‹ Tacite et son siècle;Chapitre 14 sur 24 · ÉCOLE GRECQUE — HÉRODOTE, THUCYDIDE, XÉNOPHON · texte numérisé non relu

ÉCOLE GRECQUE — HÉRODOTE, THUCYDIDE, XÉNOPHON

On ne peut assigner le rang d'un grand historien dans l'école à laquelle il appartient qu'après avoir caractérisé et classé cette école, et pour classer celte école, il faut connaître ses devancières : avant d'aborder Tacite comme historien, j'ai donc à caractériser l'école grecque, pour apprendre à caractériser l'école romaine. Après avoir classé les écoles sous deux aspects principaux : la qualité de leur enseignement et leur forme artistique, c'est-à-dire leur moralité et leur charme, je classerai les historiens de ces écoles, spécialement Thucydide et Tacite, à ce double point de vue.

Quand je consulte les grands historiens grecs sur leur propre idéal, ils me semblent d'une simplicité extrême sur ce qu'ils se proposent; quand je hs leur travail, je le trouve supérieur au but indiqué. Hérodote se borne à nous dire qu'il désire préserver de l'oubli les actions des hommes, célébrer les hautes et mémorables actions des Grecs et des barbares, tout en expliquant les causes

qui les portèrent à se combattre*. Il tient parole, sans doute; mais ce qu'il ne nous dit pas et ce qui n'est pas la moindre jiartie de son œuvre, c'est qu'il fera pour la postérité le seul tableau qu'elle possède des mœurs, des institutions, des origines, des races, des peuples de l'antique Orient. Sur ce point, son histoire ne sera pas toujours savante, mais elle sera partout vivante. Ce qu'il raconte, il l'a vu ou on le lui a dit sur place ^; il consigne la tradition avec une candeur qui, si elle n'est pas une garantie sufiisante de vérité, a tout le charme de la vraisemblance. Il n'oblige personne à croire ce qu'on lui raconte. Il n'a pas d'autre but, il vous en avertit, que d'écrire ce qu'il entend dire à chacun "'. Quand il arrive qu'il y a deux versions sur le môme sujet, comme, par exemple, sur la construction des pyramides d'Egypte^ il rapporte tout uniment les deux versions qu'il a ouï faire*.

Plus d'une fois pourtant il vous déclare ingénument qu'il sait bien des choses qu'il ne vous dira pas. Pourquoi, par exemple, représente-t-on Pan avec une tête de chèvre et des jambes de bouc? Il se ferait un scrupule de vous le révéler ^ Les initiateurs aux mystères imposaient le silence à leurs adeptes; Hérodote reste donc discret par piété et par convenance. Il en est ainsi des secrets du même ordre que lui confient les prêtres d'Egyple : ce qu'il sait parfaitement, il le taira, ou n'en dira que ce que la religion autorise ^ Mais pourquoi le scrupule suivant? Un eunuque deSalaspes, en apprenant la mort de son maître, s'enfuit à Samos avec de grandes richesses dont un certain Samien s'empara : « Je sais son nom, dit Hérodote, je veux bien le celer pourtant^ » Picjuante boutade plus dirigée contre Samos que contre un Samien quelconque; mahce ingénieuse que Plutarque traite avec excès quand il l'appelle la malignité d'Hérodote.

Cet historien, qui se croit obligé de rapporter tout ce qu'on lui dit, ne se juge pas obligé de tout croire^ : par jcxemple, raconlet-il, d'après les Eginètes, que les Athéniens tirèrent des statues avec des cables jusqu'à ce qu'elles se fussent mises à genoux, posture qu'elles ont conservée depuis, Hérodote avoue que ce fait ne lui parait pas vraisemblable, tout en admettant qu'il pourra le

' Hérodote, 1, ch. 1. — - Wid., 1-1 i7. — - Ibid., 2-122- — '^ Il.iiL, 2-125. — •' llrid., 2-4G. — « lOid , 2-171. — ' IlmL. i-'kj. — « Ilud., 7-152.

