‹ Tableu des guerres de le Révolution, de 1792-1815Chapitre 31 sur 79 · OPÉRATIONS AU PIED DES PTRÉNÉES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS AU PIED DES PTRÉNÉES

hes Anglais pa»cot les Gaves (i4 février 1814). — Ralaille d'OrlIiez (17). — Combat J’Airc(i'' mars). «-Occupation de Bordeaux (fa).— Combats de Vic-Bigoire et Tarbes (19-30).— WeUingtoo passe la Caronne (5 avril). — Bataille de Toulouse (10).

La Nive forcée , le maréchal Soult s’appuyait par la droite aux remparts et au camp retranché de Dayonnc d’où il s’étendait circulaircmcnt jusqu’aux montagnes, couvert par la Bidouze, le Soison et les torrens qui, sous le nom commun de Gave, descendent à l’Adour par Olcron et Pau. L’armée d’un effectif de Go,ooo hommes eût facilement conservé ses positions, mais il fallut en tirer 20,000 soldats d’élite pour renforcer la poignée de braves qui disputait aux grandes armées combinées, les approches de Paris. Dès ce moment Wellington ne fut plus retenu que par les difGcuItés de la saison. Dans les premiers jours de février, il forma ses colonnes; bientôt la gelée raffermit les . chemins, tout s’ébranla en pivotant sur la gauche, llill aborda les postes delà Haute-Nivc et les replia jusqu’à Sauvelene.

Après quelques jours tic halte durant lesquels on clicrcha vainement à passer l’Adour près de son embouchure, Hill appuyé par le feu de toute la ligne, tourna Sauveterre et rejeta les Français au-delà du Gave de Pau. Il ne s’agissait plus que de déterminer leur retraite soit sur Toulouse, .soit sur Bordeaux. Wellington investit Bayonne, lança Hill de Sauveterre à Orthez, et Beresford sur la rive droite du Gave de Pau à son confluent avec l’Adour. Ces inouvemens mettaient le maréchal en demeure ou de s’enfoncer dans les Landes , ou <le porter toutes ses forces sur sa gauche, et de manœuvrer au pied des Pyrénées. Ce dernier parti <pii le coordonnait avec Suchet et Augereau était préférable, il le choisit et il se concentra autour d’ürthcz. Soit désir de sauver ses magasins, soit espoir de contenir Hill d'un côté du Gave et de battre Beresford sur l'autre rive, il se mit en bataille la gauche dans la ville, le centre h cheval sur la route de Bayonne, la droite le long du chemin de Dax. Cette disposition oblique, indiquée par la nature des lieux renfermait un vice qui n’échappa point au général ennemi. Battue, l’armée iie pouvait se replier que sur Saint-Sever, parce que Hill était prêt à saisir la route de Pau, et elle avait à franchir le pont de Sault-Navailles, dont la droite était plus rapprochée que la gauche. H suivait de là que les assaillans, portant leur effort contre l’aile droite, avaient la chance de la culbuter, de l’acculer au défilé et de compromettre la retraite de la ligne entière. Ce fut dans ce sens que Wellington dirigea l’attaque. Lorsque Soult, après une longue et sanglante lutte, se fut convaincu qu’il prenait l’ascendant sur le point flécisif, il ne combattit plus que pour se mettre en sûreté au-delà du Luy. Ce mouvement s’opéra sans désordre et les pertes s’élevèrent de part et d’autre de a à 3ooo hommes.

A Saint-Sever, Soult au lieu de gagner Mont-de-Marsan remonta l’Adour pour prendre position à Aire et revenir sur les Pyrénées. I^s vainqueurs incertains tâtonnèrent en le cherchant partout; enfin leur aile droite atteignit à Aire son arrière-garde. H y eut un combat indécis durant lequel l’armée continua à manœuvrer sur l’Adour. Wellington dans le dessein de la jeter en désordre hors de toutes les routes, dans les gorges des Pyrénées, la côtoya en pressant en même temps la queue de la colonne. Mais il fut prévenu; à la suite de deux combats livrés à Yie-Bigorre et Tarbes, Soult s’affermit sur la chaussée de Saint- Gaudens par où il gagna Toulouse.

