‹ Tactique de combat des trois armesChapitre 5 sur 55 · FORMATION DE COMBAT DE LA BRIGADE · texte numérisé non relu

FORMATION DE COMBAT DE LA BRIGADE

En France, la brigade a 1 régiment en l''' ligne et 1 régiment en réserve. Ce dernier fournit les détachements. Un ou 2 de ses escadrons peuvent être employés à renforcer la 1^ ligne, qui doit elle-même pourvoir à ses gardes-flancs.

En Belgique, le l'^'* régiment de la brigade ne forme pas de gardes-flancs et le S'' régiment peut être fractionné pour constituer une i^ ligne.

Que la brigade soit composée de S ou bien de 3 régiments, il convient, au moment de Fattaque, de la disposer sur 3 lignes.

La 1" avance en ligne de colonnes. Deux escadrons de soîUien, fournis par la i"* ligne, marchent à 120 mètres en arrière du centre, avec de grands intervalles (2). Leur

(1) Les prescriptions de ce chapitre sont empruntées, en partie, aux règlements prussiens traduits et résumés par le capitaine Gunsett dans ses « Exemples de formations tactiques »

Voir aussi la « Revue militaire de l'étranger^ année 1875, no» 224 à 228.

(2) Les escadrons de soutien^ appelés aussi escadrons de secours^ n'ont pas été admis en Autriche ; on y couvre les ailes de la 1^ ligne

mission consiste à boucher les trous qui se produisent dans la l''' ligne, à attaquer les escadrons ennemis qui parviennent à la traverser, à intervenir dans la mêlée aux points oii le combat menace de prendre une tournure défavorable et à ménager un point d'appui aux escadrons refoulés. Ils sont aux ordres du chef de la 1*^ ligne.

La S'' ligne, formée en colonne par peloton, est à 240 mètres de la 1'''', qu'elle déborde du côté de Faile menacée ou non appuyée. Elle se forme en ligne de colonnes d'escadron au moment de la l'* ligne prend l'ordre de bataille.

Jamais les deux lignes ne doivent se couvrir, et c'est exceptionnellement que la ^'^ ligne est fractionnée pour marcher en arrière des deux ailes de la 1".

La mission de la %^ ligne consiste à appuyer Tattaque en cherchant à déborder l'aile menacée de l'ennemi, à exécuter sur les flancs des charges offensives et défensives (attaques de flanc et défense des flancs) et à dégager la l'*' ligne en chargeant les troupes dispersées qui la poursuivent.

Pour jouer ce rôle, la 2** ligne doit avoir une grande mobilité et une complète indépendance.

en laissant en arrière les escadrons extrêmes, quand la V^ ligne est une brigade, et les demi-escaUrons extrêmes, quand la l'« ligne est un régiment.

En Allemagne, les escadrons des ailes, destinés à jouer le rôle des escadrons autrichiens laissés en arrière, restent à leur place jusqu*à ce que Toccasion de les employer se présente. Le colonel Hotze trouve la disposition autrichienne préférable, car, dit-il, « si les esca- «I drons des ailes restent sur la ligne de bataille et ne prennent même w pas un plus grand intervalle, ils seront entraînés par cette ligne, t) et leurs chefs ne pourront guère, de leur place, voir ce qui se passe » et garder l'indépendance nécessaire. **

Cette ligne ne charge l'ennemi en flanc que lorsque la 1"^ ligne a fait brèche. Les deux charges ne sont donc pas simultanées.

Pendant que la 2® ligne marche à l'attaque, elle doit couvrir son propre flanc extérieur contre l'attaque des réserves ennemies, en disposant plusieurs escadrons en arrière de ce flanc.

La 3® ligne (réserve) se tient à 360 mètres de la 1", soit vis-à-vis du milieu de cette ligne, soit de façon à déborder l'aile opposée à celle derrière laquelle se trouve la ^ ligne. Elle parera à toutes les éventualités du combat, mais ne sera jamais employée en totalité.

D'abord en masse, la réserve se forme en ligne de colonnes au moment où la i!^ ligne prend l'ordre de bataille.

Dès que celle-ci est fondue dans la 1'® ligne ou engagée avec elle, la réserve se porte en avant pour la remplacer.

A cause de cette manière de combattre, il serait avantageux que les brigades de cavalerie eussent 3 régiments. « Cependant, dit le règlement prussien, une brigade de 3 régiments n'est pas obligée de se former sur 3 lignes. Son chef peut placer 2 régiments en 1*^ ligne et 1 en â® ligne. Dans ce cas, l'avant^garde est fournie par la 1" ligne et la réserve par la 2®.

« Si la brigade n'a que 2 régiments, on en place 1 en 1^ ligne et 1 en 2*» ligne. »

Afin d'éviter les surprises et pour ne pas être arrêtée dans sa marche, quand le terrain est défavorable, chaque ligne fait surveiller son front et ses flancs par des ofliciers et des cavaliers isolés (jxitrouilles de combat et éclaireurs).

Généralement, un escadron est détaché en avant garde pour protéger la 1^ ligne.

Les commandants des lignes doivent avoir beaucoup d'initiative et agir selon les circonstances, sans attendre les ordres du général. Cette observation s'applique particulièrement au chef de la â" ligne, celui de la 3' devant tenir ses troupes à la disposition du commandant de la brigade.

La l** ligne conserve la formation en ligne de colonnes aussi longtemps qu'elle manœuvre, et elle ne se déploie que lorsqu'elle est sur le point de charger. Quelquefois, cependant, il est utile de la former plus tôt en ligne, par exemple, quand elle se trouve sous le feu de l'artillerie.

La 1" ligne peut encore, si ses forces le lui permettent, détacher d'une aile un ou plusieurs escadrons, qui appuyeront l'attaque en cherchant à gagner le flanc ou les derrières de l'ennemi. Toutefois, ces escadrons ne quitteront leur place dans la l'"" ligne qu'au moment où ils devront s'ébranler pour commencer la charge.

La figure 91 représente une brigade de 3 régiments à 4 escadrons se portant en avant, et à la figure 92, cette même brigade exécutant l'attaque.

Lorsqu'une brigade en colonne à distance reçoit l'ordre de charger, chaque régiment se déploie et le 2" se porte à la hauteur du 1®'. Ce n'est que si ce dernier n'a pas le temps d'arriver à hauteur du 1«' que l'on peut charger en échelons par régiment. Cet ordre de combat est surtout défectueux contre l'infanterie, celle-ci pouvant, surtout lorsque les échelons sont fort éloignés, diriger les feux de toute sa ligne sur le 1" échelon, qui sera vraisemblablement culbuté, puis, successivement sur les échelons suivants, qui éprouveront le même sort. Cet effet se reproduira également lorsque les échelons chargeront les uns

derrière les autres, maïs alors on aura au moins plus de chances de percer la ligne ennemie, celle-ci étant attaquée plusieurs fois sur le même point.

La marche par échelons en avant n« s'exécute qu'avec un front de régiment ou de division (^ escadrons).

La marche par échelons eu retraite ne s'exécute qu'avec un front de régiment.

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