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paraître à d'autres ^ : on ne saurait être plus tolérant. Tel est l'esprit de la méthode historique d'Hérodote; c'est là une portion de son idéal.

Il ne faudrait pas le juger uniquement sur cette forme extérieure, car l'esprit qui la revêt lui est très-supérieur. Ne le connussions-nous que comme chroniqueur, n'eussions-nous que ses tablettes sur les temps antiques, que d'intérêt dans les premiers détails qu'il y inscrit^! à part des fables inévitables en pareil sujet et en pareil temps : comme quand il nous entretient du phénix, qu'il n'a pas vu à Iléliopolis, où il n'apparaît que tous les cinq cents ans, mais où l'on montre son portrait, d'après lequel le merveilleux oiseau, dont les ailes sont moitié dorées et moitié pourpres, ressemblerait quelque peu àl'aij^le^; ou quand il raconte, d'après les prêtres d'Egypte, que depuis les onze mille trois cents ans qui constituaient alors la durée présumée du monde, le soleil s'était quatre fois levé à l'Orient sans que les saisons ni les hommes en souffrissent'. A cela près, est-ce sans intérêt qu'on lit, de notre temps, la description de ce labyrinthe égyptien où, le long de douze cours bâties sur leurs quatre côtés, s'élevaient quinze cents appartements au-dessus du sol, tandis que quinze cents autres régnaient au-dessous^, si bien que ce prodigieux édifice apparent était double, et que ce qu'on ne voyait pas était plus étonnant que ce qu'on voyait; ou bien la mention de cette table du soleil recevant son nom de ce que, par les soins des magistrats, des prairies étant pendant la nuit couvertes de viandes, la terre était censée les produire spontanément^; ou celle de cet aqueduc qui occupait un espace de douze journées de marche qu'établit, en peau de bœufs crue, un roi d'Arabie^; ou celle de ce corselet couvert de figures d'animaux en tissu d'or et d'argent, tramé de fils de lin très-menus, dont chaque brin en comprenait trois cent soixante autres^ œu\re admirable de l'art égyptien dont Amasis gratifiait Samos. Dans cette grave et mystérieuse Egypte, où les

» Hérodote, 5-86.

- « Je voudrais, dit le savant et grave Polylic, que tout le monde connût et vît même de ses propres veux ce qu'il y a dans chaque pays (!c raie cl de singulier. )i (I'olvl)c, 4-10.)

^ 'lùid.. 2-7Ô. — 4 ll)id., 1-li2. — " Itncl. - ^' l''i(J , 5-18. — ' 3-1 i. — » Ilyid., 3-4.

prêtres censuraient, avertissaient, dirigeaient le prince, fixaient le temps de sa promenade, de ses bains, celui de voir sa l'emme ^, selon Plularque, n'est- on pas comme surpris d'entendre Aniasis, à qui l'on reprochait le goût des divertissements, comparer l'homme à un arc qu'il faut détendre si l'on veut qu'il dure et garde sa souplesse^, et de trouver un homme comme nous, là où tout ressemble au monolithe? Que dire d'ailleurs de l'altitude des femmes égyptiennes allant en pèlerinage à Bubastis, et dont le voyage sur le Nil n'est qu'une série de manifestations folâtres, voluptueuses, auxquelles les villes du rivage répondent par des manifestations du même genre ^? Avec quel charme ne reçoit-on pas ces révélations de la nuit des temps ! C'est par Hérodote que nous savons que les Perses avaient organisé des relais de poste pour le service de leur gouvernement'*; c'est chez lui que nous trouvons que Xerxès envahit la Grèce avec deux millions quarante-un mille six cents hommes^; que Mardonius en présenta deux cent soixante mille sur le champ de bataille de Platée '', tandis que les Grecs confédérés lui en opposaient cent dix mille '^; que le carnage fut tel qu'à peine trois mille Perses échappèrent**; qu'enfin, par l'effet de je ne sais quel prodige que tous les grands événements semblent reproduire, la victoire de Platée, qui eut lieu le matin, fut connue à Mycale dans l'après-midi, si bien que le premier triomphe aida au second^. Hérodote nous apprend encore que le système de l'immortalité de l'âme, que des Grecs de son temps recommandaient, remonte à l'Egypte ^^. Il nous révèle la terrible autorité des rois de Perse, quand il mentionne qu'un pcre de cinq enfants ayant supplié Xerxès de lui en laisser un pour soutenir sa vieillesse, lorsque la Perse allait envahir la Grèce, le roi fit couper en deux l'enfant réclamé, et fit passer son armée entre les deux tronçons du cadavre ^^ : puissance étrange d'ailleurs, car le roi ayant imprudemment promis à une femme qu'il aimait une robe qu'il tenait de la reine, lui offrit, sans succès, le commandement

