‹ Tacite et la littérature françaiseChapitre 32 sur 57 · V. Hugo, dans Huy Blas, traduit la même pensée · texte numérisé non relu

V. Hugo, dans Huy Blas, traduit la même pensée

Delamarre 9

— i34 — par un mot plus énergique encore : « Bon appétit, Messieurs. » - Tacite n'est pas moins expressif : (. Quippe hianles in magna fortuna amicorum cupi-

ditales. »(//., I, 12.)

Le pouvoir des favoris était sans bornes. « Venalia cuncta, pnepolentesliberi. » (//., I, ;.) — l'sse vantent d'eux-mêmes de tout régler à leur fantaisie. (Acte

II, se. IV.)

Le plus odieux des trois, c'est Marcian. S'il a dépouillé la livrée de l'esclave il en a gardé l'âme, et c'est par la violence et la menace qu'il prétend imposer son amour à Plautine, la lille d'un consul. Loin de rougir de sa naissance, il s'en vante, car depuis un siècle et plus, les affranchis sont les vrais maîtres de l'empire :

La honte d'un destin qu'on voit mal assorti Fait d'autant plus d'honneur quand on en est sorti, Quelque tache en mon sang que laissent mes ancêtres, Depuis que nos Romains ont accepté des maîtres, Les maîtres ont toujours fait choix de mes pareils, Pour les premiers emplois et les secrets conseils : Us ont mis en nos mains la fortune publique ; Us ont soumis la terre à notre politique ; Partocle, Polyclète, et Narcisse et Pallas, Ont déposé des rois et donné des Etats. On nous élève au trône au sortir de nos chaînes ; Sous Claude on vit Félix le mari de trois reines.

(Acte II, se. IL)

Corneille n'a jamais mieux saisi la situation de l'empire au temps de son agonie.

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