LA MASSUE D HERCUL
Fivdéi'ic rentra lo londemain. Il élait méconnaissable tant quelques jours l'avaient vieilli, détendu de la tète aux pieds. Le creux de ses joues, le vague de ses yeux, la pâleur de son visage, ne parur(>nl pas émouvoir beaucoup Madeleine, harcelée diiuiniétudes intimes déchirantes; nuiis ils bouleversèrent Jérôme, Hiquette, Alype, Tailb'venl, — la Cambotte surtout, qui ne put s'empêcher de ])leurer.
— 0 mon fils, que t'est-il arrivé? lui demanda le vieillard.
— 0 mon père!... s'écria Frédérique, s'emparant de ses deux mains, les mangeant de baisers.
— Voyons, mon neveu, lui dit l'abbé, ne nous laissez pas croire que Dieu vous a complètement abandonné,
— 0 mon maître I mon maître ! répétait Luc... Si quelqu'un, ici ou ailleurs, vous a porté tort, parle/ !
— Oui, parlez! insista la Cambotte, s'associant aux menaces anonymes de son fillot.
— Personne autre qu'Aubrespy ne m'a porté tort, balbutiat-il.
Et, relevant son front, dont une flamme rouge venait d'effacer les rides aussi profondes que des entailles, il articula :
— C'est égal, je ne m'attendais pas à ça... Moi qui avais compté sur les Albagnac... Vous savez la nouvelle? Adolphe Albagnac épouse Théodora Siniard...
— Lh l)ien, voilà tout, interrompit Alype. Il se pencha à son oi'eille et lui murmura:
— Je tiens en réserve pour notre fillette un mariage autrement avantageux que c(dui qu'elle eut fait avec Adolphe Albagnac. Je vous parlerai de ça...
— Je vais me reposer, souffla-t-il, excédé de fatigue. Il gagna sa chambre.