‹ TailleventChapitre 8 sur 58 · PROSPER RATIFOI,, DIT « PIPETTE · texte numérisé non relu

PROSPER RATIFOI,, DIT « PIPETTE

Lo socond viilcl de chiens n'avail pas aciiovo do donner carrière à son onlliousiasnio, que Riquelte et Luc se turent. Leurs lèvres avaient cg9,h& tout balbutiement, mais elles ne demeuraient pas inaclives |)our c(da, car elles avaient, chez l'un comme

chez lautrc, (h' couris IVissons, |)uis elles s'allongeaient, celles-ci vers celles-là cl c(dles-là vers celles-ci, comme pour l'échange d'un baiser.

— Embrassez-vous, mes pelils! cria Prosper Batifol.

incontinent, à travers la toison dorée du garçonnet, cjiii

il2 T AT [.LEVENT.

inondait de sos annonux lo hôiiuin l)ljinr do la lllloll(\ nn lotrer bruit passa.

— C'est Luc! mon Lvcou!... s'exclama la Cambotte. Frédéric, son père, ses oncles enveloppèrent les enfants, qui

d'eux-mêmes venaient de se prendre les mains.

— Ne craignez pas pour Mademoiselle, dit Pipette : Luc l'a bien saisie. Nous n'avons pas de chien plus foil et })lus membru que cet enfant de la (Cambotte. L'antre jour...

— Rh bien! que fait-on par ici? à quoi pense-t-on? ciia Rascol, survenant, le visaj^e criblé de gouttes de sueur.

— Que nous voulez-vous? interrogea Frédéric.

— On oublie donc que nous sommes en mai? qu'il arrive encore des tarrines? J'étais monté sur le Louvart, j'ai vu venir des pâtres del'Agout, et j'accours pour vous les annoncer.

Il ouvrit une fenêtre.

— Regardez! dit-il.

Les pentes du Louvart apparurent blanches de toisons. Sur les flancs des tarrines, éclataient les points noirs des chiens, dont les abois aigus se mêlaient aux bèlenients plus sourds des moutons et des brebis.

— A la besogne, Pipette! commanda Rascol.

— A la besogne, tous! crièrent Jérôme, Pierre et Antoine, avec un moulinet joyeux de leurs bâtons.

VENAXCIO NOGUERRA

Rien n'avait préparé Madeleine Lautier à la vie bruyante, affairée de Frédéric Servières, ni sa nature délicate de sensitive. ni son éducation au couvent des Ursulines. Dans les commencements, par un effort que l'amour, où les plus timides découvrent hardiesse et courage, lui rendait facile, elle n'avait pas trouvé trop lourde la chaîne qui la rivait à Figuerolles pour

VK.NANCIO NOGUEIIUA. 113

jamais. Certes, son mari était (ruiie pctiilaiice extrême, la moindre opposition le poussait à l'emportement ; mais quelle douceur dans ses retours, et combien étaient délicieuses alors les moindres paroles, les moindres caresses de Frédéric, pénétré de ses torts, implorant son pardon à genoux! D'ailleurs, elle avait senti tressaillir ses entrailles, et bientôt naîtrait un entant, un enl'anl de sa eluiii' à elle et de sa chair à lui, un eiil'aut qui sej'ait l'éternel lien eali'e eux, son éternelle joie, son éternelle consolation,

A la longue, Madeleine vit j)lus clair en celui auquel son oncle lavait donnée, vit plus clair en elle-même par des coups répétés, et désespéra. Frédéric, à la naissance de sa fille, avait manifesté une exaltation de sentiments dont elle ne l'eût pas soupçonné capable; aujouid'hui encore, dès qu'il était question de Frédériquc, il entrait en des transports touchants. Mais, elle, que recueillait-elle dans ces explosions du cœur de son mari? Hien ou à peu près : un mol s'il y pensait, un sourire s'il y pensait. Une de fois, quand il était si heureux, elle avait refoulé ses larmes !

