‹ TailleventChapitre 33 sur 58 · AU VOLEUR! AU VOLEUR · texte numérisé non relu

AU VOLEUR! AU VOLEUR

que vaillo, on lui avait arrangé une chambrotto à coté do la chambro do sos parents, lui faisait horreur dans son silonco et son doser! . Los machines étaient arrêtées et les bâtiments béaient vides, abandonnés. Par bonheur, Théodora Simard, une blondinette de quinze ans, fine et jolie, n'oubliait pas sa compagne du couvent, et c'était, dans le break de son père, des promenades au Cabaretou,aux Verreries, dans les châtaigneraies de Rieussec. Les mères étaient de la partie. Madame Simard, acquise à Riquettte, n'avait pas eu grand effort à faire pour se rappeler Madeleine Lautior et renouer avec elle. On goûtait sur l'herbe. Les enfants bavardaient, riaient, folâtraient, et les jeunes femmes revenaient aux choses du passé, se plaisant à évoquer le moindre souvenir, à le (léj)lioi" fouille à fouille, à le respirer délicieusement.

— Te souviens-tu, Madeleine?... bavardait madame Simard.

— Et vous, Julio, vous souvenez-vous?... disait madame Sorvioi'os, qui, tombée on paysannerie, n'osait tutoyoi' son ancienne compagne, élégante, aisée dans sos manières comme on l'est seulement à la ville.

— Je pense souvent qu'il pourrait bien y avoir quelque chose de providentiel dans l(>s malheurs (|ui vous ai'rivont. Peut-être le dessein de Dieu est-il de t'arrachera l'Espinouze, où l'on ta cachée trop longtemps, pour te faire vivre à Saint-Pons, où l'on te verra? M. Simard, fort entendu on atVairos. prétond que, délivré d'Aubrospy, M. Sorvioros, (jui inspire confianco, tiouvera de l'argent pour remettre on train la fal)riquo.

— M. Simard a trop do bonté. Mon mari est fait pour les besognes de chez nous, non pour celles d'ici.

— Avec ça qu'il faut être un aigle pour s'oniichir dans les draps!,..

— Mon mari est fort intolligonl. dit-elle, piquée. Seulement, avec sa probité pleine de scrupules, il deviendrait la proie du premier malhonnête homme venu.

— Il se ferait au commerce, comme les autres.

— Non, il ne s'y ferait pas, au commerce, comme les autres... Voyez-vous. Julie, puisque les gendarmes n'ont pu réussir à

motirc la main sur le IVipoii qui nous riiino. lo mieux est encore, pour nous, de nous atlaclier à l'i^uerolles.

— Alors, lu t'amuses beaucoup au milieu des lairines?

— .l'ai... mon mari, j'ai mon oncle Alype , j'aurai Riquelte quand elle aura lini son cducation...

— Moi aussi jai mon mari et j'ai Théodora. Cependant, j'éprouve le besoin de communiquer avec mes semblables... L'biver dernier, nous avons eu deux bals chez le sous-préfet, un chez le président du tribunal, un autre chez le substitut, M. Cabanes, homme tout à fait aimable, et d'un galant! d'un ^alanl!... C'est toi, Madeleine, qui aurais enlevé les cœurs avec tes yeux bleus de biche effarouchée, ton grand air de mélancolie, ta taille mince et plus souple qu'un roseau du Jaur !...

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