EXEMPLES DE COMBATS
Bataille dldstedt, 24 et 25 juillet 1850 '.
( Voir /îyi*rc« 59 et 60.)
Le 13 juillet, Tarmée schleswig-holsteinoise entra dans le duché de Schleswig. Le 15, ses tôtes de colonne atteignaient, en avant de la ville de Schleswig, le terrain limité par le Wedelbeck, le Langsee, Tldstedter-See, le Buchmoor et rHelligbeck jusqu'à son confluent dans la Treene près de Sollbrîick. C'est sur ce terrain que le général Willisen, commandant les Schleswig-Holsleinois, résolut de prendre position, pour attendre Fattaque des Danois dont on savait la concentration à Flensbourg.
L'armée schleswig-holsteiooise comprenait une brigade d'avant-garde, quatre autres brigades de ligne et une réserve de cavalerie et d'artillerie. Voici quelle était la composition de ces troupes :
Brigade d'avant--garde, colonel de Gerhardt : 3"" corps de chasseurs, 1'''', 8^ et 15*" bataillons ; une batterie de 12 ; deux escadrons de dragons ; une demi-<;ompagnie de pionniers.
l'* brigade, général de Baudissin : l*" corps de chasseurs, 2^, 3" et 4* bataillons ; une batterie ; un escadron.
2« brigade, colonel d'Âbercron : 2' corps de chasseurs, 5% 6^ et 7 bataillons ; une batterie de 6, une batterie de 12 ; un escadron.
* Noos avons laissé les noms de lieux avec lear orthographe et sans tes traduire lorsqu'ils étaient susceptibles de l'être, tels que iekuU, éeole, krugy auberge, etc.
Note du traducteur.
3» brigade, général de Horst : 5« corps de chasseurs, 9«, 10® et ir bataillons ; une batterie de 6 ; un escadron.
4® brigade, colonel Garrelts : 4® corps de chasseurs, 12% 13® et 14® bataillons ; une batterie de 6 ; un escadron.
Réserve de cavalerie, colonel de FUrsen-Bachmann : 6 escadrons.
Réserve d'artillerie, major Dalitz : une batterie à cheval de 6, une batterie de 12, une batterie d'obusiers de 24, une batterie de 3.
Ce fractionnement de Tarmée répond à toutes les exigences.
L'infanterie constituait de beaucoup la plus grande partie de Tarmée. Tous les corps de chasseurs et cinq autres bataillons, les 1", S% 9% 10* et 15% c'est-à-dire la moitié de l'infanterie, étaient armés de fusils rayés, le reste d'armes lisses du modèle prussien.
Les bataillons, ainsi que les corps de chasseurs, étaient très-forts ; chaque bataillon avait sur les contrôles 40 officiers, 88 sous-officiers, 34 tambours ou clairons et 1200 soldats, en tout 1362 hommes, avec 1280 armes à feu. A la bataille d'Idstedt, il y avait en moyenne au moins 1100 armes à feu par bataillon.
Le bataillon n'avait aucune signification tactique ; il se fractionnait, pour combattre, en deux demi-bataillons ou bataillons tactiques ; le demi-bataillon comptait deux divisions, la division deux compagnies, la compagnie quatre pelotons. Le peloton, formé sur deux rangs, avait donc 17 à 20 files ; les quatre pelotons d'une compagnie, formés en colonne, constituaient la colonne de compagnie qui était la formation normale pour le combat. Les quatre compagnies du demi-bataillon devaient s'établir en échiquier, deux compagnies en première ligne et deux en deuxième. Par suite de ces prescriptions, la colonne de compagnie devenait la véritable unité tactique. On voit, d'après ce que nous avons dit plus haut, que ces dispositions devaient amener un éparpitlement tactique sans fin ; elles se fondaient sur la nature du terrain du théâtre de la guerre qui est couvert et difficile à
voir, n est en effet coupé de nombreux fossés et de marais, semé de fermes, traversé de talus en terres, hauts de quatre à six pieds et plantés d'arbres, que les gens du pays appellent knicksj qui séparent les champs et bordent les chemins. Jusqu'à quel point ce terrain autorisait-il à s'écarter des règles générales, la bataille le démontrera.
L'unité tactique de la cavalerie était l'escadron d'environ ISO chevaux.
Chaque batterie avait 8 pièces : celles de 6, 6 canons et 2 obusiers de 12 ou de 7 ; celles de 12, 6 canons et 2 obusiers de 24; les batteries d'obusiers de 24, 8 pièces de cette nature.
L'infanterie se composait, presque pour moitié, de recrues qu'il fallut dresser à la hâte et jusque pendant la campagne. Très- peu d'officiers se trouvaient depuis longtemps à la tète de leurs troupes et en étaient connus. Le plus grand défaut de l'infanterie, c'était son peu dliabitude de la marche, mais, sous les autres rapports, ses éléments étaient excellents. C'est cette inaptitude à la marche qui décida le général Willisen à attendre l'attaque des Danois dans la position d'Idstedt, au lieu d'aller les surprendre pendant leur mou* vement de concentration. Elle fut cause également qu'on prit le parti de faire porter les sacs des hommes dans des voiturespendant les grandes marches, même lorsqu'un combat était possible^ et pour cela chaque division reçut trois voitures, ce qui augmenta de 240 voitures les bagages de l'armée.
Dispositions prises pour la défense de la position
dldstedt.
