‹ Tactique généraleChapitre 29 sur 48 · ZIETHEN EST REÇU PAR LE GROS DE BLUCHER · texte numérisé non relu

ZIETHEN EST REÇU PAR LE GROS DE BLUCHER

Pendant le combat de Vauchamps', entre midi et une heure, arrivèrent à la ferme de la Boularderie d'abord les 3,000 Russes de soutien, puis le gros des corps de Kleist et de Kapczev^itsch. Blucher y prit position pour recevoir son avant-garde. L'infanterie de Kleist s'établit au nord, entre la route et Janvilliers, l'infanterie de Kapczewitsch au sud, entre la route et Fontaine-au-Brou. Pendant que Ziethen se retirait sur la route, poursuivi par de petits corps d'infanterie et des cavaliers de Lefèvre-Desnouettes, pendant que Marmont traversait lentement Vauchamps avec son infanterie qu'il reformait ensuite à Test du village, Grouchy avait marché d'Hautefeuille sur Villeneuve et la Marlière, afin d'exécuter un mouvement tournant plus étendu contre le gros des alliés.

La brigade Hacke arriva la première à la Boularderie, après les 3,000 Russes chargés de soutenir l'avant-garde; elle se porta aussitôt sur la Marlière pour faire tête à Grouchy et protéger contre lui la droite de la position des alliés. Pour donner plus de force à cette disposition et pour recevoir Hacke, s'il était forcé de se replier, un bataillon prussien fut placé dans la ferme de Serrechamps, et deux autres bataillons dans le village de Janvilliers. Déjà, pendant le déploiement de l'infanterie de Kleist et de Kapczewitsch, quelques escadrons de Lefèvre-Desnouettes s'étaient avancés jusqu'à elle, en laissant derrière les débris de Ziethen. Les Cosaques qui couvraient le quartier général de Blticher chargèrent ces escadrons et firent quelques prisonniers, dont un capitaine de la vieille garde. C'est de cet officier que Blucher apprit la première nouvelle des événements du 1 1 et da i2 février; qu'il sut que Sacken, battu à Montmirail, avait été rejeté avec York derrière la Marne, et que Napoléon lui-même était en face des alliés.

Du moment que York et Sacken étaient en sûreté sur la rive droite de la Marne, la position de BIQcher en avant de Bergères devenait sans but, et il ordonna la retraite, qui ne devait cependant commencer que lorsque les débris de Ziethen auraient rallié le gros de ses troupes.

Mais avant que cela arrivât, la brigade de cavalerie de Hacke, forte de 600 chevaux seulement, en vint aux mains à la Marlière avec la cavalerie six fois plus nombreuse de Grouchy. Ce dernier se déploya sur quatre lignes, dont la première se composait de chasseurs à cheval qui étaient très-mal montés. Son artillerie, arrêtée dans les mauvais chemins, n'était pas encore arrivée. Lorsque les chasseurs à cheval se lancèrent à Tattaque, Hacke vint au-devant d'eux à moitié chemin et engagea un combat corps à corps dans lequel les Français eurent le dessous, mais leur supériorité était trop grande pour que ce petit succès des Prussiens eût de l'importance. Grouchy fit avancer des escadrons de ses autres lignes, il les déploya sur les flancs des Prussiens et les força de se retirer sur Janvilliers, où ils se reformèrent sous la protection des tirailleurs d'infanterie qui occupaient ce village. La cavalerie de Grouchy s'arrêta en vue de Janvilliers, et le général français, laissant là quelques escadrons pour masquer son mouvement, se dirigea sur le Mesnil par Bièvres et la Chapelle-Orbais. Le but de Grouchy était facile à comprendre.

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