagé Drouet et opposé à la gauche ennemie des forces suffisantes pour la tenir en respect, se porta à Mattenpœlt où il arriva assez à temps pour précipiter la retraite des vaincus et leur enlever des milliers de prisonniers.

Vers Dorfen et Harthofen , I.atour et Kienmayer soutenaient contre Grenier un combat opiniâtre et meurtrier, quand la nouvelle des désastres du centre les obligea à regagner précipitamment le pont d’OEtling; les autres colonnes passèrent l’Inn à Mulddorf et Wasserbourg. Klcnau rentra dans Ratisbonne.

Durant cette glorieuse journée , où de chaque côté 60,000 combattaus furent engagés, les Français curent 10,000 hommes hors de combat, les impériaux perdirent a 5, 000 hommes tués, blessés et prisonniers; on leur prit 100 canons et presque tous leurs bagages. Le quartier général fut porté à Haag. Comme ses licutenans le félicitaient, Moreau s’écria : a Mes amis, nous venons de conquérir la paix, a

Il reprit aussitôt sa marche aggressivc. Lecourbe se reporta de Hclfendorfà Rosenheim, le reste de l’armée couvrit toute la rive gauche de rinn. Les impériaux étaient trop désorganisés pour tenir la campagne;

six jours après la bataille, Lecourbe surprit le passage à Ncubeurn, à deux lieues de Rosenheim, que défendaient les émigrés de Coudé, renforcés de quelques bataillons autrichiens. Celte troupe fraîche lit un quart de conversion, l’aile gauche en arrière, et offrit le combat; mais elle fut repliée sur l’Âlz , et sa défaite entraîna l’armée entière.

Les Français débordèrent sur tous les points, et en pesant sur l’aile gauche de l’ennemi , ils enlevèrent tour*à-tour les lignes de la Salza,dela Traun, de l’Enns. On était aux portes de Vienne; l'archiduc Charles, appelé au commandement, comprit qu’il n’y avait plus de ressources. Il demanda un armistice, qui fut signé à Steycr le a5 décembre, et qui suspendit les hostilités dans toute rAllemagnc.

Cette convention arrêta l’armée gallo-batave. Augereau , en enlevant Aschaffenburg, Wurtzburg et Schweinfurth, avait détruit l’espoir qu’on avait conçu d’une diversion au-delà du Mcin. 11 avait ensuite battu Simbseben à Burg-Eberach le jour même de la bataille de Hohenlinden; puis, il s’était emparé de Nurnberg. L’intervention de Klenau l’avait forcé, à la suite d’un engagement indécis (i 8), d’évacuer celte ville. Mais il venait d’y rentrer (a i ) lorsqu’il reçut l’ordre de cesser le feu.

FIX DES OPÉH.VTIOHS EX ITALIE.

Marthe delà deuxièni€ araiée de réferve (t8 Doveinbrei3i dccembr6)««->BaUüle de Poaiolo (a5 décembre).— «Passage de TAdige (4 janvier). — Paix générale.

Vers la même époque, les années d’Italie entrèrent en opérations. Les deux généraux opposés avaient de graves motifs pour rester sur la défen-

GUERRES DE LA REVOLUTION, sivc. Bi'llrgardc avait détaclic sur le llnut-Adige aO,ooo hommes sous Ix)udoii et Wiikassowifli , pour concourir avec Ililler à couU'uir la sucoude armée de réserve, dont on avait fait grand bruit. Il avait envoyé 10,000 lioinmrs pour appuyer les insurgés de la Toscane. 11 ne lui restait donc sur le Mincio c|ue ^o,ooo liomincs, y compris les garnisons, llrunc avait fait des détaclieineus en Piémont et dans l’Italie cent ralo; sa droite entière s’était jiortéecn Toscane, il en attendait le retour, ainsi <]iic l’arrivée de Macdonald, pour attacpier avec toutes les cliancus de succès.

Ce dernier général avait re<,'u l’ordre de porter scs i5,ooo hommes à la gauche de l’arnié-e d’Italie. Ils étaient réellement destines n en faire partie; mais, eu donnant à leur rassemblement le nom redoutable d’armée de lésorvc, en exagérant leurs cadres, en mettant à leur tête un Vaillant capitaine, on avait éveillé l’attention des généraux autrichiens qui, craignant do les voir tomber à l’improvisle sur leurs derrières, avaient entassé une masse de 4o,ooo hommes dans les défiles qu’ils paraissaient vouloir forcer.