Deux routes principales, venant du Schleswig méridional, traversent la position d'Idstedt pour aller se réunir à FlensbauTg. Ce sont : à l'est la route de Missunde qui franchit le Wedelbeck à Wedelspang, à sa sortie du Langsee ; à l'ouest la grande route de Schleswig, qui traverse le Westergehege, entre le Langsee et l'Idstedter-See d'un côté, et l'Ahrenhol-
z&t'See de l'autre* Le terrain qui sépare ces àeux routes est coupé de knicks^ parsemé de fermes dont la rèunioa £Drme parfois des villages, de petits bois, de hauteurs sans impor-^ tance et de cours d'eau peu considérables. Le pays à Touest de la route de Schleswig est plus ouvert et plus facile à voir ; les divisions du sol y sont indiquées principalement par des cours d'eau, le long desquels s'étendent de vastes marais, qui n'offrent nulle part d'obstacles i l'infanterie lorsqu'ils sosb desséchés par les grandes chaleurs de l'été* Le flanc gauche de la position d'Idstedt était couvert par la Treene, qui coule d'abord du nord-est au sud--ouest^ et ensuite du Dord au sud entre Hunningen et Treya.
Le front proprement dit de la position d'Idstedt est formé par le Wedelbeck, le Langsee, TAhrenholzer-See et le cours d'eau qui réunit ces deux lacs. Ce front a une longueur de iK,Ot)0 pas. La nature des obstacles du front ne permet pas une ofiensive énergique en avant de la position^ et pour reuc dre cette offensive possible, il faudrait prendre des mesucea particulières, et créer des retranchements artificiels, afia de se donner des débouchés assurés à travers le Langsee* Le front de la position était trop grand pour être vigoureuse^* ment défendu par les 27,000 hommes de l'armée schleswig* holsteinoise, surtout si, au lieu de se contenter de l'offeii* sive intérieure contre l'ennemi entré dans la position, on voulait joindre à la défense une offensive en avant du front. Il était donc nécessaire de diminuer le front, ce qui était possible en le limitant depuis le gué du Langsee, à Guldenholmholzhaus, jusqu'à l'extrémité occidentale du lac d' Ahrenholz. Le front avait alors 7,S00 pas de long. Pour observer l'ennemi et arrêter ses progrès, on aurait placé des déta*chements sur la droite à Wedelspang, à gauche sur l'Helligbeck et la Treene, à Bollingstedt et à SoUbrûck.
Immédiatement en avant de ce front restreint, devant te Westergehege, terrain boisé praticable partout pour l'iofiin* terie et seulement sur les chemins pour la cavalerie et i'ajhtillerie, le plateau d'Idstedt s'étend des deux côtés de la route de Schleswig, en s'élevant d'une manière notable pour
pvf s 80381 plut aii*des8i» du niveau du Bochmoor, du lAngt saeet des laos d'Idatedi et d'Ahrenholz. Ce plateau semble bit tout exprôs pour reeeyoir uu poste avancé ; il eonstitw
one excellente positiond'artiUerieœatrereniiamiquis'avalice par la route de Schlesvrig qu'il domine de tous cotte. Des troupes peu nombreuses peuvent y ofiirer une résistance re«lativement importante, gagner du temps pour un mouvement (abusif en avant du firont si cette offensive est résolue» ou &ire subir h l'ennemi des pertes sérieuses, si crtte i^l&osive extérieure n'est pas dans les projets du défenseur* Ces tarou^ pes avancées se retireront ensuite sans être inquiétées à tra«vers le Westergehege, où Tennemi ne saurait s'avancer qu'avec une grande prudence, puisqu'il ignore ce qu'il trouvera derrière ce bois»
Après avoir ainsi indiqué d'une manière générale les points {ffindpaux qui étaient à considérer dans la position d'Idstedt, nous allons voir comment les Schlesvng-Holsteinoîs mirent à profit le temps que leur laissaient les Danois.
Les avant-postes furent détadiés au nord du front de la
position. Le gros de l'armée fut cantonné au sud de ce front.
Un lieu de rendez-vous fut indiqué à chaque brigade, qui
devait s'y concentrer sani3 attendre de nouveaux ordres dès
qu'aile entendrait la canonnade sur un point quelconque de
la position.
Les troupes étaient ainsi réparties de la droite à la gauçbô :
2^ brigade, quartier général et ren^-vous & Wedels-
pang; cantonnements plus en arrière à Missunde et su; la
route de Missunde. Le 2** corps de chasseurs aux avant-poste^,
avec le gros du bataillon à Bôcklund et Norderfahrenstedt,
les grand'gardes depuis Ulsbye jusqu'à Klapholz.
3*brigade, quartier général à NlLbel, rendez-vous à Berend, cantonnements au sud du Langsee, entre les routes de Missunde et de Schlesvng*
Brigade d'avant-garde, le gros à Idstedt, sur la route de SeUeewig, au nord du Westei^ehege. Aux avant^ostes : quatre compagnies du 15^ bataillon à Ober-Stolk et Unter- Stolk, avec des grand'gardes en avant vers Klapbolz, quatre
compagnies du 3* corps de chasseurs sur la route de Schleswig, à 1000 pas au sud de THelligheck, deux compagnies à droite vers l'Elmholz, et deux autres en avant sur la route, vers le Stenderupbusch.
