‹ TaciteChapitre 77 sur 138 · Ann., L · texte numérisé non relu

Ann., L

Elle n'exigeait pas la suppression radicale du régime impérial, elle se contentait de quelques concessions faciles à obtenir, et, sous un prince honnête homme, respectueux des anciennes traditions, qui consentirait à traiter avec quelques égards le Sénat et les grandes familles, elle pouvait faire bon ménage avec le principat. C'est bien la pensée de Tacite, puisque, dans une phrase célèbre, il félicite Nerva « d'avoir réuni ensemble le principat et la liberté * » ; ce qui prouve qu'il ne les jugeait pas incompatibles, et que ce mélange lui paraissait être l'idéal d'un bon gouvernement.

11 me semble qu'il résulte de ce qui vient d'être dit que la société dans laquelle a vécu Tacite n'avait pas les sentiments qu'on lui prête d'ordinaire, et qu'il est difficile de croire qu'il y ait pris la haine de l'Empire.

Débuts de Tacite dans la carrière politique. — Il est le protégé de l'Empire. — Ses opinions au moment où il rédige le Dialogue sur les orateurs. — Conclusions politi(]ues du Dialogue.

Cette haine, du reste, n'était pas dans son cœur, et elle ne se retrouve dans aucun de ses écrits. Républicain, au sens qu'on attache aujourd'hui à ce mot ^, Tacite ne l'a été à aucune époque de sa vie.

Et d'abord on peut conclure, de l'accueil que lui a fait l'Empire à son entrée dans la vie politique, qu'à ce

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