‹ TaciteChapitre 106 sur 138 · Cic.Afi Ait., XIII · texte numérisé non relu

Cic.Afi Ait., XIII

£50 TAaTE.

s'installaient d'ordinaire sous les portiques fréquentés des oisifs, comme au xvii* siècle Barbin et ses confrères dans la galerie du Palais. Devant la porte, les volumes étaient disposés avec goût, nettoyés à la pierre ponce. brillants d'une couche d'huile de cèdre, enroulés autour d'un bâton noir dont les extrémités étaient dorées, avec des bandes de parchemin qui portaient le titre de l'ouvrage. « Je le vois bien, disait Horace à son livre, cjui lui semblait trop impatient de paraître, tu veux aller voir le portique de Vertumne ou celui de Janus; tu meurs d'envie de t'étaler coquettement à la devanture des frères Sosies *. » Sur les colonnes ou les pilastres qui encadraient la boutique, les nouveautés étaient annoncées, probablement avec quelques éloges bien sentis. On y lisait même quelquefois des vers, les meilleurs sans doute de l'ouvrage qu'on proposait au public, et qui devaient donner une bonne opinion du reste. Martial prétend qu'on n'avait qu'à se promener pour faire une lecture rapide des poètes du jour.

Voilà quelques-uns des moyens dont usaient les écrivains antiques, en l'absence de la presse, pour se faire connaître au public, et il est certain qu'à Rome ces mgyens étaient tout à fait suffisants. Mais comment s'y prenaient-ils quand il s'agissait de répandre leur nom et leurs livres dans le reste de l'Empire? C'est en cela surtout que les journaux auraient été utiles. Ils servent aujourd'hui à faire voyager les réputations dans les pays éloignés ; grâce à eux les nouvelles littéraires pénètrent partout, et elles y sont reçues avec d'autant plus d'avidité qu'elles viennent de plus loin. A Paris, on se contente de parcourir le journal, on l'apprend par cœur en province ; là, rien n'échappe à la curiosité du lecteur, il veut savoir le nom de la pièce qu'on applaudit et du

Page 1