4' brigade à Schléswig, sauf le 4« corps de chasseurs dans le Westergehege ; rendez-vous à Berendheide,
1" brigade, quartier général Lûrschau, rendez-voos Ahrenholz, cantonnements en arrière jusqu'à Bustorf pi*s de Schléswig; aux avant-postes: le V corps de chasseurs, avec des postes à Treya et à Langstedt, les grand'gardes te long de la Treene, 3 compagnies & Bollingstedt et 4-compagnies à Gammellund.
Cavalerie de réserve, état-major à Schubye, rendez-vous Ahrenholz, cantonnements à Husbye et Jtibeck.
Artillerie de réserve, rendez-vous au Westergehege, quartier général à Kœnigswille, cantonnements k Husbye, Schléswig, Ltirschau, Missunde, Eckernfôrde, Rendsbourg.
On avait indiqué d'avance à chaque colonne la route qu'elte devait suivre dans la position, ainsi que le représente la figure 60. On avait fait monter Teau de la Treene au moyen des écluses de Friedrichstadt et de Sollbro, mais pas assez pour qu'on ne pût point la passer presque partout à gué entre Sollbro et Langstedt. Il en était de même de la crue de l'Helligbeck, opérée artificiellement entre Bollingstedt et Helligbeck, et du cours d'eau qui traverse Idstedt. La crue du Wedelbeck était plus complète.
Des mesures étaient prises pour faire sauter facilement les ponts de la Treene à Treya, Sollbro et Langstedt, ceux de THelligheck à Bollingstedt et Engbrflck.
On n'avait pas construit de véritables retranchemcnte, mais on avait installé des positions couvertes pour Tartîîlme, en pratiquant des embrasures dans les knickSj sur la route de Schléswig, de 2000 à 4000 pas au sud de l'Helligheek, et sur la route de Missunde en avant de Wesdelspang. A Sollbro, Bollingstedt et Engbrtick étaient quelques embuscades.
Un pont de campagne avait été jeté tout près du Langsee
sur le cours d'eau qui réunit ce lac à celui dldstedt, et sur lequel se trouTait déjà un pont de pierres au sud dldstedt. Une passerelle pour Tinfanterie avait été construite sur le Langsee, près du gué de GuldenholmholzhauSy lequel gué est praticable pour la cavalerie sans l'être à l'artillerie.
Les Danois laissèrent aux Schleswig-Holsteinois huit jours pleins, du 1 S au 23 juillet, pour fortifier leur position. Ces travaux se réduisirent à peu de chose et semblèrent plutdt établis dans un but purement défensif qu'avec l'intention de prendre l'offensive. Et pourtant l'ordre provisoire que donna le général Willisen le 18 juillet semble dicté par la pensée d'une offensive en avant du front. Voici quelles étaient ces dispositions :
« On attendra au Langsee l'attaque de l'ennemi, et quand rjennemi y aura épuisé ses forces, toute l'armée exécutera une attaque embrassante. Dès que l'ennemi attaquera , l'avantrgarde se retirera, en combattant, par la route de Schleswîg jusqu'à Idstedt et ensuite jusqu'au Westergehege. Là, elle prendra position pour arrêter l'ennemi, avec le secoure de l'artillerie de réserve. Pendant ce temps, les autres brigades se seront établies, la 1'* à Ahrenholz, le 4« à la lisière sud-est du Westergehege, la 3® à Guldenholmholzhaus, la 2* à Wedelspang. Dès qu'on prendra l'offensive, les 4% 3« et 2* brigades marcheront respectivement sur Idstedt, Ober- StoJk et Bôcklund-Stenderup. En même temps, la l'« brigade marchera à l'ouest de la route sur Helligbeck, et une fraction du l"" corps de chasseurs se dirigera également sur Helligbeck en traversant le Buchholz. Ces troupes seront suivies par la cavalerie de réserve et l'artUlerie à cheval qui assureront la victoire. Dans ce but on rétablira les chemins nécessaires. »
(iette disposition, arrêtée le 18 juillet, est la base de celle du 24. Nous la discuterons plus tard, et nous allons nous transporter à Tannée danoise.
Concentration de rarmée danoise; ses dispositiouB ponr attaquer la position dldstedt.
L'armée danoise, sous lès ordres da général de Krogh, renfermait deux divisions, une cavalerie de réserve et une artillerie de réserve. — L'infanterie se composait de forma- . tîons diverses, sous la dénominatîûn de troupes de ligne, de réserve, de corps de renfort, mais qui, par le fait, étaient organisées de la môme manière.
La l'"" division, général-major de Moltke, comptait 3 brigades :
3® brigade, colonel de Scbepelern : 6% V et 8^ bataillons de ligne, 4* bataillon de réserve, i'''' corps de chasseurs.
. 4* brigade, colonel de Thestrup : 9* et 11* bataillons de
ligne, S"* et 6® bataillons de réserve, 2" corps de chasseurs.
,, 6' brigade, colonel dlrminger : l"' et 2* batdllons légers
clè la garde, l®' et 4« bataillons de renfort, 1** corps de chas-
;^urs de réserve.
f II faut ajouter à cette in&nterie la division de hussards de 1^ garde, et l'artillerie de la division, une batterie de 12 et 4eux batteries de 6.
La 2*" division, général-m^or de ScUeppegrell, comptait également trois brigades :
1'* brigade, colonel de Exabbe: 4* bataillon de ligne, iO"" i)ataillon léger» 1" et Z^ bataillons de réserve, 3"" oorps de chasseurs.
