‹ TaciteChapitre 26 sur 138 · Agric.f · texte numérisé non relu

Agric.f

.3. EpisLj Ilf, H. Pline était un jeune homme rangé. Beaucoup d'autres profitaient de leur service militaire pour s'amuser : milû tiam in lasciviam vertunt, dit Tacite {Agric,^ 5).

reconnaître que cette façon de « traverser, pendant quelques mois, la vie des camps, en s'y mêlant le moins possible * », disposait mal un jeune homme à prendre, dans la suite, le commandement d'une légion. Nous pouvons donc croire que Tacite, qui vraisemblablement avait fait comme Pline et comme beaucoup de jeunes gens de son monde et de son temps, ne se trouvait pas préparé à remplir, après sa préture, un emploi militaire, et qu'il gouverna plutôt une province.

Poussons un peu plus loin encore nos conjectures; demandons-nous quelle pouvait être cette province dont le gouvernement fut confié à Tacite. Il semble bien qu'à cette question on ne puisse faire qu'une réponse. Nous avons de lui un ouvrage très important sur les mœurs des Germains, qui suppose qu'il avait dû voir de près les hommes et le pays dont il parle. On est donc amené à penser qu'il a dû vivre quelque temps dans le voisinage de la Germanie; or, parmi les provinces impériales gouvernées par un ancien préteur, il n'y en a qu'une qui soit située dans cette région, c'est la Gaule Belgique; d'où la conclusion que Tacite a dû y passer les quatre années pendant lesquelles il a été absent de Rome, et que c'est là qu'il a recueilli les notes qui l'ont aidé à à composer son ouvrage.

La Germanie, pour conserver le titre qu'on lui donne ordinairement, ne fut définitivement rédigée et publiée que sous le deuxième consulat de Trajan, en 98, cinq ou six ans après que Tacite eut quitté la Gaule Belgique ; mais il n'est pas douteux qu'il n'en ait amassé les matériaux pendant qu'il la gouvernait. Comment lui serait venue la pensée d'occuper le public de ces peuples barbares, < de ce pays affreux, de ce ciel sombre, de ces champs rebelles à la culture et qui attristent le

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