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Cependant, contre une infanterie peu ébranlée et pouvant tirer dans de bonnes conditions, il sera prudent, même si Ton s'adresse à une face du carré, de former des échelons de 2 escadrons, parce que, dans ce cas, le l'''^ échelon, arrivé près de la face, sera tellement réduit par les perte$ qu'il aura à peine la force d'un escadron. Les échelons suivants souffrant moins du feu, il n'y aurait pas d'inconvénient à les composer d'un escadron seulement (fig. 89).
La cavalerie produira tout son efl'et lorsqu'on la mène|?a à l'ennemi sur le point décisif, par le chemin le plus court, en faisant usage des évolutions les plus simples et en la portant dans la direction qui promet le plus de succès (1).
« L'attaque, dit Frédéric II, doit toujours être dirigée » contre le point £siible de l'ennemi, contre ses flancs. On » devra, autant que possible, attaquer simultanément le » front, les flancs et, quand faire se pourra, les derrières » de l'ennemi. »
Pour jouer ce rôle, la cavalerie devra donc évolutionner pendant qu'elle se portera en avant, et produire le choc dans une direction qui ne sera pas celle du départ. Une troupe qui ne sait pas manœuvrer en présence de l'ennemi est infailliblement battue. Sous ce rapport, les obligations de la cavalerie sont toutes différentes de celles de l'infanterie qui, au moment de l'attaque, .doît s'abstenir de manœuvrer pour n'être pas culbutée ou écrasée.
(1) Instructions et circulaires prussiennes, publiées de 1872 à 1875.
Les évolutions de la cavalerie, à proximité de rennemi, se font à la sonnerie et non au commandement.
L'attaque contre Tarlillerie peut s'exécuter de front quand les péripéties du combat ont privé celle-ci de Fappuî de l'infanterie ou quand l'infanterie, entraînée par le succès, ne laisse en avant ou sur les côtés de la batterie que de minces lignes de tirailleurs. Encore faut-il, pour que l'attaque réussisse, qu'il n'y ait pas, à proximité, de la cavalerie pouvant protéger l'artillerie. Lorsque le soutien de cavalerie a été repoussé et chassé, il est préférable de diriger l'attaque sur le flanc et les derrières de la batterie.
Dans les cas ordinaires, le régiment, pour attaquer une batterie, lance un escadron en fourrageurs contre les pièces — afin d'obliger celles-ci à éparpiller leur feu — pendant que les autres escadrons chargeront la batterie de flanc en ordre compact. Les fourrageurs sabrent les servants et les conducteurs, emmènent les chevaux et les pièces ou les mettent hors de service. Pour que cette opération réusisse, il faut que les deux attaques soient simultanées et que les escadrons en ordre compact sachent tirer parti du terrain de manière à se dérober aux vues de l'ennemi le plus longtemps possible.
Il y a cependant des cas où la cavalerie peut attaquer l'artillerie sans prendre l'ordre dispersé. Dans une des grandes manœuvres qui furent exécutées aux environs de Berlin en 1880, la division de cavalerie du corps de la garde chargea botte à botte les batteries du S'' corps, et c'est également ainsi, croyons-nous, que la brigade Bredow chargea l'artillerie du 6* corps français à Mars-la-Tour. beaucoup d'ofiiciers de cavalerie donnent la préférence à
cette méthode lorsqu'il s'agit d'attaquer une puissante batterie.
On peut également attaquer en fourrageurs une ligne de tirailleurs, une troupe d'infanterie ébranlée et plus ou moins en désordre et, dans la poursuite, une troupe qui refuse d'accepter le combat. Cette formation donne peu de prise aux feux, mais, à cause de la difficulté du ralliement, elle présente des dangers lorsqu'on la fait prendre à de grandes masses de cavalerie. Quel que soit l'effectif qu'on déploie en fourrageurs, il est nécesaire de conserver une partie de la troupe en ordre serré, afin d'avoir un noyau du ralliement et de parer aux retours offensifs de l'ennemi.
A la sonnerie « halte » tous les cavaliers qui ont chargé en fourrageurs se rassemblent derrière leur commandant d'escadron; le peloton de soutien se porte au galop sur l'une des ailes de l'escadron rallié et, si on le juge utile, la poursuite commence.
Lorsque la charge est repoussée, les cavaliers, à la sonnerie « en retraite », font demi- tour et se portent en arrière au trot, en conservant l'ordre dispersé. A la sonnerie « front », les cavaliers se remettent face en tête et se forment en ligne derrière le commandant de l'escadron.
Dans une charge en ligne, quand l'ennemi est repoussé, on confie le soin de la poursuite aux escadrons des ailes et à l'escadron de l'aile extérieure de la 2'' ligne, qui a chargé l'ennemi en flanc. Le reste de la troupe suit au trot, en ordre compact.
La cavalerie ne fournira des soutiens aux batteries que lorsqu'elles occuperont une position isolée et menacée.
Nous trouvons trop absolue la recommandation suivante du général von Schmidt :
« Quand une batterie reste assez longtemps en position et qu'elle court, par suite, certains dangers en se retirant, ' les troupes les plus. rapprochées doivent, sans attendre des ordres, se porter vivement en avant, dégager et couvrir la batterie par un mouvement offensif. Il y a là une question d'honneur, et les troupes les plus voisines répondent de la sécurité des batteries. »
Dans bien des cas, on ne pourra se conformer à cette prescription sans déranger Tordre de combat. Souvent aussi il arrivera qu'une troupe voisine comptera sur une autre troupe aussi rapprochée qu'elle, ou moins engagée, pour appuyer l'artillerie, qui sera exposée ainsi à ne recevoir aucun secours.
