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De spect.y

2. Le Liber de spectaculis nous est parvenu très mutilé. Quand on le compare au récit que nous fait Dion Cassius de Tinauguration du Colisée, on ne doute pas qu'il n'ait été composé à cette occasion ; mais il est possible que Martial en ait publié d'autres éditions où il a introduit quelques récits de jeux donnés plus tard par Domitien. Voir ce que dit Friedlânder à ce propos.

pose que le public en a assez de voir des arbres et des rochers se mouvoir en cadence, on lâche une bête féroce qui met le malheureux en pièces. Le brigand Lauréolus était le héros d'une comédie fort appréciée des Romains; elle représentait un voleur aux prises avec la police et se moquant d'elle, ce qui est très populaire dans tous les pays du monde. La police, comme de juste, finit par être la plus forte et Lauréolus est mis en croix. Mais ce supplice paraissait trop lent aux spectateurs ; il fallait qu'un ours de Calédonie se jetât sur le malheureux et l'achevât. La foule ne perdait rien de son agonie, c Le sang ruisselait de ses membres vivants. Sa chair tombait en lambeaux. Aucune partie de son corps ne conservait de forme humaine ^ » Le plaisir que prend Martial à dépeindre ces horreurs nous fait deviner celui que la foule trouvait à les voir. — On a quelquefois peine à comprendre que le siècle des Antonins présente des contrastes si singuliers; on ne s'explique pas comment la morale si pure, si élevée, dont tant de personnes faisaient alors profession, pouvait se joindre à des sentiments si cruels. Le petit livre de Martial nous aide à résoudre ce problème. C'est qu'à côté de l'école des sages, qui prêchait l'humanité, il y avait celle de l'amphithéâtre qui apprenait à être féroce.

Le livre Sur les spectacles eut ce résultat pour l'auteur de le mettre en relations plus directes avec le prince. Il est vraisemblable que Martial, quoiqu'il fût toujours à la recherche de protecteurs, ne s'était pas encore adressé si haut. Vespasien était un bon bourgeois fort économe, et qui ne devait pas être d'humeur à faire beaucoup de frais pour encourager la poésie 2. Les choses changèrent

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