2' brigade^ cdk)nel de Bciggesen : 6* et 13"* bataillons de ligne» 12'' bataillon léger^ 2* bataillon de réserve, 3* corps de chasseurs de réserve.
S"" brigade , colonel de JEUeder .: 3® bataillon de ligne , SI"" et 8* bataillons de renforl^, 1^ et 2" corps de chasseurs de renfort.
En outre, le 4** régiment de dragons et l'artillerie divisionnaire : une batterie de 12 et deux de 6. La cavalerie de réserve, général-major de Flindt, com-
prenait les 3*, 5* et 6« régiments de dragons et une batterie de «anons-dimsiens de 12.
L'artillerie de réserve, eolonel de Fibinger, ^ composait d'une batterie de 12, trois de 6 et d&ox batteries et demie de canons-obnsieis de 24.
II dut ajouter & toutes ces troupes un détachement du génie et un corps d'ordonnances (les guides).
Le batdllon d'infanterie, fort d'environ 1000 hommes, se fractionnait en 4 compagnies. La formation en colonnes de. jcompàgme était aussi très en usage chez les Danois et servait presque ide règle pour le combat. Cependant elle ne pouvait pas occasioniiBr «n aussi grand éparpillement que les colonnes de compagnie des Schleswig-Holsteinois, parce que la ^compagnie sdileswig^hcdsteinoise avait au plus 1 40 hommes et la ccHupagnie danoise 250 ; la brigade schleswig-holsteinoise de quatre bataillons se fractionnait donc en 32 compagnies, tandis que la brigade danoise, à peu près de môme force, n'avait que 5 bataillons et seulement 20 compagnies. La masse de rinfanterie de ligne était armée de fusils lisses à percussion, mais 18 hommes par compagnie avaient des fuâls rayés ; les icorps de chasseurs étaient armés de fusils rayés et 26 hommes par compagnie de carabines rayées.
Un régiment de cavalerie était fort de 4 escadrons ; Teseadfon entrait en campagne avec 120 à 130 chevaux. La batterie était forte de 8 bouches à feu. On peut évaluer à 36,000 hommes la force totale de l'armée danoise disponible pour les combats des 24 et 25 juillet.
Le fractionnement de cette armée en deux divisions était contraire à toutes les x^les; aussi, comme nous le verrons, ne put-il pas être maintenu , mais le seul fait de l'avoir Institué eut des suites désavantageuses.
Lorsque le général Krogh apprit le 13 juillet à son quartier général de Colding que le général Willisen se mettait en mouvement faux passer TËider , il envoya l'ordre h toutes les troupes danoises qui se trouvaient dans le Jtttland et les Ûes de Fuhnen et d'Âlsen, d'entrer le 16 dans le tichlesvrig
— ÎOO —
et de se réunir à Flensbourg. Ce mouvanent de concentra* tion était exécuté le 16 juillet. Les avant-postes occupaient ce jour-là une ligne passant par Hillerup, Oversee et Klein- Solt; la S"" division se trouvait au sud de Flensbourg , la 1"* à l'ouest et dans la ville même , la réserve de cavalerie et d'artillerie au nord de Flensbourg. Le 19 juillet, on eut par des patrouilles des renseignements assez exacts]sur la positioii et les préparatifs des Schleswig-Holsteinois dont on s'exagérait seulement les travaux de défense.
L'armée devait commencer les opérations le 23 juillet Elle reçut au dernier moment une nouvelle organisation en un détachement de l'aile droite , une aile droite , une atte gauche et une réserve générale.
Le détachement de l'aile droite : 3^ brigade, un escadron de hussards de la garde, un escadron de dragons , une batterie et un équipage de pont , devait bivouaquer le 23 au soir à Wanderup.
L'aile droite : 4» et 6* brigades , 2 batteries , 2 escadrons de hussards de la garde, sur la route de Schleswig, au nord d'Oversee.
La réserve générale : 5* brigade, cavalerie de réserve avec la batterie à cheval , artillerie de réserve , derrière l'aile droite, à Munkwolstrup et à Bilschauerkrug.
L'aile gauche : 1" et 2" brigades, 3 batteries, 3 escadrons, à Klein-Solt.
Ces troupes étant ainsi campées reçurent le 23 au soir l'ordre suivant pour le lendemain.
« L'armée sortira ainsi qu'il suit des positions qu'elle occupe aujourd'hui :
« La 3' brigade (détachement de l'aile droite) partira à minuit et marchera sur Silberstedt par Jôrlkirche, Sollbrtick et Espertoft(l).
1 De Wanderup à Silberstedt il y a quatre heures et demie de marche^ sans compter les haltes, et sans parier des retards d'une marche de nuit et du temps qu'il faut pour prendre Tordre de marche.
c( Les deax divisions et la réserve générale rompront à trois heures du matin dans Tordre suivant :
« La !'• division (aile droite) , sur deux lignes, suivra la route de Schleswig ; la 2' division (aile gauche) le chemin deMissunde (1).
« En outre des routes principales, les deux divisions ^feront usage des chemins de traverse à peu près parallèles à ces routes et chercheront, pendant la marche, à se mettre en communication. La 2** division enverra dans la direction de Test et du sud-est des patrouilles et des détachements de sûreté. La 1" division cherchera à se relier avec la cavalerie de réserve.
