LE CHAMP DE BATAILLE. — MODAPICATION APPORTÉE AUX DISPOSITIONS
DE BENEDEK.
Par suite de l'attitude expectante de Benedek, et des idées d'oSènsive qui s'emparaient de plus en plus des Prussiens, le champ de bataille se trouva limité au terrain situé entre la Bistritz et l'Elbe, des deux côtés de la route de Sado^a à Kœniggraetz.
La Bistritz, qui séparait au début l'armée de Benedek de celle du prince Frédéric-Charles, n'est pas par elle-même un obstacle très-important ; mais le terrain dans lequel coule cette rivière était devenu beaucoup plus marécageux qu'il ne l'est ordinairement au mois de juillet, par suite de la pluie qui tomba sans interruption le jour de la bataille.
Le champ de bataille est un terrain de collines assez irrégulier, où les plus grandes hauteurs ne sont pas à plus de 200 ou 250 pieds au-dessus des eaux de la Bistritz et de l'Elbe. Les pentes principales sont dirigées vers ces deoi rivières à l'ouest et à l'est, vers la Trotinka au nord, et au sud vers les lacs situés entre Chlumetz, Pardubitz et Kcsniggraetz. Une vingtaine de villages et de hameaux, de con-
structîons fort diverses, couvrent l'espace d'environ 90 kilomètres carrés sur lequel on se battit sérieusement. Entre les lieux habités, se trouvent dispersés des bois et des parcs, parmi lesquels nous mentionnerons particulièrement le parc de Dohalitz, entre le village de ce nom et Sadowa, — le S^ipwald, au sud de Benatek et à l'ouest de Maslowied, dont le point culminant est à 9(7 pieds au-dessus de la mer, tandis que la Bistritz n'a qu'une altitude de 640 pieds, au moulin de Sadowa, — ^les bois de Hradek, de Problus et de Przim, de 725 à 750 pieds au-dessus de la mer.
La position pouvait paraître moins accidentée qu'elle ne l'était réellement aux agresseurs les plus rapprochés, les Prussiens du prince Frédéric-Charles, qui l'observaient des hauteurs de Dub, à l'ouest de la Bistritz, à 780 pieds audessus de la mer.
Elle leur faisait d'abord l'effet d'un grand amphithéâtre dont la crête passait par Nechanitz, Problus, Chlum et Gross-Btlrglitz. Cette chaîne de hauteurs laissait voir plus ou moins clairement quelques coupures, dont la plus importante fut, pendant le combat, celle qui va de la Bistritz à Maslowied, par Cereckwitz et Benatek, au nord du Swipwald»
La ligne des retranchements autrichiens , construits , comme uous savons, entre Sendraschitz et Lipa, se trouvait sur un plateau assez uni, élevé de 750 pieds au-dessus de la mer, de liO à 120 pieds au-dessus de la Bistritz à Sadowa, et à 80 pieds au-dessous des hauteurs d'Horzenowes, lesquelles en sont à 3,000 pas au nord.
Les troupes autrichiennes se rendirent dans leurs positions, les unes avant le commencement du combat, les autres aux premiers coups de canon. Une modification aux dispositions de Benedek eut lieu alors à l'extrême gauche et mérite d'être signalée. Les Saxons, qui auraient voulu occuper les hauteurs de Hradek, et qui trouvaient le terrain de Popowitz et de Trzesowitz très-défavorable, demandèrent et obtinrent la permission de se placer entre Problus et Przim. Le VIIP corps autrichien s'établit alors dans le bois situé entre Bor, Ober-Przim et Charbusitz.
Cette modifioatioii au plan primitif n^eat aucune influenee âésa^antageuse. Le front de b positioD, tout en restant eoeore très-restreînt, se trouva en quelque sorte un peu adloBgé, et Ton pouvait donc oj^ser à l'attaque de Taile droite prussienne, qui était la plus dangereuse, une plos grande résidante que si Tou s'en étak tenu au premier plan de Benedek.
Récit succinct de la bataille.
ATTAQUE DU mmCS FmÉDÉHIC-CHÀRlES ENTRE DOALIGZKA ET BËWATEK. !
