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PLAN DE PASSAGE À DIÊTIKON

Le point de passage principal fut choisi à Diétikon. La division Soult devait en même temps passer la Linth entre lés lacs de Zurich et de Wallenstadt, pendant qu'une partie de la division Ménard démontrerait au-dessous de Diétito et du confluent avec l'Aar.

La rive droite de la Limmat domine généralement la rive gauche. Au-dessus de Diéiikon, la rivière forme une courbe, à peu près en demi-cercle, dont l'ouverture est à l'est, et

dont le diamètre est d^environ 2,400 pas, de Kloster-Fahr aux Giessœckér.

Le Schœftlibach, venant de Nîeder-Urdorf, se jette dans la Limmat presqu'au milieu de Tare de cercle. Si Ton passe la rivière au confluent de ce ruisseau, on trouve sur la presqu'île de la rive droite un petit bois, le Glanzenberg, qui borde la Limmat. Quand on a traversé ce bois dans la direction de Weiningen, on rencontre d'abord des prairies basses, qui s'étendent à droite et à gauche jusqu'à la. rivière; puis, à 300 pas plus loin, un autre bois, le Hard, beaucoup plus étendu que le Glanzenberg. Le terraia s'élève à l'intérieur du Hai'dholz ; et à la lisière nord-est, entre le bois et Kloster-l^^ahr, se trouve le petit plateau de Fahr, qui s'élève de 100 pieds au-dessus des eaux de la Limmat. Le terrain devient ensuite assez uni depuis ce point jusqu'à Weiningen et aux villages d'Unter-Engstringen et de Geroldsweil, oîi les coteaux de la vallée de la Limmat ont des pentes beaucoup plus roides.

Masséna choisit pour point de passage l'arc de Diétikon. Le pont devait être jeté au-dessous du confluent du Schœftlibach. Ce point ofirait les avantages suivants : la courbure de l'arc de rivière permettait à l'artillerie d'avoir des feux convergents, qui commandaient toute la presqu'fle ; — la rive gauche n'y était pas, il est vrai, plus élevée que la rive droite, mais c'était du moins l'un des seuls points où la rive droite ne commandât pas décidément la rive gauche. A l'est de Nieder-Urdorf, à environ 1000 pas de la Limmat, s'élève à près de 100 pieds au-dessus des eaux de la rivière un petit plateau d'où l'on voyait et dominait complètement l'espace libre de la presqu'île, entre le Glanzenberg et le Hardholz. Ce plateau offrait donc à la grosse artillerie une excellente position d'où elle pouvait balayer à 2,S00 pas tout l'espace libre entre les bois, jusqu'à Weid à l'ouest* L'emplacement du pont était directement couvert par le Glanzenberg, et l'ennemi ne pouvait pas l'atteindre avec son artillerie, mêine s'il se fût risqué à l'essayer sous le feu croisé des batteries firançaises de la rive gauche. Les trou-

pes que Ton ferait passer dès le début sur la riye droite, pour protéger la construction du pont, pouvaient, apvès avoir repoussé les postes ennemis, s'établir fortencient dans le Glanzenberg, comme dans une sorte de tête de pont naturelle. Le point de Diétikon était encore favorable sous le rapport technique^ parce que le courant de la Limmat s'y trouve considérablement amoindri par la courbure que forme la rivière, et que le fond y est excellent pour maintenir les ancres*

Un désavantage^ c'était que la Limmat ne reçoit pas de cours d'eau un peu important au-dessus et près de Diétikn, dans lequel on aurait pu réunir et faire descendre ks biteaux destinés à passer les troupes d'avant-garde, et fu'il n'y avait pas non plus d'île pour cacher la descente de ecs bateaux. Ces inconvénients rendaient donc indispensable de mettre à l'eau et d'armer les bateaux et les pontons sur la rive gauche même, c'est-à-dire en vue de l'eanemi dont oo n'était séparé que par la largeur de la rivière^ 300 pas seulement.

Masséna chargea le capitaine de pontonniers Dedon des préparatifs et des travaux techniques. Le matériel dont disposait cet officier se composait d'abord de IK pontons ^ cuivre, avec tous leurs accessoires. Us formaient à Lunnem, sur la Reuss, un pont que Masséna y avait fait construiic depuis longtemps pour faciliter sa retraite, dans le cas oà il serait forcé d'évacuer ses positions de l'Albis. Ce poût dft Lunnern fut enlevé et transporté à Vogelsang pour servir au passage que Masséna voulait opérer le 30 août, Uai& krsque Masséna renonça à ce dessein, il fit reporter les pofttons à Lunnern et rétablir le pont. Afin de tromper Yefrnemi, ce pont devait rester en place le plus longtemps po^ sîble et n'être transporté à IMétikon qu'au dernitf luo* ment. *

Dedon avait eu beaucoup de peine à réunir à Bruggy sur

Ta^Reass, dangle dépôt général des matériaux de construc* tion du pont, 37 bateaux qui devaient servir au passage de Tavant-garde. Ces bateaux étaient de formes et de dimensions diverses ; les plus grands pouvaient porter 40 à 45 fantassins armés, les plus petits 20. Rien n'empêchait de transporter ces bateaux à Diétikon le plus tôt possible, il fallait seulement éviter d'attirer l'attention de l'ennemi. Il était du reste lïécessaire" de commencer promptement ces transports, parce que le manque de voitures à pontons — on n'en avait que 24 — et surtout de chevaux, rendait impossible de transporter' d'une seule fois de la Reuss sur la Limmat les 53 bateaux et pontons, avec le matériel correspondant.

te transport des bateaux de passage commença donc vers lé milieu de juin. Les chevaux d'artillerie de la division Ménard, qui était sm* la basse Limmat et TAar, opérèrent ce û^nsport de Brugg à Bremgarten, où ils furent relevés par les chevaux d'artillerie de la division Lorges, qui se trouvait entre l'Albis et la Limmat.

Ces chevaux traînèrent les bateaux par-dessus les montagnes qui prolongent l'Albis au nord-ouest, par Rudolfstetten et le Reppischmtihle, jusque derrière le Guggenbtihl, petit bois de pins au sud-est de Diétikon. Là, ils furent déchargés dtTon attendît la nuit, pendant laquelle les bateaux furent transportés à 1,000 pas plus près de la rive gauche de la liimmat, derrière des haies situées à l'est de Diétikon et un petit camp de huttes qu'une partie de l'avant-garde de la <lîvisîon Lorges avait construit à 1 ,000 pas du point choisi pour jeter le pont. Les bateaux furent' alors déchargés et fi&rmés en plusieurs détachements.

Lorsque tous lés bateaux-transports furent réunis dans ce dëpôt', M&sséna choisit la nuit du 2S au 26 septembre pour effectuer le passage ; mais il apprit le 23 que Souwaroff approchait déjà du Saint-Gothard, et il résolut alors de passer la Limmat dans* la nuit du 24 au 28. Les autres préparatifs se firent donc en tou<^ hâte. Dedon fit rompre le pont de Eaniiern dans la nuit du 23 au 24, et le lendemain matin lès matériaux en furent conduits par eau à Bremgarten, oii

ils furent chargés sur les voitures à pontons et dirigés par Rudol&tetten sur Diétikon.

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