« Lorsque la !'• division arrivera à Helligbeck et la 2* à Klapholz (2), la 2« division devra diriger le gros de ses forces', par Oberstolk, vers Textrémité occidentale du Langsee (3) , pendant que la 1" division marchera sur Idstedtkrug.
« La 2* division laissera cependant entre Sudertahrenstedt et Wedelspang un détachement assez fort pour soutenir un combat contre Tennemi.
a Dès que les deux divisions arriveront à la même hauteur, au bois qui se trouve entre le lac d'Ahrenholz et le Langsee (le Westergehege) , elles attaqueront vigoureusement Tennemi.
« La cavalerie de réserve marchera d'Oversee sur Tarp, Langstedt , Engbrfick , de manière à arriver à Idstedtkrug (4) en même temps que la 1" division. Pendant sa marche , cette cavalerie cherchera à rester en communica-
1 La distance qui sépare les routes de Schleswig et de Mîssunde, entre Helligbeck et Klapholz, est d'environ une heure et demie de marche.
* D'Oversee A Helligbeck deux heures et demie de marche ; de Klein- Solt à Klapholz un peu plus ; d'Helligbeck à Idstedtkrug une heure de marche.
« De Klaphote à Textrémité ouest du Langsee, en passant par OberstoUc^ il y a plus d'une heure et demie de marche.
* IXOversee à Idstedtkrug, par Langstedt, cinq heures de marche»
tioa avec le corps {Hriae^, ainsi qu'ama la 3^ hngBée (détachenvrat de l'aile droite).
tt La S* brigade et Tartijtoâe de léata» êmn&ski k i" division sur la route de Scbleswîg.
« Pendant le combat qui aura lieu entre le lac d'Âtaraaliolz et le Langsee , la 5^ brigade cherchera à exécuter une attaque de flanc contre renaeiiii , daas le but de lui ep^per Ja retraite vers le sud.
« Les forces réunies de r.annie deyroal; pousser Msm vivement l'ennemi dans la directioB de l'est pour ^'U «nife <0Q désordre au passage de la Scbleî ou & Mksnnde (1).
a Le général en chef suivra la route de Schles^cig. j^
Dans la soirée du .23, les commandants de division ^ de brigade furent appelés au ipiartier géséral , à Klscfaaoerkrug, pour recevoir des infractions plus détaillées; BaAS cette réunion , on fit valoir qu'oa était ^caicore trop loiade l'ennemi pour pouvoir l'attaquer vigoureusement .le 24. On voit en e&t que d'après les dispositions prises parr les Danois, les troupes devaient marcher peiidant quatre beuires au moins avant d'attaquer, et que pour poursuivre éaei^uement l'ennemi jusqu'à laSchlei, il fallait 6 à 7 heures, c'estp à-dire une journ^ de marche ordinaire, sans parler du .combat. Par suite de ces raisons, qui s'imposaient du jreste impérieusement, il fut décidé que la 1'* division ne maircherait le24 que jusqu'à Siverstedt, la 2« division jusqu'à Havetoft, — à une heure et demie de marche du front de la position ennemie,:— et que l'attaque principale serait remise au 2S. Les dispositions indiquées Testaient du reste les mêmes«
Nous ferons sur ces dispositions les remarques suivantes :
En supposant que rien ne fût changé aux ordres déjà donnés et que tout se pass&t «m début eommie on s'y attendait , le détachement de Taûle droite , 3« brigade , — le sixième environ de l'armée danmse, — devait Se trouver sur la Treene, à Espertoft ou Sôllbrfick, au moment même oïl
■ ■ ■ ■ ■ Il — — — — ■^■— <1— — rf^i— ^— *— ÉÉfc— 11— ■■«— ^— — — ^>»»^
S * D'Oversee à Schleswig il y a près de six hBures de marche; dt)VWsee à Missimde par IdsitedUatig B^ h«Br«B de «ardie.
s'-affisotMrait i'sattaqud prindpaleitidsteât, — à deux bêures «t demie Ae marche de la Treene. Mais la moindre résistanee, qiii fiiroe une trempe en marche à se déployer pour oombattre^ ralentit de moitié sa marche. En d'autres termes, «n seul bataillon ennemi , qui ferait tête à SoUbrfick à la 3* i»igtttie danoise et se retir^ait ensuite lentement sur Jiita&i pouvait «ans difficulté retenir pendant dnq heures la 3' bEig;adej danoise entre SoUbrtick et Ahrenholz ou Lftradiau. Oc -ces cinq heures pouvaient suffire aux Schleswig'-HâlbteiDQÎspour remporter la victoire à Idstedt et venir m jeter «ttsuite sur la 3* brigade danoise. En détachant aifiâi la 3' brigade, les Danois n'avaient pas d'autre but que <de jnendre {dus décisive la victoire qu'ils espéraient remporter. Mais ce détachement réduisait à 30,000 hommes la lavce efltetive des Banois au Langsee, et , par suite, dimittottit hi ivraisemblanoe de leur victoire à Idstedt, La 3* hri- (gade était beaucoup trop éldgnée pour qu'il fût possible de «ûdifieei gnîvant la circonstance et dans le cours de l'action, les ordres qui lui avaient été donnés , mais il eût fallu du -aoins qu'eue marcbftt complètement indépendante sur Silbeffstedt et que son action ne commençât réellement que là.
