OPÉRATIONS SUR L’OCÉAN ATLANTIQUE
seaux iloiil le roiilre amiral Diimanoir alla prendre h Cadix le comman- (IciDent. i’our la rallier et lui faciliter le passage du détroit , on fit surlir de Toulon trois vaisseaux et une frégate sous le contre-amiral Linois. Celui-ci ne put éviter les croisières anglaises qui le resserrèrent dans la rade il’Algésiras et l’attaquèrent (6 juillet). Il résista glorieuso nient , il désempara deux vaisseaux dont l’un tomba en son pouvoir, jnais il resta bloqué et l’escadre espagnole, débouchant de Cadix, se heurta (la) conin? les forces ennemies; elle fut battue, et perdit trois voiles. Cependant Linois, à la faveur du combat, réussit à s’échapper et l’iin de ses vaisseaux , en tenant bravement tête à l’avant-garde anglaise (i '), força les vaiiKpienrs à abandonner leur poursuite.
I-a paix d’Amiens mit lin aux nioiivcineiis dans la Aléditcrranée, dont les .Anglais, à la repiisc des bo.stilités, an moyen de la possession de M'dte, furent maître-. jtifi|u’à la lin de la guerre.
OCÉAN AILANTÏQUE.
l.es escadres des cotes rie l’ouest furent employées d’abord à intercepter les communications entre la marine anglaise et les Vendéens. Leurs stations dans les parages de la Loire inférieure ne donna lieu à aucun fait militaire. Dans les derniers jours de 179'd, la flotte de Urist révoltée rentra dans le port. Là les commissaires conventionnels lui donnèrent une nouvelle organisation; ils cbangèrent tout l’état-major et ils élevèrent au grade d’amiral, Villaret-Joyeuse, capitaine de vaisseau, plus remarquable cependant par ses taleiis i|uc par son exaltation politique.
Sa première mission fut de se porter, avec 26 voiles, au-devant d’un convoi (|uc le contre-amiral Van-Stabcl ramenait des Etats-Unis. On lui prescrivit de se borner .à faciliter la rentrée de cet approvisionnement que les circonstances rendaient bien précieux, on lui recommanda d’éviter tout engagement et le représentant Jean-Bon Saint-André monta à bord du vaisseau amiral, pour surveiller ses opérations. Unit jours après son départ on signala la (lotie anglaise. Iæs équipa-
gi-s SC roiiiposaieiit en grande partie de soldats de l’armée du Nord. A la vue de l’ennemi, ils couvrirent les ponts, les hunes, les cordages et firent entendre un long cri de joie. L’amiral n’iguorait pas que dans une bataille navale rcntliousiasme ne suffit point : il annonça le dessein de suivre ses instructions; mais Saint-André, électrisé lui-même par l’ardeur qui éclatait si hautement, prit sur lui d’ordonner le combat. Pend.int deux jours ou n’eut (]ue des chocs partiels. Villarct espérait satisfaire à tout en faisant résonner .son canon sans engager la mêlée, et l'amiral anglais, lord llowe, cherchait de son côté à gagner du temps pour rcpreiidre le vi ut et rallier quelques vaisseaux. Cependant une brume épaisse envclojipa les deux flottes et retarda jusqu’au C juin t7<)4 prairial) la lutte décisive.
Lorsque eulin le ciid se fut éclairci , on reconnut que les .Anglais avaient saisi l’avaiitage du veut et qu’ils déplovaicnt 26 vaisseaux de haut-bord et 12 frégates. Ils manœuvrèrent en outre avec une supériorité qui ne leur était <|ue trop habituelle. Néanmoins l’exaltation des républicains eût enchaîné la victoire sans le funeste conflit de l’amiral et du re])résentant.
lA’nnenii attaqua ohîi<]uenient en portant son effort contre la gauche de la ligiu! française «pii ne tarda pas à être accablée. La mêlée devint horrible et des scènes d’un courage, jusque alors inconnu , signalèrent i-ettc mémorable journée. I.e vaisseau amiral , la Montagne^ aux prises avec cinq bàtimcns anglais, les contraignit enfin de s’éloigner; et le désempare, criblé de boulets, prenant l’eau de toutes parts, donna l’c.xemple du [ihis sublime héroïsme. « Les généreux marins qui « le montaient au heu de chercher à sauver leur vie en se rendant au « moment oii le vaisseau coulait bas , déchargent leur dernière bordée « quand les derniers canons sont à Heur d’eau. Us reviennent ensuite « sur le pont, attacher. t le pavillon de peur qu’il ne. surnage et les bras « levés vers le ciel, agitant en l’air Imns chapeaux, ils descendent n comme eu triomphe , aux cris mille fois répétés de vive la république! n vive la liberté! vive la France! dans l’ahlme qui devient pour eux la H |)lus glorieuse des sépultures ». (Fie foires et Cuiiqiictes)
Une résistance si opiniâtre avait cruellement maltraité les bâtimens anglais et la droite de Villarct n’avait point donné; eu virant de bord, elle les tût surpris dans leur désordre et eût tliangé la fortune. L’amiral (2) voulut faire le mouvement décisif; le représentant , dont le courage paraissait ébranlé, ue le permit point; il laissa lord Hovve capturer six voiles de la gauche, seul trophée qui l’autorisât à s’attribuer la victoire.
],cs Anglais cinglèrent vers l’ortsmoiith. Villarct manœuvrant pour