La religion, (jui, chez l'oncle, par l'ctroitesse de pratiques quotidiennes, avait lini |)ar diminuer, amincir lenteudement réduit à la dernière pauvi'eté morale, laissait toute sa pénétration à l'intelligence singulièrenuMit aiguë de la nièce. Soit qu'une vertu secrète — peut-être la veiln intime de la femme, promise aux plus terribles soulfrances, aux sacrilices les plus hauts — l'eût préservée, le couvent n'avait pas agi de la même lacjon sur elle que le séminaire snr lui. L'un et l'autre étaient pieux, très pieux; seulenu'ut. tandis (jue chez labbé, à Montpellier, la dévotion avait fermé toutes les fenêtres intérieures, bouché les trous quelconques par lesquels il eût pu voir les hommes, chez la pensionnaire des Ursulines, à Saint-Pons, la dévotion, pitoyable à des lillett(>s curieuses, dont plusieurs seraient mèi'es un jour, avait négligé de clore de toutes maigres, de toutes petites issues, (-'était |)ar ces fentes, restées lumineuses au fond d'elle-nuMue, (jue Madcdeine se lendait compte maintenant et de la vie des autres et de sa propre vie.

Elle était misérable, sa vie, souverainement misérable.

Quoi! elle avait vingt-trois ans à peine, et son mari semblait déjà s'éloigner d'elle! Elle devrait donc traîner son existence, qui [)0uvait être longue, au milieu des gens et des bêles de Figuerolles, sans la moindre compensation de sentiment, sans la moindre miette d'amour pour rassasier son cœur allamé?... Oh! s'il lui eût été donné de rencontrer un autre homme!... Parfois, obligée de longer la muraille du cimetière en allant chez son oncle, à Uoquehxade, elle éprouvait de tels découragements, de telles révoltes, de telles fiertés, que, passant un œil, elle regardait les tombes avec envie.

Dans son isolement en une iernu" où tout, des hommes aux choses, lui paraissait médiocre, grossier, Madeleine se sentait soulevée par je ne sais quelles bouffées d'orgueil. Brûlée de dédain, il lui semblait, en dépit des observations de son oncle, trop disposé à abaisser les siens pour s'humilier lui-même au bénéhce de son salut, il lui semblait que les Lautier, de Villcmagne-sur- Mare, étaient d'une race supérieui-e aux Servières, de Castanetle-Haut, et elle recevjiit de ces })ensées comme des contrecoups forlilianls. Des souvenirs de son enfance heureuse, chez son père ou chez les sœurs, lui revenaient en foule en ces inslanfs de rêve, et elle redressait sa taille Une de roseau pliant, et elle recouvrait son charme, sa grâce, toute l'exquisité de sa personne menue, adorablement jolie... Pourquoi l'avait-on arrachée à la solitude du couvent, pour la précipiter au vacarme de Figuerolles, emjdie du fracas des gens, de la clameur des bestiaux?

A qiu'l([ue temps de la scène où Uiquette avait hasardé son premier pas, Madeleine, assise non loin du berceau de son enfant endormie, reprisait un surplis de l'église de Roquelixade. Dès son arrivée du couvent, son oncle l'avait préposée à l'entretien des grands comme des menus linges de la sacristie, et son mariage n'avait amené nulle trêve dans ce travail délicat. Aujourd'hui l'aiguille allait avec lenteur, elle s'ai-rêlait même à certains moments, et les doigts de l'ouvrière demeuraient immo-

VE.NANCIO .NO(iUi:HHA. li;;

bilos sur In nioussolino ('M-aflro. Evi(lomm(>nl, Tospril do l:i jcuin' femme avail fui la lj«'sogne iiabiliielle, voyageait bien loin, — au lointain pays.

