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DANS L'ATTAQUE

Dans Fattaque, le choix des positions est généralement fort limité par les considérations tactiques qui, à partir d'un certain. moment, obligent l'artillerie à lier ses mouvements à ceux de Tinfanterie.

Ce choix peut s'exercer plus largement dans la défense. 11 est fait dans les deux cas par le chef du groupe et, seulement par les commandants des batteries, lorsque celles-ci opèrent isolément.

Les meilleures prescriptions à cet égard sont les suivantes (1) :

Songer davantage à assurer Tefficacité du tir qu'à défiler les pièces;

Se ménager un champ de tir étendu et découvert, qui puisse être battu aux distances les plus rapprochées;

Choisir autant que possible un terrain dominant (2) et

(1) Voir les instructions et les règlements prussiens, ainsi que les ouvrages de von Schell, de Hoffbauer et de Schnéegans, la relation de la campagne de 1870 par le grand état-major prussien, et VInstrttction provisoire de l'artillerie française.

(2) Si le terrain est dominé, Tennemi peut voir les divers échelons

d'un front assez large pour que les pièces y puissent être établies suivant un alignement à peu près régulier, perpendiculaire à la direction du tir.

Tâcher que les pièces soient à Tabri des feux ou tout au moins des vues de Tennemî, aussi bien pendant la marche que pendant le combat.

Eviter les hauteurs d'un accès difficile et celles qui, donnant lieu à un tir trop plongeant, diminueraient les chances d'atteindre; éviter aussi les emplacements où les batteries pourraient être prises en flanc ou très obliquement d'écharpe ; les terrains précédés de ravins, de taillis, de bouquets d'arbres, etc., à l'abri desquels l'ennemi pourrait faire approcher ses tirailleurs (recommandation surtout utile dans la défense) ; enfin les emplacements pierreux, ceux en arrière desquels il y a des pentes qui rendraient trop pénible le service des pièces, et ceux qui touchent à des constructions pouvant donner lieu à des projections de pierres ou de briques.

Les meilleurs emplacements sont ceux qui se trouvent sur une crête de hauteurs descendant en pente douce vers l'ennemi, ou en arrière de légères ondulations du sol, de haies et d'autres clôtures masquant les pièces sans produire des éclats dangereux lorsqu'elles sont atteintes par les projectiles de l'ennemi.

L'artillerie évitera de s'établir à proximité d'objets que l'ennemi a repérés ou derrière des abris qu'il peut voir distinctement (1).

des batteries, et Ton perd alors la faculté de défiler les pièces en leS' retirant à quelques pas en arrière du bord du plateau ou de la crête couvrante.

(1) Témoin les grandes pertes que fit une batterie prussienne au

— lu —

Les dermères guerres ont prouvé qu'un terrain qui rend le réglage difficile protège mieux une batterie que des abris très apparents. Cette circonstance favorable se prés^ite lorsque des digues, des maisons, des arbres, des bois, des haies ou des champs de blé se trouvent interposés comme masque entre la batterie et l'ennemi, de telle sorte que les pointeurs voient ce dernier tout juste par-dessus le masque (1). Dans cette situation l'artillerie opposée ne peut pas observer ses coups trop courts, et le réglage du tir devient impossible.

On ne place les bouches à feu derrière un mur que dans le cas ou ce mur n'est exposé qu'à des feux de mousqueterie (^).

Un terrain mou ou coupé, situé immédiatement devant le front de la batterie ou sur ses flancs, est avantageux en ce que les projectiles ennemis s'y enfoncent sans éclater. 11 faut toutefois que ce terrain ne rende pas trop difficiles les mouvements que la batterie peut être obligée de faire ultérieurement.

11 est désirable qu'il y ait en arrière de la position occupée par les bouches à feu des couverts oii les avant^ trains et les caissons puissent se mettre à l'abri des vues et des coups de l'ennemi.

combat de Blumeneau en 1866, à cause de la position très apparente qa*elle occupait entre des pierres blanches . (Cité par Hoffbauer).

(1) A la bataille de Gravelotte, une partie des batteries de la Ire armée se trouvaient placées de manière à voir Tennemi juste audessus des arbres de la vallée de la Mance . Ces arbres formaient donc un excellent couvert .

(2) Tel fut le mur, à hauteur de coude, qui abrita une batterie légère du 1^ régiment, près du jardin de Saint-Hubert, à la batailld de Gravelotte .

Une batterie placée en avant et tout près d'un bois, d'un village, d'une haie, d'un mur, d'un pan de rocher ou d'un versant raide, se détache très nettement sur l'arrièreplan que forment ces objets et offre ainsi à l'ennemi de grandes facilités pour observer ses coups et régler son tir.

Il est toujours utile d'élever des épaulements devant les pièces que l'on ne peut pas couvrir autrement; on créera donc des abris, même dans les combats offensifs, avant que les batteries entrent en action ou dès qu'elles interrompent le feu, ce qui arrivera fréquemment, toutes les pièces ne devant pas tirer en même temps ni sans interruption.

Les intervalles ordinaires des bouches à feu sont de âO pas; on ne peut pas descendre au-dessous de 10, ni dépasser 40, parce que, dans le premier cas, les pertes seraient trop grandes et, dans le second, la surveillance trop difficile. 11 faudrait, en outre, si l'on écartait trop les pièces, réserver pour les batteries de vastes emplacements, ce qui présenterait de sérieux inconvénients dont n'a pas tenu compte le général Lewal lorsqu'il a proposé d'espacer les bouches à feu de 40 mètres.

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