* Noie de Larclicr sur Hérodote, liv. 2, ch. 141. — ^ Hérodole, 2-175. — ^ IMcl., 2-60. — * Ibid., 2-234. — s ii,id., 7-187. — c Ibid , 9-(,0. — - llnd., 9-29. — 8 llnd , 9-G9. — 3 Ihid. — '0 Ibid., 2-123.

^' Ibid., 7-40. — Pttrius en avait fait autant : c'était un syslciiie de lïotîveinemenl plutôt que la barbarie d'un homme.

d'une armée si elle le dég^igeait de sa parole K Que de surprise ef d'inslruction dans ces détails et tant d'auires que je ne puis mentionner, à ne consulter, chez l'historien, que le chroniaueur !

Mais Hérodote n'est pas un politique vulgaire; et si ses vues sont sans prétention et sans étalage, elles n'en ont pas moins d'une saisissante justesse. A défaut de science proprement dite, il a du coup d'œil; à défaut de réflexion, de l'intuition. Quand les conjurés perses délihèrent sur la meilleure forme de gouvernement après le meurtre du faux Smerdis, avec quelle brièveté l'historien résume dans un court entretien le mérite ou le vice de chacune des trois formes connues ! — Comme le monarque fait tout sans contrôle, l'homme vertueux élevé si haut y perd jusqu'à ses meilleures quahtés; c'est là le vice essentiel delà nionarcliie' : mais le roi fait tout avec réflexion, tandis que le peuple n'a ni raison, ni intelligence; que c'est un torrent dévastateur, et qu'il ne faut soiihaiter qu'à ses ennemis la démocratie^. Dans l'aristocratie, d'ailleurs, chacun veut primer; de là des séditions, des meurtres qui ramènent la monarchie'; et six des conjurés sur sept maintiennent la monarchie^. J'abrège Hérodote, il est vrai, pour n'en offrir que la substance ; son texte un p?u plus nuancé n'en est que plus complet ; mais on ne saurait mieux caractériser et en moins de termes les trois gouvernements qui se disputent les sociétés depuis leur origine. — En législation, Hérodote est autochthone et traditionnel : il s'engoue peu de ce qui peut convenir à d'autres peuples sans convenir à leurs imitateurs. Si l'on proposait aux hommes le choix des meilleures lois qui s'observent en tout pays, chacun, après mûre réflexion, voudrait, dit-il, celles de sa patrie, tant tout homme est persuadé, selon l'historien, qu'il n'en est pas de meilleures ^ C'est dans le môme ordre d'idées qu'il affirme naïvement que si tous les hommes portaient en un môme lieu leurs défauts pour les échanger contre ceux de leurs voisins, chacun, après avoir vu le lot des autres, reprendrait le sien avec plaisir \ Quand Darius voulut détourner certaines nations indiennes de manger le cadavre de leurs pères, les séductions du

1 Hérodolo, 9-100. — *•* Ibid., 5-80. — "' //>/>/., 5 81. — ^ Ihld., 5-8-2. — -^ IbkL, 5-8'k — « Ibhl, 5-58. — ' Ibid., 7-152.

