Sénèque, Controv., II, préf
que, si Téducation qu*ils donnaient n'était pas strictement professionnelle, il y avait néanmoins un grand profit à tirer d'une éducation générale, qui exerce l'esprit et le rend capable de tout ; au contraire, ils s'obstinaient à tenir les yeux fixés sur le Forum et à ne you- Mr s'inspiier qatR de ce qu'on, y faisait : c'était une fascination; d'autant plus qu'ils étaient pleins d'orgueil, qu'il leur répugnait de passer pour des maîtres d'école et qu'ils ne voulaient être que des orateurs. Âlbucius Silus, pour ne pas sembler un pédant, a soin de glisser, dans ses déclamations, des termes vulgaires *. Porcius Latro refuse d écouter les controverses des élèves, il se borne à déclamer lui-même en leur présence, disant < qu'il n'est pas un professeur, mais un modèle » ; aussi n'appelle-t-on pas ceux qui se pressent autour de lui ses disciples f mais ses auditeurs '. Je crois bien qu'une partie des défauts qui ont fait à ces rhéteurs une si mauvaise réputation doit venir de là; si, par le choix de leurs sujets, ils s'éloignent de ceux qui se traitent dans les tribunaux, ils cherchent à s'en rapprocher par la manière dont ils les traitent. C'est le souci qu'ils avaient, malgré tout, de paraître c des gens du Forum, foreuses^ », qui trop souvent les amène à reproduire, en les exagérant, les procédés des avocats de leur époque. Quand, plus tard, après dix siècles, la Renaissance revint aux exercices scolaires de l'antiquité, qu'on rétablit, dans les classes, le discours, qui remplaçait la déclamation, les conditions étaient changées; l'école n'avait plus avec le barreau les mêmes attaches, il ne s'agissait plus, comme autrefois, d'y faire uniquement des orateurs, on visait plus haut, dans l'enfant on vou-