‹ TaineChapitre 12 sur 102 · Trad. Edgar Quinet, t. II, p · texte numérisé non relu

Trad. Edgar Quinet, t. II, p

Puérile chimère, mensonge décevant, fantôme du siècle passé, quel nom lui donner, quand, arrêtant l'éducation morale et politique du genre humain, elle enchaîne la raison, refoule les progrès qui appellent les temps et les lieux, et endort de ses pavots le génie du peuple avec celui des familles et des individus * ? »

Mais c'est surtout dans sa correspondance, particulièrement dans une lettre à Ernest Havet, que Taine exprima, avec« beaucoup de complaisance, sa conception de l'histoire considérée comme une science analogue, non à la géométrie, mais à la physiologie et à la géologie 2. C'est cette théorie que M. Seignobos a critiquée sans réplique, quand il a dit que, si le naturaliste opère sur des corps, l'historien n'opère que sur des images et sur des images défectueuses 3. L'histoire n'est donc une science que par quelques-uns de ses procédéç^, et c'est en tant qu'elle emploie ces procédés qu'dn l'appelle scientifique^^

J'ai dit que Herder avait indiqué sa théorie avec finesse et mesure. Il ne dit pas la race, comme Taine le dira. Il dit le caractère national, le génie national u Comme une source d'eau vive, dit-il encore, tire ses parties composantes, ses propriétés et son goût des matières qu'elle traverse dans son cours, de même le caractère primitif d'une nation dérive de ses traits de famille, de son climat, de son genre de vie, de son éducation, de ses premiers efforts, de ses occupations habituelles *. » Pour l'influence du climat il n'est pas

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