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Ibid., p

4. Article nécrologique sur M"* Taine, dans le Figaro du 21 août 1905.

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famille, il a senti la patrie. L'intime solidarité « de la cellule et de l'organisme » dont il parle lui est apparue dans sa propre destinée. De ce jour-là tout son effort n'a plus eu qu'un but : démêler derrière le désastre dont la France avait failli être la victime les causes profondes. Persuadé qu'il était du principe baconien que 1' « on ne commande à la nature qu'en lui obéissant », et que, pour lui obéir, il faut la connaître, il délaissa tout, son livre commencé sur la volonté, ses études ébauchées sur l'Allemagne. Comprendre son pays pour aider à le guérir, — tel fut le programme auquel il épuisa le temps qu'il lui restait à vivre. Notre plus lucide écrivain civique nous était né.

« L'artisane de cet ennoblissement d'un beau génie, déjà si fier, fut donc celle qui avait su le créer, ce foyer, . et le faire aimer au philosophe avec cette ferveur qu'il n'avait eue jusqu'alors que pour ses théories... »

Avant d'écrire son livre sur la Révolution, c'est seulement dans le privé que Taine montrait un conservatisme épouvanté et furieux. En public, il était plus modéré.

La première et une des rares manifestations politiques auxquelles il se soit livré, c'est un article dans le Temps du 5 décembre 1871, réimprimé en brochure : Du suffrage universel et de la manière de voter ^. Il a l'air de s'y résigner à la démocratie, et il ne demande pas qu'on restreigne le droit de suffrage : « Que je porte une blouse ou un habit, dit-il, que je sois capitaliste ou manœuvre, personne n'a droit de disposer sans mon consentement de mon argent ou de ma vie. » Il

1* Bibl. nat., Lb 57/2978» in-16*

^lui suffirait, pour l'instant, qu'on substituât le suf- 1 frage à deux degrés au suffrage direct, et le scrutin Vd'arrondissement au scrutin de liste.

Mais bientôt ce remède lui paraîtra « fort insuffisant* ».

Quand, au juste, Taine eut-il l'idée de son livre sur la Révolution?

C'est quand la guerre civile de la Commune fut en \ sa crise qu'il se décida à écrire l'histoire de la France ' contemporaine. Le 4 avril 1871, d'Orsay, il écrivit à sa femme : « J'ébauche en pensée mon futur livre sur la France contemporaine ^. » Et le 18 mai : « Ce matin, j'ai réfléchi à mon travail de l'été, et j'incline presque décidément à faire la France contemporaine^. » Mais il s'occupait alors à préparer un cours qu'il devait faire à Oxford sur Corneille et Racine. 11 arriva à Londres le 20 mai 1871, revint en France dans le milieu de juin, et reprit son cours à l'École des Beaux- Arts. Le

27 juin, il écrit, de Châtenay, à Georges Brandès : « En ce moment j'achève mon cours aux Beaux- Arts. Je compte ensuite employer un an ou deux à des études de philosophie politique sur la France depuis 89 jusqu'au moment présent, en pratiquant les méthodes historiques et psychologiques que vous connaissez *. »

28 août : « J'ai lu à force tous ces jours-ci et copié de

1. Voir une note de lui sur cet opuscule, reproduite par M. V. Giraud, Bibliographie de Taine, p. 37-38. .

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