‹ Tacite et la littérature françaiseChapitre 47 sur 57 · XV · texte numérisé non relu

XV

Cependant, une nuit que les conjurés étaient réunis et discutaient leur projet, Proculus, favori de Néron, surprend leur secret. Il n'a reconnu toutefois que la voix d'Epicharis. Comme il est amoureux de la courtisane, il estime que l'occasion est bonne pour faire accepter ses avances. 11 va trouver Epicharis, lui déclare qu'il connaît le secret de la conjuration et promet de se taire à la condition qu'Epicharis lui accorde sa main. La jeune (ille repousse ces avances honteuses, et Proculus s'empresse d'aller tout révéler à Néron. Tacite raconte la chose autrement, a Erat navarchus in ea classe Volusius

Proculus occidcndîie matris Neronis inter ministros, non ex magniludine sceleris proveclus ut rebalur. Is mulicri olim cojçnitus seu recens orla amicitia, dum mérita er*ça Neromen sua, et quamvis in irritum cecidissent, aperit, adicilque questus et destinationem vindictae si facultas oreretur, spem dédit posse impelli et plures conciliare. Ergo Epicharis plura et omnia scelera principis orditur : sed provisum quonam modo pœnas eversœ reipublicse daret... noniina tamen coniuratorumreticuit : undeProcali indicium irritum fuit, quamvis ea qufe audierat ad Neronem detulisset. » {Ann., XV, 5i.)

Epicliaris est mandée au palais. Néron la fait interroger par le consul Pison, mais elle n'a pas de peine à montrer que les accusations sont sans fondement et que Proculus est un calomniateur. Cependant Néron garde des soupçons et il fait arrêter tous les conjurés chez Pison. Sauf que le conspirateur Pison n'était pas consul (les consuls de l'an 65, étaient Silvius Nerva et Atticus Vestinus (Ann., XV, 4^), celte donnée de la pièce est exacte. « Accita quippe Epicharis et cum indice composita nullis testibus innisum facile confutavit. Sed ipsa in custodia relenta est, suspectante Nerone haud falsa esse etiam quee veranon probabantur. » (XV, 5i.)

A partir de ce moment, le drame se développe en pleine fantaisie. Alors qu'en réalité tous les conjurés, voire même tous ceux qui furent soupçonnés d'avoir été mêlés de près ou de loin à cette affaire, furent arrêtés et mis à mort {Ann., XV, 48-70), le poète suppose au contraire que le peuple soulevé délivre Pison et ses amis, que le Sénat proscrit

Néron, et que le monstre n'a d'autre ressource que de s'enfuir, au milieu de lu nuit, à la faveur d'un déguisement. En 1793, le public n'aurait pas pusupporter le spectacle d'un tyran échappant aux menées d'une conspiration. Néron apprend donc que sa l^le est mise à prix. De toutes ses richesses d'autrefois il ne lui reste qu'un poignard, et le tyran hésite à s'en frapper ; c'est un soldat qui se charge de mettre lin aux jours du tyran. Epicharis et Pison viennent proclamer, à la vue de son cadavre, l'avènement do la liberté et son règne futur.

Les remords de Néron, sur le point de mourir, sont admirablement rendus par le poète.

Où suis-je ? Un songe affreux... Non, non, je ne dors pas, De mon cœur soulevé c'est un secret murmure. Je m'entends appeler meurtrier et parjure; Je le suis... Mais quels cris : quels lugubres accents ; Une sueur mortelle a glacé tous mes sens... Ne me trompé-je pas? Je crois voir mes victimes.. . Je les vois, les voilà... Du fond des noirs abîmes S'élancent jusqu'à moi des fantômes sanglants ; Ils jettent dans mon sein des flambeaux, des serpents ; Je ne peux me soustraire à leur troupe en furie... Arrêtez... Estrce toi, vertueuse Octavie ? Tu suis contre Néron un trop juste transport. Qu'oses-tu m'annoncer? Ah! je l'entends : la mort. La mort... Tu viens aussi me l'apporter, mon frère... Mais que vois-je, grands dieux ! Agrippine, ma mère. Tous les morts aujourd'hui sortent-ils du tombeau ? «Meurs, meurs! » criez-vous tous... Quel supplice nouveau? Contre moi l'univers appelle la vengeance. Et la tombe elle-même a rompu son silence.

Les Annales s'arrôtant à la fin de Tannée 66 et les Histoires ne commençant qu'au premier janvier 69, nous ne posst^dons pas le récit de la mort de Néron écrit par Tacite. Mais nous trouvons ailleurs un passage suggestif que le poète n'a fait que traduire sous une forme dramatique, et qui nous montre à quel point l'âme de Néron était bourrelée de remords, après la mort de sa mère :

« Sed a GaBsare perfecto demum scelère magnitudo eius intellecta est. Reliquo noctis, modo per silentium defixus, sœpius pavore exsurgens et mentis inops, lucen opperiebatur, tanquam exitium allaturum... Quia tamen non, ut hominum vultus, ita locorum faciès mutantur, obversabaturque maris illius gravis aspectus (et erant qui crederent sonitun tubae coilibus circum editis Planctasque Tumulo Matris Audiri) , Neapolim concessit. m {Ann., XIV, 10.)

