‹ Tacite et la littérature françaiseChapitre 25 sur 57 · II. — Le Cardinal de Retz (i6i4-i6:j · texte numérisé non relu

II. — Le Cardinal de Retz (i6i4-i6:j

On ne s'attendait guère à trouver le cardinal de Retz en cette affaire. Tout le monde sait en effet que le prélat frondeur écrivait dans sa jeunesse, La Conjuration de Fiesque qui est une imitation de Salluste, et l'on ne songe guère à le rapprocher de Tacite.

Cependant voici ce que Ton trouve dans Sainte- Beuve (Histoire de Port-Royal, vol. V, page 696, en noie) : « Un écrivain de beaucoup d'esprit et d'un rare coup d'œil politique, Senac de Meilhan, publiant en 1790, une traduction des deux premiers livres des Annales de Tacite, y mettait une préface toute d'à-propos, où il disait : «J'ai souvent cherché quel était l'écrivain de nos jours qui avait le plus de rapport avec Tacite, et il me semble que le cardinal de Retz est le seul qu'on puisse lui comparer. Tous deux sont doués éminemment de génie politique, tous deux portent d'un Irait rapide la lumière dans les profondeurs du cœur humain, rassemblent, démêlent, et séparent les principes d'action ; tous deux ont eu de grands hommes à peindre et les ont peints des plus fortes couleurs ; tous deux ont eu part aux plus grandes affaires et se sont trouvés à portée de

connaître ceux dont ils ont tracé les portraits et rapporté les actions. Toutefois l'amour de la vertu, et l'horreur du vice n'éclatent point dans le cardinal de Retz comme dans Tacite... »

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