‹ TaciteChapitre 120 sur 138 · De spect · texte numérisé non relu

De spect

seul homme ^ » Il était surtout important que la mémoire de ces fêtes fût conservée et qu'on en transmît rimpres sion à ceux qui n'avaient pas pu les voir. C'est ce qu'a fait Martial et c'est lui aussi qui nous les rend encore vivantes aujourd'hui. Il faut lire son petit livre, malheureusement incomplet et mal ordonné*, pour en avoir quelque idée. Comme elles durèrent cette fois cent jours de suite, et qu'il fallait tenir pendant si longtemps la curiosité publique éveillée, on était forcé de varier les spectacles. A ce qui en faisait le fond d'ordinaire, combats de gladiateurs, naumachies, courses de chars, exhibitions d'animaux féroces ou apprivoisés, chasses où l'on tuait jusqu'à neuf ou dix mille bêtes, on ajouta des plaisirs nouveaux ou moins usés. Cette fois l'attraction paraît avoir consisté surtout â représenter des événements tirés de l'histoire ou de la mythologie; c'était, par exemple, dans l'arène inondée, le combat naval entre les gens de Corinthe et de Corcyre, ou les jeux des Néréides sur les flots, ou Léandre qui traverse le Bosphore pour aller voir sa maîtresse, et qui semble dire aux ondes irritées : c Laissez-moi atteindre le rivage et ne me noyez qu'au retour. » Seulement, pour que le spectacle fût tout à fait au goût des Romains, il était bon d'y joindre quelques agréments auxquels on les avait accoutumés. On sait, par exemple, qu'ils aimaient à voir verser le sang; aussi ajouta-t-on aux tableaux les plus riants des dénouements lugubres. Dans un décor gracieux, qui rappelle le bois des Hespérides, Orphée charme la nature par ses chants; mais, quand on sup-

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