.\u moment do descendre des Grisons sur la Chicsa, Macdonald entretint cette illusion en donnant à sa gauche par les vais de la IjJHfjuart, de r.Alhula, de l’Adda, une attitude offensive. L’ennemi se hâta de retrancher lc.> cols, déjà obstrués par les glaces, qui conduisent de ces vallées à celles de l’Inn et de l’Adige, et les Français, masqués par de faibles postes, SC jetèrent par leur droite dans les gorges du mont Sjdugeii. RIalgré la chute de ([uelques avalanches , on parvint sans perte à Chiaveuna. Remontant ensuite l’Adda, on gagna les sources de l'Oglio, et l’on donna encore une fois l’alerte aux impériaux, en menaçant de pénétrer sur la Noss par les débouchés du mont Tonal. Après quoi, l’on suivit le cours de l’Oglio , la cavalerie et les bagages prirent la chaussée de Brescia, et l’infanterie franchissant le San-Zeno, alla relever à Sloro, sur la Chiesa , la division Rochambeau qui couvrait le flanc gauche de l’armée d’Italie.

Brune avait déjà forcé la ligne du Mincio. Après avoirreplié les avantpostes ennemis il plaça sa droite, sons Dupont, à Goito cl Volta, et lui donna l’ordre de jeter un pont h Pozzolo de manière à retenir Bellcgardc dans la plaine de Mantoue. Son projet était pendant ce temps de faire passer à Monzembano lu gros de l'armée pour devancer son adversaire aux débouchés du Tyrol.

Dupont, ayant réus.'i à étalilir un pont, avait porté scs deux divisions sur l’autre rive , mais à peine avaient-elles fini de défiler que Bellcgardo lança contre elles deux fortes colonnes dont l’iino tondit à Pozzolo et l’autre maivlia droit au pont. Soit impossibilité de faire retraite , suit cf-

GVMPAGNE DE 1800. 2G3

fct (l’une heureuse inspiration, le général fraixjais résolut de leur tenir tête. Il se mit en bataille à Pozzolo et derrière une digue qui aboutit de ce village à la rivière. Couvert par ce retranchcincut , protégé par une batterie élevée de l’autre côté de l’eau, il attendit de pied ferme le choc de forces doubles dont les efforts échouèrent. Pozzolo pris et repris plusieurs fois resta enfin au pouvoir des Français. Au bruit de la bataille, Suchet et Davout, se détachant du centre, accoururent à Volta et décidèrent de la victoire.

Bellegarde , croyant que l’armée entière allait déboucher par Pozzolo, fit halte à Yilla-Franca et s’y concentra, prêt à soutenir une seconde bataille. Mais Brime persistaitdans le projet de se déployer par Monzembano, il prescrivit en conséquence à Dupont de rester sur la défensive, tandis que son centre et sa gauche opérèrent sans obstacle le passage, se formèrent, la droite au Miucio et marchèrent sur Valeggio. Le général ennemi, après avoir fait reconnaître ce mouvement par Hohcnzollcrn qui fut ramené, comprit qu’il allait être acculé au Bas-Âdige, et se hâta de rentrer dans Vérone en faisant occuper Rivoli et la Corona.

Toutes les forces françaises se portèrent sur l’Adige. Ce fleuve était défendu depuis scs sources jusqu’à Vérone d’abord par Auffenberg qui gardait les cols menacés par la gauche de Macdonald, puis par Loudon et Wukassowich qui s’étendaient de Rivoli au mont Tonal et occupaient Trente etRoveredo; cnGu par les divisions que Bellegarde venait de replier sur la rive gauche.

Macdonald marcha sur Trente par Sant- Alberto ; Rochambeau sur Roveredo par Riva, Moncey sur Rivoli; en même temps, le général en chef réunit le centre et la droite pour forcer le passage à Bussolengo.

Cette dernière colonne menaçait de déborder la droite de Bellegarde et de le couper du Tyrol où ses lieutenans, entourés, pressés par les trois autres colonnes, allaient être acculés au défilé do Lcvico. L’Adige n’était plus tenable; le fcid-maréchal, évacuant Vérone, couronna les hauteurs de Caldiero et y tint jusqu’au moment où Brune cul achevé de faire ses dispositions d’attaque; il battit alors eu retraite. Jusipi’à la Brcnia il s’arrêta de position en position , se déployant comme pour recevoir la bataille et s’échappant lorsqu’on croyait le saisir.

Pendant ce temps, Loudon et Wukassowich jetèrent de fortes arrièregardes sur les pas des divisions françaises pour masquer leur retraite par la route de Bassano. Wukassowich était déjà eu sûreté, (|uaud Trente et Roveredo tombèrent au pouvoir des assaillans ; mais Loudon ne s’échappa qu’eu jurant à Moncey qu’une suspension d'armes était convenue entre lesdeux généraux en chef. L’un et l’autre prévinn nt Brune à Bas-

2ü4 GUtKHES DE LA KEVOLÜTION.

sano, et firent leur jonction avec Bcllcgarde. Tous continuèrent à rétrograder jusqu’à Trévise où l’on signa un armistice.

D’un autre côté, Macdonald enveloppa Auffcnberg à Botzen, mais IMoreau fit réclamer en faveur de ce général l’exécution de l’armistice de Stever.

Enfin, Murat pénétra pur la route d’Ancône dans les Etats-Romains, et frappa d’épouvante la cour de Naples qui implora la paix.