§ 5. — Le Germanicus de Vincent-Antoine-Arnault (i8iy)

Le sujet de cette pièce est le conflit qui s'éleva entre Germanicus et Pison, et se termina par la mort du premier et le procès du second. Germanicus avait reçu du sénat le gouvernement des provinces d'Orient ; Pison, le gouvernement particulier de la Syrie. Des conflits d'autorité ne tardèrent pas à se produire entre les deux chefs, et Pison se mit bientôt en révolte ouverte ; il était encouragé dans sa rébellion par sa femme Plancine qui avait voué une haine implacable à Agrippine, la femme de Germanicus. (Ann.,lll, 43.)

Au moment où s'ouvre la pièce, Séjan dôg^iisé en esclave arrive à Antioclic porteur d'ordres secrets de Tibère : Germanicus doit être supprimé, IMson condamné et Sentius doit recevoir le gouvernement de la Syrie. Sentius résume les griefs que Ton peut articuler contre l'un et l'autre. A Germanicus on reproche son voyage en Egypte :

Sans doute on vous a dit qu'imprudent une fois, Ce prince avait enfreint les rigoureuses lois, Qui des plaines d'Isis lui défendent l'entrée. Trop sensible aux malheurs d'une triste contrée, Que notre empereur seul a droit de consoler. Aux rivages du Nil il crut pouvoir voler.

« Germanicus iEgyptum proficiscitur cognoscendae antiquitatis.. levavitque, apertis horreis, pretia frugum multaque in vulgus grate usurpavit... Tiberius acerrime increpuit quod, contra instituta Augusti, non sponte principis, Alexandriam introisset. . . Sed Germanicus, nondum comperto profectionem eam incusari, Nilo subvenebatur... » {Ann., II, 59, 60.)

L impétueux Pison, resté seul en Syrie, Bien plus que la prudence écoulait sa furie, Changeait l'ordre établi, sans but, sans autre effet. Que d'effacer partout ce qu'un autre avait fait. Dans son orgueil jaloux, croyant porter sa place Au-dessus du pouvoir qu'affrontait son audace. Le prince à son retour, de ses yeux indignés. Cherche en vain ses amis par l'exil éloignés. Il entend la cité qu'il avait protégée Réclamer de ses droits la justice abrogée. Dans son juste courroux, devant son tribunal

Il cite un lieutenant qui s'est cru son égal.

Pison, toujours superbe, hésite, délibère,

S'il doit céder au fils d'Auguste et de Tibère...

(Acte I, se I.)

« At Germanicus, yEgypto remeans, cuncta quœ apud legiones aut urbes iusserat, abolita vel in contrarium versa cognoscit. Hinc graves in Pisonem contumeliae ; nec minus acerba quœ ab illo in Gaîsarem tentabentur. » {Ann., II, 69.)

...Quand frappé tout à coup par un mal inconnu. Sur les bords de la tombe à trente ans parvenu, Germanicus pâlit : son épouse alarmée, Jette un cri que répète et le peuple et l'armée. Tout s'émeut ; on s'empresse aux pieds des immortels; De vœux et de sanglots leurs temples retentissent. Aux vœux du peuple enfin le héros est rendu. L'encens fume ; à grands flots le sang est répandu. Pison l'apprend ; parmi les prêtres qu'il disperse. Il court au temple ; il court aux autels qu'il renverse. Outrageant sans respect ni des droits ni des lieux, Et le peuple et le prince et César et les dieux. Puis à travers l'horreur dont la foule est saisie. Insolent et tranquille, il gagne Séleucie...

(Se. I.)

« Piso abire Syria statuit ; mox adversa Germanici valetudine detentus, ubi recreatum accepit, votaque pro incolumitate solvebantur, admotas hostias, sacrificales apparatus, festam Antiochensemm plebem per lictores proturbat. Tum Seleuciam digreditur. )y(A., II, 69.)

Scène II. — Germanicus dit à Marcus de transmettre à Pison, son père, Tordre de quitter la Syrie:

Qu'il en sorte, ou déniai ii ji- inarcho contre lui ; Pour s'attacher raruice, en vain sa politique A banni de nos ran^rs la discipline antique.

