Cicéron, De prov. consul
2. Genus invisum diis, — instituta sinistra, fœda. — projccta ad libidinem gens» — mos absurdus sordidusque. — despectissima pars servientium. — deterrima gens, etc.
3. On répète que, pendant très longtemps, les Romains ont confondu les chrétiens et les Juifs. Cependant la police impériale les distinguait déjà à Tépoque de Néron, car c'est bien comme chrétiens et non comme Juifs qu'ils ont été poursuivis. Suétone aussi dit en propres termes que c'est une superstition nouvelle : christiania genus hominum superstitionis novae ac malefidœ {Nero^ 34).
Un seul de ces crimes est indiqué avec quelque précision : il les accuse de haïr le genre humain, odium generis humani, c'est le reproche qu'il avait déjà fait aux Juifs : adversum omnes alios hostile odianif et il ne l'adresse aux chrétiens que parce qu'ils sont Juifs d'origine.
Il faut donc reconnaître que Tacite s'est laissé entraîner plus d'une fois aux préjugés de son temps : on ne peut guère en être surpris, quand on voit que les plus fermes esprits, les plus indépendants de leur milieu, ne parviennent pas toujours à leur résister. Mais est-ce une raison de croire que ses jugements sur les Césars et le Césarisme lui aient été tout à fait dictés par les préventions et les rancunes des coteries qu'il fréquentait? Avant de l'affirmer, il y a une question qu'il est nécessaire de se poser et de résoudre. Comme on ne peut communiquer aux autres que ce qu'on a soi-même, on doit se demander d'abord si cette société, dont on prétend qu'il n'est qu'un écho docile, se composait véritablement d'ennemis intraitables du régime impérial, décidés à ne trouver dans toute l'histoire des Césars que des fautes ou des crimes, de partisans résolus du gouvernement ancien, et qui travaillaient de toutes leurs forces à le rétablir; en un mot, s'il est possible qu'elle ait inspiré à Tacite les sentiments qu'on lui reproche. — C'est bien ce qu'on dit ordinairement, mais il faut savoir si l'on a raison de le dire.