De toutes paris on déposa les armes. Les traités de Lunéville et d’Amiens consacrèi'cnt la première paix générale , après huit ans de guerre. Les conquêtes de la France en Europe furent reconnues par toutes les puissances, et la république Cisalpine comprit dans sou territoire l’Adigc, Vérone et Legnago.

Il y avait à peine sept ans que , soit hostilité contre la révolution , soit découragement et impéritie, les classes cultivées, désertant les affaires publiques , avaient livré la société à la domination des classes inférieures. Dans la première ivresse, les castes si long-temps avilies, opprimées, vouées à tous les maux qui afHigent l’humanité, avaient cru que le pouvoir était une occasion de vengeance, et elles avaient aveuglément réagi sur un passé rempli de misères, en immolant parmi ces riches, ces puissans toujours enviés, ceux que le fanatisme de l’époque leur signalait comme ennemis des réformes dont ils attendaient leur bien-être, comme agens ou complices desétraugers qui accouraient en armes pour y mettre obstacle. De là celle triste période de désordres sans exemple et d’excès qu’on ne peut trop déjilon'r. Mais, telle est en France la puissance de la civilisation! le peuple, abandonné à lui-même, sentit bientôt le besoin de se discipliner, de se subordonner à l’impulsion d’une force de nature semblable à celle dont il aspirait à se démettre. Après cinq années d’essais qui n’avaient point satisfait cet instinct des masses, Bonaparte se montra dans une heure de péril, et le sentiment public reconnut en lui l’homme éminent en qui la révolution devait se confier et qui devait la finir.

Dès le début, comme pour justifier le vœu général, le premier consul donna des lois à l’Europe entière; il désarma l’Angleterre, et, par une administration habile , il donna au commerce et à la prospérité intérieure un développement depuis long-temps inconnu. Jamais gloire ne fut plus pure et plus belle, et scs éclats rejaillissimt autant sur la nation que sur 1e génie puissant qu’elle a produit et exulté.

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OPÊ&ATIONS EU ALLEMAGÜE.

Cooquéledia KMOvre(3i mai à 4 juHIet f8o3).~CaiDp deBoulogoe(i3^3 k i8o5). — Empire(adé« cemhrc 1804).-— lofaûon de U Bavière par les impériaux (8 septembre i6o5). — PasMge du Khia par les Français (i5).~Passage du Danube (6 octobre).— <Jombat de Wertingen (8).— De Ouotzburç (9). — D'Albeck (11). — D'Elcbingeo (i4)* — De Neresbetm (19). — CapitalaiioQ d'Ulm (<7).— PaMage deriun (27).

La paix conquise à Marengo, à Hohenlinden , ne fut pas de longue durée. L’oligarchie anglaise avait protesté contre un traité avec la France en quittant les affaires. Mais elle était alors dans sa toute-puissance. L’appui de la cour, la majorité du parlement, la mettaient à même de ressaisir à son gré le pouvoir : l’intérêt de ses privilèges et les vieilles maximes d’état , si constamment maintenues par les corps aristocratiques, lui en faisaient une loi. Elle n’avait pu consentir à négocier avec un gouvernement fondé sur le seul élément populaire et maître d’ailleurs d’Anvers , du littoral de la mer du Nord. Elle s’était mise à l’écart pour prendre le temps de recueillir ses forces, de s’assurer de nouvelles alliances.

Les clauses du traité d’Amiens n’étaient pas exécutées, quand William Pitt rentra au paluistère. C’était le signal d’une de ces terribles luttes où

aMPAGNE DE 1803.

Dertliicr, M(ir.it, Monccy, Jourdan, Masscna, Augcrcau, Gcroardottc, Soiilt, Brune, Launes, Morliir, Ncy, Davoiit , Kcllcrniaun, Lefebvre, Pérignoii et Seruricr, re(;urent le litre de maréchaux d’empire. J..’Autriclie, la Russie se levèrent à la voix de l’Angleterre; la Prusse et les princes allemands résistèrent faiblement ù leurs sollicitations et subordonnèrent leur détermination à l’issue des premiers coups.

Le conseil aulique mit en avant a3o,uoo bommes. Le prince Cliarlcs prit le eommaudemeut eu Italie. Il plaça ao,ooo bommes dans le Tyrol, sous son frère l’archiduc Jean, et marcha sur l’Adige, à la tète de 60,000. L’armée d’Allemagne fut confiée à ce même général Mack , dont les projets , malgré scs désastres à Maples , avaient encore crédit. Après avoir jeté Jellachich dans le Vorarlberg avec 10,000 hommes, il porta 1 40,000 hommes sur le Bas-Inn et somma l’électeur de Bavière d’entrer dans la coalition. Maximilien s’y refusa et se retira dans Wurtzburg en faisant filer son amée sur la RegniU entre Nurnberg et Bamiierg.