Ce qui nous importait surtout, c'était de discuter ks dispositions des armées ennemies. Nous nous contenterons donc de faire un récit très-succinct de la bataille. Remarquons seulmnent que sur presque tous les points du champ de bataille, c'est le combat d'artillerie qui domina, et que ks Prussiens ne pouvaient avoir l'avantage dans ce combat Par suite de la pluie qui dura toute la journée et des condh tions générales, le combat d'infanterie n'eut toute son importance que sur le terrain situé entre Sadowa et Ma^ôwitd.
Les troupes du prince Ftédério-Charles restèrent jusqu'à cinq heures et demie du matin dans les positions que b disposition leur avait assignées. A cette heure^i^ comme l'attaque des Autriehiens n'avait pas lieu, le prinœ ordonna un mouvenMmt en avant des IY« et II* corps prussiens qu'il fit suivre de ses réserves.
L'armée d'fierwarth de Bittenfeld s'âiranla en mtoe temps.
Bien quQ le mouvement de la première armée looissieiffle n'eût d'abord pour objet que de se ra{^rodier de l'ennemi et de voir ce qu'il y avait à faire, le lY'' corps se trouva ce pendant engagé presqu'immédiatement dans un combat sérieux.
C'est la S^ division — Hom, -r- qui marchait de Dub sur Sadovra, qui reçut à six heures du matin le premier coup de canon ; puis la 7« division — Fransecky, — qui suivait le
ravin de Gereckwitz à Beoatek. Le IP corps prusstea — 3* et 4* divisions — ne fut engagé que plus tard.
Horn se heurta aux troupes avancées du III* corps autridden — archiduc Ernest; — ^Fransecky aux troupes avancées de la brigade autrichienne Brandenstein, avant-garde du IV« coips— Festetics, — et il leur enleva Benatek*
Le combat étant de la sorte engagé, le prince Frédéric- Charies fit avancer le IV corps prussien sur Dohaliczka, Unter-Dohalitz et Mokrovirous, mais ce corps ne soutint réellement qu'un combat d'artillerie contre Gablenz.
On se battit vigoureusement à Sadov^a, et avec plus dcî violence encore sur la ligne de Fransecky, parce que Festetics fit avancer tout son corps d'armée sur Maslowied et le Swipwald, pour soutenir Brandenstein.
A sept heures et demie du matin, Fransecky s'était rendu mahre du Swipwald, mais à ce moment, les trois quarts du II* corps autrichien — Thun-Hohenstein — marchèrent contre lui de Sendraschitz et se joignirent au gros du IV* corps.
A dix heures et demie, ces forces quatre fois supérieures chassèrent la division Fransecky du Swipwald et des environs de Masiowied. Fransecky conserva néanmoins une partie du Swipwald avec son aile droite, et il replia sa gauche sur Benatek.
Il est digne de remarque que Tattaqt^ vigoureuse de la seule divisicHi Fransecky avait tellement détourné de leur rôle primitif les deux corps autrichiens, II* et lY®, qui devaient fiDrmer un flanc défensif contre l'axmoe du prince royal de Prusse, que ces corps ne songèrent plus à occuper les retranchements destinés à renforcer ce flanc défensif.
A onze heures du matin, le l\^ corps autrichien et le II*, à l'exception de la brigade Hrariquez, étaient dans le Swip- ^d, à Cistowes et Masiowied , à 2,000 pas en avant de la ligne que ces troupes devaient occuper, de sorte que tout Fe^ace compris entre Masiowied et Trotina était confié à la garde de la brigade Henriquez — 7,000 hoauBes du II* corps, — et i la 2* diviskm de cafvderie légère»
Remarquons à ce propos que cela n'avait pas été orcbnné dans le plan, mais que la marche en avant et la concentration des IV^' et It corps autrichiens, sans aucun souci des retranchements élevés tout exprès pour eux, ne s'étaient opérées que par suite de l'attaque de la division Fransecky.
Avant neuf heures du matin, le colonel du génie Pidoll faisait déjà observer à Tarchiduc Ernest , commandant le IIP corps, que le mouvement en avant du FV^* corps, au delà de la ligne de front qu'il devait occuper, découvrait le flanc du IIP corps.
Constatons cependant, avant d'aller plus loin , que cette circoBstance n'exerça par hasard aucune influence sur le combat de front que devaient livrer le III* et le X* corps autrichiens.
ATTAQUE D*HERWARTH DE BrrTENFSLD.
