‹ Taille et conduite des arbres forestiers et autres de grandes dimensions: Exposé comparatif deChapitre 2 sur 25 · PRATIQUÉE SIMULTANÉMENT SUR LES 2/5 OU LES 5/4 DE LA HAUTEUR TOTALE · texte numérisé non relu

PRATIQUÉE SIMULTANÉMENT SUR LES 2/5 OU LES 5/4 DE LA HAUTEUR TOTALE

!>¥.< AKRRES.

BUT DU SYSTÈME GÉNKhALEMEiNT ADOPTÉ

KT PHATIQUÉ JUSQi'a CK JOUH

Je vais d'abord rechercher et exposer dans quel but et en vertu de quels raisonnements rancieiine méthode procède à ses diverses opérations.

l"" On s'attache à prolonger à tout prix la tige des arbres

conservés comme réserves ou futaie, à chaque coupe périodique dans les forêls, ou plantés en alignement et sur le bord des routes, sans se préoccuper de la forme à leur donner, des dimensions à en obtenir, ni des qualités à leur conserver, et sans s'apercevoir que, bien loin d'arriver au résultat qu'on s'était proposé, on sacrifie ainsi l'avenir de ces arbres. En effet, à la suite de l'amputation inconsidérée d'un grand nombie de branches qui fait la base de ce système, la tige de l'arbre, déchirée par ces plaies béantes et rapprochées, se couvre dans toute sa longueur de nombreuses nodosités, d'excioissances et de bourgeons adventifs qui, comprimant et obstruant les vaisseaux conducteurs de la sève, entravent le cours et la circulation de celle-ci, et la forcent à s'échapper par ces plaies multipliées, qu'on voit bientôt dégénérer en ulcères, chancres ou gouttières, et s'étendre rapidement jusqu'au cœur du sujet, privé ainsi de toutes qualités et de toute valeur commerciale.

2° Cet élagage intempestif et exagéré a sans doute aussi pour but de procurer un produit fréquemment renouvelé en menu bois de chauffage et bourrées, provenant de l'amputation périodique de la majeure partie des grosses et moyennes branches. Ce mode de procéder a beaucoup d'analogie avec la mutilation complète et barbare appelée émondage bu exploitation en têtards, et applicable seulement aux haies vives.

3" Dans la crainte mal fondée d'attaquer et de compro* mettre le corps de l'arbre, on réduit indistinctement toutes les branches des premières couronnes à la longueur de 20 ^ 50 ou 40 centimètres à partir du périmètre de la tige, sous forme de moignons, chicots ou rabats, supposant bien à tort que ces plaies se cicatriseront, ce qui est cependant physique*

ANCIENNE MÉTHODE. ^ lU

ment impossible et sans exemple, car, faites dans ces conditions, elles ne se recouvrent jamais complètement, ainsi qu'il est facile de s'en assurer sur tous les sujets mutilés. (Gravures l, 3, 4, 5; grav. 10, B, grav. H .)

4"* Dans un but d'économie mal entendue, on semble vouloir aussi se dispenser des soins et des quelques frais supplémentaires nécessités par la taille progressive, et Ton fait exécuter en une seule fois par de simples bûcherons cet élagage complet et général , sans s'apercevoir (|u on sacrifie ainsi la valeur et la durée de ses arbres, comme cela a lieu dans presque tous les bois et sur toutes les routes de France, (|ui préscMitent également sous ce rapport l'aspect le plus déplorable.

5° Enfin, et de là vient le nom qui sert à désigner cette méthode vicieuse, on forme et l'on conserve de nombreux chicots ou moignons qui épuisent et défigurent les arbres, et l'on remet à la coupe suivante le soin de les raccourcir ou de les supprimer, croyant qu'il sera temps encore d'en prévenir les funestes effets. Les raisons ne manquent pas pour démontrer combien est profonde Terreur dans laquelle on tombe à cet égard ; je n'en veux citer que deux au hasard .

La première, c'est qu'à la suite de ces nombreuses amputalions, (jui appellent abondamment la sève à l'extrémité Iranchéc des fibres et vaisseiuix conducteui's, l'arbre se trouve affaibli par TécoulenK^nt constant de ci»s exutoii'cîs toujours ouverts; car il est certain, comme je l'ai dit plus haut, qu'avec ce mode d'élagage la cicatrisation est impossible et sans (exemple.

I^ seconde, c'est que, vu leur forme oblique et le pt^u de longueur qui •leur a été laissée, la surface de ces moignons mutilés, bientôt frappée de mort, entre en décomposition, ef ,

absorbant les eaux pluviales comme une éponge, ou les retenant dans une sorte de godet ou de réservoir, porte la carie jusqu'au cœur de Tarbre avant la révolution périodique de la prochaine exploitation sur laquelle on avait compté. (Grav. 5 ; grav.-lO, B; grav. H; grav. 12, B.)