(( (Piso) largitione, anihilu, inlimos maiiipularium iuvando. cum veteres ccnluriones, severos Iribunos deuiovorct, Icxaquc eorum suis clientibus voi dcterrimo cuiquc altribucrol, dcsidiam in caslris, liccntiam in urbibus, vagum ac lascivienlem per agros mitilem sineret, eo usque corruplionis proveotua est, ut sermone vulgi parens legionum haberetur. » {Ànn., II 55.)

Scène 111. — Gerraanicus confie à Senlius la mission de porter à Tibère une lettre dans laquelle il raconte la conduite de Pison. — (Se. IV). Mais Senlius prend au préalable les ordres de Séjan. Celui-ci déclare que Tibère veut la mort de son neveu, et qu'il compte surtout, pour accomplir le forfait, sur l'inimitié de Plancine.

Frapper sans bruit, seigneur, tel est l'ordre suprême... Cette femme il est vrai, que dévore l'envie, Et qu'enhardit surtout l'amitié de Livie, Porte un cœur plus féroce encor que son époux. Pour présenter la coupe ou pour frapper des coups. On pourrait au besoin s'en fier à son zèle. Le mal même inutile a des attraits pour elle.

u Credidere quidam data et a Tiberio occulta mandata, et Plancinam haud dubie Augusta monuit muliebri temulalione Agrippinam insectandi. » {Ann., II, 43.)

Scène VI. — Quanta Séjan, ce qu'il en fait, c'est pour se ménager l'accès du trône. Son but est d'é-

carter tous les héritiers légitimes pour préparer son adoption.

Au second acte, le poète imagine qu'une révolte a été organisée par Plancine et Pison contre Germanicus. Il place en Orient un événement qui s'est passé plusieurs années auparavant en Gaule et il en emprunte le récit à Tacite. Germanicus supplie Agrippine de s'en aller pour échapper au danger. Elle repousse cette idée :

Moi fuir ! En quels climats irais-je demander L'asile que ton camp ne peut plus m'accorder? ... Te confier à la foi d'un barbare, Quand tu te vois trahi par tes propres soldats !

« Diu cunctatus, aspernantemuxorem, cum sedivo Augusto ortam neque degenerem ad pericula testaretur, postremo, uterum eius et communem filum com fletu complexus, ut abiret perpulit. )) {Ann., I, /io.)

A l'acte suivant, nous apprenons que la révolte a été comprimée. Marcus, le fils de Pison, qui est du parti de Germanicus, vient en attribuer tout l'honneur à Agrippine.

Oui, réparant l'erreur qui causait nos alarmes, Nos soldats à vos pieds ont déposé les armes ; Mais le remords subit d'où naît un si grand bien, Madame est votre ouvrage encor plus que le mien... Le trouble allait croissant ; déjà l'aigle rebelle S'élançait vers ces murs, déjà les factieux Dirigeaient sur son vol leur marche sacrilège. Vous paraissez : ce noble et malheureux cortège. Ces femmes, ces enfants attachés à vos pas.

Le dernier de vos fils pleurant entre vos bras,

Fixent tous les regards... Aux sanglots qu'ils entemionl,

Les soldats interdits s'arrêtent, se demandent :

u Pourquoi ces pleurs? pourquoi ce morne abattement?

Sans autre escorte, amis, par quel t'v(''nenient

Voyons-nous de César et l'épouse et la fille,

Dans l'exil avec elle entraîner sa famille?

Bientôt la voix publique apprend à ces ingrats,

Que le prince doutant de ses propres soldats,

Lègue cette famille à la foi d'un barbare.

Même des plus mutins la honte alors s'empare.

Tout ce récit est calqué sur la narration de la révolte des Gaules, a Incedebat muliebre et miserabile agmen, profuga ducis uxor parvulum sinu filium gerens, lamentantes circum amicorum coniugcs, quœ simul trahebentur ; nec minus tristes qui manebant. Nonflorentis Caesaris, neque suis in castris, sed velut in urbe victa, faciès gemitusque ac planctus etiam militum aures oraquc advertere. Progrediuntur contuberniis : quis ille flebilis sonus ? quod tam triste iter, ferainas illustres, non centurionem ad tutelam, non militem, nihil imperatoria3 uxoris aut comitatus soliti pergere ad Treviros et externsefidei. Pudor indeetmiseratio..., etc. » {Ann.,

Le reste du troisième acte est de l'invention du poète. En reconnaissance de ce qu'il a fait pour calmer la sédition, Marcus obtient la grâce de son père. Pison, étonné, consent à faire des excuses à Germanicus. Mais Plancine rallume la colère de son mari et le décide presque à empoisonner Germani-

eus. II n'attend plus pour aller jusqu'au bout, qu'un dernier appel secret de Tibère. « Je ne m'y résoudrai », dit-il,

Qu'autant qu'un ordre exprès viendrait pour m'y contraindre

Et que Tibère m'enverrait pour signal,

Cet anneau qui, semblable à celui d'Annibal,

Cache un poison pareil au poison par qui Rome

Vit enfin s'achever les jours de ce grand homme.

