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DES ROUTES

Les routes doivent se faire en détachements aussi faibles que possible, par bataillon, escadron et batterie. Un seul bataillon trouve facilement à se loger dans une Ipçajîté de

peu d'importance oa dans plusieurs petites localités voisines et situées sur la même route ; il n'a pas alors beaucoup de chemin à faire pour se rendre dans ses quartiers après Tétape et pour revenir le lendemain au lieu de rassemblement. Si l'on voulait, au contraire, &ire marcher réunie une In» gade de S à 6,000 hommes, il faudrait la disperser chaque jour sur un espace de 80 kilomètres carrés, et la réunir le lendemain, de sorte que certaines fractions de troupes pon^ raient avoir à faire une journée de marche de 35 Ulomètres quand l'étape n*en aurait que 22. Les bataillons, escadrons ou batteries, voyageant ainsi isolément, seront dirigés sue* cessivement sur des routes à peu près parallèles, et h des distances convenables.

Les routes se font toujours sur les chemins frayés, afin de ménager les troupes, mais l'on a soin de ne pas gêner la circulation des voitures. L'ordre de marche est réglé de manière que le front de la colonne d'infanterie ne soit jamais de plus de six hommes, celui de la cavalerie de plus de quatre hommes, et, pour Tartillerie et les convois, d'une seule voiture. L'infanterie peut marcher par le flanc, sur deux ou trois hommes de front, selon qu'elle se forme sur deux ou trois rangs, ou, en doublant les files, sur quatre oa six de front, ou par sections de quatre ou six files. Dans les deux derniers cas, la longueur de la colonne est égale au front du bataillon déployé ; dans le premier cas, au contraire, la colonne est plus longue au moins de moitié. Les hommes se répartissent sur les deux côtés de la route afin de laisser le milieu libre pour les voitures. Telle est du moins la vieille habitude ; mais, dans l'intérêt de l'ordre et du commerce, il vaudrait mieux faire marcher la colonne sur un seul côté de la route.

La cavalerie peut marcher par quatre, mais elle marcte de préférence par deux, et la colonne occupe alors trois fois la longueur du front de l'escadron.

L'artillerie et les voitures marchent en file ; les hommes étant répartis de chaque côté des voitures, ou un seul homoa restant près de chaque pièce ou de chaque voiture pendant

({ue le reste est en tôte du détachement. Ce dernier ordre est sans doute préférable.

Le moment où Ton quitte le gtte d'étape dépend de la saison. Il n'est pas bon de voyager la nuit ni par la trop grande chaleur. On ne part pas de trop bonne heure pour que les hommes et les chevaux aient le temps de dormir et de 86 préparer au départ. La cavalerie et rartillerie doivent faire manger les chevaux avant de partir, et pour cela les hommes se lèvent deux heures avant de se mettre en route. L'heure habituelle du départ est cinq heures en été, jamais avant quatre heures ; en automne et au printemps entre cinq et six heures ; en hiver à sept heures.

En été, pour éviter les trop grandes chaleurs et les inso* lations, il peut être bon de couper la journée de marche. En admettant, par exemple, qu'il faille marcher huit heures, on part à quatre heures du matin et l'on marche jusqu'à neuf; on s'arrête alors à Tombre et l'on se repose au moins jusqu'à trois heures et, s'il est possible, jusqu'à quatre. On fait ensuite les trois heures de marche qui restent et Ton arrive à 6 ou 7 heures au bivouac ou dans ses quartiers. Il ne faut jamais faire la soupe pendant la halte du milieu du jour, parce que cela ferait perdre les avantages de cette manière de marcher. Les hommes se nourriront alors de viande froide qu'ils auront emportée. Il faut seulement veiller, ce qui est possible dans la plupart des cas, même à la guerre quand on n'est pas trop près de l'ennemi, à ce que les hommes trouvent un souper chaud une demi-heure après leur arrivée. Pour cela, on peut envoyer en avant, dans des voitures, les fourriers et les cuisiniers. On fait avec ce système des marches surprenantes, et l'on arrive, dans le fort de l'été, à parcourir en huit heures de temps 30 et jusqu'à 38 kilomètres par jour avec des troupes peu nombreuses et habituées à lai marche.

