‹ Tacite et la littérature françaiseChapitre 21 sur 57 · IV · texte numérisé non relu

IV

Emile, Sophie : « Le plus grand frein de leur sexe ôté, que reste-t-il aux femmes qui les retienne? et de quel honneur foroiil-cllcs cas après avoir renoncé à celui qui leur est propre? Ayant mis une fois leurs passions à l'aise, elles n'ont plus aucun intérêt d'y résister. Nec femina, amissa pudicilia, alia abnuerit. [Ann., IV, 3.) Jamais connût-il mieux le cœur humain dans les deux sexes que celui qui a dit cela? »

Contrat Social, YI, 6 : « On prend beaucoup de peine à ce qu'on dit, pour enseigner aux jeunes princes l'art de régner ; il ne paraît pas que cette éducation leur profite. On ferait mieux de commencer par leur enseigner l'art d'obéir. Les plus grands rois qu'ait célébrés l'histoire, n'ont point été élevés pour régner; ce n'est une science qu'après l'avoir apprise ; et qu'on acquiert mieux en obéissant qu*en commandant. Ulilissimus idem ac brevissimus bonarum malarumque rerum dilectus est, cogitare quid aut volueris sub alio principe aut nolueris. » (H., 1, 16.)

Contrat Social, 111, 9 note : « On a trop admiré les siècles, où l'on a vu fleurir les lettres et les arts, sans pénétrer l'objet de leur culture, sans en considérer le funeste efTet : idque apud imperitos humanitasvocabatur, cum pars servitutisesset. n {Afjricola, 21.)

(( Ne verrons-nous jamais dans les maximes des livres, l'intérêt grossier qui fait parler les auteurs ? Non : quoi qu'ils en puissent dire, quand, malgré son éclat, un pays se dépeuple, il n'est pas vrai que tout aille bien et il ne suffit pas qu'un poète ail cent nulle livres de rente pour que son siècle soit le meil-

leur de tous... Quand tout reste écrasé sous le joug, c'est alors que tout dépérit ; c'est alors que les chefs, les détruisant à leur aise, ubi solitudineni faciunt, pacem appellanl. » {Agric, Si .) Contrat Social, IV, 2, Des Suffrages : « A l'autre extrémité du cercle l'unanimité revient ; c'est quand les citoyens, tombés dans la servitude, n'ont plus ni liberté ni volonté. 1 Alors "la crainte et la flatterie changent en acclamations les suffrages ; on ne délibère plus, on adore ou l'on maudit. Telle était la vile manière d'opiner du Sénat sous les empereurs. Quelquefois cela se faisait avec des précautions ridicules. Tacite observe que sous Othon, les sénateurs accablent Yitellius d'exécrations, affectant de faire en même temps, un bruit épouvantable, afin que si par hasard, il ne pût savoir ce que chacun avait dit. » {H., I, 85.)

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