Cependant Beresford, profitant du dégagement des chemins qui traversent les Landes, s’était porté à Bordeaux où son entrée avait été le signal d’une manifestation éclatante en faveur des Bourbons. 11 laissa dans cette ville une division, et rejoignit sur la Garonne le général en

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GUERRES DE LA REVOLUTION, chef qui cherchait un passage. Après Imit jours d’hésitation, les pontons furent jetés près du conlluent de l’Ers, et Beresford défila le premier. A peine était-il sur l’autre rive avec i 5,ooo hommes que le pont se rompit; il était perdu si le maréchal eût été en mesure, mais celuici n’était occupé que de fortifier les abords de Toulouse où il voulait livrer bataille. On répara les ponts, la gauche et le centre de l’armée alliée franchirent le llcuvc, et l’aile droite resserra sur l’autre rive le faubourg de Sainl-Cypricn.

Toulouse est bâti sur la rive droite de la Garonne, au sud du coniluent du canal de Languedoc; un seul faubourg, celui de Saint-Cypricn , est sur la rive gauche. Le canal a été creusé entre la ville cl le plateau de Calvinct, chaîne de collines qui s’élève entre les routes d’Alby cl de Caraman et qui encaisse l'Ers, aftluent de la Garonne, où il se jette cinq lieues plus au nord.

I.1C faubourg et la ville sont entourés d’une vieille enceinte; les ponts du canal, et les hauteurs étaient hérissés de redoutes. I.oi droite ennemie était séparée du reste de l’armée, le centre survenant par la route de Paris, devait se heurter contre le canal; enfin la gauche ne pouvait se déployer qu’en longeant le pied du coteau de Calvinet. Le maréchal avait conçu l'espoir de profiler de ce dernier mouvement pour rompre les colonnes ennemies en débouchant h propos, soit par la route d’Alby, soit parcelle de Caraman. Il y avait là des souvenirs d’Austcrlilz, mais l’exécution échoua. Ix centre des alliés, abordant de front le canal, fut vigoureusement repoussé, ainsi que .Soult l’avait prévu. La gauche alors (Beresford) s’étendit le long de l’Ers, cherchant à escalader les hauteurs; et comme elles lui parurent inexpugnables, elle prolongea sa marche en dépassant le roule de Caraman dans le dessein de les tourner. C'est ce que l’on attendait. Taiipin à la tête de la réserve s’élança par la route de Caraman pour prendre Beresford en tête et le culbuter dans l'Ers; mais il y eut dans ce moment un court désordre que les Anglais saisirent ; Taupin chargea trop tard avec une colonne allongée; il fut tué et sa troupe ramenée. Beresford gravissant l’escarpement enleva la ixv doutc extrême qui ne put faire usage de son feu. Il pénétra ainsi dans l'intérieur de la première ligue de défense et la manœuvre même qui devait l'anéantir fixa de son côté la victoire. Soult changea de front , se replia sur la ville où il soutint jusqu'à la nuit le combat le plus acharné, l*'lendemain il battit en retraite par la route de Narbonne où se rendait Suchet. Quelques jours après les deux années adhérèrent aux actes du séuat.

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SIKGCS ET BLOCi;.^ DES PIACES.

Cflpitulalion d’Hiinln^ie (14 avril). — Mouvemens aiiimir de Metz (a6 mars au 3 avril).— -Réducliop de WiUembcrg (i3 janvier).— De Ciislrin (3o mars).— De Glogau (ro avril).

De toutes les pinees qui faisaient partie «le l’empire français et dont il n’a point éti: question pré«-«yciunicnt , Ituninguc seul fut st-ricuscincnt assiifgé par uu «létacliement de l’armée de Bohême. Les tranchc'es furent poussées jusqu’au mur de contrescarpe. A ce moment l’abdication de l’empereur étant connue, Barbanègre crut devoir éviter l’assaut en permettant aux ennemis d’entrer dans la place dont ils firent le service «le concert av«'c la garnison.

Ix blocus «les autres villes ne donna lieu à aucun fait remarquable, sauf celui de Metz que Durutte rompit pour sc mettre en campagne. Ce brave général poussa jusqu’à Tbionville et Lu.xembourg, en tira des troupes et avec Gooo hommes, il manœuvra pour coopérer au grand mouvement que l’empereur avait préparé sur les derrières de l’ennemi, lorsque la bataille de Paris changea toutes les dispositions; alors il se replia sous le canon de Metz.

