‹ TaineChapitre 14 sur 102 · Trad. Edgar Quinet, t. II, p · texte numérisé non relu

Trad. Edgar Quinet, t. II, p

font connaître avec précision les positions de tous les points du globe. A six ans, quand je vis une mappemonde pour la première fois, je crus que les lignes qui y étaient tracées correspondaient à une réalité tangible. Je les cherchai dans mes promenades aux Tuileries ; je ne les trouvai point. Ce fut, dans l'ordre scientifique, ma première déception. L'idée que la théorie des milieux pouvait n'être pas absolument vraie fut la seconde ou la troisième *. >>

L'étagère, le meuble à compartiments dont parle M. France, il arriva que Taine ne s'en servit guère que pour l'histoire de la littérature anglaise. Il n'explique pas la Révolution par la race, puisque, au contraire, sa thèse est que la Révolution contrarie la tradition, contrarie la race.

Quant au milieu et au moment, oui, il en parle, et, si l'on veut, il ne parle même que de cela, mais comme tout le monde en parle, c'est-à-dire qu'il les considère indépendamment de la race, et on peut donc dire qu'il n'applique pas sa fameuse formule à la Révolution.

Nous avons déjà rappelé que Taine avait été condillacien, puis spinoziste, en tout cas déterministe ardent. En histoire, il aima à montrer que les choses ne peuvent pas s'être passées autrement qu'elles se sont passées en effet, et c'est peut-être surtout pour cela qu'il encadre sa description du génie anglais dans la théorie de la race, du milieu et du moment.

Pour faire entrer la réalité dans ce cadre, il la force, la fausse, la mutile. Il néglige ou omet les écrivains qui contrarient sa thèse, comme Pope 2.

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