Un peu après six heures du matin , les troupes avancées d'Herwarth de Bittenfeld attaquèrent les Saxons àAIl- Nechanitz et Kunczitz. Pendant que les avant-postes saxons se repliaient lentement, le corps saxon prit position à Problus et Nieder-Przim, entre sept et neuf heures, soutenu par le VHP corps autrichien — Weber — et par la 1" division de cavalerie légère.
Après avoir rétabli le pont de Nechanitz, Herwarth de Bittenfeld fit marcher la 15* division — Canstein — sur Hradek, où elle plaça son artillerie sur le flanc gauche des Saxons et se disposa à lancer son infanterie sur Neu-Przim et Ober- Przim. La 14* division — Mûnster-Meinhoevel — marche alors à gauche de Canstein sur Lubno et Problus, en refoulant les avant-postes ennemis sur le front de la position saxonne. Enfin la 16* division — Etzel -— se dirige lentement sur Radikowitz, en arrière de la 14' division et à droite de la 15e.
Les alliés opposèrent promptement à l'artillerie de Cans* tein cinq batteries rayées saxonnes et autrichiennes.
Comme les Prussiens tardaient à s'avancer contre le fi^nt
de ia position de Problus et de Przim, le prince royal de Saxe ordonna vers midi une attaque contre Taile droite prussienne, Tinfanterie que Canstein avait fait avancer sur Jehlitz et JNeu-Przim. Une brigade saxonne fut chargée de cette attaque ; une brigade du VHP corps devait se porter en avant pour couvrir le flanc gauche des Saxons.
L'attaque échoua parce que les Autrichiens entrèrent trop tard en ligne.
Elle fut renouvelée vers une heure et demie par deux brigades saxonnes et, à gauche sur Ober-Przim , par une bri* gade autrichienne du VIII* corps. Mais, à ce moment, la 16' division prussienne s'était déjà portée en avant; elle repoussa la brigade autrichienne et força ainsi les Saxons à se retirer vers deux heures sur la position principale.
ÀTTilQCB DB l'àRMÉB DU PRIKCB ROTÀL DB PRUSSE.
Yoicî le tableau qu'on peut se représenter de la bataille vers onze heures du matin :
L'attaque d'Herwarth contre la position de Problus-Nieder-Przim est encore à son début, et l'on n'a rien obtenu de ce cAté.
Le II« corps prussien — 3* et 4« divisions — et la 8* division — du IV* corps — ont lutté bravement sur la ligne de la Bistritz , depuis Mokrowous jusqu'à Sadowa , contre le X« et le m^ corps autrichiens. La lutte entre le II* corps prussien et le X* corps autrichien a été principalement soutenue par Tartillerie.
La 7® division prussienne — Fransecky — se retire du Swipwald sur Benatek.
Le roi de Prusse se tient sur les hauteurs de Dub, d'oîi il ne peut rien voir de ce qui se passe h Taile droite et au centre de l'armée du Prince Frédéric-Charles (dans laquelle nous comprenons l'armée d'Herwarth), mais il aperçoit distinctement le mouvement de retraite de l'aile gauche, division Fransecky, Cependant l'armée tout entière du prince royal n'est pas
encore entrée en ligne, et son arrivée viendra doubler les forces prussiennes. La réserve de Tannée du prince Frédéric- Charles, IIP corps — S* et 6' divisions — et la cavalerie de réserve, reçoivent Tordre de marcher sur Dub et Sadova, pour soutenir directement la division Horn, indirectement la division Fransecky et le IP corps.
A midi, le IIP corps (Brandebourgeois) s'engage de Sadowa contre Unter-Dohalitz, Lipa et Chlum.
Mais avant ce moment Tarmée du prince royal est entrée en ligne et son action s'est déjà fait sentir, bien qu'on n*ait pu s'en apercevoir encore des hauteurs de Dub.
A onze heures du matin, le corps de la garde prussienne était arrivé sur les hauteurs du sud-ouest de ClK)tieborek. Le prince royal reconnut alors avec un coup d'œil trèsjuste que le besoin de secours était surtout urgent entre Benatek et Horzenowes, et il dirigea la 1'^ division de la garde sur deux arbres, rapprochés l'un de l'autre au point de n'en paraître qu'un seul, et sitaés sur les hauteurs au sud-est d'Horzenowes.
