‹ TailleventChapitre 47 sur 58 · UN R0.\ CHIEN DK GARDE · texte numérisé non relu

UN R0.\ CHIEN DK GARDE

sacrifior pour sa « sœur », n'avaient rien de commun avec les ardeurs des jeunes gens pour les filles, qui l'avaient frappé d'élonnement aux fêtes votives des paroisses de l'Espinou/.e et du Marcou. A son jugement, Riquclte était un être adorable, hors de sa portée, baignant en pleine lumière entre terre et ciel. Elle ne marchait pas, elle volait comme un ange dans les tableaux de l'église de Rocjnefixade; elle ne parlait pas, elle chantait comme une fauvette dans le Roudil. Quel homme serait digne d'elle ? Un monsieur bien éduqué et bien riche de la ville, qui volerait en marchant comme elle, chanterait en parlant comme elle. lV)ur lui, il demeurerait le chien couchant, le chien timide de sa jeune maîtresse, trop heureux si on lui permettait de la voir toujours, de la suivre toujours, d'aboyer toujours sur ses talons...

Un craquement... Des pas?... Une ombre droite et haute marche sur le mur parmi les ormes de la cour, aux environs de la chambre de Madauie... Un élan suffit à Luc, et, tandis qu'une de ses grilfes s'abat sur une main ([ui làte un loquet, son autre griffe serre à la gorge quelqu'un en chair et en os qui s'alfaissc sous l'étreinte en gémissant :

— Mais vous m'élran...glez...

Luc charge rboninie cl l'emporle.

— J'ai bu... toute la gour... de, marmotte l'Espagnol.

Le poids (le Xogueri'a pés(> autant ((u'une j)lume aux épa\iles de notre Hercuh» cévenol. Il th'gringole l'escalier.

— Il faisait froid à Tirebosc... Quel ratafia!...

Comme l'ivrogne bredouille (-(«s mots, il est lancé à travers sa chambre.

— Ah! il en veut à Madame !... Ah! il en veut à .Madame!... répète Luc.

Il passe le reste de la unit à la porte de l'Espagnol, résolu à l'écharper s'il soi'l d(> che/ lui.

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