Les impériaux envahirent la Bavière, prirent possession de Munich, laissèrent dans l’électorat Kienmayer (4o,ooo) qui prolongea sa droite jusqu’à Ambcrg pour observer les troupes électorales; puis , poursuivant leur marche, ils occupèrent Augsburg, Donauwerth, Ulm et prirent leurs cantonnemens à l’entrée des défiles de la forêt Noire, depuis Rothwcil jusqu’à la frontière de la Suisse. Là, Maok fit halte pour attendre les 80,000 Russes que conduisaient K-utusof et l’empcrcui' Alexandre en personne.

Dans le même temps, l’archiduc Charles se concentra autour de Viccncc et l’on prépara deux débarquemens : l’un, destiné au Hanovre, l’autre, au royaume de Naples.

I.a guerre n’était pas encore déclarée, mais ni les protestations , ni les formalités diplomatiques ne pouvaient en dissimuler la nécessité. Napoléon tira l’épée et ses vieilles troupes coururent vers l’Adige et le Rhin.

La rapidité de scs marches, l'ensemble do scs plans , sa promptitude à désorganiser les ibrccs qui s’avançaient contre lui , à s’emparer de la capitale ennemie, à terminer d’un seul coup la campagne, le mettent hors de pair avec les généraux des temps modernes et laissent en doute s’il n’a pas surpassé les plus illustres de l’antiquité.

Mack était déjà au pied des Alpes de Souabc que les maréchaux français occupaient encore le littoral do la Manche, et cependant il perdit l’initiative. Tandis que Saint-Cyr évacua Naples pour renforcer Masscna qui avait reçu le commandement du royaume d’Italie, l’armée de Hanovre sous Bernadotle, les cinq corps des camps de Zeist et de Boulogne se rendirent eu 1 5 jours sur le Rhin. La réserve de cavalerie , la garde

GUERRES ü£ LA RÉVOLUTION, impcrialey arrivèrent en même temps, et Mack eut sur les bras i<jo,ooo hommes au moment où il sc croyait maître de porter l’attaque sur la frontière du nouvel empire.

J.a garde nationale fut chargée de la défense des places du nord et de l’est , et Augereau forma sur le Haut-Rhin un corps destine à entrer plus tard en ligne pour assurer la retraite de l’année.

Vers la fin de septembre , les Russes traversaient à marches forcées la Pologne autrichienne; Kicnmaycr, à cheval sur le Danube, était à même d’opérer sur l’une où l’autre rive, et Mack , flanqué par la Suisse et par le Rauhe-Alp , couvert par les défilés de la forêt Noire, appuyé sur la grande place d’armes d’Ulm, qui avait naguère arrêté Moreau pendant plus de quarante jours, attendait le moment opportun de prendre l’offensive.

A la même époque , les colonnes françaises avaient pris successivement les positions suivantes : à Strasbourg, Murat avec cinq divisions de grosse cavalerie, sous Walther, Rcaumont, Klein , d’Hautpoul et Nansouty (aa,ooo hommes).

En seconde ligne , sur le même point , Lannes à la tête de la division de grenadiers d’Oudinot et de la division Suchet , 5" corps (17,000).

En troisième ligne, la garde impériale et les grands parcs (10,000).

A Lauterbourg, Ney ; divisions Malher, Loison, Dupont, et Baragucyd’Hillicrs (dragons à pied), 6e corps (3o,ooo).

A Spire, Soult ; divisions Saint-Hilaire, Legrand, Vandamme, et Milhaud (cavalerie légère), l\ corps (3o,ooo).

Au pont de Manbeim, Davout : divisions Boursier, Friant, Gudin, 3* corps (3o,ooo).

A Mayence , Marmont ; divisions Boudet , Grouchy, Dumonccau , a* corps (i 5,000).

 Wurtzbourg, Bernadotte : divisions Rivaud, Drouet; i”' corps, (14,000).

Enfin , à Bamberg, à l’extrême gauche, l’armée Bavaroise : divisions de Wrède et Deroi (aa,ooo) destinés à passer sous les ordres de Bernanadotte.

Total de la grande armée 190,000 hommes qu’il s’agissait de transporter du bassin du Rhin dans celui du Danube.

C’était la première fois que Napoléon prenait le commandement en Allemagne. Du côté derilalie, ses conquêtes lui avaient donné la ligne de l’Adige ; il suffisait de la défendre jusqu’à ce que la vigueur des coups portés sur le Jxch et le Bas-Inn forçât le prince Charles à renoncer à l’offensive. Dans ce but , l’empereur n’avait pas hésité à abandonner Naples, pour concentrer toutes les troupes françaises en Lombardie, et

ne point laisser de prise ù l’ennemi contre Massena. Il avait avec la même facilite renoncé au Hanovre afin d'arriver, supérieur en nombre, sur le champ de bataille où il ne voulait point laisser la querelle indécise.

Ces grandes vues étaient bien au-dessus des traditions; l'attaque directe contre Mack porte l’empreinte de la même profondeur.