Ce jour-là, Madeleine n'estait pas descendue de sa chambre, au premier étag^e de la métairie. Dans celte pièce", dont la Canibotte, très ordonnée, l'anj^eait les armoires, elle se senlait plus chez elle que dans la Salle, une véritable place publique, sorte de passage commun à tous. Puis, de cet endroit, par de largos fenêtres en plein midi, elle voyait couler l'Aiguetorte, miroiter le bloc pailleté de mica de la roche fixe; elle voyait surtout le clocher de l'église et, un peu plus bas, accroupie sous un bouquet de noisetiers, une maisonnette, la cure, où elle avait vécu, d'où elle était sortie pour se laisseï' conduire à FigueroUes, sans savoir, hélas! où ell(> allait.

L'aiguille demeurait piquée dans la mousseline, et Madeleine ne semblait penseï- nullemenl à la rej)rendre. Soudain, elle se . mit debout. Elle avait entendu marcher dans le corridor accédant à son doux refuge... La |)orte s'ouvre. L'abbé Alype, pour ne pas heurter sa lèle li"(>[) haule à l'imposte, courbe les épaules. 11 s'insinue léger el lluel comme une ombre.

— Tu es seule? demande-t-il.

— Frédéric est à Saint-Pons.

— VA ton beau-j)ère? et tes oncles?...

— Ils sont sur le Louvari en li'ain d'inslaller b^s parcs des larrines.

— Et la Cambolle?

— La (^ambotte est allée recevoir des Espagnols qui veulent lui louer sa hutte de La Fresnaye. Ces Espagnols sont venus ici, ce matin. Quelle misère sur leurs faces el sui' leurs habits! Je ne pouvais les vètii', mais je les ai fait manger. L'un deux, qui s'appelle Venancio Noguerra, conserve, sous ses haillons, une louinure !... Le joli garçon !

— Ce sont des soldats de l'armée cai'lisle. Mon joui-nal. Je Réveil catJiolifjue de Lyon, ouvre une souscriplion en leur faveur. Nous enverrons notre obole. En attendant, lu as agi selon Dieu, en secourant ces braves gens, parmi lesquels on découvrirait

ne

certainom('ul,comnio parmi nos ('inisjrrs d'aulrolois. dos hommos do la plus haiilo naissance...

— Co Venancio Nognerra...

— D'ailleurs, n'es-tu pas niaîli-esse à la niélairie...

— Oli! maîtresse!... dil-olle avec un soni'ii'e li'iste.

— ,Jo commence à pénéti'er la cause principale de ton ennui, ma tille, car tu t'ennuies à

Figuei'olles.

— .le ne sais pas.

:^f^'''^ — Cette cause

principale est le peu d'autorité qu'on te laisse dans ta maison, ta propre maison. Ici, de Jérôme à Pipette, excepté toi, tout le monde gouverne, (^lent fois, mille fois, l'idée m'est venue de hasarder de justes représentations à Frédéric. Puis je me suis abstenu, effrayé des conséquences que pourraient avoir mes paroles, encore que sages et modérées. S'il est imprudent de glisser le doigt entre l'arbre et l'écorce, il peut devenir dangereux de glisser la langue entre une femme et son mari. Je me suis donc promis de réfléchir plus que je n'ai réfléchi et d'oJ)servei' plus que je n'ai observé.

— Réfléchissez, observez...

— Rien ne presse, n'est-il pas vrai?

VENANCIO NOr.UERRA. jl7

— Rien ne pi-cssc, cl, Diou aidant, — ma Frédôriquo aussi aidaiil. — j'espère finir par m'habituer à ma situation.

Le ton résigné do sa nièce surprit l'abbé.

— En vérité, dit-il, tu parles de ta situation comme si tu avais de la peine à la supporter. Il ne faut pas nourrir de trop grandes ambitions, ma fille, car les ambitions sont, pour plusieurs, la source de profonds chagi'ins. Dieu commande que nous nous fassions à notre état.

— Je me l'ci'ai au mien.