Le {dan des Danois consistait à attaquer avec le gros de ieurs fosbceB le ilanc gauche ou l'aile gauche des Schleswig- JBolsteinDis^ pour les pousser vers la mer et les couper de teinr ligne de retraite Schleswig-Bendsbourg. Mais pourquoi éaac 4ÉDIS ji'aifiEaient-ils pas réuni d'avance sur ce point le gcièB'àe leurs forces? Pourquoi faire marcher d'abord la 2" divisiûii sm la route de Missunde pour la rappeler plus tard sur celle de Schlesv^dg? Cette faute ne peut provenir que du fractionnement défectueux en deux divisions et de l'existence de deux commandants de division.
On peut demander aussi pourquoi la force du détachement de l'aile gauche que la 2* division devait laisser devant Wedelspang, sur la route de Missunde, n'était pas plus exacteiaent'détermiEéedans l'ordre. En efTet, il n'était pas indiâèrexU que le commandant de la 2'' division laissât sur ce foiot un ou m bataillons; cependant « d'après .l'ordre, il
pouvait faire aussi bien l'un que l'autre , car il est permis d'avoir des opinions très-différentes sur la force des troupes nécessaires pour livrer un combat de pied ferme. Pkis k2< division laisserait de troupes contre Wedelspang , plus l'armée danoise s'affaiblirait au point principal, à Idstedt, ce qui pouvait avoir une gravité particulière si les Schleswig- Holsteinois n'avaient pas le dessein de rien tenter d# sérieux à Wedelspang. Si au contraire tel était leur dessein, on pcHt vait fort bien laisser le gros des troupes sur la route de Schleswig, en se contentant d'observer Wedelspang^ et où aurait encore eu le temps de marcher vigoureusement contre l'ennemi à Wedelspang. Dans le fait , nous verroBB plus tard que les Danois laissèrent à Wedelspang envirofl le douzième de leur armée.
On n'avait mis en réserve qu'une seule brigade, à p«i près le sixième de l'armée, et l'on avait disposé d'avance & toutes les autres troupes. Cette réserve était assurément trop faible pour une bataille qui devait consister en une attâq[ue sur un terrain très-couvert et très-difficilCt
En remettant l'attaque principale au 23 , les Danois ne changèrent rien à leurs dispositions, et pourtant ce retard modifiait essentiellement les circonstances dans lesquelles devait être livrée la bataille. En se portant en avant, les Danois arrivèrent en vue des avant-postes ennemis , le détachement de l'aile droite à SoUbrttck , sur la Treene, Taile droite à hauteur de Siverstedt , l'aile gauche à Havctoft.
L'ennemi pouvait donc observer la disposition des troupes danoises, et il avait le temps de prendre ses mesures en conséquence.
Journée du 24 juillet.
COMBAT D'âVÀIVT-GàRDE A HELLI6BECK.
La 4* brigade, avec une batterie et deux escadrons, fo^ mait l'avant-gardede l'aile droite danoise. Avant trois heures du matin , elle avait fait fouiller le terrain au sud de la route jusqu'à Tarp et Schmedeby. Elle quitta alors le bi-
TOttae d'OverseS) suivie par la 6' brigade , et s'avança sans rencontrer Tennemi jusqu'à Textrémité sud de Schmedeby. Elle envoya de là vers Siverstedt le S* bataillon de réserve et un peloton de hussards, pour se mettre en communication avec l'aile gauche, qui s'avançait sans obstacle sur la route de Missunde jusqu'à Hostrup, où elle bivouaqua.
Pendant que le gros de la i« brigade s'arrêtait à Schmedeby, à neuf heures passées , son avant-garde s'avançait à travers le Sûderholz. Des patrouilles apprirent alors que le bois de Stenderup était occupé par l'ennemi. A cette nouvelle, le commandant de la 1'* division résolut aussitôt de &ire enlever ce bois, parce qu'il craignait quecette opération fit trop perdre de temps si on la remettait au lendemain matin, que le mouvement de l'aile droite en fût retardé, et qu'alors la 3* brigade, après avoir passé la Treene, se trouvât trop loin du gros de l'armée et restât trop longtemps sans secours en face d'un ennemi supérieur. Il annonça son dessein au général en chef, ainsi qu'à la 2'' division qui setrou- Tait sur sa gauche à Hostrup, et à la cavalerie de réserve, qui s'avança ce jour-là jusqu'à Tarp, où elle bivouaqua.
Vers 10 heures, la 4» brigade reçut l'ordre d'enlever le Stenderupbusch et de s'avancer jusqu'à THelligheck et à la lisière sud de l'Ëlmholz. Cette brigade traversa le Suderholz, franchit le BoUingstedter-Âa et se forma au sud de ce cours d'eau, au nord des hauteurs peu élevées qui se trouvent entre le Bollingstedter-Aa et le Stenderupholz.
Le 9^ et le 11* bataillon de ligne se déployèrent en colonnes de compagnie des deux côtés de la route ; la division de hussards forma Taile droite de cette première ligne, deux canons étaient au centre sur la route. Le S* bataillon de réserve, déjà envoyé à Siverstedt, devait former laile gauche ; il reçut donc Tordre de s'avancer par Stenderup à l'est du Stenderupholz.
La deuxième ligne était formée par le 6* bataillon de réserve qui suivait la route en colonne de bataillon.
Le 2* corps de chasseurs et 6 pièces de canon furent laissés provisoirement au nord du Bollingstedter-Aa.