Grenoble, Besaimon, Strasbourg, Landau, Mayence, Valenciennes et I.illc, ces boulevards de la frontière de l’Est et du Nord, étaient encore intacts et renfermaient des garnisons qui avaient eu le temps de s’instruire et qui brillaient de prendre une part plus active aux opérations de la campagne.

Outre-Rbin; Wesel, les citadelles de Wurtzburg et «l’Erfurtb furent seulement investies. A Magdeburg, Lemarrois (18,000); à Hamburg, Davout (1 5,000), firent de glorieuses sorties, soutinrent de vifs combats sans fruit pour la cause commune, et dont le souvenir ajoute aux regrets qu’inspire l’éloignement de ces braves soldats, de ces généraux consommés, dont le sang eût été mieux employé sur les bords de la

.St'in<’. Wilicmbcig avait etc culevc d’assaut après quiii/c jours de trancIk« ouverte. Enfin Clogau et Custrin s’étaient rendus après avoir épuisé leurs approvisiouiiciiiens.

En vertu de la convention du a3 avril i8i4, pour acheter l’cvacualion iinnuxliatc du territoire, le nouveau gouvernement remit aux coalises 53 forteresses, situées hors des anciennes limites du royaume et livra Lien légèreinciit ia,ooo bouches à feu, d’immenses magasins, des vaisseaux cl des arsenaux richement approvisionnés.

CAMPACiNE DE 1815.

Retour de l'ilc d’Elbe (ao mars). — Dernière coalition (a5).— .Soulévcmciil du Midi el de la Vendée (avril-mai). — Mourcmeot de l'armée du Nord (t4juin). — Passage de la Sambrc(i5]iiiu). — Bataille de Ligny. — Uombat'des Qiiaire-Bras (i6).— Bataille de Waterloo (i 8).— Abdication da remperenr (ao). — Réiiniou de l’armée française sous Paris (aS). — Déploiement des cualist's (a^). ~(àpittilatioD de Paris.

S’il y a dans la science sociale un problème insoluble , c'est celui d'une restauration. Vingt-cinq ans s’étaient écoules depuis que l’émigration, dans son expression la plus pure, avait commencé. Ce laps de temps, si rapide dans la vie d’un homme, est immense dans celle d’im peuple. I^es deux tiers de la population ont disparu et les générations viriles ont grandi en s’identifiant avec les idées qui se sont développées en même temps qu’elles. Comment concevoir qu’un parti, longtemps abattu, que relève soudain une force inespérée, s’associe du même moment :i des sentimens, à des mœurs cpii ont été jusque-là l’ol)jut de toute sa haine? Comment imaginer qu'une nation active, impatiente, énergique , reculant d'un quart de siècle, sc soumette à des prétentions qu’elle ne comprend point cL déchire, avec la charte de ses droits, les plus belles pages de son histoire?

Napoléon attentif au murmure de la France quitta l’îlc d’Elbe où l’avaient relégué les actes de Fontainebleau. « Du point où il toucha le rivage, l’enthousiasme du peuple le porta jusqu’au seuil de la capitale, (expressions de Napoléon). » A peine de retour aux Tuileries, il demanda

5,i4 GUERRES DE LA REVOLUTION.

la paix. Mais toute la diplomatie de la coalition était alors en congrès à A'ienne , elle le mit lui et sa faction hors du droit des gens. Les souverains donnèrent le signal à leurs armées qui couvraient encore l’Ailemagne, et ils ébranlèrent un million de soldats sous le prétexte de lui arracher absolument le pouvoir suprême.

Cependanl la A'^endée et le midi prirent les armes. Diversions funestes qui ôtèrent aux troupes françaises la possibilité de profiter de la première surprise pour envahir la Belgique et s’appuyer au Rhin! L’empereur avait trouvé l’armée réduite à i5o,ooo hommes et 19,000 chevaux, dont 92,000 hommes et i3,ooo chevaux seulement étaient en état d’entrer en campagne. Ün rappela les conscriptions de 181 4 et i8i5, on leva 2U0 bataillons de garde nationale, ou enrégimenta les militaires en retraite et l’on eut à la fin de mai sous les drapeaux, 217,400 hommes; savom; aux dépôts i38,ioo hommes, dans les places, dans les grandes villes du midi , dans les ports de mer environ 180,000 hommes.