Alypc était resté deijout depuis son entrée. 11 éprouva un serrement de co'ui' subit (jui lui coupa les jambes. Il prit une cbaise. la i-ap|)r()Clia de celle de Madeleine, s'installa. Pourtant, la lèle brouillée, il ne savait que dire, et, en attendant ([u une pensée lui vînt et (jue hii vint aussi la foi'ce d'énoncer celle pensée, il demeniait imm(d)ile. Lue fois, comme il continuait à ne pas découviir le |)lns mince embryon d'idée, il enlr'ouvril les lèvres el siflla. Il imitait à s'y méprendre les airs d'oiseau de Luc cbannani IJi(|uette poui' l'endormir.

— Cbul! mon oncle, vous réveillerez la petite.

U s'arrêta net, aliuri de l'observation, car il n'avait pas conscience de son sifflement. Un peu déconfit, ne sachant à quoi s'occuper, du bout des doigts il se mit à tambouriner sur ses genoux. Le di-ap ne rendait aucun son, naturellement. Mais, si Madeleine n'enlendait rien, il ent(Midail queli|ue chose, lui : par intervalles, il huKjail au\ murailles de la chambre des regards inspirés, el aloi's, ses mains pi-écipitant la mesuic. la soutane répondait en sourdine, — oui, répondait.

— (l'est l'hymne admirable du Conditor aime sù/rruni..., dil-il... Au fait, ma lilletle bien-aimée, qu'as-tu donc aujourdhui?

Les yeux blcMis de la nièce entrèrent dans les ymix bleus de l'oncle.

— Tu as (juel(|ne chose» de secret, de très secret à me confier, mon enl'anl. balbutia-t-il.

Klle continnail à le regai'der et n'articulait j)as une syllabe. Tout à coup, par (juel(|ue mouvement impérieux ilt> l'ànie (|u'elle

ne piil roprimoi', son riaii', son cliarmanL visaj^o se Irouva noyé de pleurs.

— Je t'ordonne de parler! cria-t-il. an désespoir.

Alype avail dései-lé sa chaise et entraîné sa nièce à l'autre exti'éniité de la chambre. Là, se trouvait un large canapé. Ils s'assirent l'un contre l'autre, étroitement, comme autrefois quand.

■*,ci,Mnie»)îcr-

en hiver, devant l'àtre flambant de brindilles de cluitaignier ou de Irène, pour tromper la longueur des soirées, on lisait ensemble la Vie des Sam/s.

— Voyons, conte-moi... Qu'as-lu?

— Si je le savais!...

— Dans ce cas, ce n'est rien de grave.

— Vous vous trompez, mon oncle. ..11 est des douleurs cachées, très cachées... On en souffre, mais on se contente d'en souffrir, car il est impossible de les exprimer.

VENA.NCIO NOGUEllRA. 119

— Fais un edort.

— Vous laul-il le l'ond de ma pensée? Vous auriez dû me laisser aux Ui'sulines.

— Tu avais la vocation religieuse?

— Je n'ai jamais songé à entrer en religion. SeiilemenI, je serais moins malheureuse au couvent qu'à la métairie. Ici, je ne compte pas; ici, je ne suis rien; ici, on me place après l'oncle Antoine, qui tombe en enfance de plus en plus. A Saint-Pons, du moins, si les sœurs s'étaient montrées mal disposées pour moi, j'aurais eu la chapelle...

— Quelqu'un t'a donc manqué de respect?

— Personne ne m'a manqué de respect; mais je suis foulée aux pieds. Assurément, les alfaires de la maison ne me touchent guère; seule pourtant, éloignée de toute relation dans cette alîreuse Espinouze où je ne suis pas née, j'y aurais pris intérêt, si on ne m'en eût écartée avec un soin jaloux. Mon mari, mon beau-père, mes oncles délibèrent. La Cambotte, Rascol, jusqu'à Pipette, sont appelés à donner leur avis. Moi, je n'ai mot à dire... Il y a une quinzaine, on discutait à propos de la fabrique en construction sur le .laur. C'était en bas, dans la Salle. On ne s'occupait pas de moi et on ne me consultait en aucune façon. Irritée, je voulus marquer que ce dont il s'agissait me regardait, et je hasardai une observation. Quels haussements d'épaules de la part d'Antoine, de Pierre!...

