OPERATIONS SUR LA MÉDITERRANÉE
inutile sommation, on commença (17) un bombardement que le gros temps interrompit. L’amiral fit rentrer la flotte à Toulon où elle se ravitailla, puis il reparut sous les murs du la ville dont la soumission eût entraîné celle de l’ile entière. Ou jeta sur le rivage (i4 février) des troupes, do l’artillerie; mais comme on se portait à une attaque de nuit, que devait soutenir le feu des vaisseaux, deux des colonnes par une funeste méprise, tirèrent l’une sur l’autre. Une terreur panique les saisit en même temps : tout fut entraîné, tout s’enfuit vers la plage où l’on arriva entièrement désorganisé (i). Lorsque le jour (17) vint à poindre, une nouvelle tempête assaillit la flotte; trois bâtimens échouèrent, d’autres furent rudement avariés. Il fallut (20) rentbarquer la troupe et s’éloigner sans retour (a 2).
Sur ces entrefaites , le cabinet britannique s’étant déclaré, l’on fut réduit à la défensive. Peu après, les luttes entre la Gironde et la Montagne agitèrent tout le midi. Le célèbre Paoli voulut profiter des circonstances pour assurer rindépendauce de la Corse; il souleva les campagnes (avril i7Ç)3j et commença contre les partisans de la France de vives hostilités. Les Anglais aussitôt survinreut , mais à la suite d’une infructueuse attaque contre Saint-Florent, leur flotte s’éloigna appelée par les insurgés de Toulon qui livrèrent follement , à ces prétendus alliés, la ville et le port oîi 3i vaisseaux de ligne et a5 frégates étaient renfermés. Forcés, par les habiles conceptions de Bonaparte, d’abandonner précipitamment leur facile conquête, ils s’emparèrent de 17 voiles, pillèrent ou détruisirent les magasins de la marine, mirent le feu à l’arsenal et incendièrent dans la rade ai bâtimens parmi ceux qu’ils n’avaient point eu le temps d’enlever (19 décembre).
Après avoir tiré de leur défaite une si terrible vengeance, les troupes de débarquement prirent terre en Corse; soutenues par 20 vaisseaux, elles portèrent à l’insurrection iin secours non moins efficace que perfide. Les républicains renfermés dans les places, perdirent dans le mois d’août 1794 leurs dernières positions. Mais les espérances de Paoli furent cruellement déçues; les vainqueurs s’emparèrent de l’île dont Georges III fut proclamé roi, et le citoyen qui avait rêvé raffraiicliissement de sa patrie, ne t.arda pas à se condamner à un éternel exil.
La possession de la Corse était d’une grande importance pour les flottes anglaises. Les rades de Saint-Florent et d'Ajaccio leur offraient des relâches assurées et leur permettaient de tenir en état de blocus les côtes de la Provence et du comté de Nice. Cependant l’escadre française , formée à grand’peinc des débris échappés au désastre de Toulon, essaya
(ij Voir lü note à la page précédente.
GL’KliliES DE LA Rf.VOi.U'l lU.V (le tenir In mer. Elle sortit forte île a/j voiles, roniniaïulee par Ki cQ«r tr(vaniiral lAIartin (3 mars i ^^5) à la reelicrdic des eiineiuis (jui étaient alors à Livourne. Au début de celle croisière (^ i, (lie captura, en vue de Saint-Fiorcnl , uii vaisseau de -J\, puis elle. s(! rabatlit vers la rivière de Gènes. Six join-s après, au moment où un coup de vent venait de jeter au loin deux vaisseaux de haut-bord, elle se heurta (i3), non loin d'Alessia, contre a3 b.àtiinens sous l’amiial Ilothani. Martin ne songea qu’à éluder un engagement général ; il y réussit, mais il eut la douleur de perdre deux vaisseaux de son arrière-garde que le vent avait endom-; magés et qui , n’ayant pu suivre le inouvenrent de la flotte , se rendirent après une glorieuse résistance.
On rentra dans Toulon oîi l’on rcinit un renfort de six vaisseaux venant de Brest et l’on appareilla un(! dei'nière fois. Mais à la suite d'un combat douteux livré ( i3 juillet) près des îUîs d'Ilyères, où l’on perdit encore un vaisseau, on renonça au dessein de tenir tête à des forces dont la supériorité n’é-tnit pas contestable, et l'on se borna à favoriser par des escadres légères d’intn'pidcs corsaires qui soutinrent avec plus de succès la lutte.
Cependant les Corses supportaient impatiemment le joug des Anglais, lorsijue Bonaparte maître de la I.ombardie, poussa des dclacliomens de sa droite jus(pi’eii Toscane; les exilés du parti français se réunirent à Livourne et se jetèrent sur les côtes de leur patrie (octobre 1796) où leur apparition fut le signal d’une insurrection unanime. I^es .Anglais évacuèrent l’îlequi reprit sans bésitatinn le drapeau de la république.
L’année suivante (mai 1797) l’armée d’Italie prit possession de Venise, elle y trouva 12 vaiss(!aux de 64 et 1 a frégates qui furent envoyés à Toulon; elle en composa une escadre qui jeta dans les îles loniimnes, sans contestation, une garnison française. Ces évènemens préparèrent l’expédition d'Egypte. On a vu (page 173) la fatale catastrophe d’Abouqir. Bonaparte de retour en France (7 janvier 1801) fit sortir de Brest une escadre sous le contre-amiral Cautheaume, destinée à recruter et h ravitailler l’armée d'Orient. L’amiral réussit à passer le détroit de Gibraltar et à faire quelques captures; mais il reconnut l'impossibilité (le percer à travers des forces supérieures, jusqu’au mouillage d’Alexandrie et il relâcha dans Toulon. Les Anglais le suivirent et le bloquèrent, mais les évènemens de Naples les attirant au midi de la Péninsule, ils lâchèrent prise et Gantbeaume se bâta de gagner une seconde fois l’Egypte, Ilyfutcncoreprévenn,et il revint enfin en France (3o juin) après ([uclques glorieux incidens qui lui livrèrent plusieurs vaisseaux ennemis.
L’inefficacité de ces cfîorls engagea le premier consul à invoquer le secours du gouvernement espagnol. 11 en ubliut une escadre de six vais-