Le a 5 septembre l’armée commença à défiler. Murat, puis Lannes, ouvrirent la marche et passèrent le pont de Kehl. Le premier déboucha sur la forêt Noire etmontra ses grand’ gardes, ses patrouilles, sur tout le front du général ennemi. Le second poussa d’abord jusqu’à Offenburg, puis il quitta brusquement la vallée de la Kintzig pour descendre, par Rastadt j usqu’à Ludvrigsbourg où il arriva le lendemain.

Dans cette même journée, Ney,Soult, Davout , franchirent le fleuve et pointèrent droit au Neckar où ils s’établirent , le premier au pont d’£ssling,à la droite de Lannes; les deux autres à Heilbroun et Nekarau.

De son côté, Marmont rejoignit Bernadotte à Wurizburg, tandis que les Bavarois remontaient la Regnitz pour se lier avec eux par Weissenburg. Le margraviat d’Ânspach, appartenant à la Prusse, se trouvait sur les pas des deux généraux français; mais il ne se firent point scrupule de le traverser, et ils gagnèrent Weissenburg par UfTenheim et Guuzenhausen.

L’armée entière, suivant leur mouvement, se mit à pivoter sur Nej qui formait la droite. La garde, les parcs , les ré.serves, se portèrent à Heilbronn et marchèrent à la suite de Soult.

Napoléon arriva au quartier général comme cette belle manœuvre s’exécutait; elle frappa de surprise le général autrichien. Les démonstrations de Murai, sur son front, lui avaient donné le change cl il s'aprétait à défendre le terrain si connu, qui sépare le Danuhe du Rhin , lorsqu’il apprit que les colonnes françaises venaient de se jeter sur sa droite dans les gorges du Rauhc-Alp. Il en conclut qu’elles tendaient à se concentrer autour d’Ulm, et il se hâta de faire un changement de front , l’aile gauche en avant pour se mettre en bataille le long du Danube, depuis Riedlingen jusqu’à la forteresse qu’il croyait menacée.

Mais il s’était encore trompé sur le but de la grande armée; pendant qu’il s’ébranlait pour lui faire face, elle appuyait à gauche et descendait comme un torrent des sommités du Rauhe-.Alpdaus la vallée du Danube; Davout , par Dunkclsbiihl sur OEttingen , par où il se liait avec Bernadotte ; Soult , la garde , le quartier-général et Murat par Aalcn sur Nordlingen ; Lannes , par Gemund sur Neresheim; enfin Ncy, par Geislingen sur Heidenhcim.

Ainsi les deux armées, par un mouvement simultané, se rangèrent parallèlement au fleuve; mais la droite des impériaux correspondait à la

droite de leurs adversaires et le centre et la gaucho de ces derniers avaient devant eu* l'espace qui était resté vide entre Mack et Kicnmayer. C’est dans cet intervalle, à peine gardé par quelques détachemens, que Napoléon avaitdessoin do pénétrer. Il fit battre la charge pourforcer le passage du Danube, saisir la ligne du Lecb, jeter 100,000 baïonnettes entre le général en chefet son lieutenant, pousser l'un sur le Bas>Inn et envelopper l’autre entre le Rauhe-Alp , les montagnes du Tyrol et les Alpes de Souabo.

Jamais la science de la guerre ne s’était élevée à de plus hautes cornhiiiaisons; Ney, soutenu par une division de Soult (Sainte-Hilaire), (itun quart de conversion pour se mettre eu bataille , la droite à Heideuheim, la gauche au pont do Guntzburg.'

On allait encore pivoter sur lui ; les deux autres divisions de Soult coururent en mémo temps à Dunouwerlh où il n’y avait qu’un régiment ennemi. Emporter la ville et le pont ce fut l’afTaire d’un instant, et l’on passa sur-le-champ sur la rive droite du Lecb. Lu lendemain, Murat, Napoléon et I.Aiinc8 s’élancèrent dans le chemin frayé par Soult ; et les jours suivans Marmont, Davout franchirent lu pont do Neuburg; Bernadotte avec les Bavarois , celui d’Ingolstadt.

Arrivé sur la rive droite, le premier soin fut de s'assurer des passages du Lech. Dès le 7, pendant que Soult mareliait sur Augsburg, Murat enleva le pont de Bain , Jjinncs le suivit et ils se déployèrent sur la Susam pour gagner Zusmarsiiausen et couper la route d’Ulm.

A la nouvelle de la prise de Donauwerth , Mark avait résolu de disputer au moins le I.ccb; sa droite occupa Guntzburg et Burgau et une colonne de la bataillons de grenadiers , flanqués de [\ escadrons de cuirassiers, se détacha sur Augsburg. Elle passait près de Wertingen au moment même où Murat y l'iitrait à la tête de trois divisions de cavalerie. Le combat aussitôt s’engagea.

L’infanterie impériale (orraa le earre et à cliaque angle du 'côté faisant face aux Français , se placèrent deux escadrons. Les dragons de Murat, chargèrent avec fureur cette cavalerie qui résista vivement, soutenue par un feu terrible; mais enfln ils la culbutèrent, le carré fut rompu et à l’approche des grenadiers d'Oudinot tout se débanda pour cx>urir pêle-mêle au-delà du Lecli. I.cs vaincus cherchaient à se reformer dans Aidiach quand Soult survenant adieva de dis|>erscr leurs débris.