La 6* brigade^ qui s'était an^fttée à Schmedd^y» fegot Tordre de snivre la 4« brigade à tra^rs le SnderhcAi. Wà avait déjà dëiachë un bataillon sur la gwche à l^verstedtj elle envoya encore quatre eompagnies à Langstedt pose appuyer, le lendemain , la cav^rie de réserve dans son passage de la Treene, de sorte que cette brigade ne oonsorvail {dus réunis que quatre bataiQons et demi.
A 1 0 heures passées, les deux lignes de la 4* brigade s'avash cèrent rapidement contre le Stendenipholz, qui était ewxfé par la 3* compagnie du S"" corps de diasseura sdUesvrig* holsteinois. Cette compagnie tira quelques coups de feu €l se retira ensuite par Poppholz sur Helligbeck. Arrivée là, eOe se réunit à la l'^ compagnie du même corps de ohaâseun dont la 4* compagnie était plus à droite, dans l'Elmbols.
La 4"* brigade danoise s'avança par le Stenderuphok vers l'Helligbeck pour gagner un terrain plus découvert. Le 3? corps de chasseurs schleswig-holsteinoîs se retira^ après une courte fusillade, sur le terrain plus élevé au sud de rHelUg? beck. n y prit position à 1000 pas au sud d'Helligbedir Erug, les 1^ et 4* compagnies en première ligne, les 2* et i^ en deuxième ligne. La 4* compagnie du l*^ corps de <Aas* seurs se trouvait plus à gauche dans le Buchbolz, et le i^^ bt^ taillon eût dû se trouver plus à droite vers l'Elmliolz* En effet, ce bataillon avait reçu l'ordre de se concentrer sur ee bois si un combat s'engageait. Mais, par suite d'un malen* tendu, le commandant du bataillon le réunit h Idstedt, La batterie de 12 de l'avant-garde s'établit à 1000 pas en amèie du S"" corps de' chasseurs ; et deux pièces à cheval furent détachées en première ligne d'où elles ouvrirent le feu daas des conditions avantageuses, contre deux canons daDcis &bl batterie à Helligbeck-Krug.
Le commandant de la division danoise ordonna alors aa 11* bataillon de ligne qui était sur la route, et au 5"" bataillon de réserve qui s'était avancé jusqu'à l'Elmholz, de passer l'Helligbeck et de déloger des hauteurs les chasseurs schles* vfrig-holsteinois, afin de lui permettre de placer ses avantpostes sur l'Helligbeck.
s Maitalor^ tsomon une heurt, et il y avait trois heares que les troupes scfalesirig'-bolsteiQoises étaient en alerte. Le canuDandant de la brigade d'ayant^arde, colonel Gerhardt, ayait pour instructions générales de tenir sur rHelligbeck jttSfu'à ce que les brigades fussent au lieu de rendez-vous». Ce but se trouvait atteint U ordonna donc à ses chassoirs de se retirer lentement de leurs positions sans cesser de combattre^ de sorte que les bataillons danois qui avaient ngu Tordre de déloger les chasseurs ennemis purent Texécuter sans beaucoup de peine.
La 4* brigade danoise établit donc après une heure ses avant-postes sur rHelligbeck, le 9* bataillon de ligne àTaile droite à l'ouest de la route, le 6* bataillon de réserve au centre à Helligbeok-Krug, le 5* bataillon de réserve à l'aile gauche dans l'Eknholz. Derrière le centre, à Poppholzkrug, se plaça la cavalerie d'avantrgarde avec deux canons ; plus ea arrière, au Stenderuphdz, étaient le il* bataillon de ligne et le 2* corps de chasseurs avec six canons ; pins en arrière encore, au Sttderhol2, les bivouacs de la 6* brigade. Le combat avait complètement cessé depuis une heure lorsqu'il recommença à l'improviste à deux heures et demie a^ec une nouvelle violence.
Le colonel Gerhardt avait adressé des reproches au com* mandant du 15' bataillon qui avait concentré son bataillon à Idstedt au lieu de TElmholz, et il lui avait envoyé Tordre d'occuper le Steinhok, à l'ouest d'Oberstolk, à peu près à hauteur de la position où s'était retiré le 3* corps de chasseurs. Le chef de bataillon comprit mal cet ordre et attaqua l-'ElnihohE à deux heures et demie, ce qui causa l'alarme des Danois^ et força le colonel Gerhardt à ramener au combat les autres troupes de Tavant-garde, pour tirer le 15' bataillon de la position critique où l'avait placé son chef.
Pendant que le IS"" bataillon délogeait de TElmholz le 5« bataillon de réserve danois et s'avançait jusqu'à Stenderup, la batterie de 12 de Tavant-garde dirigeait son feu contre Helligbeckkrug, et derrière elle se formait le 1""' bataillon qui, après quelques coups de canon, attaqua Helligbeckkrug«
La 4* compagnie du 1*' corps de chasseurs, à Textrème gauche, sortit en même temps du Buchbolz où elle était aux avant-postes et s'avança contre le 9* bataillon de ligne danois. A la suite de «cette attaque, les avant-postes danois abandonnèrent la ligne de THelligbeck et prirent une nouvelle position à Poppholzkrug, où ils établirent quatre pièces sur la route. La Indivision danoise tout entière sortit fort émue de son bivouac. Les Danois crurent avoir à repousser une attaque générale, et la marche du 11* bataillon à travers l'Elmholz fit craindre notamment au général de Moltke pour son flanc gauche. Le 5' bataillon de réserve qui se retirait fat reçu parie 1*' bataillon léger, lequel, détaché au début à Siverstedt, marchait de là sur Stenderup. Cependant le commandant de la 4* brigade envoya encore le 11* bataillon de ligne au secours de Taile gauche; le général de Moltke, commandant la division, y dirigea de son côté le 4* bataillon de renfort, de la 6* brigade, et un escadron de hussards j enfin le ^ 3* bataillon léger sortit du bivouac de la 2* division à Hostrup, si bien que cinq bataillons danois se trouvèrent opposés au seul 15' bataillon schleswig-holsteinois.