Le même point de direction fut indiqué à tous les autres corps de la deuxième armée. Le YP corps d'abord, puis te V", firent aussitôt savoir qu'ils étaient prêts à prendre les positions et les directions qui leur étaient indiquées. Le VP corps avait pris Tavance, parce que, conformément aux instructions qui lui avaient été données le 2 juillet, il avsdt déjà passé en partie les ponts de TËlbe lorsqu'il re^t l'ordre de marcher sur Welofaow.
En apprenant la situation critique de la 7*" division, ee corps prussien avait dirigé, dès dix heures et demie, deoi batteries et un régiment de cavalerie d'Hustirzan sur Dsziao, et ces batteries s'établirent l onze heures un quart au sud de Lutzian pour tirer sur Horzenowes.
D'un autre côté, Tavant-garde de la 1" divîsicm — d'Avensleben — du oorps de la gairde, sans «Itendre des ordres, s'était portée de bonne heure de Ikubrawttz sur Ziezielowes, et une partie de ses troupes combattait déjà dans le Sw^ wald à côté de la 7*" division.
A iffîdi, le gros de la 1'* division de la garde s'avança eolre Zizlelowes et Horzenowes, et ouvrit un feu d'artillerie à»tre les batteries du II* corps autrichien établies à Test d'florzenowes.
A peu {Hrès à la même heure apparaissait au nord de Baozitz la îi* division -^ du VI' corps ~ venant de Welchow,
Agaiicbe de la il» division, le long de l'Elbe mais encore en arrière, s'avançait la 12* division prussienae.
En comprenant la 7* divieion, de la première armée, le prinee royal ùt Praase avait à midi trois divisions déployées sur la ligne de Benatek à Habrina, et prêtes à combattre.
A €8 moment même, un changement important se produisait dans les opérations des IV* et IP corps autrichiens. Thun-Hoheinstein reçut, vers midi, du détachement qu'il avait placé à Baczitz, pendant qu'il marchait sur Masiowied au secours du IV' corps , la nouvelle que les Prussiens s'avançaieiit en forces sur Baczitz. Immédiat^ooient après il lui arrivait l'ordre formel de ne former avec le Ih corps qu'un crochet défensif. Benedek lui envoyait cet ordre après avoir reçu du commandant de Josephstadt une dépêche qui l'informait qu'un corps d'armée prussien marchait au sud par Salney.
Thun-Hoheinstein ordonna donc un mouvement rétrograde du gros du IP corps, pour amener ce corps à peu près à l'aile droite des batteries établies le 2 juillet entre Sendrachitz et Nedielischt, et le mettre en même temps en cornoraticalion'avec la. brigade JQenriquez, qui occupait la basse Trotinka^
Ce mouvement mettait environ 3000 pas entre le IP corps autrichien et le IV% fui. s'était avancé dans le Swipuvald ûODtre Franseoky, et il formait ainsi une large trouée par laquelle les Prussiens pouvaient marcher. libreme»t contre le centre de la positioa autnicfaienne à Gblum*
lie mouvement du 11^ coups autridûen s'opéra sous la protection de quriques détachements. Le plus fort était la brigade Henriquez, sur la basse Trotinka ; les autres, cwn-
posés de un ou deux bataîllous, occupaient le bois de Baczitz, les villages d'Horzenowes et de Maslomed. Cinq batteries autrichiennes s'établirent à Test d'Horzenowes, pour appuyer les tirailleurs d'infanterie.
Ce mouvement de retraite du U* corps autrichien coïndda avec la marche en avant de la l'"* division de la garde et de la il"* division prussienne.
La 1'^ division de la garde enleva Horzenowes et Maslo- \vied aux détachements autrichiens; la 11'' division s'empara de Baczitz et marcha sur Sendrascliitz, puis sur Nedielischt. Peu d'instants après, la 12^ division prussienne s'emparait de Trotina.
Le mouvement de la r^ division de la garde avait dégagé la division Fransecky, que le IV* corps autrichien poussait très-vivement.
A deux heures, le prince royal avait donc en ligne, sur un front s' étendant du Swipwald à Trotina, par Maslowied et Sendraschitz, quatre divisions prussiennes, y compris la 7<, 4e la première armée.
DfiCISION DE LA BATAILLB.