Les forces actives furent divisées, outre quatre corps d’observation et l’armée de la Vendée, en onze corps, dont quatre de cavalerie de reserve, formant quatre armées: i" l’armée du Nord comprenant, le i"' corps, Drouot (20,564), à U'He; le 2', Reilic (22,764), à Valenciennes; le 3', Vandamme (1.5,89a), sur la Meuse; la réserve de cavalerie, Grouchy (10,600), entre la Sambre et l’Aisne; le 6' corps, Lobau (i 2,-592), à Laou.

2'' l’ai-mce delà Moselle, 4' corps , Gérard (:4,79a), à Metz.

3® l’armée du Rhin, 5' corps, Rapp (16,800), eu Alsace.

4“ l’aruiée des Alpes, 7' corps, Suchet (20,600), sur le Rhône.

Il y eut en outre: 1" le corps d’observation du Jura, Lecourbe (10,700) sur la frontière suisse; a° celui du Var, Brune (7100), eu Provence; 3'* celui des Pyrénées-Orientales, Decacu (a5oo), à Toulouse ; 4° celui de la Gironde, Clauscl (a5oo), à Bordeaux. Enfin l’armée de la Vendée Lamarque (a4,5oo), dans le Bocage; et ,1a garde impériale (i8,4oo) à Paris.

Les bataillons de garde nationale, non employés à l’armée active et les militaires retraités formèrent la garnison des places.

Telle était au 3i mai la répartition des ressources qu’on avait rapidement organisées. A la même époque l’intérieur était pacifié et les armées étrangères n’étaient pas en mesure de coordonner un plan d’invasion. Il y avait en ligne entre le Rhin et la mer : 1“ à droite, l'armee anglo-hollandaise cantonnée à Nivelles, Braine-la-Ix-ud, Bruxelles, Grammont (87,000 Anglais, 4a,ooo Allemands, a5,aoo Hollandais ou Belges), iü4,20o huiiimes cumuiaudés j)ar lord Wellington; 2° à gauche.

CAMPAGJVE DE 1815; SS5

k cheval sur la Meuse, l’année du Bas-Rhin composée des corpsde Zielhea Pirch, Thiclmann et Bulow ( général en chef Blucher.

Il y avait en arrière: i°à Ostende et dans les places du littoral 47,3oo lionimcs; a°sur la rive droite du Bas-Rhin, quatre corps destinés à renforcer Blucher 178, j5o hommes; 3“ en marche, l’armce russe (i 38,(ioo) sous Barclay de ïolly; f\° entre le Rhin et le Haut-Danube, l’armée aulricliienne (259 980) sous Schwarzenberg ; 5° dans le Milanais rariiiée d’Italie (61,600) général Frimont; 6“ dans la Basse-Italie, l’arince napolitaine (42,700) Bianchi; 7“ enfin l’armée suisse (36,5a4) qui, sous prétexte (le faire respecter la neutralité, était réellement au service des alliés. Total 83o,ia4 hommes d’infanterie i54,o3o de cavalerie.

L’empereur après avoir hésité entre un plan de campagne défensif et des opérations offensives, se décida à prendre l’initiative avant que ces immenses masses fussent en communication.

Lorsque le corps législatif eut ouvert ses séances un mouvement général s’effectua depuis Dunkerque jusqu’à la Sarre, masqué par les démonstrations des garnisons des places. En même temps la cavalerie de Grouchy, le 6* corps, la garde se rapprochèrent de la frontière. Enfin l’empereur lui-même quitta Paris dans la nuit du la au i3 juin, et le i4 il eut 123,404 hommes concentrés entre Maubeuge et Philippeville.

Cette levée de cantonneraens, cette réunion des armées du Nord et de la Moselle sous Charlcroi, fut habilement dérobée aux généraux alliés. Wellington était alors à Bruxelles et ses troupes se trouvaient échelonnées de Nivelles au Bas-Escaut. Blucher était à Namur et ses quartiers s’étendaient do Thuin à Liège. On allait pour une dernière fois surprendre le passage de la Sambre jadis si long-temps disputé, on allait lancer dans la plaine de Flcurus la grande armée.