Les conjurés s'assemblent. Germanicus paraît: il est si calme, si peu défiant, que Pison n'ose frapper ; le héros soupçonne si peu la trahison qu'il promet à Pison d'aller lui faire visite dans sa maison. Germanicus semble donc sauvé, mais voici que Séjan fait parvenir à Pison l'anneau mystérieux. Germanicus doit périr.

Le développement de l'intrigue au IV« acte ne repose sur aucune donnée historique. Germanicus a pardonné à Pison et envoie Marcusà la poursuite de Sentius, afin de lui retirer la lettre de blâme dont il est porteur. 11 ordonne un banquet pour sceller la réconciliation. Plancine veille aux intérêts de sa haine. Ayant montré à son mari la lettre que Germanicus écrit à Tibère et qui lui a été remise par Sentius, elle obtient de lui la promesse qu'il fera mourir Germanicus. D'ailleurs il a reçu l'anneau de Tibère.

Au Ve acte, Pison raconte à Plancine comment il a donné le poison à Germanicus. Tout à coup celui-ci paraît, faible et chancelant, et avant de rendre le dernier soupir aux pieds de la statue d'Auguste, il prononce ces paroles ;

Oui, les dieux u'oal que trop favorist^ leiir ra;?e. Echappé tant de fois aux horreurs du carnage, O malheureuse épouse, ô malheureux enfants. Je n'en péris pas moins à la lleur do mes ans, Je tombe enveloppé dans une embûche infâme, Dans un piège tendu par la main d'une femme; Dans un piège où mon cœur se plut à m'entraîner, Quant à force de bien les croyant enchaîner, Et traitant vos conseils de méfiance extrême, En leurs perfides mains je me livrai moi-même. Mes amis vous donnez des larmes à mon sort. Mais ce n'est pas assez, il faut venger ma mort. C'est vous qui redirez à mon prince, à mon père, Les chagrins dont ils ont abreuvé ma misère, Les pièges dont ils ont environné mes pas. Mes jours afi'reux qu'abrège un plus affreux trépas. Perdez ce couple ingrat. La haine qui m'opprime M'a contraint à la haine et c'est son plus grand crime.

(Se. VL)

Le poète est vaincu par rhistorien. Le discours que Tacite prête à Germanicus mourant est bien plus touchant que celui-là : « Si fato concedrem, iustus mihi dolor etiam adversus deos essel, quod me parentibus, liberis, patrise, intra iuvenlam, prit;maturo exitu râpèrent : nunc, scelere Pisonis et Planciuce interceptus, ultimas preces pectoribus vestris relinquo. Referatis patri ac fratri, quibus acerbitatus dilaceratus, quibus insidiis circumventus, miserrimam vitam pessima morte finierim. Si quos spes mese, si quos propinquus sanguis, etiraa quos iuvidia erga viventem movebat, illacrimabunl quon-

Dclamarrc

dam florentem et tôt bellorum supcrstitem muliebri fraude cecidisse. Erit vobis locus querendi apud senalum, invocandi leges. Non hoc praecipuum amicorum munus est, prosequi defanclum ignavo qucstii ; sed qua^ volueritmeminisse, quse mandaverit exsequi. Flebunt Gernianicum etiam ignoti ; vindicabitis vos, si me potius quam fortunam meam fovebatis. Ostendite populo romano divi Augusti neptem, eamdemque coniugem meam ; numérale sex liberos. Misericordia cum accusantibus erit ; fingentibusque scelera mandata aut non credent homines, aut non ignoscent. luravere amici, dextramque morientis contingentes, spiritum antequam ultionem amissuros. » (Ann. II, 71.)

A peine Germanicus a-t-il expiré que Séjan paraît, non plus déguisé en esclave, mais parlant en maître ; il fait arrêter Pison. Agrippine commence à réclamer vengeance, et le poète lui prête, à la fin de la pièce, l'attitude sous laquelle elle nous apparaît dans Thistoire.

Voilà Germanicus ; Sur sa bouche expirante, Avec son dernier souffle, elle est encore errante, Sa voix, sa faible voix qui de votre amitié, Réclamait à la fois et vengeance et pitié. D'un côté, mes amis, c'sst un rebelle, un traître. Qui pour se disculper calomniant son maître, Veut épouvanter ceux qu'il n'a pas convaincus : De l'autre, c'est le sang du grand Germanicus : Est-il un cœur si dur qu'il nous puisse être injuste, Et voir sans s'attendrir les petits-fils d'Auguste, Les fils du plus aimé, du plus grand des Romains,

Eisa veuve cjjlorée, une urno enlre los main,. Meure aux pieds ilu .éi.nl dnns leur douleur profonde. Une image de douil qui va couvrir le monde.

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