CONCLUSIONS
Ces utiles travaux de direction et de conduite des arbres par une sorte de taille raisonnée et progressive, dont je n'ai pu donner ici qu'un aperçu fort incomplet, doivent être exécutés dans Tannée qui suit celle de la coupe d'exploitation, et renouvelés au moin^ à chaque révolution, si Ton ne peut Topérer une seconde fois pendant sa durée, ce qui sera toujours préférable si l'on veut obtenir plus sûrement la complète disparition de tous les bourgeons, nodosités on brindilles sur le corps des arbres.
Au retour périodique de chaque coupe, on trouvera sur le sujet toutes les plaies, précédemment ouvertes par la suppression de la première couronne, parfaitement cicatrisées, sans exception^ et les branches de la couronne supérieure, seulement raccourcies ou châtrées avec brindilles d'appel, encore vivantes, quoique n'ayant pris relativement qu'un faible développement.
C'est sur les branches composant cette seconde eouronne, traitées et raccourcies à la précédente exploitation, que sera cette fois dirigée l'opération , qui consistera à les couper reztronc, si l'arbre est jugé dans de bonnes conditions pour bien supporter ce nouveau prolongement de sa tige et en profiter utilement.
Ces principeset leurs moyens d'exécution, adoptés presque sans conteste et sans réserve pour les arbres forestiers, s'ap-
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pliquent mieux encore et plus focilèment à ceux de diverses essences plantés soit isolément, soit en lignes, sur le bord des routes ou des canaux, puisque Ton peut, en tous temps et en toute saison, surveiller ces arbres, les aborder et porter un prompt remède aux déviations que leur végétation pourrait présenter.
Quant à Temploi du coaltar pour le pansement des plaies, quelque étendues qu'elles soient, il est inappréciable et supérieur à tous les autres procédés en usage jusqu'à ce jour.
1" 11 protège contre toute décomposition, pourriture on carie, la portion de bois que la section des branches supprimées a mise à découvert, en la préservant -complètement de tout contact avec les influences atmosphériques, dont les fréquentes alternatives sont si nuisibles.
2"* 11 prévient 1 evaporation et Técoulement de la sève qui afflue à la partiet^amputée : la sève, en effet, arrêtée par cette couche tenace à Textrémitè des tubes ou vaisseaux séveux qui ont été tranchés, s'utilise aussitôt tout entière*à la cicatrisation rapide de la plaie.
3** Il éloigne, par la dureté qu'il acquiert et qu'il communique au bois, aussi bien que par l'odeur qu'il répand et conserve, les nombreux insectes destructeurs qui, en Tabsence de ce traitement, viennent, après s'être nourris de la sève surabondante à la surface de la plaie, déposer leurs œufs ou leurs larves dans le bourrelet de la jeune écorce, impuissante alors à la recouvrir.
Le coaltar ainsi appliqué, en préservant, comme je viens de le dire, la portion de bois parfait et surtout l'aubier mis à nu des influences atmosphériques qui ne tarderaient pas à les corrompre, a en outre le précieux avantage de faire
périr par son contact et même par son voisinage les insectes destructeurs logés dans les cavités où ils se nourrissent. Il s*oppose donc ainsi à leur multiplication et à leur dispersion sur tout le corps de Tarbre, d'où, partis d'abord d'une seule plaie gangrenée ou nécrose, ils finissent souvent par faire invasion dans le massif tout entier, et même par s'étendre de proche en proche sur toute une forêt. Le scolyte de l'orme, celui du pin sylvestre, celui du sapin des Vosges, et bien d'autres encore sont au nombre de ces dangereux epnemis, qu'il est prudent, urgent même d'écarter.
4° Enfin il met la plaie, recouverte d^une seule couche au pinceau, à l'abri de toute attaque de la part des nombreux oiseaux de la famille des pics, vulgairement appelés piverts, colettes ou becbots; car ceux-ci, profitant de la décomposition rapide du bois pour y chercher comipe aliments les insectes qui le rongent ou pour y faire leurs nids, creusent des trous profonds dans l'intérieur du tronc, et ces Cavités, recevant et conservant les eaux pluviales, dégénèrent en ulcères, gouttières et caries par suite desquels les plus beaux arbres perdent souvent tout leur avenir et tout leur prix •.
* Le coaltar ou biack (résidu bitumineux de la houiJlc dont on a extrait le gaz; son prix, souvent nul, ne dépasse jamais un centime le litre) s'applique ù froid et à Tétat liquide avec des pinceaux ou brosses on crin de 15 à 18 centimètres de tour. S'il arrivait que, sous Tinfluence de froids rigoureux, il cessât d'être liquide, on lui rendrait facilement cette propriété en l'approchant du feu.
Aucun enduit ni onguent ne peut lui être comparé : il a la propriété de se fixer ù froid sur le bois vert aussi bien que sur le bois desséché, de ne jamais couler sous l'influence de la chaleur atmosphérique, de n'arrêter eu rien l'accroissement des lèvres de la cicatrice, et de préserver complètement de toute décomposition les parties de bois ou d'aubier sur lesquelles on l'applique, avantages qu'on n avait jumais obtenus d'aucun onguent, peinture, enduit, goudron végétal ou bitume employés jus^pi'ii ce jour.
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