DISLOCATION DES DEUX AILES
Bataille de Polosk (18-19-ao octobre).— Coinbal de Smolewiczi (3i).— Prise de Wilepsk (7 septembre).—Tschicha^of marche sur Minsk (i3 noreml>rc).— Bataille de Wolkowisk (16). — Combat
el prise deBohaof (it).
Pendant que les maladies minaient le camp de Polotsk, Wittgenstein recevait incessamment des renforts. Lorsqu’il eut réuni 5o à 60,000 hommes, il résolut de déborder enhn la Dwina. Sa gauche déboucha par Drissa et lui-même attaqua les redoutes de Saint -Cyr. LemarécliNl frauçaisse défendit avec vigueur et soutint ptendant unejournée entière un combat sanglant et indécis. Le lendemain , informé des progrès de l’en* nemi sur la rive gauche, il prépara la retraite qu’il espérait opérer sans trouble à la faveur de la nuit. A peine avait-il commencé à défiler que le
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CAiMPAGiXE DE 1812.
feu, prenant aux baraques cki camp, donna l’eveil aux Russes. Wittgem> tein se mit sous les armes, fit incendier la ville et livra l’assaut aux redoutes que l’on évacuait. 11 fut encore une fois contenu, et avant l’aube, les corps français étaient en sûreté sur l’autre rive. On combattit de nouveau pour repousser la gauche ennemie que l’on fit reculer en désordre jusqu’à Drissa. Alors on abandonna la ligne de la Dvvina pour se replier sur Victor et s’appuyer sur la haute Bérésina, sur les lacs et le canal qui l’unissent à la Lukonila.
Mais la nécessité de couvrir à-la-fois Wilna et la retraite de la grandearmée força les troupes à s’étendre. Le (i* corps prit position à Glubokoe; le a% dont Oudinot reprit Iccommandciiicnt , s’établit à Lepel , et Victor quitta Smoleiisk pour se porter à Siciino,afin de lier la défense de la Liikomla à celle de Witepsk.
Cette nouvelle ligne n’avait pas assez de consistance pour imposer à V’itigenstein qui la fit aisément tomber. En déljouchanl sur Lepel, en portant son effort contre la gauche d’Oudinot, il le contraignit de pivoter sur sa droite et de se ranger de Bohr à Smolewiczi. Apres quoi, il attaqua et culbuta, sur le dernier point, les avant-postes de Victor; puis il fit enlever Witepsk et se déploya, la droite en tête , menaçant de déborder Oudinot et de le prévenir sur la route de Mo.scou. Dès ce moment, l’aile gauche fut coupée en plusieurs tronçons.
Adroite, les opérations furent jilus désastreuses. Lorsque Tschichagof apprit l'évacuation dcAloscoii, il laissa dans scs cantonnemeus 3o,ooo hommes sous les ordres de Sacken pour tenir en échec le corps austrosaxon , et avec 3o,ooo hommes, il s’ébranla par Slonim et Neswich dans le des.sein de saisirMinsk, de s’emparer des riches magasins qui devaient ravitailler l’armée en retraite.
Bien ne lui fit obstacle jusqu’au Niémen, oti il se heurta contre les avant-postes de la garnison de Minsk qu’il replia sans peine. Il entra avec non moins de facilité dans cette ville, dont le gouverneur se laissa surprendre sans songer à appeler à son aide les renforts qu’il avait de tous côtés à sa portée.
Cependant Schwarzenberg déboucha la gauche en tête de Bialistock, paraissant vouloir s’élancer par Slonim à la suite de l’amiral. Les Saxons tenaient déjà AVolkowlsk, lorsque Sacken sortit par Lapcnilza de la forêt de Bialowèse, le déposta et le poursuivit jusqu’à la Rossa. Mais, comme il se disposait à franchir cette rivière , les Autrichiens survinrent par la chaussée, le battirent complètement cl le rejetèrent dans les défilés de la forêt. La route de Minsk était ouverte, Schwarzenberg n’avait qu’à pousser à Tschichagof, il lui eût arraché sa conquête, il l’eût mené l’épée dans les reins, il l’eût anéanti aux Irords de la Bérésina. Il
ne le fit point , il s’attacha aux pas de Sacken et le ramena jusqu’au Bug, comme s’il eût eu à cœur de mettre un espace de Go lieues entre lui et l’amiral et de le rassurer sur ses desseins.
Les Russes purent alors sans inquiétude sc livrer à l’execution de leur plan ofTcnsif. Us partirent de Minsk en trois colonnes, pour Beresino, Borisofet Zembin, dans l’espérance de couper Dembrowski, posté avec 6000 hommes à Bobruisk. Le général polonais avait reçu l’éveil; il s’était hâté de remonter la rive droite de la Bérésina, et il parvint en même temps que les ennemis, devant la tête de pont de Borisof. Il manœuvra avec assez d'iiabilcti’pour s’ouvrir le passage et passer avant eux la rivière; mais trop faible pour les conteuir, il abandonna la ville etse replia sur Oudinot.