Pendant que le prince royal faisait ainsi des progrès rapides, les dernières réserves du prince Frédéric-Charles, le IIP corps, avaient été engagées. L'armée du prince Frédéric Charles n'avait pas encore gagné de terrain , mais que Ton n'oublie pas qu'elle avait tenu tète à toute l'armée autrichienne. La moitié de la réserve d'artillerie autrichienne) 64 pièces de canon, avait même été dirigée contre elle à Lipa.
La seconde attaque des Saxons, soutenus par le YIII® corps autrichien, contre l'extrême droite prussienne avait échomi vers deux heures.
Le roi de Prusse, qui se trouvait avec la première armée, savait pertinemment à deux heures que le prince royal avait attaqué, et qu'il fallait que le prince Frédéric-Charles tint bon jusqu'à son dernier homme.
Sur le front du prince royal, la 2« division de la garde arrivait derrière la première; celle-ci se dirigea de Maslowîed sur Chlum, et l'autre fut envoyée à droite sur Lipa, pour appuyer la 8* division et le IIP corps d*armée.
La 11' division prussienne marcha sur Nedielischt; la 12« de Trotina sur Lochenitz.
La 1" division de la garde , qui n'avait presque pas rencontré de résistance depuis Maslowied, enleva vers trois heures les hauteurs de Chlum.
Benedek en fut informé aussitôt et il regarda dès lors la bataiUe comme perdue. Â partir de ce moment — trois heures — il ne s'agit plus pour les Autrichiens que de combats de retraite et, pour les Prussiens, de combats de poursuite.
Le II* corps autrichien et la 2« division de cavalerie légère se portent sur les ponts de Lochenitz et de Przedmierzitz où ils passent l'Elbe, pour marcher ensuite sur Rusek et Pouchow. La 12* division prussienne enleva Lochenitz à la brigade Henriquez qui couvrait cette retraite.
Les débris du IV* corps, le IIP, et des fractions du X* corps autrichien se pressaient sur la route de Sadowa à Kobniggraétz et gênaient l'action de la réserve générale. Ces troupes étaient poursuivies par le IIP corps prussien venant de Sadowa, par la 2'' division de la garde venant de Cistowes, et bientôt par l'avant-garde du P' corps prussien.
La !'• division de la garde se tourna de Chlum contre Rosbieritz, où les Autrichiens lui opposèrent la moitié de leur réserve d'artillerie qui n'avait pas encore donné. Mais, d'un autre côté, la 11® division prussienne vint à son secours, en s'avançant par Swieti sur Wschestar et Rosnitz, derrière la réserve autrichienne.
La cavalerie de réserve de la première armée, ayant à sa tête le roi de Prusse, suivit le IIP corps prussien sur la grande route de Sadowa, où elle eut plusieurs engagements avec la cavalerie de réserve autrichienne, sans qu'un seul de ces combats fût décisif.
A l'extrême gauche de l'armée austro-saxonne, la victoire s'était également déclarée pour les Prussiens vers deux
heures, après l'échec de la deuxième attaque autrichienne. Une attaque de flanc de la 1'* division de cavalerie légia^ autrichienne — Edelsheim, — soutenue par une brigade de cavalerie saxonne, s'arrêta bientôt entre Kadikowîtz et Tiechlowitz. Edelsheim dut revenir à Stosser.
La plus grande partie de Taile gauche de Benedek) des Saxons et du VIÏÏ* corps, fut alors entraînée dans le désordre général, sur Kœniggraetz et le passage de TËlbe èPIaeka, au nord de Kœniggraetz. Une faible partie seuleme&tile ces trmipes put obéir à Tordre, donné très-tard du reste, et se retirer au sud sur Opatowitz et Pardubitz.
Il n'est pas nécessaire que nous suivions plus loin les vicissitudes de la retraite de Benedek, que les Prussieofi œ poursuivirent pas vigoureusement.
Nous avons examiné exact^oient les conditions toetî|Q(K dans lesquelles s'étaient placées les deux armées ; m m\ clairement quel devait être le résultat de «es conditions tao^ tiques, si Ton n'admet pas que les troupes autrieMefiaes pussent avoir une supériorité très-extraordinaire air les troupes prussiennes, dans chacun des combats doait Vensmr Ue constitue la bataille de Kœniggraetz.