— Est-ce possible !... •

— Iuliliée sur ces paysans, je ne uiarrèlai pas à leur désapprobation brutale. Mon mari, par malheur, intervint; et lui, plus hn, plus intelligent, lui à ([ui vous m'avez confiée, lui que j'ai aimé, me lança des nu)ts dont chacun m'atteignit à l'àme, m'y fit une blessure qui saigne, oh! mais qui saigne!...

— Et que te dit-il. ton mari?

— 11 me dit : « Nos alfaires, à mon père, à mes oncles, à moi, sont hors de votre compétence. Ce que vous avez de mieux à faire chez nous, c'est de nous donner des enfants.

» — Vos alfaires sont les miennes, ripostai-je.

•) — Frédéric a raison : remplissez Figuerolles d'enfants, de

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boaiicoup d'enfants, » inlei'x inrcnl Antoine et Pierre, car, je dois Ini rendre cette justice, mon beau-père eut la délicatesse de garder un silence absolu.

— Jérôme est le meilleur des trois.

— \'ous pouvez dire des quatre.

— Ton mari mène grand fracas, mais il n'est j)as mauvais.

— Je le crus bon jusqu'à la naissance de Frédérique. Si vous saviez de ((uels égards il m'enloiirail ! quelles paroles lombaient de sa boucbe, tour à lour aimables et caressantes! Véritablement, la vie pour moi était douce ici, et je vous bénissais, mon oncle, a])rès la retraite délicieuse de Saint-Pons, de m'en avoir découvert une nouvelle pleine de toutes les tendresses, de toutes les joies. Vous l'avouerai-je? dans les commencements de mon mariage, mon cœur battait si fort, il avait de tels soubresauts, il faisait tant de bruit, que je n'entendais rien de l'énoi'me turbulence de la métairie. Dieu, certainement, était caclié par là en quelque coin de la maison des Servières, devenue ma maison, et me protégeait...

— Il est écrit aux Livres Saints : « Dieu est caché, Deus est absconditus. »

— Les choses prirent une autre tournure api'ès la naissance de notre tille. Frédérique n'avait pas six mois, que mon mari se plaignait en ma présence de la voir si menue, si faible. Vainement son père, pitoyable pour moi, lui rappelait-il son enfance soulfreteuse, lui afiirmant ([u'il en serait de Frédérique comme de lui-même, il refusait de se laisser convaincre, et quelquefois, avec des grognements sourds d'où je ne parvenais à dégager nulle parole, il me lançait des regards furibonds...

— Il aime sa lille pourtant...

— Depuis qu'elle se fortitie, qu'elle se développe à vue d'œil. Les paysans, dont nous ne sommes pas, quoi que vous en disiez, n'ont d'admiration que pour ce qui est robuste...

La porte s'entre-bàille, et Luc, ses sabots aux mains, marchant dans ses chaussons de lisière, se fautile doucement.

— Xoiis arrivons de La Fresnaye, souflle-t-il.

VENANCIO NOGUERRA.

Ces mots articulés, il s'échappe vers le berceau. Peut-être Riquettc était-elle réveillée; peut-être, encore que son ami eût parlé très bas, lavait-elle entendu. Le fait est que Luc la trouva jouant avec les brides dénouées de son bonnet.

Madeleine appela Annette auprès des enfants.

— J'accompagne M. le curé, lui dit-elle... Et vos Espagnols?...

— Ils sont très contents de ma hutte, et nous nous sommes arrangés. Ils comptent chasser les loups, à ïirebosc...

Une minute après, l'oncle et la nièce s'en allaient le long de l'Aiguetorle, lleurie de glaïeuls d'or. Le printemps épandait ses richesses sur la terre et sur l'eau.

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