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roi furent vaines. Aucune promesse n'ébranla les Indiens, (jui trouvaient odieux qu'on tentât ainsi leur piété, tant Pindare dit avec raison que la loi est un roi qui gouverne tout! Mnis l'historien l'entend surtout de la coutume érigée en loi ', la coutume étant la reine des lois.

La politique d'Hérodote repose sur une modération pleine de sens : « Quand on prend un parti qu'approuve la raison. Fait-il dire à Tliémistocle, on réussit communément; mais nous décidons nous contre toute vraisemblance, les dieux mômes s'éloignent de nous^ » Il n'est pas moins glorieux, dit Artabane à Xerxès, de pratiquer un bon conseil que de le donner^. C'est au même roi que l'historien fait dire par le même homme, au sujet de la prodigieuse flotte du prince, qu'aucun port ne semble pouvoir contenir, que, « dans cet état de clioses, les événements lui commandent, loin qu'il puisse leur commander^. » Quand les Perses s'obstinent dans la conquête diflicile qu'ils ont entreprise, et qu'ils prennent contre la Grèce des mesures qui accusent plus d orgueil que de prudence, « le plus cruel chagrin pour l'homme, dit un Perse, organe de Fhistorien, c'est de voir le sage sans la moindre autorité^. » Les folies deCambyse ne sont pas un sujet d'im|)récations pour Hérodote. Le prince était atteint d'épilepsie. « Quoi d'étonnant, dit-il, qu'avec un corps si malade son esprit fût malsaine

— Faut-il préférer la paix à la guerre? Comme par une raison de sentiment, l'historien est décisif! « Dans la paix, les enfants ferment les yeux à leurs pères; dans la guerre, les pères enterrent leurs enfants : (el est l'ordre des dieux ^. »

Le libéralisme d'Hérodote est prononcé : a Vous ne connaissez ({ue l'obéissance, fait-il dire au Pei'se Ilydarnès par un Lacédémonien; si vous aviez goûté de la liberté, vous la défendriez nonseulement de la pique, mais de la hache ^. » Il dit lui-même, au sujet des Pisistratides, qu'Athènes déjà très-puissante le devint bien davantage après l'expulsion de ces tyrans ^ Il loue Callias de son patriotisme et de son courage quand il osa, seul, acheter les biens de Pisistrate banni; comme de l'esprit d'égahté et de désintéressement qui le dirigea quand il permit à ses fdles, qu'il dota

* Hérodote, 5-58. — '-^ IlmL — '- Ilnd., 7-lG. — * l/rid., 7-i9. — -^ Ibid.. 9-10

— • Ibid., 5-55. — • im., 1-87.— s lùid., 7-155. — » Ibid., 5-G6.

richement, de se marier d'après leur cœur, sans autre mobile ^ Toutefois ce libéralisme a des bornes. Si l'historien loue les Alcméonides^ de leurs luttes pour la liberté d'Athènes, il goûte moins le coup de poignard d'Harmodius, qui ne fit qu'irriter la ty- .rannie^.

Hérodote ne prodigue pas la morale dans ses écrits; il a, d'ailleurs, je ne sais quelles teintes sacerdotales qui rappellent le contact de l'Egypte. S'il reste Grec quand il nous entretient du respect des Grecs pour les dieux, quand il nous les montre n'entreprenant rien sans se les être conciliés, il semble Egyptien lorsqu'il dit : que la divinité jalouse le bonheur des hommes*; que le sort de Cléobis et de Biton prouve combien il est préférable de mourir que de vivre ^; qu'il n'y a rien de plus commun que le malheur dans l'opulence et le bonheur dans la médiocrité^; que Crésus fut puni du crime de son cinquième ancêtre, Gygès, qui n'avait régné que par le meutre de son maître"^; et que le ciel en détruisant Troie voulut montrer que les dieux proportionnent le châtiment au crime ^ — Le sentiment delamélancohe est antigrec, si je peux le dire. Quand Xerxès passe la revue de ses forces en Grèce, il soupire en songeant qu'en peu d'années ces milhons d'hommes seront évanouis^. Un seigneur perse, dans un dîner que les Thébains donnent à Mardonius, est dominé par une préoccupation au sein de la fête : c'est que, pas un des Perses ne rentrera dans sa patrie^". Cette réaction du sentiment contre l'orgueil ou la vanité des apparences est tout orientale. Nous avons vu que la Bible en était la plus haute expression. Les écrivains plus Grecs qu'Hérodote ont moins ce cachet ^^

