‹ Taille et conduite des arbres forestiers et autres de grandes dimensions: Exposé comparatif deChapitre 11 sur 25 · DEUXIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME OBSERVATION

Lors de la vente et de Texploitation des bois, suivant le système de M. de Courval, ces jeunes arbres, soignés comme il vient d'être dit, ont été réservés comme baliveaux; il faut alors, à Taide de bons instruments munis de longs manches, les débarrasser de toutes leurs branches adventices, doubles flèches, branches trop fortes ou gourmandes, branches pendantes ou même horizontales ou trop confuses, en ayant soin que le tronc de Tarbre ne soit pas plus long que la partie supérieure garnie de branches.

Vingt ans plus tard, Tarbre est devenu moderne^ ou réserve de deux âges, il a été bien préparé par les tailles précédentes, il ne reste plus qu'à couper rez-tronc la première couronne de branches, ou trois de ces branches au plus, si leur nombre est plus considérable, et à raccourcir les branches de la couronne supérieure (cinq au plus) de manière qu'elles n'aient plus que de 1 à 5 mètres de longueur, en ayant soin que ces branches restent garnies de quelques rameaux né- 4^essaires pour attirer la sève et leur conserver la vie, tout en les empêchant de prendre trop d'extension.

Aux coupes suivantes, on applique à l'arbre le même traitement tant que la végétation d'accroissement n'est pas arrêtée.

Le bois produit par l'ébranchage couvre les frais de l'opération.

L'avantage de cette méthode est d'avoir des réserves parfaitement droites, de grandes longueurs, et ayant par conséquent beaucoup de valeur comme bois d'œuvre.

Le résumé succinct et analytique de ma méthode reproduit dans Tobservation ci-dessus montre avec évidence qu'elle a été parfaitement étudiée, comprise, appréciée, et qu'elle peut être appliquée avec tout le succès possible par Fauteur de cette note. Je lui rappellerai seulement que la même direc- I ion et les mêmes soins doivent, dans ce système, être donnés simultanément à tous les sujets-réserves de tout âge, jusqu'à la période de décrépitude, aussi bien qu'aux baliveaux, et j'insisterai sur la nécessité de ne retrancher aucune branche rez-tronc que par une section bien nette, aussi rapprochée que possible du corps de l'arbre et dans une direction toujours verticale et parallèle à ses fibres.

Je ferai observer aussi que, la base de ce système de taille, dite progressive et successive, consistant, comme l'indique son nom, à supprimer à plusieurs reprises, périodiquement môme, et en y revenant à quelques années d'intervalle, les branches nuisibles ou mal placées, on doit les raccourcir d'abord à quelques mètres, arrêtant ainsi leur développe-* ment, et les préparant pour ainsi dire dès le début, afin d'arriver ensuite, sans aucun danger, à leur amputation complète et rez-tronc.

Je crois bon de rappeler encore ici que l'ensemble de cette utile opération ne doit êtr^ exécuté que dans le courant de l'année qui suit celle de l'exploitation, et que l'amputation devra toujours être accompagnée du pansement immédiat au coaltar, conseillé et pratiqué par moi depuis plus de quinze

ans, afin d'obtenir une cicatrisation prompte et complète : celle-ci en effet ne fera jamais défaut, quelles que soient retendue et la surface de la plaie, car le coaltar, en pénétrant profondément dans cette plaie, la rend incorruptible et lui donne une dureté et une apparence pour ainsi dire métalliques '.

Ces inappréciables avantages, vainement poursuivis jusqu'ici, n'avaient jamais été obtenus complètement, ni surtout d'une manière durable, par l'emploi d'aucun des onguents ou enduits de tout genre inventés et essayés sous divers noms français ou étrangers. Les plus récemment expérimentés sous

* Quelques personnes ayant demandé pourquoi je fixais l'époque des élagages à la première ou au plus à la seconde année qui suit l'exploitation, et pourquoi je n'attendais pas préférablement quelques années (dix peut-être) pour faii*e cette opération, je crois devoir développer ici les raisons qui, après bien des essais, m'ont dicté une semblable détermination. La première, c'est que, si l'on exécutait ce travail avant l'entière vidange des coupes, on serait constamment entravé dans le transport et le placement des échelles par les produits de tout genre qui encombrent le sol. La deuxième, c'est que les branches à supprimer, souvent très-volumineuses, en tombant sur es ramiers et les bois dMndustrie non encore fabriqués ni enlevés et s'y mêlant, y causeraient de grands désordres et en rendraient le débit plus difficile. La troisième et la plus sérieuse, c'est que bien des brindilles ou bourgeons adventices qui ne se développent sur l'écorce des sujets-réserves que sous l'influence de l'air et de la lumière, dont ils étaient privés et garantis depuis la précédente coupe par les recrues de taillis qui les entouraient de toute part, n'auraient pas encore eu le temps de paraître et de se développer dans cette première année, et que, par conséquent, leur suppression, si importante cependant, ne pouvant avoir lieu, le but principal serait complètement manqué. La quatrième raison enfin, c'est qu'en remettant l'élagage h une époque plus reculée (six ou dix ans peut-être) après l'exploitation, outre le grave inconvénient de ne pouvoir se placer à distance convenable des sujets h traiter pour juger de la taille à leur faire subir, il serait extrêmement difïïcile de pénétrer et d'agir avec de longues échelles clans d'épais taillis; de plus, les branches supprimées causeraient par leur chute do regrettables et sérieux dégâts, et enfin il serait matériellement presque impossible de les enlever ou de les façonner.

On comprend que, ces inconvénients n'existant pas pour les plantations d'alignement et isolées, les observations ci-dessus ne leur sont pas applicables, et qu'on . y peut pratiquer la taille et Vonduite ti toute époque de leur âge, et même, grâce au pansement au coaltar, ('n toute saison.

nos yeux aux alentours de Paris, sur nos boulevards, dans les Champs-Elysées et autres lieux, n'ont pas tardé à se détacher et à disparaître en laissant les plaies à nu : ils coulaient ou s'exfolisrient selon les diverses influences atmosphériques, sans qu'il fen restât à peine trace au bout de quelques mois.

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