1.6 lendemain Soult prit possession d’Augsburg. Marmont et Davout le relevèrent à Aichach, la garde et les grands parcs fllèrent sur Augs-

burg-

Cependant l’année impériale accourait de tous les points pour se con-

centrer loiu la canon d’Ulm. La droite était déjà groupée autoui’ de Guntzburg, position par laquelle Ney devait opérer sa jonction avec les corps transportés sur la rive droite. Il y avait là à saisir un de ces courts instans qu’on ne retrouve plus lorsqu'on les laisse échapper. Il fallait écraser Ney et dégager la rive gauche. Mack s’y prit trop tard , il chargea l’archiduc Ferdinand de tomber sur le maréchal , tandis que lui'inônie se portait à Burgau pour contenir le reste de l’armée. Mais, d’un c6té Murat, de l’autre Ney, étaient déjà en marche pour ouvrir en» tre eux la communication.

L’archiduc ne tint pas contre les quatre divisions qu’il s’était chargé de vaincre, le pont de Guntzburg fut enlevé, les impériaux perdirent a à ilooo hommes, et, à l’approche de Murat, Mack, menacé en tête et en flanc , évacua Burgau pour se retirer dans ses retranchemens.

Ce combat était décisif. La grande-armée, fermement assise sur les deux rives du Danube, avait séparé délinilivcmcnt les deux généraux ennemis. L’un se repliait sans combattre sur ses renforts; l’autre, ayant perdu sa ligne de retraite , n’avait plus rien à attendre du sort des armes.

Napoléon leur fit face à tous deux. Bernadotte et Davout s’élancèrent à la poursuite de Kientnaycr le nfjetèrcnt au-delà de l’Iller, et remirent l'é. lecteur de Bavière en possession de sa capitale. ( 1 1 )

Ney , Murat, Lannes, Alarmont et Soult se déployèrent contre Mark des deux cdtés du fleuve et commencèrent à investir la place d’ülni. La garde marcha en réserve par la chaussée d’Augsburg.

Mark était au désespoir. Livrer bataille, rompre , renverser la muraille de fer qui allait l’étreindre était au-dessus de ses forces. Il essaya, mais sang succès, de s’échapper en la tournant par ses extrémités.

(la) 9000 hommes fllèrcnt par la rive gauche de l’Iller pour gagner le Tyrol , mais ils étaient encore à Memmiogen , quand Soult y arriva, les enveloppa dans cette ville que l’on avait palissadée et leur fit déposer les armes, I>e reste des impériaux no roussit pas mieux de l’autre côté du Danube.

Pendant que Napoléon sc disposait à les assaillir sur l’iller où on I«s croyait concentrés, l’archiduc Ferdinand , à la tête de g5,ooo hommes, sortit à l'iraproviste par la rive gauciie et se jeta sur l’extrême droite de Ney, que commaudait Dupont , et qui était en position à Âlbeck; mais il ne put forcer cette intrépide division et, après avoir perdu plus de 1000 hommes, il s’établit à EIcKingen. C’était un coup liardi; le corps s'était mis à cheval sur le fleuve. L'ennemi le coupait en deux et s’assurait . d’une communication qui lui permettait de reprendre s(^ opérations sur la rive gauche avec plus de cliaiices de succès. Mais le maréchal était déjà en mesure, il enleva de la manière la plus hrillanto le pont d’Ehingen ,

GUERRES DE LA REVOLUTION, culbuta, refoula dans Ulm, ses adversaires, et leur fit 3 à 4ooo prisonniers. L’archiduc avec quelques cavaliers et 7000 hommes d’infanterie, parvint toutefois à passer par les intervalles et à prendre la route de Franconie. Dans la même journëe, Soult s’étendit jusqu’à Biberach, Marmont prit position sur l’iller à Unter-Kirchberg, enfin Lannes s’empara de Pfulil et de la tête de pont d’Ulm. Dès-lors Mack était complètement investi de ce côté du Danube. A l’autre rive , Ney vainqueur, resserrait la place, tandis que Murat et Kellermann (cavalerie de Bernadotte) poursuivaient , l’épée dans les reins, le prinee Ferdinand.

Us atteignirent l’infanterie à Neresheim lui tuèrent a à 3ooo hommes, et forcèrent le reste à se rendre , puis il menèrent battant la cavalerie jusqu’à Nurnberg et l’enlevèrent en partie. L’archiduc eut peine à gagner la Bohême avec quelques faibles débris.