Conoune on doit toujours faire les routes par petits détachements, on ne compose jamais les colonnes d'armes différentes. Chaque arme marche isolément et, s'il est possible, rur une route particulière. Chaque détachement se compose

une petite avant-gardequi s'informe da chemin etbit £sparattre les petites difficultés de passage de manière à é^ter du retard à la colonne ; il a également une petite arrièregarde gui veille h ce que personne ne reste en arrière. L'avant-garde précède la colonne de 500 à 800 pas, Farrière-garde marche de 200 à 400 pas en arrière.

On exige* pendant la route, que chaque homme reste à sa place et s'habitue à marcher en ordre. Les tambours battent de temps en temps pour donner la cadence du pas.D est bon que les officiers marchent avec leur peloton, aullea de se réunir en tête de colonne, comme cela se fait parfois. On n'exige, du reste, que ce qui est absolument nécessm pour le maintien de l'ordre, afin de ne pas ennuyer les hommes.

Quand les soldats sont jeunes, on peut entremêler la marche de certains exercices, tels que marcher au pas pendant un certain temps, exécuter des ruptures et des formations, former une avant-garde ou une arrière-garde pins nombreuse qui marchera comme si l'ennemi était proche, et envoyer des patrouilles de flanqueurs.

L'infanterie fait une première halte de cinq à dix minutes, un quart d'heure après le départ. Les soldats font alors leurs besoins. Elle marche ensuite deux heures, sans s'arrêter, et même trois heures si l'on n'aperçoit pas de fatigue, et elle fait alors une halte d'une demi-heure, pendant laquelle les armes sont mises en faisceaux et les sacs à terre.

La cavalerie et l'artillerie à cheval marchent alternativement au pas et au trot. Une courte halte a lieu au moins toutes les heures pour faire pisser les chevaux, et les honuses mettent pied à terre. Â moitié chemin, on fait une halte plus longue, de vingt minutes à une demi-heure, pour examiner le paquetage et ressangler.

Les hommes peuvent boire à la grande halte, mais il faut veiller à ce qu'ils ne le fassent pas dès qu'ils s'arrêtent, lorsqu'ils ont chaud, et pour cela, l'avant-garde fait occuper d'avance les puits et les fontaines qui se trouvent à la grande halte. On peut cependant quelquefois laisser boire les

hommes en passant près d'un puits ou d'une source. Lorsqu'on en est à 500 pas, le premier peloton se porte rapidement en avant, boit et se remet aussitôt en marche en se reformant; chacun des autres pelotons en fait autant. Boire lorsqu'on a chaud ne fait pas de mal, pourvu qu'on se remette eo marche immédiatement.

DU TRANSPORT DBS TROUPIS.

Les chemins de fer, employés sur une grande échelle aujourd'hui au transport des troupes, ne sont généralement utilisés que pour l'infanterie. Quand un bataillon doit voyager en chemin de fer, un ou deux officiers, ainsi qu'un sous-officier pour 40 ou 80 hommes, et les voitures du bataillon, se rendent à la gare d'embarquement une heure et demie au moins avant le départ. Ils se font montrer les wagons, et font charger les voitures et les chevaux dans des wagons spéciaux où l'on répand de la paille à raison d'une botte par cheval. Les chevaux sont placés dans le sens de la longueur du v^^agon et séparés par une barrière assez élevée pour qu'ils ne puissent pas se voir.

Chaque v^agon destiné aux honunes est inspecté par un sous-officier qui prend en note le nombre de soldats qu'il peut contenir et la manière de les y placer.

Le bataillon étant formé en bataille dans la gare, les sacs sont étés et chaque sous-officier reçoit le nombre d'hommes que peut contenir son wagon, dans lequel une place est réservée pour un officier ou un ancien sous-officier. H conduit ensuite les hommes au wagon, leur indique leur place et fait mettre les sacs sous les bancs. Chaque homme conserve son fusil.

Toutes les heures ou toutes les heures et demie^ le train fait des haltes de dix à quinze minutes pour prendre de l'eau, et Ton en profite pour laisser descendre les hommes.

Les soldats mangent en wagon le pain et la viande froide qu'ils emportent. La longueur de la route doit être calculée

de manière que la troupe arrive au moins une heure avant la nuit au lieu où elle doit coucher.

On prend des mesures analogues lorsque les troupes dob vent voyager en bateau, ou en poste sur des voitures de r^ quisition. Dans ce dernier cas, qui sera du reste fort vm de nos jours, il y a des haltes assez longues au relais où I'od change de chevaux.

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