ORDRES DE BATAILLE
Tous les ordres de bataille ont, dans la défensive, une liaison plus intime avec le terrain que dans l'offensive. Nous pouvons du reste diviser les forces de la défense d'après la manière dont nous pouvons toujours supposer que les forces de l'attaque sont divisées elles-mêmes.
Le combat préparatoire de la défense roule autour des positions où elle a détaché provisoirement son avant-garde. Pendant ce combat préliminaire, le but de la défense est de reconnaître les directions que suit l'ennemi.
À la fausse attaque de ]| bataille offensive répond, dans la bataille défensive, la défense générale du front et la défense particulière des postes avancés. A l'attaque principale répond ici l'offensive que prend la défense en avant ou dans l'intérieur de la position. Le défenseur a enfin besoin de réserves, aussi bien que l'agresseur.
Il ne semble pas, à première vue, que le défenseur ait besoin, comme l'agresseur, de relier par quelques troupes
son attaque principale à la fausse attaque. Nous trouvons cependant ici quelque chose d'analogue. En effet, il peut y avoir quelques parties du front qu'il est trè&-invraisemblable que Tennemi attaque, ou qui offrent de telles difficultés qu'il ne saurait y pénétrer qu'à grand'peine, même alors qu'il n'y trouverait pas de résistance armée. Dans ce cas, la dé«* fense ne placera sur ces points que des détachements d'ob^ servation qui joueront le rôle des troupes qu'emploie l'offensive à relier ses deux attaques.
Il faut consacrer le moins de forces possible h la défense, afin d'en conserver davantage pour l'offensive* On cherche donc à économiser le plus de troupes qu'on peut sur le front total de la position, ou sur la partie défensive de ça front. Moins la force naturelle du terrain permettra cette économie de troupes, moins on pourra songer à une offensive pui&* santé.
La défense peut, au moins en partie, considérer comme réserves les troupes qu'elle destine à l'offensive. C'est là un avantage qu^elle a sur l'attaque, et cet avantage provient de ce qu'elle n'est pas nécessairement obligée de prendre l'offensive. Elle se prépare à attaquer à son tour, mais à la condition qu'elle pourra le faire dans des conditions favorables . Tant que ces conditions ne se présenteront pas, elle ne prendra point l'offensive. Néanmoins, la défense conservera toujours une partie, faible au besoin, de ses troupes, avec la seule destination d'une réserve, sans avoir égard au retour offensif. Le rôle de cette réserve sera de couvrir la retraite si elle devenait nécessaire, et sa place est donc sur la ligne de retraite. Si cette ligne est derrière la partie offensive du front, on obtient alors un^plus grande concentration des forces. Si l'on veut exécuter une offensive intérieure, la direction la plus avantageuse de la ligne de retraite dépendra des conditions stratégiques générales. Mais si l'offensive doit être extérieure, il est alors préférable que la ligne de retraite soit derrière la partie défensive du front plutôt que derrière la partie offensive ; mais il faut que cette ligne de retraite soit bien assurée.
Lea deux grandes espèces d^ordres de bataille défensive sont eenx avec offensive intérieure, et ceux avec offensive extérieure. La première forme se propose le but le plus petit, la deuxième le plus grand. II faut être plus fort pour choisir celle-ci plutôt que celle-là. Les généraux qui n'adoptent la forme défensive que pour être plus sûrs de vaincre, avec de plus grands résultats, choisissent ToSlensive extérieure, comme Napoléon à Austerlitz. Wellington et, en général, les Anglais, dans les guerres de la Péninsule, préféraient la forme avec offensive intérieure. Talavera, Fuente-de-Onor, Alpuera, et Waterloo avant Tarrivée des Prussiens, nous en fournissent des exemples. Dans les batailles défensives avec offensive extérieure il faut, en général, avoir des troupes plus mobiles que dans les batailles avec offensive intérieure. On préférera ces dernières quand on sera très-fort en artillerie et généralement supérieur à Tennemi dans le combat de feux. On comprend facilement aussi que le terrain ait une grande influence sur le choix de telle ou telle forme de bataille défensive.
Nous pouvons établir encore quelques distinctions dans ehaque .ordre principal de bataille défensive :
a. — T La force destinée à Toffensive, soit à Tintérieur soit à l'extérieur de la position, peut être réunie au centre, comme opmn {fig. 21), ou
b. — être placée à l'une des ailes, comme ac de (fig. 24), ou c. — être répartie aux deux ailes, comme acde et
fbgh{/ig.2S).
La troisième forme n'est jamais à recommander, surtout quand l'offensive doit être extérieure. Des deux autres, la première est généralemenf^préférable pour une offensive intérieure, et la deuxième pour une offensive extérieure.