Nous avons indiqué sur la carte en a a a] la positiofi A» Autrichiens et des Saxons, telle qu'elle aurait dû être d'après le plan de Benedek, en plaçant cependant les Saxonsi Problus-Przim, ainsi que Benedek les y auliprisa. Les diiffres romains I, II, III, etc., représ^itent les corps a»b^ chiens ; S les Saxons; 1 £, 2 £, la l'« et la 2^ division à cavalerie légère; 1 iR, 2 iR, 3 R, les divisions cbe cavalerie de réserve.
Le cercle b bb représente la position prussienne le 2 ]# let ; le cercle c e c, la ligne idéale de déploiement 4es Prussiens pour le 3 juillet.
Les chiffres arabes i , 2, 3, etc. , repréaenteut les ditiaoos prussiennes, 4 G et 2 G, celles de la garde, A larésa^iiede cavalerie du prince Albert.
La bataille de Kœniggraetz a la fius grande analogieivec celle de Magenta. Napoléon III sur le pont de San Martin
et Guillaume T' sur les hauteurs de Dub étaient — sous plus d'un rapport — à peu près dans la même situation.
La comparaison que les Prussiens ont faite de Kœnig* graetz avec Waterloo n'est pas heureuse. Wellington et Blûcher étaient aUiés et indépendants l'un de l'autre. Voudraiton dire par cette comparaison que le prince royal de Prusse et le prince Frédéric-Charles pouvaient et devaient rester aussi séparés l'un de l'autre que Wellington et Blûcher ? — On ne saurait alors condamner d'une manière plus for** melle le fractionnement en deux armées d'une armée destinée à opérer sur un seul théâtre.
Passage de la Limmat par Masséna (Bataille de Zurich),
' 25 septembre 1799.
(FJ^«re*'Gi, planche YII, e/ 63, planche X.) SITUATION GÊIHÉRALE.
Le 6 juin 1799, Masséna avait repassé la Limmat devant les forces supérieures de l'archiduc Charles. Son armée s'étendait depuis Lucerne jusqu'à B&le, par Zug et la chaîne ' de l'Âlbis, sur la rive gauche de la basse Limmat, de TAar et du Rhin. L'archiduc Charles avait son armée sur la rive droite de TAar et de la basse Limmat, avec son aile gauche dans la vallée de la Reuss, vers les lacs de Zug et de Lucerne ; il occupait la petite ville de Ztîrich, sur la rive gauche de la Limmat.
Les hostilités restèrent suspendues pendant assez longtemps^ et les deux partis en profitèrent pour faire venir des renforts. A la fin d'août, leurs forces étaient à peu près les mêmes; mais T archiduc attendait un oorpe auxiliaire russe le 26,000 hommes, sous les ordres de Korsakoff. Masséna fovlut reprendre l'offensive avant l'arrivée de ce renfort enlemi, et son aile droite s'établit le 14 août dans les vallées lu Rhin antérieur, de la Muotta et de la Linth* L'archiduc,
qui voulait également prendre Toffensive, avec l'aide de Korsakoff, ne réussit pas à passer l'Aar à Dettîngen avec son aile droite, et une attaque de son aile gauche n'eut pas plus de succès. De son côté, Masséna échoua dans une tentative qu'il fit pour passer la Limmat à Yogelsang, près du confluent de TAar.
Sur ces entrefaîtes, la coalition ordonna que Tarmée de l'archiduc Charles se porterait sur la rive droite du Rhin, et que Souvï^aroff passerait d'Italie en Suisse pour venir appuyer Korsakoff. Par suite de ce nouveau plan, l'archiduc Charles se mit en marche le 31 août pour quitter la Suisse et, en attendant l'arrivée de Souwaroff, il laissait en arrière le général Hotze avec 2S,000 hommes, dont 10,000 furent concentrés entre les lacs de Zurich et de Wallenstadt, pendant que le reste était réparti dans Claris, les Grisons elle Tessin. Korsakoff, à la tête de 27,000 hommes, occupait Zurich et la rive droite de la Limmat.
Masséna, informé des nouveaux projets des alliés, résolut de différer le passage de la Limmat jusqu'à ce que l'archiduc fût assez loin pour ne pas pouvoir revenir promptement au secours de Korsakoff et de Hotze. Il voulait cependant l'exécuter avant que Souwaroff, revenaift d'Italie, n'eût franchi le Saint-Gothard. D fit en conséquence tous les préparatifs de passage de la rivière, en ne réservant que le choix du jour oh aurait lieu l'opération.