Mais ce n'était plus celte grande armée qui était partie du camp de Boulogne pour porter ses aigles jusqu’au Niémen. On était encore affaissé sous le poids de deux années de désastres; les passions politiques s’(>taienl réveillées et l’ardeur du soldat était amortie par un sentiment de méfiance envere la plu]iart des géiuTaux. Ceux-ci n’osaient croire au succès, l’empereur lui-même voyait pâlir son étoile. Il eut fallu dès le début revenir à ses plus belles journt-cs pour resserrer les liens mal affermis entre des corps rassemblés à la bâte et des chefs inconnus les uns aux autres. Mais les combinaisons foudroyantes ifléna, d’Austerlitz, supposaient un ensemble qu’on n’avait pas eu le temps d’acquérir. C’était un cercle sans issue que la situation intérieure rendait inextricable. Napoléon n’était pas moins préoccupé de l’attitude des représentans que

63tî GUERRES DE LA RÉVOLUTION.

d(' celle de I cti'anger. Ils avaient clevë des doutes sur la sincérité de ses efforts pour obtenir la pai.\, ils avaient appelé la délibération nationale à rretifier ce que l’urgence du moment avait pu produire de défectueux ou laisser d’imparfait dans la constitution.

£n quittant Paris, l’empereur leur avait adressé ces paroles: a Iji « constitution doit être notre point de ralliement : elle doit être notre « étoile polaire dans ces momens d’orage. Toute discussion publique U qui tendrait à diminuer directement ou indirectement la confiance « qu’on doit avoir dans ses dispositions, serait un malheur pour l’état. U La crise où nous sommes engagés est forte; n’imitons pas l’exemple du « Uas-l^mpire qui , pressé de tous côtés par les Barbares , se rendit la ri- « sée de la postérité en s’occupant de discussions abstraites, au moment U où le bélier brisait les portes de la ville. »

C’était un avertissement perdu , l'assemblée n’était que trop disposée , en lui disputant imprudemment le pouvoir, à renverser la seule barrière f|ui pût arrêter l'invasion. Jamais le soin de sa gloire et le salut de la patrie ne lui avaient imposé plus impérieusement la nécessité de la victoire; ses premiers pas semblaient la lui promettre. Le i4 juin , on savait que les deux généraux ennemis étaient dans une sécurité complète, au moment même où l’on prenait les armes pour pénétrer au milieu de leurs caiitonnemens. Mais à la fin de la journée , à l’heure où les projets du lendemain étaient connus, l’inquiétude des soldats fut cruellement justifiée par un incident propre aux époques d’aveuglement et d’exaspération poliliques. Un ofllicier-général et deux officiers supérieurs du corps passèrent à l’ennemi. Ou les conduisit au quartier- général de Blucher qui appela sur-le-champ de Liège, Bulow ; de la rive droite de la Meuse Tbielmann, et desenvirons de Namur Pirch pour les porter au secours de /ietbeu dont le corps d’armée couvrait la Sambre depuis la frontière jusqu’à Charleroi.

I.c i5, à la pointe du jour, ou s’ébranla de part et d’autre. Du côté des Français, l’aile gauche ( i"ct a® corps cavalerie légère de la garde i ])artit dcMaubeuge ; le centre (3' G" garde et cavalerie) de Beaumont ; la droite (4° i de Philippeville , pour passer la Sambre à Marcbieniics Charleroi et le Cbastclct. Du côté des Prussiens , les trois corps avertis pendant la nuit se rapprochèrent de Ziethen. Celui-ci, à la vue des colonnes d’attaque, replia scs avant-postes sur la rive gauche, et endommagea le pont de Charleroi de manière à retarder le défilé du centre et par suite de l’aile gauche. Quant à l’aile droite, elle n’arriva qu’à l’entrée de la nuit. On se bâta de rétablir le passage; lorsqu’il fut praticable , on commença, en cscarmouchant, à se déployer dans ces cbamps où le sort de l’Luro|)c avait été tant de fois fixé.

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