Il sera trop tard alors pour combattre les rapides ravages de la décomposition et pour remédier à la dépréciation du bois d'oeuvre ; le mal est incurable : car l'action lente mais continue de la carie ou nécrose ne s'arrêtera plus et poursuivia, bien que latente et masquée à l'extérieur par une cicatrisation superficielle, son œuvre incessante de destruction - (Grav. i, C; grav. 10, A.)Xe but aura donc été complètement manqué, et Ton n'aura plus, au retour fixe de la coupe attendue^ qu'un spectacle affligeant et de tardifs tegrets.

MOYENS ET PROCÉDÉS GÉNÉRALEMEiNT EMPLOYES

KLAGA6E A CHICOTS OU ItABATS.

Dans ce système, si toutefois ou peut donner ce nom à un traitement aussi barbare, les bûch^oris sont habituellement chargés, à chaque coupe périodique dans les taillis-sousfutaies, chacun dans le marché qui lui est alloué, d'élaguer indistinctement, comme je l'ai déjà dit, tous les arbres aux 2.3 ou aux 3 4 environ de leur hauteur totale, et reçoivent

l*ordr€ exprès de ne couper aucune grosse branche à plus de 20 à 50 centimètres de distance du tronc. On forme ainsi des chicots ou moignons, dans la pensée sans doute qu'à cette longueur, leur carie, que du moins on ne saurait nier, n'atteindra pas le corps de Tarbre. (Grav. 1, A; grav. 12, A.)

Ces ouvriers, peu experts dans ce genre de travail, sûot généralement payés à tant par pied d'arbre, prix débattu, ou plus souvent au décistère de bois de chauffage et au cent de fagots, ce qui les pousse à couper le plus de bois possible sur chaque arbre, afin de gagner davantage, sans s'inquiéter des suites funestes de ces nombreuses mutilations.

Ils dénudent ainsi les arbres, surtout le long des routes, aussi haut qu'ils peuvent atteindre, attachant une sorte de vanité puérile, même au péril de leurs jours, à ne leur laisser qu'un mince bouquet de feuilles au sommet, et les dégarnissent périodiquement de toutes leurs branches de bas en haut, ne les abandonnant qu'après les avoir couverts d'innombrables et larges plaies béantes par où s'échappe à flots la sève qui afflue sur tous les points de leur tige tortueuse et déformée.

N'ayant point d'instruments spéciaux pour ce travail, ils se servent des serpes communes à bec recourbé, avec lesquelles aussi ils abattent les taillis et façonnent les fagots, échalas et autres bois d'industrie. (Grav. 6, 7, 8.)

Ces outils, par leur forme et leur légèreté, sont complètement impropres à tout élagage raisonné et sérieux, et, par conséquent, aussi désavantageux pour le propriétaire forestier qu'incommodes pour l'ouvrier.

De plus, comme on ne fournit pas d'échelles à ces bûcherons, ils sont ( bligés de se munir de griffes avec lesquelles ils

déchirent l*écorce des jeunes sujets et les couvrent de plaies qui, avant même de dégénérer en ulcères, déterminent Técoulement de ta sève et le développement immédiat, dans toute la longueur du tronc, de nodosités, bourgeons et excroissances dont j'ai signalé ci-dessus les désastreux effets.

Les* baliveaux et modernes, ne pouvant donner qu'un faible produit en branches à supprimer, ne sont, pour ainsi dire, Tobjet d'aucune attention; cependant on coupe immédiatement à la serpe, en les abaissant, les jeunes pousses des baliveaux, aussi haut qu'on peut les atteindre. Cette mutilation les prive de la majeure partie de leurs appareils respiratoires , et empêche tout accroissement de leur diamètre : c'est une destruction presque complète.

Quant à la forme régulière et symétrique à donner à Tensemble de Tarbre, au raccourcissement périodique et raisonné de ses branches, à leur nombre rigoureusement observé, à la forme et à la direction nécessaire des amputations, à leur pansement, à celui des plaies déjà anciennes et accidentelles qu'on ne peut manquer de rencontrer, l'ancienne méthode ne s'en occupe pas et paraît n*en pas même comprendre Tutilité*

Elle ne paraît pas non plus soupçonner l'inappréciable avantage qui résulterait, pour l'avenir forestier, d'une sage restriction apportée à la trop grande étendue horizontale de la cime des arbres : procédé qui laisse ou rend aux baliveaux ou modernes de remplacement toute la place nécessaire pour s'élever librement en ligne verticale et former à leur tour de belles et utiles réserves > destinées à succéder aux sujets marqués à chaque coupe périodique.

ANCIENNE MÉTHODE. t25

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