Ulm n’avait plus de communication avec la Bohême non plus qu'avec le^Tyrolet l’Autriche. Dans cette extrémité Mack, au premier déploiement de l’armée française , capitula ; les 33, 000 hommes qu’il avait renfermés dans son camp mirent bas les armes et furent faits prisonniers. Ainsi disparut, s’évanouit la première ligne des impériaux, aoo pièces de canon, 90 drapeaux, tout le parc , tous les généraux, tombèrent au pouvoir des vainqueurs.

Kienmayer (4o,ooo) s’était arreté sur l’Inn où Rutusof arriva, conduisant le premier corps russe (4o,ooo). Ils essayèrent de défendre cette ligne, jadis réputée si redoutable. Les impériaux prirent position à Rosenheim au pied des montagnes, leurs auxiliaires s’étendirent entre la forteresse de Braunau et le Danube.

Avant de les attaquer, Napoléon fit entrer en campagne Augereau ( 7« corps), qui traversa la forêt Noire, pour longer le lac de Constance, envahir le Vorarlberg et masquer le débouché de Bregentz. 11 fit partir Ney avec deux de ses divisions, pour saisir les défilés du Tyrol, occuper Inspruck et pousser jusqu’à l’armée d’Italie. Il jeta au-delà du Danube Kellermann fils et Baraguey-d’Hilliers, pour contenir en Bohême l’archiduc Ferdinand. Les contingens de Bade et du Wurtemberg remplacèrent les forces dont il disposait pour assurer scs flancs. Enfin, Mortier prit les divisions Gazan et Dupont (19,000), formant le 8* corps.

Ces mesures arrêtées, l’armée en trois colonnes marcha aux coalisés. Bernadotte par Rosenheim , Lannes et Marmont par Landshut et Braunau, Napoléon avec sa garde, Davout, Soult, Mortier, Murat, par la chaussée de Munich à Muhldorf.

A leur approche, Kienmayer craignit d’être rompu par sa droite et séparé des Russes; il évacua l’inn, fit sauter les ponts, recula jusqu’à la Salza, et sc liant avec Kutusofpar la place de Braunau, située au con-

CAMPAG^E DE 1805. 27.'.

fluent des deux rivières, il rangea le gros de ses forces à Salzljurg. lîernadotte le suivit et parut menaçant à Tittmaning, Laufen, Rcichcnhall. Ce dernier point seul fut défendu; les Autrichiens, craignant d'être débordés à droite, enveloppés dans Salzburg, abandonnèrent la Salza, pour rejqj[ndre, par Lambach,Kutusof qui, ayant reconnu riinpossibilité de tenir sur l’Inn , s’était, dans le meme temps, replié sur la Traiin.

£n s’éloignant, Kicnmaycr détacha de sa gauche 5ooo hoinincs, qui occupèrent les défilés des montagnes pour inquiéter le flanc droit de liernadotteet retarder sa marche. Celui-ci, en effet, fut jobligéde s’affaiblir de deux divisions , pour resserrer dans la direction d'inspruck les postes de l’archiduc Jean et se rendre maître de Golling, Ichsen, Aussee, par oïl l’on descend du Simmering dans le bassin du Danube. Lorsque ces troupes eurent enlevé au détachement de Kicnmaycr le col de Pass Lueg, libre d’inquiétude de ce côté , il conduisit à Yœklabruck le reste de son corps d’armée. Cependant, l’empereur après avoir battu à Ricd , à Haag, à Lambach, les arrière-gardes ennemies, était arrivé sur la Traun.

Les lignes de défense se resserraient , flanquées par le Danube et les Alpes qui vont toujours en se rapprochant. Mais les colonnes d'attaque opérant sur un moindre front , acquéraient une force irrésistible. J.,es coalisés ne tinrent pas mieux sur la Traun que sur l’Inn. On occupa Lintz, etMurat enleva l’importante position d’ËbeIsberg; puis, marchant au pas de course, il s’empara si brusquement de la ville d’Enns, qu’il ne permit pas aux vaincus de se rallier derrière la rivière de ce nom. On les débordait partout : Mortier passa le Danube à Lintz pour les prévenir au pont de Siein : Davout, poussant devant lui Meerfeld, prit la route de Lilienfeld, etMannont, remontant l'Enns par Weycr, s’établit à Leoben. Ce dernier corps complétait le système de détacbemens commencé par Ney, continué à Salzburg par deux divisions de Bernadotte, au moyen desquels l’archiduc Charles perdait la possibilité de se transporter, en avant de Vienne, sur le flanc droit de la grande armée.

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OPÉBATIO^S ITBUE ET D4>S LE T4BOL.

Conibat de Sdinl-M'clu’l oclobrr).— l^laillo de Ca!dîcro (lo).— Relraiti* dis A(ifriciiirns(.2 novembre et siiivau^). — Invasion du Tyml (4^7 novembre). — tiapiltdahMi de JelJariiieh. — (jipilulaliun du prince de Rultaii (j4}.

