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I.A CALOTTE DE CUIR IJOUILM

songr à conimandor. Un gnmd malheur écrasi' Frédéric', le met pour ainsi dire en morceaux; aussitôt, Dieu, qui ne veut pas voii" les lerres de Figuerolles dépérir, tomber en friche, disparaître, io, suscite pour tout conduire et tout sauver. EUe n'eut pas une parole.

— Eh bien?... lui demanda-t-il.

— Eh bien, vous vous li'ompez. mon oneh\

— Que veux-tu dire?

— .le veux dire ([ue la force qui vous étonne en moi ne me vient pas de Dieu...

Elle s'arrêta. Sa pâleur était extrême.

— Du courage, ma fille bien-aimée...

— ...Elle me vient toute de cet homme... qui, un soir...

— De Noguerra?

— - Oui, de Noguerra.

— Tant mieux ! tant mieux !

— CommenI, vous approuveriez?...

— Plus je verrai Noguerra s'attacher à Figuerolles, |)Ius je remercierai le Tout-Puissanl.

— Et si cet Espagnol eonvoilail une femme?...

Alype rit d'un tel élan, d'une abondance telle, que sa calotte de cuir bouilli, se détachant d(> sa tèle, roula sur le plancher jusqu'au mur.

— Mon oncle!... s'écria Madeleine, ollensée. dehoul. Aloi's, le pauvre abbé :

— Je sais toul, ma chère enfani, ou pintôl je devine h>ul. Naturellement, je ne te dévoilerai pas les secrets de Noguerra en ses fréquentes confessions, — ces secrets appartiennent à Dieu seul. Mais rien ne s'oppose à ce que je te découvre ce qu'à travers des convei'salions journalièi(>s, il ma été permis de démêler de son cœur. Ce noble exilé, pieux comme un ange, malgré mille occupations absorbantes trouve le temps de venir me servir la messe chaque matin, et je tâche d'apprendre...

— Qu'avez-vous appris?

— Oh! des choses peu pi'écises. peu nettes... Si Noguerra en veut à quelqu'un ici, sois Iranciuille. ce n'est i)as à toi.

— A qui donc, s'il vous plaît? lil-cllc, Irouanl sou ouclo d'uu r(><j;ai-d offilo comme une lame.

— Voyons, Madeleine, ne t'exalte pas ainsi... et d'autant plus que je ne suis sûr de rien...

— Enfin, qu'y a-t-il?

— Il y a. — à moins que je ne me trompe. — que Noguerra a remarqué notre Riquette...

— Ma fille!... Vous êtes l'on, mon oncle.

— C'est, ma loi. hien i)ossil»l(\

— Une enfant!

— Elle marche sur ses dix-sept ans...

— ... Et point jolie...

Alype, alleiul à Tond, s'i'dait levé à sou tour.

— Madeleine, ji;émit-il, tes lèvres viennent de laisser échapper des paroles épouvantahles. Par un privilège où s'enveloppe le mystère de la perpétuité des hommes. Dieu a voulu que la femme trouvât les enfanis de ses entrailles plus heaux que tous les autres enfants, et toi tu trouves ta fille laide! Ce blasphème me chasse de ta maison. Je n'y reparaîtrai que lorsqu'il me sera démontré que tu as fait pénitence et obtenu miséricorde.

Avec un courage dont on aurait pu le croire incapable, ce prêtre, si faible à sa nièce, si faible à tous, s'achemina vers la porte sans regarder derrière lui.

— Mon oncle! mon oncle!... clama Madeleine, ses deux mains accrochées à la soutane de l'abbé.

— Non!

— Si vous m'abandonnez, je suis perdue!

11 ne sut se priver de l'étreindre longuement.

Ils se rassirent. Leurs faces étaient noyées de larmes.

Sous la j)luie toml)ée de son cœur, les yeux de Madeleine, tout à l'heure d'un gris très brillant et très froid, reprenaient leur bleu délicat, transparent, céleste. Ses lèvres entr'ouvertes balbutiaient des mots, des phrases entières; mais, soit trouble, soit dui'elé d'oreille, Alype ne percevait rien de franc, rien de dislinet.

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