M. THÉODORE SIMARD, NOTAIRE
M. Théodore Simard, ([xio Fivdrric visita le lendemain de son arrivée à Saint-Pons, hii (it sur Auhrespy des révélations qui le consternèrent. Non seulement son associé était un liomme de fort mauvaises mœurs, scandalisant la ville par le spectacle d'amours crapuleuses avec vingt ouvrières de la fabrique, particulièrement avec une e(>rlaine Aujj!;ustine Signol; mais il manquait de probité commerciale. Pour les munii-s, passe; pour la probité dans les aflaires, c'était grave.
Notre paysan rougissait, pâlissait, tremblait.
— Que me dites-vous là, monsieur Simard!
— Tout crédit vous est fermé sur les places du département, sans préjudice des j)()iii'suiles (|ui ne larderont pas à être exercées contre la Société Aul)resj)y-Servièi-es par MM. Fermepain, de Béziers. Ces messieurs sont indignés des procédés d'Aubrespy pour leur exlorcjuei- de largenl, procédés {|ui seraient allés jusqu'au crime. MM. Fermepain m'ont adressé les pièces et je tiens à vous les mettre sous les yeux.
Tandis que les doigts agiles de M. Simard fouillaient dans un cai'lon encombré de |)apei'asses, Frédéi'ic. pareil au bunif qui vient de recevoir le priMiiiei* coup de massue à l'abattoir, étourdi, branlait la tète de droite à gauche, de gauche à droite, et répétait indétiniment :
— Au crime!... An ei-ime!...
Le notaire avait enlin saisi tritis feiiillels de papier timbré. 11 les lui posa sous le nez.
— Reconnaissez-vous votre signature au bas de ces oillets?
— Non, monsiiMir, je ne la riH'onnais pas.
— l'ixaminez bien.
— Monsieui" Simai'd. je n'ai pas signé ça.
TATLF.EVENÏ.
— (lo qui vont diro que votro associé a conirofait votro sio^naturo et que la cour d'assises aura à s'ocnipci- de lui.
Fn'déric oui un mouvoment qui lo piaula dobuul. La face convulsée, les yeux hors de la tète, il s'écria :
— Non, monsieur Simard, Aubrespy ne passera pas par la cour d'assises, où il Iraînerait mon nom. Je le tuerai avant! il faut que je le lue!...
Le notaire eut le temps juste de se coller contre la porte de son cabinet pour l'empêcher de sortir.
— Monsieur Servières, calmez-vous... J'ai du reste à vous entretenir quelques minutes encore... Vous êtes un honnête homme, et, si MM. Fermepain poursuivent votre associé, soyez sur qu'aucune confusion ne sera faite entre Aubrespy et vous. A Béziers, comme à Saint-Pons, on vous estime...
Il le conduisit vers son siège, où il tomba tout d'une masse