Ce qui distingue Hérodote, c'est qu'il est le chantre inspiré de l'indépendance grecque. Marathon, les Thermopyles, Salamine, Platée, Mycale, sont les chants d'un vaste poëme : l'invasion et l'héroïque résistance de la Grèce. — Et ce n'est pas sans raison

1 Hérodote, 6-121, 122.

2 Puissante famille opposante, sous Pisislrate.

s Hérodote, 0-125. — '' Ibkl.. 1-5-2. — = IbicL, 1-51. — e iMd., 1-52. — ' IMd., 1-91. — 8 IbUL, 1-120. — ^Wid., 7-45, 46. — »» Ibid., 0-16.

" C'est Xcixès lui-même qui dit, d'après Hérodote, que «l'Iiomnie soupireaprèssa mort, qu'il la regarde tomme un port tranquille, et que la Divinité se joue des mortels en semant !a vie de quelques plaisirs. » [Ibid., 7-i6.)

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que chaque livre de l'œuvre historique porte le nom d'une Muse. Le grand rôle des Athéniens dans ces combats pour l'indépendance anime leur peintre. « Ce furent eux qui les premiers d'entre tous les Grecs, dit-il, allèrent à Tennemi en courant; eux qui envisagèrent sans effroi l'habillement des Mèdes, et ces soldats étrangers dont le seul nom faisait trembler la Grèce ^ » On sait que les Athéniens étaient Ioniens, les Spartiates Doriens, et que ces deux grandes races se disputaient la suprématie; trop louer les uns, c'était blesser les autres. « Dût-on généralement me haïr (Hérodote était Dorien), je ne dissimulerai pas, dit-il, ce que je crois vrai : les Athéniens furent les libérateurs de la Grèce. Quelque parti qu'ils prissent, ce parti devait être prépondérant. En préférant la liberté générale à l'aUiance du roi, ils réveillèrent le courage de tous les Grecs, et ce furent eux, après les dieux, qui repoussèrent les Perses'-. » Eloge aussi franc que mérité, digne de l'historien comme de ses héros, et qui n'honore pas moins Hérodote qu'Athènes.

Ce n'est pas que l'historien ne soit que juste; mais il était périlleux de l'être à ce point^. Je ne relèverai pas, d'après Hérodote, l'importance si connue de la bataille de Salamine pour le salut de la Grèce, ni le rôle de Thémistocle soit pour choisir, soit pour maintenir ce champ de bataille où la Grèce devait avec avantage combattre en masse contre le gré de tant de peurs individuelles qui voulaient localiser, c'est-à-dire éparpiller et annuler les forces confédérées'. Salamine fut le fruit du génie de Thémistocle \ La fertilité de ses expédients pour cimenter la confédération et amortir l'hostilité des Grecs dissidents qui s'étaient joints aux Perses^ est une des merveilles de ce grand esprit : ce fut pour retenir Athènes dans la confédération, malgré les instances du roi, que les Lacédémoniens la prônaient comme la protectrice traditionnelle de la liberté des peuples ^ C'était là le signe de la civilisation

* Hérodote, G-102. — ^Ibid., 7-159.

'" On lui imputa de s'être vendu aux Athéniens. (V. Plutarq., De la Malignité d'Hérodote.)

^ ^'e ful-cG que par sa manirre d'interpréter l'oracle : diiine Salamir.e? (V. ibid.

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