Ce prinre, malgré l’empresseinoiit «le Saint-Cyr à se porter an seeours tlcMassuna, ayant pn-vcmi son entrée en ligne, s’était trouvé Lien supérieur en nombre, cl il tenait l’armée française resserrée sur l’Adige et dans les célébrés positions de llivoli. Mais au premier bruit du mouvement de Napoléon au-delà du Rhin, il avait résolu «l’en attendre le résultat, et il était convenu avec son adversaire d’un armistice. I.orsquc Mack fut entouré dans Ulm, Massena reçut l’ordre de déboucber el de prendre l’initiative. Il débuta par s’assurer du pont de Vérone cl du faubourg de la rive gauebe. Après s’en être rendu maître, il passa onze jours à préparer scs opérations. L’arcliidiic occupait les hauteurs de Cabliero : son front et sa droite étaient couverts de retrancbemciis, et il s’était mis en garde du côté des marais d’Arcole. Massena déposta d’abord une division rangée à Saiot-Micbcl, puis il marcha sur ce champ de bataille si connu. .Scs dispositions tendaient à y pénétrer parla gauche. Une colonne de 10,000 hommes fila le long de l’Adigc pour le traverser vis-àvis Gonibionc, et saisir, en enlevant le village, l’entrée des digues qui conduisent jusqu’à l’Alpon. En même temps, le reste de l’armée (3o,ooo hommes) sc déploya pour porter son effort sur Caldiero. L’archiduc, au lieu d’attendre le choc dans scs lignes, fit une sortie générale cl engagea le combat dans la plaine. Celte habile résolution faillit lui donner la

victoire. La droite de Ma.ssena ayant ëchoiié au passage de l’Adigo, les atilres corps , d’abord accablés, reculèrent. Cependant, l.i fertneié d'un bataillon, tpii s’était logé dans les baies de Caldiero et s’oppo.sait au iléve. loppement des impériaux, leur permit de revenir à la ebarge. L’action .se soutint jusipi’à la nuit avec des cbanccs diverses, et enfin l’arcbiduc rentra dans ses rctranchemens, affaibli de 5 à 6000 morts, blessés ou prisonniers. Les Français en avaient perdu 2 à 3ooo.

Le lendemain, le détacbernent de la droite réussit à franchir l’Adige, et le .surlendemain il sc mit à forcer la digue de Gombione. Massena ne voulut point engager une nouvelle affaire générale avant de connaître reffet de ces manoeuvres; il ne tarda pas à apprendre que l’archiduc était en pleine retraite, scs bagages avaient pris les devaus, et l’armée se repliait en une seule colonne par la route tle Viccnce. On se lança à sa poursuite, on atteignit son arrière-garde à Villanova, à Montebello, on la mena l’épée dans les reins jusqu’à l’Isonzo, en lui enlevant presque chaque jour des prisonniers.

I-c mouvement rétrograde de l’arcbiduc était prononcé , lorsque Ncy parut à l’entrée du Tyrol qu’on appelle le pas deSebarnitz. C’est un col fermé par un fort, perché comme un nid d’aigle, sur le roc à sept cents toises d’élévation. Ix; maréchal osa commander l’escalade. 11 forma deux colonnes , et tandis que l’une se glissait au travers de sentiers à peine praticables derrière l’escarpement, l’autre sc mit à le gravir. Les baïonnettes et quelques rares arbustes servaient d’échelles, et les havresacs de boucliers. On atteignit de la sorte le sommet .sous une grêle de projectiles, et l’on pénétra de vive force dans la place où l’on ne trouva plus qu’une centaine d'hommes. Le reste (2000) frapjié d’une telle audace venait de l’évacuer et se hâtait de gagner pays. Mais l’autre colonne barrait déjà la retraite, et bientôt les Autrichiens, pris entre deux feux, mirent bas les armes. Aussitôt le corps français traversa le col avec armes et bagages, et le lendemain il fit son entrée dans Inspruck que l’archiduc Jean avait abandonnée pour rejoindre son frère par Brixen et Laybach.

La marche triomphante de Napoléon rappek les deux princes au centre de l’empire. Ils s’enfoncèrent dans la vallée de la Raab, pour se réunir, par Presbourg, aux réserves russes en arrière de Vienne qu’ils n’esperaient plus sauver.

Massena poarsuivit l’archiduc Charles par la route de Ixtybach, et Ney l'archiduc Jean par celle de Brixen et Villach. Cependant Saint-Cyr et Augereau entrèrent en ligne, chacun à la tète de 20,000 hommes, I.<e premier bloqua Venise et Trieste. Le second enleva les rctranchemens de Feldkirch , poussa Jellacltich sur le Ilaut-Tyrol, au monient où Ney, arrivant à Brixen, en fermait l’issue et le força de déposer les armes.

27fi GUERRES DE LA REVOLUTION.

T.O.S mouvcmens du sixième corps coupèrent aussi de l’armée principale une colonne de 7000 hommes commandée par le prince de Rohan. Ce général descendit résolument la vallée de la Brenta , surprit Bassano et se mit en mesure de percer par Villach. Mais, atteint et battu à Castel Franco par une division de .Saint-Cyr, il mit bas les armes.

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