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môme que par une génération. Les premières années de l'Empire sont si pleines de tragiques événements, tant de princes s'y sont rapidement suivis qu'on perd un peu la notion du temps, quand on les étudie. On a quelque peine à se figurer qu'entre l'avènement de Tibère et la mort de Néron, il ne se soit écoulé que cinquante-quatre ans. Un personnage du Dialogue sur les orateurs, pour affaiblir le respect qu'on portait aux écrivains du grand siècle, fait remarquer que ceux qu'on appelle les anciens le sont beaucoup moins qu'on ne, se le figure, et que, par exemple, à la dernière distribution qui fut faite au peuple par l'empereur Vespasien, il se présenta plusieurs vieillards auxquels Auguste avait fait deux ou trois fois les mêmes libéralités *. Tacite avait quatorze ou quinze ans quand Néron fut remplacé par Galba ; il a donc été le témoin, et le témoin très éveillé, de tout ce qu'il rapporte dans le premier de ses grands ouvrages. Quant aux événements qui remplissent les Annales, s'il n'y a pas assisté lui-même, il a pu connaître des gens qui les ont vus ; il a causé, dans sa jeunesse, avec des survivants de l'époque de Tibère ; il a siégé, au Sénat, à côté de Silius Italiens, de Verginius Rufus et de beaucoup d'autres qui avaient fait toute leur carrière sous Claude et sous Néron ; curieux comme il était, il a dû les faire parler, et il n'a pas oublié ce qu'ils lui ont rapporté. A plusieurs reprises, il allègue leur témoignage : < J'ai entendu dire à des vieillards; ~ je répète ce que des vieillards m'ont dit ; — c'est ainsi que parlent les gens de cette époque, qui ont vécu jusqu'à notre temps*. >
Cer que racontaient ces vieillards, c'était, avec ce qu'ils avaient vu eux-mêmes, et qu'il était utile de savoir, ce qu'ils avaient entendu dire, beaucoup d'anecdotes sus-