Le commandant de la division donna au colonel Irminger le commandement de cette aile gauche, au colonel Thestrup celui de l'aile droite à Poppholzkrug, et, pour soutenir ce dernier, Moltke fit avancer le 2* bataillon léger, puis le 1*' bataillon léger, tous les deux de la 6* brigade.
Le 1 S* bataillon schleswig-holsteinois s'était d'abord avancé jusqu'à Klapholzheide, mais les forces supérieures que déployèrent successivement les Danois le forcèrent à repasser rHelligbeck. A six heures et demie, le combat aVait le môme résultat à Helligbeckkrug. On échangea encore çà. et là quelques coups de fusil jusqu'à huit heures du soir.
COMBAT d'àYàNT-POSTES A SOLLBRUCK.
Le colonel Schepelern, avec le détachement de l'aile droite (3* brigade), partit de Wanderup le 24 à trois heures du matin, et suivit la chaussée d'Husum jusqu'à Eragstedt.
Arrivé là, il ne laissa filer sur cette route qu'un détachement de cavalerie et il se jeta à gauche avec le gros de ses forces. La tête de Tavant-garde, composée du !•' corps de chasseurs et d'un peloton de hussards, arriva vers six heures à Jôrlkirche. Quelques cavaliers schleswîg-holsteinois se montrèrent sans combattre, et les Danois continuèrent leur marche vers Sollerup que l'infanterie de Tavant-garde occupa vers huit heures, pendant que la cavalerie, qui avait été renforcée et portée à un demi-escadron, s'établissait à l'ouest de Sollerup. Le gros de la 3* brigade campa en partie à SoUerupraûhle, en partie à Jôrlkirche.
Cette avant-garde organisa son service de sûreté, et, à huit heures, un officier d'état-major, avec une compagnie de chasseurs, fut envoyé faire la reconnaissance de SolibrUck. Les Schleswig-Holsteinois avaient à SoUbrfick 87 chasseurs , dont 20 dans une ferme sur la rive droite de la Treene et 67 sur la rive gauche derrière le pont. Il y avait à Hunningen une grand'garde de 38 chasseurs et ÎO dragons, et deux escadrons de la réserve de cavalerie se trouvaient entre SoUbrûck et Jûbeck.
Lorsque les Danois occupèrent Sollerup, la grand'garde d'Hunningen se retira sur la route de Sollbrûck jusqu'à THelligbeck. Quand la reconnaissance danoise s'approcha de Solibrfick, les 20 chasseurs qui occupaient la ferme à louest de la Treene tirèrent quelques coups de fusil et se retirèrent ensuite sur la rive gauche en passant sur les poutres du pont dont le tablier avait été enlevé. La compagnie de chasseurs danois déploya une chatne embrassante de tirailleurs qui entretinrent pendant plus d'une heure un feu très-vif contre la ferme abandonnée; enfin, à neuf heures et quart, un Danois s'avisa d'aller voir si l'ennemi était encore dans la ferme et, l'ayant trouvée vide, les Danois l'occupèrent. Un combat de feux s'engagea alors d'un côté à l'autre de la Treene. A une heure, arrivèrent deux pièces de la batterie à cheval schleswig-holsteinoise , et deux pièces danoises ne leur furent opposées qu'à deux heures. A trois heures, les chasseurs scûeswig-holsteinois avaient déjà complètement
usé leurs munitions, et il ne restait pins dans les caissons de l'artillerie que la mitraille ; ils se mirent alors en retraite sur Jlibeck. Les Danois occupèrent sans combattre le pont qu'on leur abandonnait et ils portèrent leurs tirailleurs de l'autre côté de la Treene.
Sur ces entrefaites, le général Willisen avait reçu des nouvelles de SoUbruck, et comme il lui importait d'arrêter les Danois le plus longtemps possible sur ce point, il ordonna à la première brigade de les rejeter derrière la Treene,
Par suite de ces ordres, les chasseurs et les dragons, qui se retiraient de SollbrQck, rencontrèrent à quatre heures et demie le 3" et le 4" bataillon qui venaient de Lfirscbâu avec 8 pièces de canon. Ces forces réunies marchèrent alors sur Sollbrûck.
A leur approche, les Danois dirigèrent toute la 3* brigade sur SoUerup, et le combat recommença plus vif qu'auparavant, tout en se limitant aux feux. Les tirailleurs danois qui étaient passés sur la rive gauche revinrent sur la rive droite, mais les Schleswig-Holsteinois n'osèrent pas repasser le pont. Après avoir tiraillé pendant plusieurs heures, on cessa le combat vers huit heures du soir.
Dispositions prises par les deux partis dans la nuit du 24 an 25 juillet.— Résultats delà journée du 24.