Le règlement autrichien dit : « Pour éclairer le terrain et pour repousser les petits détachements de l'ennemi, on affecte en principe un demi-escadron de soutien à l'artillerie. » C'est trop pour éclairer et trop peu pour protéger.
Le règlement français attribue 1 ou â pelotons à une batterie, 1 ou 2 escadrons à un groupe de batteries, tout en disant que la présence de soutiens spéciaux ne supprime nullement le devoir qui incombe à toute troupe voisine d'une batterie de concourir à la défense de celle-ci.
Les soutiens spéciaux sont d'autant plus nécessaires, Belon nous, que l'artillerie prend généralement position sur les ailes de la cavalerie, du côté qui est le moins protégé par les réserves ou par le terrain.'
Quand la cavalerie sert de soutien à une batterie, elle envoie des éclaireurs dans les directions par lesquelles l'ennemi peut arriver, et elle met une partie de son monde à pied
pour repousser les tirailleurs ennemis. Elle reconnaît, en outre, le terrain en vue des besoins de l'artillerie (1).
Les cavaliers non employés à ces services forment la réserve du soutien; ils se placent, dans Tordre serré, en arrière des pièces (à 300 mètres enviroQ), débordant l'aile la plus menacée ou celle qui se prête le mieux aux mouvements de la cavalerie. La mission de la réserve est de se jeter sur le soutien de l'assaillant ; en le faisant, elle doit avoir soin de se diriger de manière à ne pas masquer le feu des pièces.
Si la batterie est attaquée par des fourrageurs, une partie du soutien se déploie dans le même ordre; et si la batterie doit changer de position, le soutien la précède pour fouiller le terrain.
En cas de retraite de la batterie, le soutien conserve sa position pour refouler les troupes qui essaieraient de la poursuivre; dès que ce résultai est obtenu, il se replie en dégageant le plus possible le nouveau champ de tir.
Le commandant d'un régiment divisionnaire, comme tout chef de grande unité de cavalerie, doit éviter l'emploi de
(1) Le règlement sur les exercices de la cavalerie française porte ce qui suit : «* L*offîcier qui commande le soutien étant responsable de la sécurité des pièces, jouit d'une indépendance complète pour Taccomplissement de sa mission. Le gros de la troupe est habituellement placé à une cinquantaine de mètres en dehors du flanc le plus exposé et à 100 ou 200 mètres en arrière de la ligne des pièces. Des cavaliers isolés et de petites patrouilles éclairent le terrain le plus loin possible en avant et sur les côtés . La présence de soutiens spéciaux ne supprime pas le devoir qui incombe à toute troupe voisine d'une batterie de concourir à la défense des pièces s'il y a lieu . »
larges mouvements tournants, parce qu'ils l'éloignent de sa ligne de retraite et Fexposent à être coupé, si l'ennemi prend résolument Toffensive.
Une autre prescription essentielle, et qui concerne tous les corps de cavalerie désignés pour servir d'appui à l'infanterie ou à l'artillerie, est la suivante :
Etablir la troupe à portée des bataillons ou des batteries à soutenir, pour qu'elle n'arrive pas trop tard, et ne jamais attendre qu'on l'appelle pour agir, quand une occasion favo^ rahle se présente.
Généralement, la cavalerie divisionnaire se tiendra (à couvert ou dérobée aux vues de l'ennemi) sur l'une des ailes de la ligne de bataille, afin de pouvoir agir plus librement et prendre part au combat sans masquer les feux de l'infan* terie ou de l'artillerie.
Mais, de toutes les recommandations, la plus importante à observer par l'officier qui commande une troupe de cavalerie, est celle-ci :
Montrer par-dessus tout de la résolution, de la vigueur et de l'énergie dans l'action.
Un général prussien justifie admirablement ce précepte dans les termes suivants :
« Une résolution, même défectueuse, exécutée résolument, t> vigoureusement, énergiquement, sera généralement couronnée » de succès, tandis qu'une combinaison judicieuse, irrépro- » chable, mais exécutée mollement, sans entrain, avec hési- » tation, ne donnera aucun résultat favorable et amènera » souvent des désastres. Il ne faut donc par chercher, dans » chaque cas particulier, à atteindre la perfection, mais » réfléchir et penser vite; puis, quand on a pris son parti, » déployer dans l'exécution une volonté de fer, une énergie
» indomptable, sans se laisser arrêter ou détourner de son r> but par des considérations accessoires. »
Un régiment isolé se fait éclairer en observant les principes indiqués plus haut pour l'escadron isolé (fig. 90].
S'il reçoit l'ordre de combattre à pied, il aura soin de conserver toujours un escadron à cheval pour servir de réserve.
Il n'est^permis de faire combattre ainsi des régiments entiers, que lorsqu'il y en a d'autres à proximité pour les appuyer en cas d'attaque.
On n'emploie jamais moins d'un escadron pour le combat à pied. Les chevaux de main doivent être soustraits à la vue et au feu de l'ennemi et pouvoir rejoindre promptement le commandant des tirailleurs. La réserve à cheval assure le service d'exploration et de surveillance et suit avec attention la marche du combat pour être prête à entrer en action au moment voulu si l'ennemi prend le dessus ou s'il tente un retour offensif après un échec.